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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2202144

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2202144

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2202144
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème chambre
Avocat requérantDE CLERCK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mars 2022, Mme B D, représentée par Me de Clerck, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera reconduite d'office passé ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 € par jour de retard, et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 € au bénéfice de son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que l'arrêté attaqué :

- est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- est entaché d'un vice de procédure à défaut d'avoir été entendue préalablement à l'édiction de l'acte, en méconnaissance de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- est entaché d'un vice de procédure compte tenu des irrégularités entachant l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- est entaché d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru lié par l'avis du collège des médecins ;

- méconnaît l'article 6-7° de l'accord franco-algérien ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu :

- la demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme D le 3 mars 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique,

- et les observations de Me de Clerck représentant Mme D, présente.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B D, ressortissante algérienne née 20 février 1991 à Beni-Mouhli en Algérie, est entrée en France le 5 novembre 2015 sous couvert d'un visa de court séjour. Une tumeur lui ayant été diagnostiquée en 2016, l'intéressée a été soignée en France et a bénéficié de titres de séjour pour soins à compter du 19 mai 2018 dont elle a sollicité le renouvellement pour la dernière fois le 8 mars 2021. Par un arrêté du 1er février 2022, le préfet de l'Essonne a refusé de faire droit à sa demande et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de son pays d'origine. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles: " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. "

3. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, permettant à Mme D d'en contester utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'acte doit être écarté. Il ne ressort pas par ailleurs des termes de l'arrêté attaqué que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de Mme D. Ce second moyen doit par suite être également écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".

6. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet non seulement d'un refus de cette demande, mais également d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose d'ailleurs pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

7. En l'espèce, la requérante, qui se borne à soutenir que ce droit peut être invoqué à l'appui de la contestation d'une décision d'obligation de quitter le territoire et qu'elle aurait dû être informée de ce qu'une mesure d'éloignement était susceptible d'être prise à son encontre, sans précisions supplémentaires, n'établit ni même n'allègue qu'elle aurait sollicité en vain un entretien avec les services de la préfecture de l'Essonne, ni qu'elle aurait été empêchée de présenter ses observations avant que ne soit prise les décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de la violation de son droit à être entendu doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7°) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. ".

9. L'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) " est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office () transmet son rapport médical au collège de médecins. (). Aux termes de l'article R. 425-13 : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical ". Enfin, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 visé ci-dessus : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. () L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ". Aux termes de l'article 11 du même arrêté : " () Le collège de médecins ou le médecin de l'office peut convoquer le demandeur et faire procéder à des examens complémentaires. Dans ce cas, le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. Il peut être assisté d'un interprète et d'un médecin de son choix. / Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate. "

10. D'une part, l'avis du 31 mai 2021 émis par le collège de médecins de l'OFII, qui est versé aux débats par le préfet de l'Essonne, précise que le rapport médical requis a été établi par le docteur A E, médecin qui n'appartenait pas au collège de médecins ayant rendu l'avis, composé des docteurs Emilie Mettais-Cartier, C Quilliot et Jean-Luc Gerlier. Il résulte par ailleurs des mentions figurant sur cet avis, lesquelles font foi jusqu'à preuve du contraire, qu'il a été rendu " après en avoir délibéré " par trois médecins de l'OFII qui sont parfaitement identifiés et dont la signature, apposée sous forme de fac-similé, est suffisamment identifiable. Par ailleurs, ces signatures sous forme de fac-similés ne constituent pas des signatures électroniques et ne relèvent pas, de ce fait, de l'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives. En tout état de cause, aucun élément du dossier ne permet de remettre en cause l'authenticité des signatures apposées au bas de l'avis du 31 mai 2021 des trois médecins composant le collège de médecins de l'OFII, dont l'identité est précisée. Il n'est donc pas établi que cet avis n'aurait pas été pris à l'issue d'une délibération collégiale. En outre, l'avis a été rendu par un collège de médecins dont les noms figurent sur la liste des médecins désignés pour participer au collège à compétence nationale de l'OFII, annexée à la décision du directeur général de l'OFII du 1er mai 2021 portant désignation au collège de médecins à compétence nationale de l'OFII. Enfin, il ressort des mentions de l'avis, dont aucun élément de procédure n'est coché, que le collège des médecins n'a mis en œuvre aucun des pouvoirs d'instruction qui lui sont octroyés et qu'ainsi, l'avis n'avait pas à préciser si Mme D avait déféré aux demandes qui lui avaient été adressée. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

11. D'autre part, pour refuser à Mme D le renouvellement de son titre de séjour pour soins, le préfet s'est fondé sur l'avis précité du collège des médecins de l'OFII selon lequel, si l'état de santé de Mme D nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressée peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine.

12. Mme D fait valoir qu'elle a été diagnostiquée avec une tumeur au poumon droit en 2016, alors qu'elle était âgée de 25 ans et a dû subir une artério-embolisation bronchique afin de permettre le passage de l'air vers les poumons ainsi qu'une opération d'obstruction bronchique par bronchoscopie en 2016, au cours de laquelle elle a été victime d'une hémorragie interne et a été plongée dans un coma artificiel pendant 47 jours. En décembre 2016, elle a pu reprendre un traitement chimiothérapique oral et a été transférée dans un centre de rééducation mais a été contrainte de réaliser en juillet 2018 une deuxième artério-embolisation avant de subir une ablation totale de son poumon droit en novembre 2019. La requérante fait valoir par ailleurs que si elle est aujourd'hui en phase de rémission et que l'intervention qu'elle a subie s'est bien déroulée, la gravité de son état de santé demeure et, à ce jour, elle continue d'être régulièrement suivie par les services d'oncologie, de pneumologie et de chirurgie de l'Hôpital Avicenne de Bobigny et que ce suivi et ses traitements ne sont pas disponibles en Algérie.

13. Les documents médicaux récents produits par Mme D se bornent toutefois à faire état de rendez-vous programmés à l'hôpital Avicenne et à indiquer de façon sommaire que " l'état de santé de Mme D nécessite sa présence en France pour des raisons médicales jusqu'en octobre 2022 ". Par ailleurs, les seules coupures de presse produites par Mme D faisant état de pénuries de médicaments et de l'indisponibilité d'une grande partie des molécules dédiées au cancer du poumon en Algérie, qui ne sont corroborées par aucun document médical circonstancié émanant de médecins algériens ou français, sont insuffisantes pour établir que le traitement actuellement suivi par la requérante est indisponible dans son pays d'origine. Enfin, le dernier avis favorable précédemment émis par le collège des médecins de l'OFII précisait que la durée prévisible de soins était évaluée à un an. Dans ces conditions, Mme D n'est pas fondée à soutenir que le préfet de l'Essonne, qui ne s'est pas cru lié par l'avis du collège des médecins au regard des termes de l'arrêté attaqué, a méconnu les stipulations de l'article 6-7° de l'accord franco-algérien en adoptant l'arrêté attaqué.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

15. Il ressort des pièces du dossier que Mme D, arrivée en France à l'âge de 24 ans, réside sur le territoire national depuis six ans à la date de l'arrêté attaqué. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à l'exception d'un frère avec lequel la requérante n'indique pas entretenir des liens particuliers, l'intéressée, célibataire, a toute sa famille en Algérie. Enfin si malgré son lourd parcours médical, la requérante a pu conclure un contrat à durée indéterminée intermittent en qualité d'animatrice le 25 janvier 2021, Mme D ne produit aucune fiche de paie. Dans ces conditions et eu égard à ce qui a été énoncé précédemment, le préfet n'a pas porté au droit de Mme D au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris et n'a par suite pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être également écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme D doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Mme D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme D est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, au préfet de l'Essonne et à Me de Clerck.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Delage, président,

- Mme Florent, première conseillère,

- M. Thivolle, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

La rapporteure,

Signé

J. CLe président,

Signé

Ph. Delage

La greffière,

Signé

V. Retby

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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