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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2201866

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2201866

vendredi 21 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2201866
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantPATUREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 mars 2022, M. B A, représenté par Me Patureau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du 8 juillet 2021 résultant du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis et le préfet du Val de Marne sur sa demande d'abrogation de la décision de refus de délivrance de titre de séjour du 19 janvier 2021;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis ou toute autre autorité administrative territorialement compétente de lui délivrer un titre de séjour mention vie privée et familiale ou salarié dans un délai d'un mois sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à toute autre autorité administrative territorialement compétente de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1. 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision attaquée n'est pas motivée et sur le fond qu'elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par mémoire enregistré le 25 mars 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a conclu à son incompétence, le dossier ayant été adressé au préfet du Val de Marne.

Le préfet du Val de Marne, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit.

Par ordonnance du 15 mars 2022, la clôture de l'instsuction a été prononcée au 26 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Gosselin, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant malien né le 1er janvier 1988 à Bandiougoula (Mali), a sollicité du préfet du Val de Marne la délivrance d'un titre de séjour. Par décision du 19 janvier 2021, ce préfet a rejeté cette demande. Par courrier du 8 mars 2021, M. A a demandé tant au préfet de la Seine-Saint-Denis qu'au préfet du Val de Marne l'abrogation de cette décision et la délivrance d'un titre de séjour. Aucune décision explicite n'étant intervenue, il a par courrier du 16 août 2021, demandé les motifs au préfet de la Seine-Saint-Denis et au préfet du Val de Marne, qui n'ont pas répondu. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet en date du 8 juillet 2021 résultant du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis et par le préfet du Val de Marne sur sa demande d'abrogation de la décision de refus de titre de séjour du 19 janvier 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R*. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet " et de l'article R. 311-12-1 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R.* 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois ". Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". Il résulte des dispositions précitées qu'en l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite se trouve entachée d'illégalité.

3. Comme il a été rappelé au point n° 1, M. A soutient que par courrier recommandé avec avis de réception du 16 août 2021, il a demandé la communication des motifs de la décision implicite du 8 juillet 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis et le préfet du Val de Marne ont rejeté sa demande d'abrogation de la décision lui refusant un titre de séjour le 19 janvier 2021.

4. Toutefois, bien qu'annoncés dans l'inventaire des pièces jointes, ni les courriers du 8 mars 2021 ni ceux du 16 août 2021 ni enfin la décision du 19 janvier 2021 n'ont été produits, en dépit de la demande expresse du tribunal par lettre du 29 mars 2022, seuls des accusés de réception étant joints. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. Par ailleurs, si M. A soutient qu'il est en France de façon continue depuis 2017, les pièces qu'il produit sont insuffisantes pour l'établir. Notamment, les bulletins de salaires produits le sont à un autre nom et les avis d'imposition ne font état d'aucune somme déclarée. Ainsi, M. A n'établit pas que le préfet aurait commis une erreur de droit en ne prenant pas en compte la durée de son séjour ni son intégration.

6. Enfin, M. A est célibataire et sans charge de famille en France. Il a une fille au Mali. Par suite, la décision attaquée n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis ou par le préfet du Val de Marne sur sa demande de titre de séjour.

8. Par voie de conséquence, les conclusions en injonction et celles relative aux frais de l'instance doivent être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Seine-Saint-Denis et au préfet du Val de Marne.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Gosselin, président-rapporteur,

Mme Vincent, première conseillère,

Mme Geismar, première conseillère.

Rendu par mise à disposition du public au greffe le 21 octobre 2022.

Le président-rapporteur L'assesseur le plus ancien

Signé Signé

C. GosselinL. Vincent

La greffière,

Signé

S. Lamarre

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis et au préfet du Val de Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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