vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203131 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHEMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 et 28 avril 2022, M. B C, représenté par Me Chemin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2022 du préfet de l'Essonne lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour en application des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut de procéder au réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sont dépourvues de motivation en fait ;
- elles méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est dépourvue de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et ne mentionne aucune circonstance permettant de s'assurer que le préfet avait évalué la possibilité d'un délai supérieur à trente jours ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 juin 2022 par une ordonnance du 29 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant sri-lankais né le 17 décembre 1988, a déclaré être entré en France en mai 2012. Il a sollicité, le 29 avril 2021, son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 23 mars 2022, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux résume le parcours administratif du requérant, reprenant les précédents arrêtés de refus de séjour et les obligations de quitter le territoire français dont il avait déjà fait l'objet. Il liste les documents produits par l'intéressé afin d'établir la durée de son séjour en France ainsi que la promesse d'embauche dont il se prévaut. Enfin, il fait état de sa situation familiale et de ses attaches dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de son insuffisante motivation en fait doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Et selon les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
4. M. C se prévaut de sa présence ininterrompue sur le territoire français depuis 2012 ainsi que de sa situation professionnelle, indiquant travailler pour un restaurant depuis février 2020. Toutefois, il a déjà fait l'objet de deux arrêtés portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire en 2014 et 2017, qu'il n'a pas exécutés. Enfin, le requérant ne dispose pas d'attache familiale en France alors que sa mère et son frère résident dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de l'Essonne n'a pas porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 précité doivent être écartés.
5. En troisième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (). ".
6. Si le requérant justifie d'une activité professionnelle, en tant qu'employé polyvalent depuis février 2020 au sein de la société Le Tasty Naan, en produisant les bulletins de salaire qui en attestent ainsi qu'un contrat de travail, ces éléments ne sont pas suffisants pour permettre son admission exceptionnelle au séjour par le travail au titre des dispositions précitées. Par ailleurs, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 4, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
7. En quatrième lieu, selon l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".
8. Ainsi, l'étranger dispose en principe d'un délai de trente jours pour satisfaire à l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français, ce délai pouvant toutefois être supprimé par décision de l'autorité administrative dans des cas limitativement énumérés, ou être exceptionnellement prorogé eu égard à sa situation personnelle. Ces dispositions n'imposent pas de motiver l'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours, correspondant au délai de droit commun prévu par les dispositions législatives reproduites au point précédent. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait fait état, lors du dépôt de sa demande, d'éléments de nature à justifier qu'à titre exceptionnel, un délai supérieur à 30 jours lui soit accordé. Les moyens tirés de l'insuffisante motivation de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire supérieur à 30 jours ainsi que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent donc être écartés.
9. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. M. C soutient craindre pour sa sécurité en raison de son appartenance à la minorité " tamoule " et précise que l'état d'urgence alimentaire a été déclarée dans son pays d'origine. Toutefois, il ne démontre pas, par ces allégations peu étayées, être personnellement exposé à un danger alors même que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ainsi que par la Cour nationale du droit d'asile.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris en ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 21 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
M. GeismarLe président,
signé
C. Gosselin
La greffière,
signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026