vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | JEANNETEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 21 avril et le 15 septembre 2022 ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 26 avril et le 13 septembre 2022, Mme E B, représentée par Me Jeanneteau, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, à défaut, d'abroger cet arrêté, à titre subsidiaire, qu'il abroge cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour d'un an, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, et à défaut de réexaminer sa situation dans un délai d'une semaine à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du préfet des Yvelines une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
à titre principal :
- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'absence de traitement approprié aura pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle est dans l'impossibilité d'en bénéficier dans son pays d'origine ;
à titre subsidiaire :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui n'est pas signé par les trois médecins et ne comporte pas leur nom d'une part, et qui ne contient pas le nom du médecin ayant rédigé le rapport préalable d'autre part ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation compte tenu de son état de santé, méconnaissant ainsi l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines le 21 avril 2022. Il n'a pas produit d'observation.
Par une ordonnance du 15 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 septembre 2022.
Par une décision du 13 octobre 2021 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Versailles, Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale. Par une décision modificative du 4 avril 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a accepté la demande en changement d'avocat présentée par Me Jeanneteau.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 septembre 2022 :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Fakih substituant Me Jeanneteau pour la requérante, ainsi que de Mme B requérante.
Connaissance prise de la note en délibéré enregistrée le 26 septembre 2022, présentée par Me Jeanneteau pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E B, ressortissante ivoirienne née le 18 octobre 1961, est entrée régulièrement en France le 6 mai 2017. Elle a bénéficié de deux titres de séjour en raison de son état de santé valables du 3 mai 2019 au 16 avril 2021. Par un arrêté du 21 juin 2021, le préfet des Yvelines a refusé de le renouveler, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. Par un arrêté n° 78-2021-03-01-010 du 1er mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 78-2021-047 du même jour de la préfecture des Yvelines, Mme A C, directrice des migrations, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
3. Il ressort de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 31 mai 2021, ainsi que de son bordereau de transmission, qu'il a été saisi à la suite d'un rapport médical établi le 1er mai 2021 et qu'il émane d'une formation collégiale de trois médecins nominativement désignés. En outre, le médecin rapporteur, dont l'identité est précisée, n'y a pas siégé. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure manque donc en fait, et ne peut qu'être écarté.
4. D'une part, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
5. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
6. En l'espèce, pour refuser le renouvellement du titre sollicité en raison de son état de santé, le préfet des Yvelines s'est fondé, notamment, sur la circonstance que le collège des médecins de l'OFII a, dans son avis du 31 mai 2021, estimé que l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale mais que le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. La requérante qui a déjà bénéficié de deux titres de séjour en raison de son état de santé, démontre être suivie pour un traitement par chimiothérapie au centre des maladies du sein et produit le calendrier de ses cures. Elle transmet l'attestation d'un médecin exerçant au sein de l'hôpital Saint Louis et précisant le 21 avril 2022 que l'intéressée est en cours de traitement pour une " récidive axillaire d'un cancer du sein diagnostiqué initialement en 2016 " et qu'il s'agit " d'un cancer très agressif en l'absence de traitement de pointe adapté " engageant à défaut de traitement " son pronostic vital ". Toutefois, et sans remettre en cause leur pertinence, les éléments ainsi apportés sont postérieurs à la décision litigieuse. Or, la légalité du refus de titre de séjour doit être appréciée au regard de la situation existante à la date de son édiction, sans que puisse être utilement invoqués les faits postérieurs qui ont pu entrainer un changement de situation. Ainsi, Mme B, qui conserve la possibilité de solliciter, en raison d'un changement de situation, un titre de séjour, n'est pas fondée à soutenir qu'à la date du refus de titre litigieux, le préfet aurait commis une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. L'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable, dispose : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".
8. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'à la date de la décision litigieuse, celle-ci était entachée d'une erreur d'appréciation.
Sur les conclusions tendant à l'abrogation de l'arrêté du 21 juin 2021 :
9. Saisi de conclusions tendant à l'annulation d'un acte réglementaire recevables, le juge peut également l'être, à titre subsidiaire, de conclusions tendant à ce qu'il prononce l'abrogation du même acte au motif d'une illégalité résultant d'un changement de circonstances de droit ou de fait postérieur à son édiction, afin que puissent toujours être sanctionnées les atteintes illégales qu'un acte règlementaire est susceptible de porter à l'ordre juridique. Il statue alors prioritairement sur les conclusions à fin d'annulation. Dans l'hypothèse où il ne ferait pas droit aux conclusions à fin d'annulation et où l'acte n'aurait pas été abrogé par l'autorité compétente depuis l'introduction de la requête, il appartient au juge, dès lors que l'acte continue de produire des effets, de se prononcer sur les conclusions subsidiaires. Le juge statue alors au regard des règles applicables et des circonstances prévalant à la date de sa décision. S'il constate, au vu des échanges entre les parties, un changement de circonstances tel que l'acte est devenu illégal, le juge en prononce l'abrogation. Il peut, eu égard à l'objet de l'acte et à sa portée, aux conditions de son élaboration ainsi qu'aux intérêts en présence, prévoir dans sa décision que l'abrogation ne prend effet qu'à une date ultérieure qu'il détermine.
10. En l'espèce, les conclusions de la requête tendent, à titre principal, à l'annulation d'un acte individuel. Or, il n'entre pas dans l'office du juge de l'excès de pouvoir de procéder à son abrogation, y compris lorsque survient un changement de circonstance tel que l'acte serait devenu illégal. Les conclusions tendant à l'abrogation de l'arrêté du 21 juin 2021 ne peuvent donc qu'être rejetées.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
Sur les autres conclusions :
12. Il résulte également de ce qui précède que les conclusions présentées à fin d'injonction, ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B etau préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure
Signé
M. Geismar
Le président,
Signé
C. Gosselin
La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026