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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2202075

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2202075

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2202075
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation9ème chambre
Avocat requérantLAOUINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 mars 2022, M. C, représenté par Me Laouini, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 février 2022 du préfet de l'Essonne lui retirant sa carte de résident et de réserver les dépens.

Il soutient que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code pénal ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Kanté, première conseillère,

- et les observations de Me Laouini représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant pakistanais, né le 4 juin 1978, entré en France le 22 décembre 1998 au titre d'un regroupement familial, s'est vu délivrer une carte de résident valable du 10 novembre 2017 au 9 novembre 2027. Par un arrêté du 17 février 2022, le préfet de l'Essonne a prononcé le retrait de sa carte. M. A demande l'annulation de la décision du 17 février 2022 du préfet de l'Essonne lui retirant sa carte de résident.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout employeur titulaire d'une carte de résident peut se la voir retirer s'il a occupé un travailleur étranger en violation des dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail ". Et aux termes de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si un étranger qui ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion en application des articles L. 631-2 ou L. 631-3 est titulaire d'une carte de résident cette dernière peut lui être retirée s'il fait l'objet d'une condamnation définitive sur le fondement des articles 433-3,433-4, des deuxième à quatrième alinéas de l'article 433-5, du deuxième alinéa de l'article 433-5-1 ou de l'article 433-6 du code pénal. Une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " lui est alors délivrée de plein droit ".

3. En l'espèce, il est constant que M. A a fait l'objet, ainsi qu'il ressort d'ailleurs de la consultation de son bulletin n° 2 du casier judiciaire sur lequel s'est appuyé le préfet pour prendre sa décision, d'une condamnation définitive par la 9ème chambre du tribunal correctionnel de Créteil à 1 an d'emprisonnement avec sursis et à 5 000 euros d'amende, notamment pour " exécution d'un travail dissimulé " et " emploi d'un étranger non muni d'une autorisation de salarié " en récidive. Cette seule condamnation suffit, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à justifier le retrait de sa carte de résident. Le requérant se prévaut de la présence sur le territoire français de son épouse, en situation régulière, avec laquelle il est marié depuis 6 années, et de leur enfant de 4 ans scolarisé en France, ainsi que de sa situation professionnelle. Il fait valoir que la décision contestée porte une atteinte excessive et injustifiée à sa vie privée et familiale et à sa situation financière, du fait notamment du prêt qu'il a contracté pour entreprendre les travaux de rénovation de son domicile familial. Toutefois, s'il est constant que la décision contestée fragilise la situation du requérant en France en la rendant plus précaire, elle n'a ni pour effet ni pour objet d'éloigner le requérant du territoire français et de le séparer de son épouse ou de leur enfant. L'intéressé pourra, au demeurant, ainsi que le précise l'arrêté attaqué en son article 2, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Le requérant n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le préfet lui a retiré sa carte de résident, aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ou serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : la requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Descours-Gatin, présidente,

M. Fraisseix, premier conseiller,

Mme Kanté, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

C. Kanté

La présidente,

signé

Ch. Descours-Gatin

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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