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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2201851

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2201851

vendredi 22 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2201851
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat Crandal
Avocat requérantMOUSISIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des mémoires enregistrés le 8 mars 2022 et les 16 juin et 31 août 2023 sous le numéro 2201851, Mme B A, représentée par Me Mousisian, demande au tribunal d'annuler la décision du 28 septembre 2021 de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne ainsi que la décision née le 9 janvier 2022 rejetant implicitement son recours administratif préalable obligatoire contre cette décision en tant qu'elle met à sa charge un indu de 2 775 euros d'allocation logement pour la période d'avril à décembre 2020. Elle demande au tribunal de prononcer la décharge de l'indu mis à sa charge et que son comportement ne soit pas qualifié de frauduleux. Elle demande d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales et au conseil départemental de procéder à un nouvel examen approfondi de son dossier et notamment au calcul de ses ressources pour les années 2017, 2018, 2019 et 2020, et à titre subsidiaire de procéder à la réduction des frais professionnels du montant des indus qu'ils réclament. Elle demande également la condamnation solidaire de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne et du conseil départemental de l'Essonne à verser à Me Mousisian la somme de 3 000 euros en contrepartie de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à sa mission d'aide juridictionnelle en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Elle demande que soit mis à la charge de la caisse d'allocations familiales et conseil départemental de l'Essonne une somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie en applications des dispositions des articles L.723-3 et R.723-26-1 du code de la sécurité sociale.

Elle soutient que :

- elle a justifié de l'origine des sommes créditant son compte bancaire pour la période de 2017 à 2020 ;

- les erreurs sur les recettes déclarées au titre de sa chambre d'hôtes de 304,10 euros en 2017 et de 2 710,03 euros en 2018 devraient être sans effet sur le montant de l'allocation-logement qui lui est due ;

- elle travaille comme enquêtrice salariée dans le cadre de missions sous contrats de travail à durée déterminée d'usage ;

- la CAF commet une erreur de droit et une erreur d'appréciation en qualifiant les remboursements de frais de revenus ;

- elle ignorait devoir déclarer les revenus de son activité de location de chambre d'hôtes, ce pourquoi elle invoque le droit à l'erreur dont elle a déclaré les revenus à l'administration fiscale ce qui exclut toute qualification de fraude ;

- la période de confinement débutée en mars 2020 a interrompu son activité d'enquêtrice et a justifié le versement de l'APL ;

- elle se trouvait en situation de précarité et était de bonne foi.

Par des mémoires enregistrés le 16 mai 2022, le 11 juillet et le 1er septembre 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la direction de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne conclut au rejet de la requête en tant qu'elle porte sur l'indu d'allocation logement.

Elle soutient que l'intéressée a admis avoir omis de déclarer ses revenus perçus en tant qu'autoentrepreneur au titre de l'année 2018 et qu'au titre de cette année, il lui revient de justifier l'écart entre ses revenus déclarés et le montant des dépôts constatés sur son compte bancaire.

En application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par un courrier du tribunal du 12 juin 2023 que la solution du litige était susceptible de reposer sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 28 septembre 2021 dès lors que la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire par la caisse d'allocations familiales était seule susceptible d'annulation par le tribunal.

La réponse de Mme A a été enregistrée par le tribunal le 16 juin 2023.

II. Par une requête et des mémoires enregistrés le 8 mars 2022, les 16 juin et 11 juillet 2023 sous le numéro 2201917, Mme B A, représentée par Me Mousisian, demande au tribunal d'une part, d'annuler la décision du 28 septembre 2021 de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne ainsi que la décision née le 9 janvier 2022 rejetant implicitement son recours administratif préalable obligatoire contre cette décision en tant qu'elle met à sa charge un indu de 3 260,13 euros de prime d'activité pour la période de février 2020 à août 2021. Elle demande d'autre part, d'annuler la décision du 28 septembre 2021 de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne en tant qu'elle met à sa charge un indu de 3 890,25 euros de revenu de solidarité active pour la période de mai 2020 à avril 2021 et la décision du président du conseil départemental de l'Essonne du 16 février 2022 en tant qu'elle rejette son recours administratif préalable obligatoire. Elle demande également l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 4 décembre 2021 mettant à sa charge un indu de prime exceptionnelle de solidarité de 150 euros pour le mois de mai 2020 et l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 3 octobre 2021 mettant à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2020 à hauteur de 152,45 euros. Elle demande enfin au tribunal de prononcer la décharge des indus mis à sa charge et à ce que son comportement ne soit pas qualifié de frauduleux.

Elle soutient que :

- elle a justifié de l'origine des sommes créditant son compte bancaire pour la période de 2017 à 2020 ;

- les erreurs sur les recettes déclarées au titre de sa chambre d'hôtes de 304,10 euros en 2017 et de 2 710,03 euros en 2018 devraient être sans effet sur le montant de l'allocation-logement qui lui est due ;

- elle travaille comme enquêtrice salariée dans le cadre de missions sous contrats de travail à durée déterminée d'usage ;

- les remboursements de frais ne peuvent être considérés comme des revenus ;

- son comportement a été transparent vis-à-vis de la caisse et ne peut être qualifié de frauduleux ;

- les décisions attaquées sont dénuées de motivation ;

- en intégrant dans ses ressources, les divers remboursements notamment de frais engagés pour le travail au titre des années 2017, 2018, 2019 et 2020 la caisse d'allocations familiales et le conseil départemental ont commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation ;

- elle a fourni à la CAF et au conseil départemental qui n'en ont tenu aucun compte toutes les pièces nécessaires concernant les montants portés au crédit de son compte bancaire pour les quatre années concernées ;

- par le formulaire adressé à la CAF le 8 novembre 2022, elle a demandé la mise en œuvre de son droit à l'erreur, en reconnaissant s'être trompée dans la déclaration de ses ressources en omettant celles provenant de son activité de chambre d'hôtes, dont elle ignorait qu'elles devaient être déclarées ;

- la pension alimentaire qu'elle versé à sa fille est constitutive d'une charge ;

- elle se trouvait en situation de précarité et était de bonne foi.

Par des mémoires enregistrés le 16 mai 2022 et le 11 juillet 2023, la direction de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne conclut au rejet de la requête en tant qu'elle porte sur l'indu de prime d'activité, sur l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2020 et sur l'indu de prime exceptionnelle de solidarité de juin 2020.

Elle soutient que l'intéressée a admis avoir omis de déclarer ses revenus perçus en tant qu'autoentrepreneur au titre de l'année 2018 et qu'au titre de cette année, il lui revient de justifier l'écart entre ses revenus déclarés et le montant des dépôts constatés sur son compte bancaire de manière à permettre la vérification, ce qu'elle s'abstient de faire.

Par un mémoire enregistré le 24 mai 2022, le président du conseil départemental de l'Essonne conclut au rejet de la requête en tant qu'elle porte sur l'indu de revenu de solidarité active.

Il soutient que la requérante n'a pas fourni les informations demandées par la caisse d'allocations familiales et que dès lors que ses revenus sont incontrôlables c'est à bon droit que l'indu a été maintenu.

En application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par un courrier du tribunal du 12 juin 2023 que la solution du litige était susceptible de reposer sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 28 septembre 2021 dès lors que les décisions implicites de rejet des recours administratifs préalables obligatoires par la caisse d'allocations familiales ou la décision confirmative de rejet de ce recours par le président du conseil départemental de l'Essonne étaient seules susceptibles d'annulation par le tribunal.

La réponse de Mme A a été enregistrée par le tribunal le 16 juin 2023.

III. Par une requête enregistrée le 7 mars 2022 et des mémoires enregistrés les 16 juin et le 31 août 2023 sous le numéro 2201905, Mme B A, représentée par Me Mousisian, demande au tribunal d'une part, d'annuler la décision du 2 décembre 2021 du président du conseil départemental de l'Essonne ainsi que la décision de rejet de son recours du 16 février 2022 en tant qu'elle lui inflige une amende administrative de 634 euros pour fraude au revenu de solidarité active. Elle demande au tribunal d'annuler la procédure et de la décharger de l'amende mise à sa charge.

Elle soutient que :

- elle n'a pas reçu de réponse de la commission de recours amiable auprès de la CAF de l'Essonne qu'elle a saisie le 8 novembre 2021 ;

- travaillant comme enquêtrice salariée dans le cadre de missions sous contrats de travail à durée déterminée d'usage, elle s'est retrouvée sans ressources en mars 2020 ;

- les remboursements de frais ne peuvent être considérés comme des revenus ;

- elle n'est pas parvenue à obtenir que la CNAV lui ouvre ses droits à la retraite.

Par un mémoire enregistré le 1er juin 2022, le président du conseil départemental de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requérante n'a pas fourni les justificatifs demandés par la caisse d'allocations familiales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Crandal,

- les observations de Me Mousisian représentant Mme A.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A était allocataire de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne auprès de qui elle a demandé le bénéfice de l'aide au logement le 1er avril 2019 et le revenu de solidarité active le 6 mai 2020. Elle percevait également la prime d'activité. Un premier rapport du 10 mars 2021 de l'agent enquêteur de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne a constaté que le montant de ses salaires déclarés au titre de 2019 était de 9 010 euros dont Mme A retranchait 6 000 euros de pension versée à sa fille alors qu'elle devait acquitter un loyer annuel de 7 581 euros. Il concluait à la suspension de ses droits au RSA dans l'attente d'un complément d'enquête. Un second rapport de l'agent enquêteur de la caisse d'allocations familiales du 20 mai 2021 a conclu à des ressources non déclarées au vu des relevés de compte bancaire de Mme A. Par un courrier du 28 septembre 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne a mis à la charge de Mme A un indu de 3 890,25 euros de revenu de solidarité active pour la période de mai 2020 à avril 2021, un indu de 2 775 euros d'allocations logement pour la période d'avril à décembre 2020 et un indu de prime d'activité de 3 260,13 euros pour la période de février 2020 à août 2021. Par une lettre du 14 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales a qualifié de frauduleux son comportement. Le 8 novembre 2021, Mme A a formé un recours administratif préalable obligatoire contre ces décisions, notifié le 9 novembre 2021 à la caisse d'allocations familiales. La caisse d'allocations familiales a rejeté implicitement ce recours en tant qu'il portait sur les décisions mettant à sa charge l'indu de revenu de solidarité active et l'indu d'allocation logement le 9 janvier 2022. Le 18 mars 2022, la caisse d'allocations familiales accusait réception du recours de Mme A et lui demandait de faire parvenir divers documents et informations relatifs aux points sur lesquels elle faisait porter sa contestation des constatations de l'agent enquêteur. Le 29 octobre 2021, le président du conseil départemental de l'Essonne a informé Mme A de l'ouverture d'une procédure de sanction administrative et lui a offert la possibilité de présenter sa défense. Par une décision du 10 décembre 2021, le président du conseil départemental de l'Essonne, après avis de l'équipe pluridisciplinaire départementale du 2 décembre 2021, a sanctionné Mme A d'une amende administrative de 634 euros. Par décision du 16 février 2022, le président du conseil départemental de l'Essonne a rejeté le recours gracieux de Mme A et confirmé le rejet de son recours administratif préalable obligatoire formé contre l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge. Par les présentes requêtes, Mme A demande d'une part l'annulation la décision de la caisse d'allocations familiales mettant à sa charge les indus de revenu de solidarité active, de prime d'activité et d'aide au logement, des décisions implicites rejetant ses recours administratif préalable obligatoire contre les décisions mettant à sa charge des indus de prime d'activité et d'allocation logement et d'autre part, de la décision du président du conseil départemental de l'Essonne du 10 décembre 2021 lui infligeant une amende administrative et de la décision du 16 février 2022 rejetant son recours gracieux et confirmant l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge.

Sur la jonction des requêtes n° 2201851, 2201905 et 2201917 :

2. Les requêtes n° 2201851, 2201905 et 2201917 intéressent la situation d'une même allocataire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre et de statuer par un jugement commun.

Sur l'étendue du litige :

3. Premièrement, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. / Les recours contentieux relatifs aux décisions mentionnées au premier alinéa du présent article sont portés devant la juridiction administrative. () ". Deuxièmement, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. ". Troisièmement, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; / 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale. ". Et aux termes de l'article L. 825-2 du même code: " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". Aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. () ". Enfin, l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale. " Il résulte de tout ce qui précède que l'institution d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité.

4. En l'espèce, les conclusions de la requête de Mme A dirigées contre la décision initiale de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 28 septembre 2021 en tant qu'elle lui notifie des indus de prime d'activité, d'allocation logement et de revenu de solidarité active doivent être regardées comme dirigées contre d'une part la décision implicite de la caisse rejetant son recours administratif préalable obligatoire notifié à la caisse d'allocations familiales le 9 novembre 2021 et d'autre part contre la décision du président du conseil départemental de l'Essonne du 16 février 2022 en tant qu'elle confirme l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge et rejette son recours administratif préalable obligatoire. Par suite, ainsi que les parties en ont été avisées en application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative par courrier du tribunal du 12 juin 2023, les conclusions de Mme A dirigées contre cette décision initiale sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur le bien-fondé des indus :

5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide au logement il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".

7. Il résulte de l'instruction que Mme A n'a demandé ni à la caisse d'allocations familiales de l'Essonne ni au président du conseil départemental de l'Essonne de lui communiquer la motivation des décisions de rejet implicite en application des dispositions précitées. Dès lors son moyen tiré de l'absence de motivation de ces décisions sera écarté comme inopérant.

8. En deuxième lieu, aux termes d'une part, de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; /2° Les modalités d'évaluation des ressources, () ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () " Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer, il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

9. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". Aux termes de l'article L.842-4 de ce code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; 2°Les revenus de remplacement des revenus professionnels () ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

10. Aux termes des dispositions de l'article L. 823-1 du code la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ;/ 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; / 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ;/ 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer. ( ). " Aux termes enfin des dispositions de l'article R.822-3 du même code : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes :1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l'article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale ( ) sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement;2° Pour les pensions alimentaires versées ou perçues, les frais de tutelle, les frais professionnels exposés, lorsque ceux-ci excèdent la déduction forfaitaire mentionnée au3° de l'article 83 du code général des impôts, ( ), sur une période de référence correspondant à l'année civile qui précède la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement. A défaut de déclaration par le bénéficiaire des ressources mentionnées au 2°, sont pris en compte à titre provisoire lors du réexamen de ses droits :/ a) Pour les pensions alimentaires versées et les frais de tutelle exposés, un montant nul;/ b) Pour les pensions alimentaires reçues, les dernières ressources connues deux ans avant la date d'ouverture ou de réexamen du droit ;( ). "

11. Aux termes enfin, de l'article L.114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes de sécurité sociale confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations (). Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire () ".

12. Il résulte de l'instruction qu'au vu de l'examen des relevés de comptes bancaires de l'intéressée, l'agent assermenté du service d'enquêtes de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne a conclu dans ses rapports clos les 10 mars et 20 mai 2020 que Mme A n'avait pas déclaré l'intégralité de ses ressources au titre des années 2018, 2019 et 2020. Mme A soutient d'une part que certaines des sommes perçues par son employeur avaient le caractère de remboursement de frais et d'autre part que certains des montants portés au crédit de son compte bancaire ne peuvent être qualifiés de revenus dès lors qu'ils seraient la contrepartie d'opérations financières, des remboursements de prestations liées à la maladie, des remboursements de crédits d'impôt, des règlements de prestations de covoiturage ou des remboursements de transporteur public, ou encore des opérations patrimoniales et familiales. Toutefois elle ne produit au tribunal à l'appui de ses dires aucun justificatif correspondant aux montants des sommes qui auraient ce caractère. Dans ces conditions, sa contestation des conclusions de ces rapports d'enquête qui font foi jusqu'à preuve contraire, dès lors qu'elle ne rapporte pas le moindre élément de preuve susceptible de constituer cette preuve contraire, ne peut être accueillie. Par ailleurs, Mme A admet, dans ses écritures, n'avoir pas déclaré les revenus dégagés par son activité de loueur de chambre d'hôtes. Elle ne rapporte aucun justificatif relatif aux opérations résultant de cette activité exercée sous le régime de la déclaration en qualité d'autoentrepreneur et aux revenus qu'elle en a tiré sans les déclarer à la caisse d'allocations familiales. Dans ces conditions, ses conclusions à fin d'annulation d'une part des décisions implicites du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne née le 9 janvier 2022 et rejetant ses recours en matière d'indu de 2 775 euros d'allocations logement pour la période d'avril à décembre 2020 et d'indu de prime d'activité de 3 260,13 euros pour la période de février 2020 à août 2021 et d'autre part de la décision du président du conseil départemental de l'Essonne du 16 février 2022 confirmant le rejet de son recours administratif préalable obligatoire et mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active de 3 890,25 euros de revenu de solidarité active pour la période de mai 2020 à avril 2021 ne peuvent qu'être rejetées.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du décret du décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2020 ou à défaut, du mois de décembre 2020, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code.

14. Il résulte de l'instruction que la décision en litige a été prise au motif que Mme A ne remplissait plus la condition de ressources pour bénéficier du revenu de solidarité active et que, par voie de conséquence, elle ne pouvait non plus bénéficier de l'aide exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2020. La caisse d'allocations familiales de l'Essonne était fondée, ainsi qu'il a été dit au point 11 du présent jugement, à lui demander le remboursement de cette aide indument perçue. Par suite, les conclusions en annulation de la décision du 3 octobre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocation familiales de l'Essonne lui a demandé de rembourser la somme de 152,45 euros correspondant à un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020 et celles dirigées contre celle du 26 novembre 2021 en tant qu'elle lui notifie un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 152,45 euros ne peuvent qu'être rejetées.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 5 mai 2020 susvisé : " I. - Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles (). " L'article 1er du décret du 27 novembre 2020 susvisé précise quant à lui : " I.- Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins une des allocations suivantes au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles (). ".

16. Il résulte de ce qui a été énoncé au point 12 que Mme A n'avait pas droit au revenu de solidarité active au cours des mois d'avril et de mai 2020, ni des mois de septembre ou d'octobre 2020. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 4 décembre 2021 mettant à sa charge un indu de prime exceptionnelle de solidarité de 150 euros pour le mois de mai 2020.

Sur l'amende administrative :

17. Aux termes de l'article L.262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. ". Aux termes de l'article L.114-17 du code de la sécurité sociale : " () Le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de quatre fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. () Le directeur de l'organisme concerné notifie le montant envisagé de la pénalité et les faits reprochés à la personne en cause, afin qu'elle puisse présenter ses observations écrites ou orales dans un délai d'un mois. A l'issue de ce délai, le directeur de l'organisme prononce, le cas échéant, la pénalité et la notifie à l'intéressé en lui indiquant le délai dans lequel il doit s'en acquitter ou les modalités selon lesquelles elle sera récupérée sur les prestations à venir. ". Aux termes de l'article R. 262-85 du code de l'action sociale et des familles : " Pour l'application de l'article L.262-52, les compétences dévolues au directeur de l'organisme de sécurité sociale et à la commission constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme sont exercées respectivement par le président du conseil départemental et l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L.262-39." Aux termes enfin, de l'article L. 262-39 du code de l'action sociale et des familles : " Le président du conseil départemental constitue des équipes pluridisciplinaires composées notamment de professionnels de l'insertion sociale et professionnelle, en particulier des agents de l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail dans des conditions précisées par la convention mentionnée à l'article L. 262-32 du présent code, de représentants du département et des maisons de l'emploi ou, à défaut, des personnes morales gestionnaires des plans locaux pluriannuels pour l'insertion et l'emploi et de représentants des bénéficiaires du revenu de solidarité active. "

18. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration. Par suite, compte tenu des pouvoirs dont il dispose ainsi pour contrôler une sanction de cette nature, le juge se prononce sur la contestation dont il est saisi comme juge de plein contentieux.

19. Mme A fait valoir qu'elle n'a pas reçu de réponse à sa saisine de la commission de recours amiable près de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne du 8 novembre 2021. Il résulte de l'instruction que le 29 octobre 2021, le président du conseil départemental de l'Essonne a informé Mme A de l'ouverture d'une procédure de sanction administrative et lui a offert la possibilité de présenter sa défense, ce que Mme A ne conteste pas. La décision du 10 décembre 2021 sanctionnant la requérante d'une amende administrative a été prise après l'avis de l'équipe pluridisciplinaire départementale rendu le 2 décembre 2021. En tout état de cause, la requérante ne peut à bon droit invoquer avoir saisi la commission de recours amiable par son courrier du 8 novembre 2021 alors que la décision contestée qui, date du 10 décembre 2021, ne relève pas de la compétence de cette commission de recours amiable. Le président du conseil départemental de l'Essonne était fondé à rejeter le recours gracieux de Mme A sans consulter à nouveau l'équipe pluridisciplinaire dès lors qu'aucune disposition ne prévoit que la décision intervenant sur recours en matière de sanction administrative ne soit soumise à l'avis de l'équipe pluridisciplinaire départementale. En l'espèce, Mme A n'a pas été privée d'une garantie. Le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté.

20. Mme A soutient par ailleurs avoir rencontré des difficultés dans la liquidation de ses droits à retraite auprès de la Caisse nationale d'assurance vieillesse, et avoir été confrontée à la perte de revenus résultant de la suspension de ses activités de salariée travaillant pour des entreprises d'enquête et de sondage d'opinion à compter du mois de mars 2020, et qu'ainsi elle était fondée à ne pas déclarer comme revenus les montants qui lui étaient remboursés par ses employeurs au titre de remboursement de frais. Toutefois ainsi qu'il est dit au point 12 du présent jugement, les écarts entre les montants portés au crédit de son compte bancaire et ceux qualifiés de revenus par l'agent enquêteur de la caisse d'allocations familiales excédent largement les seuls montants susceptibles d'être qualifiés de remboursement de frais liés à l'exécution d'un contrat de travail mais concernent notamment des revenus provenant de la location d'une chambre d'hôtes alors qu'ils n'avaient fait l'objet d'aucune déclaration auprès de la caisse d'allocations familiales et qu'ils conditionnaient les droits au RSA, à la prime d'activité et à l'allocation logement de l'intéressée. Dans ces conditions, le président du conseil départemental de l'Essonne était fondé à qualifier le comportement de la requérante de frauduleux et à prendre la décision contestée.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme A ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du conseil départemental de l'Essonne et de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne qui ne sont pas dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que demande Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les conclusions qu'elle présente au titre du droit de plaidoirie de 13 euros prévu par les articles L.723-3 et R.723-26-1 du code de la sécurité sociale ne peuvent également, dans les circonstances de l'espèce, qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la ministre des solidarités et de la famille, au président du conseil départemental de l'Essonne et au directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.

Le magistrat désigné,

signé

J-M Crandal La greffière,

signé

B. Dalla Guarda

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la ministre des solidarités et de la famille, et au préfet de l'Essonne en ce qui les concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.- 2201905 et 2201917

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