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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2202715

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2202715

mardi 23 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2202715
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantBROWN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 avril 2022, M. A C B, représenté par Me Brown, demande au tribunal d'annuler la décision sur rapport d'enquête en date du 4 avril 2022 du chef de détention de la maison d'arrêt de Bois d'Arcy d'engager à son encontre une procédure disciplinaire.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, une autre personne ayant reconnu les faits.

La requête de M. B a été communiquée au garde de sceaux, ministre de la justice qui n'a pas présenté d'observations.

Par un courrier du 22 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête dès lors que la décision attaquée ne constitue que le premier élément de la procédure disciplinaire. Dès lors, il s'agit d'une mesure préparatoire et elle ne présente pas le caractère d'une décision faisant, par elle-même, grief au requérant et ne peut par suite, être déférée, au tribunal par la voie du recours pour excès de pouvoir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B demande au tribunal d'annuler la décision sur rapport d'enquête en date du 4 avril 2022 du chef de détention du centre pénitentiaire de Bois d'Arcy d'engager à son encontre une procédure disciplinaire

2. D'une part, aux termes des dispositions de l'article R57-7-13 du code de procédure pénale alors en vigueur et applicables au litige : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline ". Aux termes de l'article R57-7-14 du même code alors en vigueur : " A la suite de ce compte rendu d'incident, un rapport est établi par un membre du personnel de commandement du personnel de surveillance, un major pénitentiaire ou un premier surveillant et adressé au chef d'établissement. Ce rapport comporte tout élément d'information utile sur les circonstances des faits reprochés à la personne détenue et sur la personnalité de celle-ci. L'auteur de ce rapport ne peut siéger en commission de discipline ". Aux termes de l'article R57-7-15 du même code alors en vigueur : " Le chef d'établissement ou son délégataire apprécie, au vu des rapports et après s'être fait communiquer, le cas échéant, tout élément d'information complémentaire, l'opportunité de poursuivre la procédure ". D'autre part, aux termes de l'article R57-7-17 du code de procédure pénale alors en vigueur : " La personne détenue est convoquée par écrit devant la commission de discipline ". Aux termes de l'article R57-7-25 alors applicable : " La décision sur la sanction disciplinaire est prononcée en présence de la personne détenue. Elle lui est notifiée par écrit sans délai et doit comporter, outre l'indication de ses motifs, le rappel des dispositions de l'article R.57-7-32 " et aux termes de l'article R. 57-7-32 du même code alors en vigueur : " La personne détenue qui entend contester la sanction prononcée à son encontre par la commission de discipline doit, dans le délai de quinze jours à compter du jour de la notification de la décision, la déférer au directeur interrégional des services pénitentiaires préalablement à tout recours contentieux. Le directeur interrégional dispose d'un délai d'un mois à compter de la réception du recours pour répondre par décision motivée. L'absence de réponse dans ce délai vaut décision de rejet ".

3. La décision sur rapport d'enquête par laquelle le chef de détention de la maison d'arrêt de Bois d'Arcy a décidé de poursuivre la procédure et de convoquer M. C B devant la commission de discipline ne constitue que le premier élément de la procédure disciplinaire instituée aux articles rappelés au point précédent. Dès lors, elle ne présente pas le caractère d'une décision faisant, par elle-même, grief au requérant et ne peut par suite, être déférée, au tribunal par la voie du recours pour excès de pouvoir. Par suite les conclusions tendant à son annulation sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B, au garde des sceaux, ministre de la justice et au centre pénitentiaire de Bois-d'Arcy.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.

Le Président-rapporteur,

Signé

R. Féral

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

Signé

A. BartnickiLa greffière,

Signé

V. Retby

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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