jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203489 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | DELACHARLERIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 mai 2022 et 26 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Delacharlerie, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le tableau d'avancement au grade de premier surveillant de l'administration pénitentiaire au titre de l'année 2021, ensemble la décision implicite de rejet du recours administratif dirigé contre ce tableau dans cette mesure ;
2°) de condamner l'administration à lui verser, quitte à parfaire, une indemnité égale à la différence entre la somme totale des traitements qu'il aurait perçus sur la période courant du 1er janvier 2011 à la date à laquelle il sera admis à faire valoir ses droits à la retraite s'il avait été promu premier surveillant au 1er janvier 2011 et celle qu'il a effectivement perçue au cours de la même période en sa qualité de surveillant brigadier ;
3°) de condamner l'administration à lui verser, quitte à parfaire, la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral, des troubles de toute nature subis dans ses conditions d'existence et de la perte de chance sérieuse d'achever sa carrière au grade de major pénitentiaire ;
4°) d'enjoindre à l'administration de recalculer ses droits à pension compte tenu de sa promotion ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tableau d'avancement en litige est attaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que sa valeur professionnelle, attestée par les pièces versées aux débats, justifiait son inscription au tableau ;
- l'illégalité de ce tableau est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- cette faute lui a causé un préjudice financier, correspondant aux rémunérations non perçues en raison de l'absence de promotion, ainsi qu'un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le requérant se borne à demander l'annulation du tableau d'avancement en tant que son nom ne figure pas sur ce tableau ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés ;
- l'administration n'a commis aucune faute en ne promouvant pas le requérant.
Par une lettre du 11 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du tableau d'avancement au grade de premier surveillant de l'administration pénitentiaire au titre de l'année 2021 dans son ensemble, ces conclusions ayant été présentées pour la première fois le 26 octobre 2023, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois ayant commencé à courir à compter de l'enregistrement de la requête le 4 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 ;
- le décret n° 2006-441 du 14 avril 2006 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bélot,
- les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Delacharlerie, pour M. A,
Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 23 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, surveillant brigadier, a été nommé dans le corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire en 1988. Par un arrêté du 29 novembre 2021, le garde des sceaux, ministre de la justice, a arrêté le tableau d'avancement au grade de premier surveillant pour l'année 2021. M. A, ne figurant pas sur ce tableau, a formé un recours gracieux par un courrier du 29 janvier 2022. Par un courrier du 31 décembre 2021, reçu le 4 janvier 2022, M. A a adressé au garde des sceaux, ministre de la justice, une demande indemnitaire tendant à la réparation des préjudices résultant de l'illégalité de la décision de ne pas l'inscrire au tableau d'avancement au grade de premier surveillant. M. A demande, d'une part, l'annulation de l'arrêté du 29 novembre 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux et, d'autre part, la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité égale à la différence entre la somme totale des traitements qu'il aurait perçus sur la période courant du 1er janvier 2021 à la date à laquelle il sera admis à faire valoir ses droits à la retraite s'il avait été promu premier surveillant au 1er janvier 2021 et celle qu'il a effectivement perçue au cours de la même période en sa qualité de surveillant brigadier ainsi que la somme de 10 000 euros en réparation de ses préjudice moraux, troubles de toute nature subis dans ses conditions d'existence et perte de chance sérieuse d'achever sa carrière au grade de major pénitentiaire.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 14 du décret du 14 avril 2006 portant statut particulier des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire, dans sa rédaction applicable au litige : " Peuvent être promus au grade de premier surveillant : / 1° Par la voie d'une sélection opérée par concours professionnel, les surveillants et surveillants principaux et surveillants brigadiers qui comptent, au 1er janvier de l'année au titre de laquelle le concours est organisé, six ans de services effectifs dans le corps () / 2° Dans la limite du neuvième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, par voie d'inscription sur un tableau annuel d'avancement, les surveillants brigadiers qui comptent, au 1er janvier de l'année au titre de laquelle le tableau d'avancement est arrêté, quinze ans de services effectifs dans le corps ". Aux termes de l'article 1er du décret du 1er septembre 2005 relatif à l'avancement de grade dans les corps des administrations de l'Etat, applicable au corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire : " A compter du 1er janvier 2006, nonobstant toute disposition statutaire contraire, le nombre maximum des fonctionnaires appartenant à l'un des corps des administrations de l'Etat, à l'exclusion des corps propres des établissements publics, pouvant être promus à l'un des grades d'avancement de ce corps est déterminé par application d'un taux de promotion à l'effectif des fonctionnaires remplissant les conditions pour cet avancement de grade. Cet effectif s'apprécie au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions ". Il résulte de ces dernières dispositions que le tableau d'avancement contesté comportant un nombre maximum de fonctionnaires, ce tableau présente un caractère indivisible. Par suite, les conclusions initiales de M. A, qui tendent seulement à son annulation en tant qu'il n'y figure pas, sont irrecevables.
3. D'autres part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". M. A a, dans son mémoire du 26 octobre 2023, étendu ses conclusions d'annulation pour excès de pouvoir à l'ensemble du tableau d'avancement. Toutefois, ces conclusions ont été présentées après l'expiration du délai de deux mois du recours contentieux qui a couru, en l'espèce, au plus tard à compter de la date de saisine du tribunal de céans, soit le 4 mars 2022. Ces nouvelles conclusions sont tardives et, par suite, irrecevables.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation pour excès de pouvoir doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions accessoires à fin d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. M. A, s'il fait valoir sa propre valeur professionnelle en se fondant notamment sur des comptes rendus d'entretien professionnel et plusieurs propositions d'avancement, n'allègue pas qu'il était au moins aussi méritant que d'autres agents ayant bénéficié d'un avancement au grade de premier surveillant au titre de l'année 2021. A supposer que M. A soit regardé comme faisant valoir des allégations sérieuses tirées de ce que le tableau d'avancement en litige serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, il résulte de l'instruction que le tableau d'avancement en litige a été établi en tenant compte notamment, d'une part, de l'importante expérience dans l'administration pénitentiaire des candidats promus alors que le requérant exerçait ses fonctions hors de cette administration depuis environ vingt ans et, d'autre part, de la circonstance que les agents promus faisaient déjà fonction de gradés et, par conséquent, assuraient des fonctions d'encadrement alors que M. A ne justifiait d'aucune expérience de ce type. Dans ces conditions, M. A n'établit pas que le garde des sceaux, ministre de la justice, a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat en ne l'inscrivant pas au tableau d'avancement au grade de premier surveillant au titre de l'année 2021.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Bélot, premier conseiller,
M. Perez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
S. BélotLe président,
signé
O. Mauny
La greffière,
signé
A. Esteves
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026