vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203032 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | YESILBAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 avril 2022, et des pièces complémentaires enregistrées le 31 mai 2022, M. A B, représenté par Me Yesilbas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2022 du préfet de l'Essonne portant obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) d'ordonner l'effacement de son signalement dans le fichier européen de non-admission ;
4°) de mettre à la charge du préfet de police de Paris la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son avocat, Me Yesilbas.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait, et est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle ne comporte pas de mention relative au tribunal compétent en cas de recours ;
- il n'a pas été mis à même de présenter ses observations en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et en méconnaissance du droit de l'Union européenne ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation : il est arrivé en France après avoir fui des persécutions en Turquie, commises en raison de son militantisme pour la cause kurde ; son père s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ; ses craintes de persécution nécessitent son maintien en France ; sa situation est stable et son adresse bien connue ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il vit depuis plus de huit ans en France où il a reconstruit sa cellule familiale et amicale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2022 par une ordonnance du 19 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Geismar, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant turc, né le 2 juillet 1995, est entré en France le 22 mars 2014, selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 17 novembre 2014 et par la cour nationale du droit d'asile le 22 avril 2015. Il a fait l'objet d'arrêtés portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français les 12 juin 2015 et 10 juillet 2018, du préfet de l'Essonne. Il a sollicité, le 28 décembre 2020, un titre de séjour " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 février 2022, notifié le 31 mars, le préfet de l'Essonne a refusé sa demande d'admission au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours. M. B demande l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
2. En premier lieu, M. D C, directeur de l'immigration et de l'intégration de la préfecture de l'Essonne, ayant reçu, par un arrêté n° 2021-PREF-DCPPAT-BCA-223 du 9 décembre 2021, délégation du préfet de l'Essonne pour signer l'arrêté attaqué, le moyen tiré de l'incompétence de son auteur ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet de l'Essonne s'est fondé. Il vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et résume la situation administrative et familiale de l'intéressé. Il mentionne ainsi, notamment, que sa demande d'asile a été rejetée, qu'il a déjà fait l'objet d'obligations de quitter le territoire français et qu'il ne justifie pas de façon probante sa présente en France pour les années 2016 et 2017, faisant également état de ses antécédents judiciaires. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision litigieuse doit être écarté.
4. En outre, il ressort des termes de l'arrêté litigieux que le préfet de l'Essonne a procédé à un examen approfondi de sa situation.
5. En troisième lieu, la circonstance que la décision litigieuse ne comporterait pas la mention du tribunal administratif compétent pour exercer un recours est sans incidence sur sa légalité et ne peut être utilement invoquée à son encontre.
6. En quatrième lieu, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet non seulement d'un refus de cette demande, mais également d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose d'ailleurs pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
7. En l'espèce, le requérant, qui se borne à soutenir que ce droit peut être invoqué à l'appui de la contestation d'une décision d'obligation de quitter le territoire et qu'il aurait dû être mis à même de présenter des observations, sans précisions supplémentaires, n'établit ni même n'allègue qu'il aurait sollicité en vain un entretien avec les services de la préfecture de l'Essonne, ni qu'il aurait été empêché de présenter ses observations avant que ne soit prise les décisions litigieuses, et alors même qu'il a déjà fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire français en 2015 et 2018. Par suite, le moyen tiré de la violation de son droit à être entendu doit être écarté.
8. En cinquième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. B fait valoir qu'il vit en France depuis plus de huit ans et qu'il y dispose d'une adresse connue. Toutefois, les documents qu'il produit, essentiellement des relevés bancaires, des ordonnances médicales et des correspondances avec Pôle emploi ne suffisent pas à démontrer qu'il y séjourne de manière habituelle et ininterrompue. En outre, célibataire sans charge familiale, il est défavorablement connu des services de police et n'établit pas avoir noué des liens personnels ou professionnels intenses et stables. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant la décision litigieuse, le préfet de l'Essonne aurait commis une erreur d'appréciation ou violé l'article 8 cité ci-dessus.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 16 février 2022 portant obligation de quitter le territoire doivent être rejetées, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur la fin de non-recevoir.
11. Les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'effacement de son signalement dans le fichier européen de non-admission présentées et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. M. A B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
M. GeismarLe président,
Signé
C. Gosselin La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026