vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203407 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | BORDESSOULE DE BELLEFEUILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés au tribunal le 2 mai 2022, M. A B, représenté par Me Bordessoule de Bellefeuille demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 18 mars 2022 par laquelle la commission de recours amiable auprès de la caisse d'allocations familiales des Yvelines a rejeté son recours administratif préalable obligatoire tendant à l'annulation de la décision refusant de lui verser l'aide au logement à la suite de sa réclamation du 26 octobre 2021 ;
2°) d'annuler la décision de la caisse d'allocations familiales des Yvelines faisant suite à sa réclamation du 26 octobre 2021 ;
3°) d'ordonner à la caisse d'allocations familiales des Yvelines de lui verser les sommes dues ;
4°) d'enjoindre au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard en application des dispositions des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
5°) de mettre à la charge de la partie adverse la somme de 2 500 euros à verser à son avocat en application des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et aucune motivation ne lui a été adressée ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L.822-2 et L. 822-5 du code de la construction et de l'habitation ;
- par jugement du 5 octobre 2018, le tribunal d'instance de Versailles a rejeté la demande de résiliation du bail de son bailleur.
En application des dispositions de l'article R.612-3 du code de justice administrative, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a été mise en demeure par courrier du tribunal du 27 octobre 2022 de produire son mémoire en défense dans le délai de 30 jours.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- elle n'a eu connaissance du jugement du tribunal d'instance du 5 octobre 2018 que lors de l'examen par la commission de recours amiable ;
- le versement de l'allocation logement est suspendu à l'information du bailleur sur la situation de paiement du loyer du requérant depuis mai 2018.
En application des dispositions de l'article R.611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par un courrier du tribunal du 21 avril 2023 que la solution du litige était susceptible de reposer sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité pour forclusion des conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de la caisse d'allocations familiales née le 18 mars 2022, ainsi que des conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de la caisse d'allocations familiales des Yvelines faisant suite à son courriel du 26 octobre 2021.
A l'expiration du délai de réponse fixé au 28 avril 2023 à 12 heures, aucune réponse n'a été enregistrée au tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre la public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Crandal a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a demandé l'aide personnalisée au logement pour le logement qu'il occupait à Versailles, en octobre 2013. Par lettre du 31 mai 2018, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a décidé que dès lors qu'il sous-louait son logement, il perdait le bénéfice de l'aide au logement, et que sur le fondement de la modification de ses droits, un indu de 4686,47 euros était mis à sa charge à compter du 1er juillet 2016. Par jugement du 5 octobre 2018, le tribunal d'instance de Versailles a débouté son bailleur de l'action en résiliation du bail fondée sur la sous-location de son logement en méconnaissance des stipulations de son contrat de bail. Par un courriel du 16 avril 2021 faisant suite à un courriel du 30 juillet 2019, M. B renouvelle sa contestation de la décision de la caisse d'allocations familiales des Yvelines du 31 mai 2018 de ne plus lui verser l'aide personnalisée au logement. La caisse d'allocations familiales lui a alors demandé de produire le jugement du 5 octobre 2018. Par courriel du 26 octobre 2021, M. B s'est plaint de ne plus recevoir l'aide personnalisée au logement depuis 2016 et a demandé son rétablissement à titre rétroactif ainsi que des explications sur les circonstances de ce qu'il qualifie de suspension. Le courriel de réponse de la caisse d'allocations familiales justifie ce refus par la sous-location de l'appartement occupé par M. B. Le 17 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales des Yvelines s'est vu notifier une demande présentée comme recours administratif préalable obligatoire du requérant avec demande de versement des sommes à titre rétroactif. Par sa requête, M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales du 26 octobre 2021, de la décision implicite de rejet de la commission de recours amiable auprès de la caisse d'allocations familiales et la condamnation de la caisse à lui verser les allocations dues depuis 2016.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 351-14 du code de la construction et de l'habitation alors applicable : " () Le directeur de l'organisme payeur statue, après avis de la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, sur : () 2° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre de l'aide personnalisée au logement (). / Les recours relatifs à ces décisions sont portés devant la juridiction administrative ". Aux termes de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable au recouvrement des indus d'aide personnalisée au logement par l'article R. 351-28-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'action en recouvrement de prestations indues s'ouvre par l'envoi au débiteur par le directeur de l'organisme compétent d'une notification de payer le montant réclamé par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception. Cette lettre précise le motif, la nature et le montant des sommes réclamées et la date du ou des versements donnant lieu à répétition. Elle mentionne l'existence d'un délai de deux mois imparti au débiteur pour s'acquitter des sommes réclamées et les modalités selon lesquelles les indus de prestations pourront être récupérés, le cas échéant, par retenues sur les prestations à venir. Elle indique les voies et délais de recours ainsi que les conditions dans lesquelles le débiteur peut, dans le délai mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 142-1, présenter ses observations écrites ou orales. / ( ) ".
3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 412-3 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision soumise à recours administratif préalable obligatoire est notifiée avec l'indication de cette obligation ainsi que des voies et délais selon lesquels ce recours peut être exercé ". Il résulte de ces dispositions qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu d'aide personnalisée au logement n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse dans les conditions et dans les délais qu'elles prévoient. Le second alinéa de l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale fixe un délai de deux mois, qui n'est opposable que s'il a été mentionné dans la décision, pour saisir la commission des recours amiables d'une réclamation contre une décision d'un organisme de sécurité sociale.
4. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance. Dans le cas où le recours juridictionnel doit obligatoirement être précédé d'un recours administratif, celui-ci doit être exercé, comme doit l'être le recours juridictionnel, dans un délai raisonnable.
5. Il résulte de l'instruction que le 14 janvier 2022, M. B a formé un recours auprès de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales des Yvelines tendant à contester une décision de refus d'aide au logement. Selon la formulation de ce recours, la décision de refus de versement d'aide au logement lui a été notifiée en réponse à sa réclamation du 26 octobre 2021. La pièce jointe à la requête matérialisant cette décision de refus est un échange de courriels dans lequel le requérant écrit le 26 octobre 2021 à la caisse d'allocations familiales pour contester la décision le privant d'aide personnalisée au logement depuis 2016, pour demander d'une part la motivation de cette décision et d'autre part, le rétablissement de l'aide personnalisée au logement dans les plus brefs délais et de manière rétroactive. La caisse d'allocations familiales a répondu au requérant qu'il ne pouvait être répondu favorablement à sa demande au motif qu'il sous-louait son logement. La caisse d'allocations familiales a communiqué, à la demande du tribunal qui l'a communiquée au requérant, sa décision du 31 mai 2018 mettant fin aux droits à l'aide personnalisée au logement de M. B à compter du 1er juillet 2016 et mettant à sa charge un indu de 4 686,47 euros. Cette décision est motivée par l'impossibilité pour M. B de bénéficier d'une aide au logement au motif qu'il sous-loue ce logement. L'indu de 4 686, 47 euros mis à sa charge y est qualifié de prestations familiales indument perçues. Cette décision indique que les recours contre les décisions prises en matière de prestations familiales sont à adresser dans le délai de deux mois auprès de la commission de recours de la caisse d'allocations familiales. Si la date de notification de cette décision ne peut être déterminée avec précision, faute d'avoir été envoyée en lettre recommandée avec avis de réception, il résulte du jugement du tribunal d'instance de Versailles du 5 octobre 2018, produit par le requérant, que celui-ci avait connaissance de cette décision lors de l'audience du 28 juin 2018.
6. M. B a demandé à bénéficier de l'aide juridictionnelle le 29 octobre 2020 auprès du bureau d'aide juridictionnelle du TGI de Versailles qui lui a été accordée par décision du 7 juin 2021. En application de ce qui est exposé aux points 2 à 4, en l'absence de mention régulière des voies et délais de recours dans la décision du 31 mai 2018 comme de notification à une date déterminée de cette décision, mais compte tenu de la date à laquelle il a eu nécessairement connaissance de cette décision, le délai pendant lequel son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales des Yvelines était recevable, expirait le 28 juin 2019. Dès lors, d'une part son courriel du 26 octobre 2021 adressé à la caisse d'allocations familiales, pour se plaindre de ne plus recevoir l'aide personnalisée au logement depuis 2016 et demander son rétablissement à titre rétroactif ainsi que des explications sur les circonstances de ce qu'il qualifie de suspension n'a pas fait naître de nouvelle décision de la caisse d'allocations familiales mais s'est borné à un simple rappel par la caisse de sa décision du 31 mai 2018 devenue définitive. D'autre part, son courrier du 14 janvier 2022 adressé au président du conseil départemental, présentant ce qu'il qualifie de recours administratif préalable obligatoire, dirigé contre cette décision devenue définitive, n'a pu avoir pour effet de faire naître une décision de rejet implicite ouvrant le délai de recours contentieux.
7. Il résulte de tout ce qui précède que doivent être rejetées comme irrecevables les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire contre la décision mettant à sa charge l'indu d'aide personnalisée au logement, comme les conclusions dirigées contre cette décision ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction au versement de sommes qui lui seraient dues ou à fin de réexamen de son dossier par la caisse d'allocations familiales. Sont également rejetées les conclusions de M. B sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Bordessoule de Bellefeuille et au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 2 juin 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M. Crandal La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026