mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2202117 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LEBON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2022, M. B A, représenté par Me Lebon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé de le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné en cas d'exécution d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, de procéder à un nouvel examen de sa demande et de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale.
Il soutient que :
- l'arrêté n'est pas motivé ;
- il est irrégulier dès lors que le préfet n'a pas statué sur le pays de renvoi ;
- il est entaché d'erreur de fait, d'erreur de qualification juridique des faits et d'erreur de droit ; il a été mal orienté dans ses démarches par les services préfectoraux, et empêché de ce fait, malgré ses démarches en ce sens et en raison de l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous nécessaire pour le dépôt d'une telle demande, de présenter sa demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-21 ; il remplit, par ailleurs, les conditions pour la délivrance d'un titre sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il réside en France auprès de sa mère, de son frère aîné, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle et de son frère cadet, de nationalité française, et qu'il n'a plus de contacts avec son père ; en outre, il exerce une activité professionnelle sur le territoire ; le préfet a entaché sa décision d'une erreur de droit en estimant qu'il ne justifiait pas de circonstances humanitaires ou d'un motif exceptionnel, conditions qui ne sont pas prévus par les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- l'arrêté viole les stipulations des articles 6 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 avril 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 mai 2022 à 10h00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, conclue à Rome le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1.M. B A, ressortissant congolais né le 19 juin 2002, déclare être entré en France le 20 septembre 2015. Il a déposé le 15 décembre 2021 une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 15 février 2022, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné en cas d'exécution d'office. M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2.Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3.Pour refuser de faire droit à la demande de titre présentée par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, le préfet a estimé, selon les termes de la décision contestée, que l'intéressé ne remplissait pas les conditions prévues par cet article et que, compte tenu de ses antécédents judiciaires, sa présence sur le territoire français constituait une menace pour l'ordre public.
4.Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant, entré en France à l'âge de 13 ans, y réside avec sa mère, titulaire d'un titre de séjour, ainsi que son demi-frère, né en France en 2011 et de nationalité française, et que son frère aîné réside également en France, où il a deux enfants, et réside sous couvert d'une carte de séjour pluriannuelle. Il a été scolarisé en France entre 2015 et 2020 où il a obtenu un baccalauréat professionnel délivré le 21 juillet 2020. Il a, par la suite, exercé une activité salariée, d'abord sous contrat à durée déterminée conclu avec la société Union Primeurs Laurance, conclu le 4 août 2020 pour une durée de quatre mois, puis sous le statut d'intérimaire. S'il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier, qu'il a effectivement été interpellé le 2 mai 2021 pour des faits de conduite sans permis et de circulation avec un véhicule à moteur sans assurance, eu égard en particulier à l'âge du requérant à la date de son entrée sur le territoire français, à l'importance et à l'intensité des liens qu'il entretient avec les membres de sa famille qui résident régulièrement en France, et aux éléments justifiant de son intégration sociale et professionnelle dans la société française, M. A est fondé à soutenir que la décision par laquelle le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour a porté à son droit à la protection de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis en méconnaissance des stipulations citées au point 2.
5.Il résulte de ce qui précède que la décision par laquelle le préfet a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A doit être annulée. Par voie de conséquence, les décisions par lesquelles il l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de renvoi, qui sont dépourvues de base légale, doivent également être annulées.
Sur les conclusions à fins d'injonction
6.Eu égard au motif d'annulation retenu, la présente décision implique nécessairement, sous réserve de changements de circonstances de fait ou de droit, que le préfet délivre à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Essonne du 15 février 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Essonne, ou à défaut au préfet territorialement compétent, de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la date de notification de la présente décision, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Delage, président,
Mme Julie Florent, première conseillère,
M. Grégoire Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
G. C
Le président,
Signé
Ph. DelageLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies d'exécution contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026