lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2202313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | ROCHICCIOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mars 2022, M. D C, représenté par Me Rochiccioli, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2022 du préfet des Yvelines par lequel il a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la date de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- la décision est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, le défaut de production du rapport médical et de l'avis médical ne permettant pas de s'assurer de leur régularité, notamment la mention des quatre éléments imposés par l'arrêté du 27 décembre 2016 et l'identification d'un médecin rapporteur n'ayant pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII, ainsi que l'existence d'une décision du directeur général de l'OFII désignant les médecins ayant siégé et la collégialité de la délibération ;
- l'OFII ne lui a pas transmis son dossier comportant les éléments sur lesquels il s'est basé malgré une demande en ce sens ;
- la décision méconnait l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ces stipulations.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour qui la fonde et dont il entend également se prévaloir par la voie de l'exception ;
- elle méconnait le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée au droit à sa vie privée et familiale et méconnait, ce faisant, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ces stipulations.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui la fonde et dont il entend également se prévaloir par la voie de l'exception ;
- elle n'est pas motivée ;
- le préfet, en fixant de manière automatique à trente jours le délai de départ volontaire, a méconnu l'étendue de sa compétence ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La procédure a été communiquée au préfet des Yvelines qui n'a pas présenté d'observations.
Par une ordonnance du 25 avril 2022, la clôture de l'instruction initialement fixée au 25 avril 2022 a été reportée au 6 mai 2022.
Vu :
- le dossier médical de M. C produit par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 20 septembre 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gibelin, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 14 mai 1953, entré en France le 6 janvier 2020, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 18 février 2022, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. L'intéressé demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit des garanties applicables aux ressortissants algériens demandant un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office () peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport () ". Aux termes de l'article 6 de cet arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté () ".
3. D'une part, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration de communiquer à l'étranger l'avis du collège des médecins de l'OFII, ni les informations, rapports, bases de données et sources sur lesquels il s'est fondé. En tout état de cause, il résulte des dispositions de l'article 2 de l'arrêté du 5 janvier 2017 susvisé que le rapport médical sur lequel s'est appuyé le collège des médecins de l'OFII n'est pas communicable au préfet lequel ne peut, par conséquent, pas le produire et il ressort des pièces du dossier que le préfet a produit l'avis du collège des médecins de l'OFII, en date du 6 janvier 2022, relatif à M. C, qui comporte l'ensemble des mentions obligatoires prévues par l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé et qui permet d'en identifier les auteurs et leurs signatures. Il ressort en outre des pièces du dossier, et en particulier du bordereau de transmission du directeur territorial de l'OFII et de l'avis du collège des médecins de l'OFII, dont aucune autre pièce du dossier ne permet de remettre en cause la teneur, que le rapport médical prévu à l'article R. 425-11 précité a été établi le 3 janvier 2022 par un médecin du service médical dudit office, et que ce rapport a été transmis le même jour au collège des médecins de l'OFII où il n'a pas siégé. Par ailleurs, la mention portée sur ce document selon laquelle le collège de médecins de l'OFII a émis cet avis " après en avoir délibéré ", faisant foi jusqu'à preuve du contraire, suffit à établir le caractère collégial de la délibération du collège de médecins. Enfin, le requérant fait valoir que le préfet ne démontre pas que les trois médecins signataires de l'avis du collège des médecins auraient été régulièrement nommés par le directeur général de l'OFII. Toutefois, et alors que l'avis du collège des médecins vise les dispositions législatives et réglementaires applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'arrêté du 27 décembre 2016 précédemment cité, le requérant n'apporte aucun élément au soutien de cette branche du moyen qui permettrait au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Dans ces conditions, la désignation par le directeur général de l'OFII des trois médecins ayant siégé au sein du collège le 6 janvier 2022, qui figuraient sur la liste des médecins désignés pour participer au collège à compétence nationale de l'OFII en annexe de la décision du 1er octobre 2021 régulièrement publiée, est réputée à défaut d'élément contraire, régulière. Par suite, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision du préfet a bien été rendue au vu d'un rapport et d'un avis médical conformément aux dispositions précitées.
4. D'autre part, la demande de communication de son dossier ayant été présentée par le requérant auprès des services de l'OFII le 21 mars 2022 postérieurement à la date de la décision attaquée, la circonstance que l'OFII aurait refusé d'y donner suite, à la supposer établie, serait sans incidence sur la légalité de cette décision. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que le dossier médical de M. C a été envoyé à son avocat le 25 mars 2022. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté aurait été pris à l'issue d'une procédure irrégulière. Le moyen doit être écarté en toutes ses branches.
5. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ".
6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tout élément permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
7. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. C sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, le préfet s'est fondé sur le motif tiré de ce que, ainsi que le collège des médecins de l'OFII l'avait estimé dans son avis du 6 janvier 2022, si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut néanmoins bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Les éléments médicaux que M. C produit pour contester cette appréciation, notamment les certificats médicaux, les compte-rendus d'hospitalisations et d'examens et les ordonnances, font principalement état d'un cancer de la prostate traité par radiothérapie jusqu'en novembre 2020 et par hormonothérapie, d'un diabète de type II et d'hypertension artérielle. Si ces documents précisent que l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale, par un suivi régulier spécialisé multidisciplinaire en milieu hospitalier, dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ils ne sont pas de nature à remettre en cause le bien-fondé de l'appréciation portée par le préfet sur la possibilité pour M. C de pouvoir bénéficier d'un traitement approprié en Algérie, ainsi que le collège des médecins de l'OFII l'avait estimé, dès lors que les seuls documents portant sur ce points sont un certificat médical établi par le Dr B le 16 avril 2021, soit dix mois avant la date de la décision attaquée, insuffisamment circonstancié et se bornant à indiquer que son état de santé ne lui permet pas d'être traité dans son pays de résidence habituel, un certificat du Dr A, pneumophtisiologue au centre hospitalo-universitaire de Batna en Algérie, établi le 7 avril 2022, se contentant de mentionner qu'il est préférable pour l'intéressé de terminer ses soins dans l'établissement où il a été opéré dans la mesure où le CHU de Batna ne dispense pas les soins dont il a besoin par manque de matériel et de compétences, et un " avis de non disponibilité " émis par une pharmacie de Batna le 18 avril 2022 faisant état d'une indisponibilité de certains traitements prescrits au requérant. Il en est de même des articles de presse à caractère général que le requérant produit. Si M. C se fonde sur une nomenclature des médicaments disponibles en Algérie pour soutenir que l'Eucras, le Movilox, le Lasilix, le Previscan, le Bisoce et la Cordarone n'y figurent pas, il n'établit pas que des médicaments contenant les mêmes principes actifs ou des traitements de substitution ne seraient pas disponibles dans ce pays. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de l'erreur d'appréciation au regard de ces stipulations doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, si le requérant excipe de l'illégalité de la décision de refus de délivrance de titre de séjour pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'invoque par voie d'exception aucun autre moyen que ceux déjà développés, écartés par voie d'action. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de délivrance de titre de séjour, soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit, dès lors, être écarté.
9. En deuxième lieu, pour les raisons précédemment exposées au point 7, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision méconnait le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen sera écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
11. M. C soutient qu'il vit en France depuis son entrée sur le territoire le 6 janvier 2020, où résident son épouse, son frère et sa sœur et trois de ses enfants, dont deux ont la nationalité française. Toutefois, étant entré récemment sur le territoire français et son épouse y résidant en situation irrégulière, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident selon ses déclarations deux de ses enfants et où il a vécu jusqu'à 66 ans. Par suite et eu égard à sa situation personnelle et familiale, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et, ce faisant, méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni qu'elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ces stipulations. Ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, si le requérant excipe de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour demander l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire, il n'invoque par voie d'exception aucun autre moyen que ceux déjà développés, écartés par voie d'action. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, soulevé à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit, dès lors, être écarté.
13. En deuxième lieu, l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que le délai de départ volontaire est par principe d'une durée de trente jours pour un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. En application de ces dispositions, lorsque l'autorité administrative prévoit qu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dispose du délai de départ volontaire de trente jours, qui est le délai normalement applicable, ou d'un délai supérieur, elle n'est pas tenue de motiver sa décision sur ce point si l'étranger, comme en l'espèce, n'a présenté aucune demande en ce sens. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du délai de départ volontaire fixé par la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.
14. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée, qui indique qu'aucune circonstance de l'espèce ne justifie qu'à titre exceptionnel un délai de départ volontaire supérieur à trente jours soit accordé à l'intéressé pour quitter le territoire français, que le préfet n'a pas méconnu l'étendue de sa propre compétence et n'a pas, ce faisant, commis d'erreur de droit. Le moyen sera écarté.
15. En dernier lieu, M. C soutient que le préfet n'a pas tenu compte des éléments relatifs à son état de santé pour fixer le délai de départ volontaire. Toutefois, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de M. C aurait nécessité un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant à trente jours le délai de départ volontaire doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 février 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions de M. C à fin d'octroi d'une somme au titre des frais liés à l'instance et non compris dans les dépens, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet des Yvelines.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026