lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2202907 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ARVIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 11 avril 2022, le 15 janvier 2024 et le 19 février 2024, Mme B A, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire, émis le 22 décembre 2021, par lequel le maire de la commune de Verneuil-sur-Seine a mis à sa charge la somme de 4 343,56 euros correspondant aux indemnités de fonction qu'elle a perçues à tort en tant que conseillère municipale au cours de la période du 7 juillet 2020 au 27 avril 2021, et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Verneuil-sur-Seine une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre est insuffisamment motivé en l'absence de mention précise des bases de la liquidation ;
- il ne comporte ni la signature, ni la qualité de son auteur ;
- il a été pris par une autorité incompétente ;
- il est dépourvu de base légale dès lors qu'elle a exercé effectivement ses fonctions de conseiller municipal délégué sur la période en cause et que sa qualité de fonctionnaire de la police nationale était connue du maire.
Par trois mémoires en défense enregistrés le 28 mars 2023, le 29 janvier 2024 et le 4 mars 2024, la commune de Verneuil-sur-Seine, représentée par Me Azouaou, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Par deux mémoires distincts enregistrés le 15 janvier 2024 et le 19 février 2024, Mme B A demande au tribunal, en application de l'article 23-1 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, de transmettre au Conseil d'État une question prioritaire de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions du 2° de l'article L. 237 du code électoral, qui méconnaît les exigences d'égal accès aux fonctions électives découlant de l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
Elle soutient que la question de la constitutionnalité des dispositions du 2° de l'article L.237 du code électoral n'a jamais fait l'objet d'un examen de conformité à la Constitution par le Conseil constitutionnel ; que les dispositions du 2° de l'article L. 237 du code électoral sont applicables au litige dès lors qu'elles constituent le fondement du titre de recette émis à son encontre ; que les dispositions du 2° de l'article L. 237 du code électoral, dès lors qu'elles instaurent une incompatibilité générale et absolue entre les fonctions de fonctionnaire actif de la police nationale et le mandat de conseiller municipal, sont contraires à l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
Par deux mémoires enregistrés le 29 janvier 2024 et le 4 mars 2024, la commune de Verneuil-sur-Seine conclut au rejet de cette demande de transmission.
Elle soutient que si les deux premières conditions de l'article 23-2 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 sont remplies, la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la requérante est dépourvue de caractère sérieux ; que l'incompatibilité fixée par le 2° de l'article L. 237 du code électoral n'est pas " générale et absolue " car elle ne s'étend pas à l'ensemble des fonctionnaires actifs de la police nationale mais aux seuls fonctionnaires des corps de conception et de direction et de commandement et d'encadrement de la police nationale ; que seule une petite minorité de fonctionnaires actifs de la police nationale est concernée par l'incompatibilité du 2° de l'article L. 237 du code électoral ; que cette incompatibilité, qui est limitée en fonction du grade de la personne élue et en fonction des responsabilités exercées, n'excède pas ce qui est nécessaire pour protéger la liberté de choix de l'électeur et ne porte donc pas atteinte au principe d'égalité garanti par l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et des citoyens de 1789.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 ;
- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lutz,
- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique,
- les observations de Me Arvis, représentant Mme A, et de Me Berton, représentant la commune de Verneuil-sur-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article 61-1 de la Constitution : " Lorsque, à l'occasion d'une instance en cours devant une juridiction, il est soutenu qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi du Conseil d'État ou de la Cour de cassation qui se prononce dans un délai déterminé. / () ". En vertu des dispositions combinées des premiers alinéas des articles 23-1 et 23-2 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel, la juridiction, saisie d'un moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution présenté dans un écrit distinct et motivé, statue par une décision motivée sur la transmission de la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil d'Etat et procède à cette transmission à la triple condition que la disposition contestée soit applicable au litige ou à la procédure, qu'elle n'ait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel, sauf changement de circonstance, et qu'elle ne soit pas dépourvue de caractère sérieux.
2. Aux termes de l'article L. 237 du code électoral : " Les fonctions de conseiller municipal sont incompatibles avec celles : / 1° De préfet ou sous-préfet et de secrétaire général de préfecture ; / 2° De fonctionnaire des corps de conception et de direction et de commandement et d'encadrement de la police nationale ; / 3° De représentant légal des établissements communaux ou intercommunaux mentionnés aux 1° et 3° de l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dans la ou les communes de rattachement de l'établissement où il est affecté. / Les personnes dont les fonctions sont incompatibles avec le mandat de conseiller municipal en application de l'article L. 46 ainsi que celles mentionnées aux 1° à 3° du présent article élues membres d'un conseil municipal ont, à partir de la proclamation du résultat du scrutin, un délai de dix jours pour opter entre l'acceptation du mandat et la conservation de leur emploi. A défaut de déclaration adressée dans ce délai à leurs supérieurs hiérarchiques, elles sont réputées avoir opté pour la conservation dudit emploi ".
3. Aux termes de l'article 6 de la Déclaration de 1789 la loi " doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ". Le législateur est compétent, en vertu de l'article 34 de la Constitution, pour fixer les règles concernant le régime électoral des assemblées locales et déterminer les principes fondamentaux de la libre administration des collectivités territoriales. Il ne saurait priver un citoyen du droit d'éligibilité dont il jouit en vertu de l'article 6 de la Déclaration de 1789 que dans la mesure nécessaire au respect du principe d'égalité devant le suffrage et à la préservation de la liberté de l'électeur.
4. Les dispositions du 2° de l'article L. 237 du code électoral sont applicables au présent litige et n'ont pas déjà été déclarées conformes à la Constitution dans les motifs ou le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel. Le moyen tiré de ce qu'elles portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution, et notamment au principe d'égal accès aux fonctions électives, n'est pas dépourvu de caractère sérieux.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de transmettre au Conseil d'Etat la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions du 2° de l'article L. 237 du code électoral.
D E C I D E :
Article 1er : La question prioritaire de constitutionnalité soulevée par Mme A portant sur les dispositions du 2° de l'article L. 237 du code électoral est transmise au Conseil d'Etat.
Article 2 : Il est sursis à statuer sur la requête de Mme A jusqu'à ce que le Conseil d'Etat, ou le Conseil constitutionnel s'il en est saisi, se prononce sur la question visée à l'article 1er.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Verneuil-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 29 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Sauvageot, présidente,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
La rapporteure,
signé
F. Lutz La présidente,
signé
J. Sauvageot
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2202907
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026