mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203516 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIFFITHS DUTEIL ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mai 2022 et 3 mars 2023, M. B F et Mme D A, représentés par Me Duteil, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Neauphle-Le-Château a délivré un permis de construire à la SA HLM Pierres et Lumières en vue de la réalisation de 28 logements collectifs sociaux répartis sur deux bâtiments, sur les parcelles cadastrées section AC n° 30, 31 et 32 pour une surface de plancher totale de 1 943,56 mètres carrés, et la décision implicite par laquelle leur recours gracieux formé contre cet arrêté a été rejeté ainsi que l'arrêté du 12 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Neauphle-Le-Château a délivré un permis de construire modificatif ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Neauphle-Le-Château et de la SA HLM Pierres et Lumières la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le permis de construire initial a été signé par une autorité incompétente faute pour son signataire de justifier d'une délégation de signature régulière ;
- il est entaché d'un vice de procédure faute pour le maire de justifier de la saisine pour avis du comité du bassin hydrographique de la Mauldre et de ses affluents (CO.BA.H.M.A) ;
- le dossier de permis de construire initial est incomplet, inexact et incohérent ; la notice ne présente pas les modalités d'exécution des travaux pour les bâtiments A et B et les matériaux utilisés pour le bâtiment A ; ce dossier ne comporte pas les pièces exigées par les dispositions de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme ; les panneaux photovoltaïques ne sont pas représentés sur le plan de toiture en ce qui concerne le côté Est du bâtiment B ; le formulaire d'attestation de prise en compte de la réglementation thermique est incohérent ; les plans de façade Sud du bâtiment A présentent des incohérences par rapport au plan de masse ; les documents d'insertion sont insuffisants ;
- l'arrêté de permis de construire initial méconnaît les dispositions du règlement du site patrimonial remarquable (SPR) dès lors que le bâtiment A présente un volume en rupture avec l'épannelage des constructions avoisinantes et que ses percements ne sont pas alignés avec ceux des bâtiments voisins ;
- le dossier de permis de construire initial ne justifie pas du respect, par le projet, du seuil de 30% de logements aidés imposé par les articles Ucvb 2.4 et U2 2.4 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ; le dossier de permis de construire modificatif comporte des incohérence et des insuffisances sur ce point ;
- l'arrêté de permis de construire initial méconnaît les dispositions des articles Ucvb 3.2 et U2 3.2 du règlement du PLU dès lors que la voie dispose d'une largeur de seulement 3,45 mètres au niveau du passage couvert sous le bâtiment A ;
- il méconnaît les articles U2 4 et Ucvb 4 du règlement du PLU dès lors qu'aucun document du dossier de permis de construire ne précise les modalités de stockage et d'infiltration des eaux pluviales sur la parcelle et aucun dispositif limitant le débit de rejet à 1 l/s/ha n'est prévu ;
- il méconnaît l'article Ucvb 8 du règlement du PLU dès lors que la distance entre les locaux techniques et le bâtiment A serait de 3,73 mètres, soit une distance inférieure au 6,5 mètres imposée en cas de vues directes sur une des façades ;
- il méconnaît les dispositions des articles U2 9 et Ucvb 9 du règlement du PLU dès lors que l'emprise au sol projetée des bâtiments A et B est supérieure au pourcentage autorisé dans chacune des zones concernées ;
- il méconnaît les dispositions de l'article Ucvb 10 du règlement du PLU dès lors que le bâtiment A possède une hauteur à l'égout du toit de 8,41 mètres ;
- il méconnaît les dispositions de l'article U2 10 du règlement du PLU dès lors que le bâtiment B possède une hauteur à l'égout du toit de 6,27 mètres et qu'il comporte deux niveaux de combles ;
- il méconnaît les dispositions des articles U2 11 et Ucvb 11 du règlement du PLU dès lors que les bâtiments A et B dénotent significativement du bâti environnant et, concernant le bâtiment A, en ce que sa toiture ne présente pas une simplicité de volume et une unité de conception ;
- il méconnaît les dispositions des articles U2 12 et Ucvb 12 du règlement du PLU dès lors que le projet ne prévoit pas un nombre suffisant de places de stationnement, ni l'installation d'un séparateur d'hydrocarbures pour l'évacuation des eaux pluviales avant rejet au réseau public ; le projet ne prévoit pas de dispositif limitant le débit de rejet à 1 l/s/Ha ;
- il méconnaît les dispositions des articles U2 13 et Ucvb 13 du règlement du PLU dès lors que neuf arbres auraient dû être implantés sur le terrain d'assiette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 20 mars 2023, non communiqué, la SA HLM Pierres et Lumières, représentée par le cabinet Adden avocats, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause demande à ce qu'il soit mise à la charge des requérants une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par les requérants n'est fondé.
La requête a été communiquée à la commune de Neauphle-Le-Château, qui n'a pas présenté d'observations.
Par une ordonnance du 3 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mars 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,
- les observations de Me Roche, représentant M. F et Mme A,
- les observations de Me Beguerie, représentant la SA HLM Pierres et Lumière,
- et les observations de Mme E, maire de la commune de Neauphle-le-Château.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 5 novembre 2021, le maire de la commune de Neauphle-le-Château a délivré à la SA HLM Pierres et Lumière un permis de construire en vue de la réalisation de 28 logements collectifs sociaux répartis en deux bâtiments, sur les parcelles cadastrées section AC n° 30, 31 et 32 pour une surface de plancher totale de 1 943,56 mètres carrés. Par un courrier du 4 janvier 2022, notifié le 5 janvier suivant, M. F et Mme A ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Le silence gardé par la commune sur cette demande a fait naitre, le 5 mars 2022, une décision implicite de rejet. Un permis de construire modificatif a été délivré par un arrêté du 12 janvier 2023 du maire de Neauphle-le-Château. Par la présente requête, M. F et Mme A, voisins immédiats de la parcelle d'assiette du projet, demandent au tribunal d'annuler ces trois décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif, dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
En ce qui concerne la compétence :
3. L'arrêté de permis de construire initial attaqué a été signé par Mme G C, adjointe au maire de la commune de Neauphle-le-Château. Si les requérants soutiennent que la signataire de cet arrêté ne justifie pas d'une délégation de signature régulière du maire, il ressort toutefois des pièces versées au dossier que, par arrêté du 26 mai 2020, transmis au contrôle de légalité le 19 juin suivant, le maire de la commune de Neauphle-le-Château a délégué sa compétence à M. G C, aux fins de signer tous les documents relatifs aux fonctions d'adjoint délégué à l'urbanisme et au cadre de vie. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté de permis de construire initial émanait d'une autorité incompétente. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la procédure :
4. Aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".
5. Si les requérants soutiennent que le permis de construire initial est entaché d'un vice de procédure au motif qu'il n'a pas été précédé de la saisine pour avis du comité du bassin hydrographique de la Mauldre et de ses affluents (CO.BA.H.M.A), il ressort toutefois des pièces du dossier, à supposer que la saisine de ce comité ait été obligatoire, que ce dernier a émis un avis favorable au projet le 5 janvier 2023, soit précédemment à la délivrance du permis de construire modificatif le 12 janvier 2023 qui en comprend le visa. Ainsi, compte tenu de ce qui est dit au point 2, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier de permis de construire :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-14 du même code : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ".
7. Si les requérants soutiennent que la notice jointe au permis de construire initial ne précise pas les modalités d'exécution des travaux pour les bâtiments A et B ni les matériaux utilisés pour le bâtiment A, il ressort toutefois des pièces du dossier joint au permis de construire modificatif que cette notice a été complétée et reprend de façon détaillée les différents matériaux composant les quatre façades du bâtiment A ainsi que les modalités d'exécution des travaux des deux bâtiments projetés. Dès lors, compte tenu de ce qui est dit au point 2, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.
8. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent, que le plan de la toiture joint au dossier de permis de construire initial ne fait pas état de l'installation des panneaux photovoltaïques sur la pente Est du toit du bâtiment B, il ressort toutefois des pièces du dossier que, dans le dossier joint au permis de construire modificatif, un nouveau plan des toitures a été réalisé et qu'il identifie la localisation des panneaux photovoltaïques sur les deux pentes de toitures du bâtiment B. Ainsi, compte tenu de ce qui est dit au point 2, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.
9. En troisième lieu, si les requérants soutiennent que le formulaire d'attestation de prise en compte de la réglementation thermique joint au dossier de permis de construire initial serait incohérent au motif qu'il indiquerait que des panneaux photovoltaïques sont prévus sur le bâtiment A et le bâtiment B alors que la notice architecturale précise que seul ce dernier bâtiment en serait doté, il ressort du nouveau formulaire de réglementation thermique annexé au dossier de permis de construire modificatif que seule la toiture du bâtiment B sera dotée de panneaux photovoltaïques. Ainsi, compte tenu de ce qui est dit au point 2, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.
10. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que les plans joints au dossier de permis de construire initial présentent des incohérences et des contradictions dès lors que la largeur des façades Sud du bâtiment A et celle de son local technique mentionnée sur le plan de masse ne correspondent pas à celles mentionnées sur le plan de façade Sud. Toutefois, les nouveaux plans de masse et de façade Sud, joints au dossier de permis de construire modificatif, font apparaitre une largeur identique de la façade Sud du bâtiment A et de la façade Sud de son local technique. Dès lors, compte tenu de ce qui est dit au point 2, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : / a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; / b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement ".
12. Il ressort des mentions figurant dans le document Cerfa du dossier de permis de construire initial que le pétitionnaire a précisé au sein du cadre 6 de ce document que le projet portait également sur la démolition totale de bâtiments. Par ailleurs, ce dossier comporte un plan de masse des constructions à démolir, des photographies faisant apparaître les bâtiments à démolir ainsi que leur insertion dans les lieux environnants. La circonstance que l'arrêté de permis de construire initial ne précise pas le délai prévu par l'article R. 452-1 du code de l'urbanisme selon lequel un permis de démolir devient exécutoire quinze jours après sa notification au demandeur est sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de permis de construire ne mentionnait pas explicitement une autorisation de démolir et qu'elle serait incomplète sur ce point. Par suite, ce moyen doit être écarté.
13. En sixième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le dossier joint au permis de construire initial comporte, ainsi que l'exige l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, deux documents graphiques d'insertions de nature à permettre au service instructeur d'apprécier l'intégration du bâtiment A depuis la rue Saint-Nicolas. Par suite, ce moyen doit être écarté.
14. En septième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. () / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. "
15. Si les requérants entendent critiquer l'insuffisance du dossier de permis de construire initial sur les modalités de gestion des eaux pluviales, il ressort de la note de gestion des eaux pluviales jointe au dossier de permis de construire modificatif que, compte tenu de la très faible perméabilité du terrain d'assiette en cause, le projet prévoit l'installation de deux types de bassin d'infiltration. Les eaux collectées par le premier bassin seront gérées dans des puits d'infiltration étanches, lesquels seront implantés sous le cheminement en revêtement stabilisé. Les eaux collectées par le second bassin seront gérées par infiltration naturelle au moyen de l'espace vert sur pleine terre lequel sera profilé par les paysagistes afin de lui donner une forme de " cuve " permettant de mieux retenir les eaux. Si les requérants soutiennent que cette note serait entachée d'incohérence au motif que le second bassin prévoit une infiltration naturelle au moyen des espaces verts alors qu'il est précisé par cette même note que la perméabilité du terrain d'assiette est très faible, il résulte toutefois des mentions de cette note, que ce second bassin vient en complément du premier, lequel couvre la majeure partie de la parcelle d'assiette du projet, et que les espaces verts feront l'objet d'un aménagement paysagé spécifique pour tenir compte de leur destination. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cette note comporterait des incohérences et, par conséquent, compte tenu de ce qui est dit au point 2, leur moyen tiré de l'insuffisance du dossier de permis de construire initial en matière de gestion des eaux pluvial est inopérant.
En ce qui concerne les prescriptions du site patrimonial remarquable :
16. Le règlement du site patrimonial remarquable (SPR) de la commune de Neauphle-le-Château, qui a valeur réglementaire, dispose au titre de ses prescriptions générales que " Les constructions nouvelles devront s'inscrire sans brutalité dans l'épannelage défini par les constructions existantes ", que " Les constructions nouvelles et extensions devront être en harmonie avec ceux qui constituent la référence typologique du secteur dans l'expression des rythmes horizontaux ou verticaux caractéristiques de la rue " et que " Sur la rue Saint-Nicolas, les percements devront être alignés sur ceux des autres immeubles de la rue ".
17. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire initial que le bâtiment A du projet, implanté à l'alignement de la rue Saint-Nicolas, est situé dans le périmètre du site patrimonial remarquable (SPR) de la commune de Neauphle-le-Château. Si les requérants soutiennent que la construction projetée méconnaît les dispositions du SPR relatives à l'épannelage et aux percements des constructions, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'architecte des bâtiments de France a émis deux avis favorables au projet les 22 juin 2021 et 19 décembre 2022, dont aucune des prescriptions ne porte sur ces éléments. A cet égard, il ressort des photographies d'insertion du projet versées au dossier, que les percements de la constructions litigieuse, réparties sur trois niveaux, à l'instar de l'ensemble des constructions de la rue Saint-Nicolas, reprennent l'expression des rythmes horizontaux des constructions avoisinantes, qui ne sauraient impliquer une reproduction à l'identique de ces percements. En l'occurence, les frontons des fenêtres situées en comble s'inscrivent dans le prolongement des ouvertures des fenêtres voisines situées au même niveau. Enfin, si la construction projetée possède une toiture dont le volume est sensiblement plus important que les constructions immédiatement voisines, cette différence n'est toutefois pas de nature à caractériser une inscription brutale dans l'épannelage des autres constructions avoisinante au sens des dispositions du SPR mentionnées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions du SPR de la commune de Neauphle-le-Château, doit être écarté.
En ce qui concerne le nombre de logement sociaux :
18. Aux termes des articles U2 2.4 et Ucvb 2.4 du règlement du PLU relatif au servitude en vue de la mixité dans l'habitat : " Au titre de l'article L. 123-1-16 du code de l'urbanisme, une servitude a été instituée sur l'ensemble du territoire. Cette servitude impose aux programmes de logements collectifs ou individuels qu'un pourcentage des logements doit être affecté à des catégories de logements locatifs qu'il définit dans le respect des objectifs de mixité sociale () / - Opération de 20 logements et plus. / 30% du nombre de logements réalisés doit être affecté au logement aidé. Le nombre de logements sera arrondi à l'unité supérieure () ".
19. Dès lors que le cadre 5.3 du Cerfa du dossier de permis de construire initial énonce que le projet en litige prévoit la réalisation de 28 logements sociaux, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ce dossier n'indiquerait pas si le projet respecte le seuil de 30% de logements aidés imposé par les articles mentionnés au point précédent.
En ce qui concerne les accès et la voirie :
20. Aux termes des articles U2 3.2 et Ucvb 3.2 du règlement du PLU relatif aux accès et à la voirie : " Toute nouvelle voie privée doit avoir une emprise égale ou supérieure à 4,00 m. / Les voies en impasse doivent disposer d'une aire de retournement à leur extrémité, si elles desservent deux parcelles ou plus ". Aux termes du lexique du PLU, l'accès est défini de façon suivante : " L'accès est un passage privé, non ouvert à la circulation publique, situé sur l'emprise de la propriété ou aménagé sur fonds voisin, reliant la construction à la voie de desserte ".
21. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit l'aménagement d'une sente piétonne le long de la limite séparative Sud permettant de relier depuis la rue Saint-Nicolas et l'avenue de Chatron les constructions projetées. Les requérants soutiennent que cette sente constitue une voie privée dont l'emprise au niveau du passage couvert sous le bâtiment A serait inférieure à 4 mètres en méconnaissances des dispositions mentionnées au point précédent. Toutefois, cette sente, qui n'est pas ouverte à la circulation publique, permet de relier les deux bâtiments projetées aux deux voies de dessertes mentionnées précédemment. Ainsi, elle doit être regardée comme un accès au sens des dispositions du lexique du PLU et non une voie privée. Dès lors, elle ne saurait se voir opposer les prescirptions relatives à l'emprise des voies privées énoncées aux articles U2 3.2 et Ucvb 3.2. Par suite, ce moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la gestion des eaux pluviales :
22. Aux termes des articles U2 4 et Ucvb 4 du règlement du PLU relatif à la desserte par les réseaux : " Eaux pluviales / Les aménagements réalisés sur tout terrain doivent être tels qu'ils garantissent l'écoulement des eaux pluviales vers des exutoires naturels ou dans les réseaux collectant ces eaux. De manière à éviter la surcharge des réseaux, des solutions alternatives de gestion des eaux pluviales sont favorisées et systématiquement recherchées. / En aucun cas un nouveau rejet d'eaux pluviales ne doit entraîner de dysfonctionnement des réseaux : pour les extensions, et changements d'affectation il est exigé d'améliorer la situation antérieure. / La récupération des eaux pluviales ne devra pas permettre le reflux des eaux ainsi collectées vers le réseau public d'alimentation en eau potable, ni mettre la sécurité des personnes en danger. / A défaut de ne pouvoir infiltrer les eaux sur la parcelle, un stockage est obligatoire. / Pour les projets concernant un terrain de plus de 1000 m., les eaux pluviales seront régulées sur la parcelle afin de limiter le débit de leur rejet à 1 l/s/ha selon les modalités de la délibération de l'assemblée générale de la Commission Locale de l'Eau de la Mauldre du 9 novembre 2004 et de son cahier d'application. Les demandes de dérogation (impossibilité liée au site, contraintes techniques particulières) sont sollicitées auprès de la commune. / Toute installation industrielle ou commerciale non soumise à la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement sera équipée d'un dispositif de traitement adapté à la nature de l'activité. / Les prescriptions du SAGE de la Mauldre s'appliquent sur le territoire de Neauphle-le-Château () ".
23. D'une part, ainsi qu'il est mentionné au point 15, la note de gestion des eaux pluviales jointe au dossier de permis de construire modificatif énonce que, compte tenu de la faible perméabilité des sols de la parcelle d'assiette du projet, les eaux pluviales seront collectées par deux types de bassins d'infiltration. Les eaux collectées par le premier bassin seront gérées dans des puits d'infiltration étanches, lesquels seront implantés sous le cheminement en revêtement stabilisé. Les eaux collectées par le second bassin seront gérées par infiltration naturelle au moyen de l'espace vert sur pleine terre lequel sera profilé par les paysagistes afin de lui donner une forme de " cuve " permettant de mieux retenir les eaux. En outre, il ressort de cette notice que le débit de rejet des eaux pluviales sera limité à 0,722 l/s, soit à un débit de fuite total sur la parcelle inférieure au 1l/s/ha maximum autorisé par les dispositions du règlement du PLU mentionnées au point précédent. Par suite, et notamment le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions mentionnées au point précédent par le projet doit être écarté.
24. D'autre part, il ne résulte d'aucune des dispositions du règlement du PLU de Neauphle-le-Château une quelconque obligation d'installation d'un séparateur d'hydrocarbures pour la voirie interne au projet en raison de son importance. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance d'une telle obligation doit être écartée.
En ce qui concerne l'implantation des constructions :
25. Aux termes de l'article Ucvb 8 du règlement du PLU relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété : " 8.1 La construction sur une même propriété de plusieurs bâtiments est autorisée sous réserve : / -qu'elle respecte les articles UCVB/5, 7 et 9 du présent règlement / -que tout point de façade ou de pignon soit situé à une distance de -6,50 m minimum en cas de vue directe sur l'une des façades / -4,00 m minimum en cas de murs aveugles ou d'absence de vues sur les deux façades / 8.2 Cette règle ne s'applique pas aux équipements d'intérêt collectif définis en annexe, aux abris de jardin, piscines et annexes destinés au stationnement des véhicules ".
26. Si les requérants soutiennent que le permis de construire initial méconnaît les dispositions de l'article Ucvb 8, mentionnées au point précédent, dès lors que la distance entre les locaux techniques et le bâtiment A serait inférieure à 6,50 mètres, il ressort toutefois des nouveaux plans de coupe versés au dossier de permis de construire modificatif que les locaux techniques sont désormais implantés à 6,60 mètres de l'escalier extérieur du bâtiment A. Dès lors, compte tenu de ce qui est dit au point 2, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne l'emprise au sol des constructions :
27. Aux termes de l'article Ucvb 9 du règlement du PLU relatif à l'emprise au sol : " 9.1 L'emprise au sol des constructions toutes annexes comprises, ne peut excéder 45% de la superficie du terrain. / 9.2 Cette règle ne s'applique pas aux équipements d'intérêt collectif définis en annexe ni aux piscines non couvertes ". Aux termes de l'article U2 9 du règlement du PLU relatif à l'emprise au sol : " 9.1 L'emprise au sol des constructions toutes annexes comprises, ne peut excéder 20% de la superficie du terrain. / 9.2 Cette règle ne s'applique pas aux équipements d'intérêt collectif définis en annexe ni aux piscines non couvertes ".
28. Il ressort de la notice architecturale et de la comparaison des différents plans de masse joints au dossier de permis de construire modificatif que l'emprise au sol des constructions du projet a été réduite. Il en résulte que les limites d'emprise au sol fixées, pour chaque zone couvrant le terrain d'assiette du projet, par les dispositions mentionnées au point précédent sont respectées. Ainsi, compte tenu de ce qui est dit au point 2, le moyen des requérants tiré de la méconnaissance de ces dipositions par le permis de construire initial est inopérant et doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la hauteur des constructions :
S'agissant du bâtiment A :
29. Aux termes de l'article Ucvb 10 du règlement du PLU relatif à la hauteur des constructions : " 10.1 La hauteur des constructions, mesurée à partir du sol naturel, ne peut excéder 7,00 m à l'égout du toit ou au sommet de l'acrotère. / 10.2 Dans le secteur UCVB1, une sur-hauteur d'un niveau peut être autorisée sur 30% de l'emprise au sol globale des projets : - 9,00 m à l'égout du toit ou au sommet de l'acrotère. / - 11,00 m au sommet du bâtiment pour les immeubles dont le dernier étage est en attique. Le retrait de l'étage-attique pourra être au minimum de 1,50 m et au maximum de 2,50 m par rapport à la façade. / 10.3 Pour les bâtiments qui possèdent des toitures en pente, un seul niveau de combles ou un seul niveau en retrait s'inscrivant dans le profil d'un comble est autorisé au-dessus de la hauteur à l'égout ".
30. Si les requérants soutiennent que l'égout du toit côté Ouest du bâtiment A se situe à une hauteur de 8,41 mètres, il ressort toutefois des pièces du dossier, en particulier du plan de façade Ouest du bâtiment joint au dossier de permis de construire initial, que l'égout du toit se situe au point " 179,25 ngf " soit à 7 mètres de hauteur. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la hauteur du bâtiment A serait contraire aux dispositions de l'article Ucvb 10 du règlement du PLU.
S'agissant du bâtiment B :
31. Aux termes de l'article U2 10 du règlement du PLU relatif à la hauteur des constructions : " 10.1 La hauteur des constructions, mesurée à partir du sol naturel, ne peut excéder 5,50 m à l'égout du toit ou au sommet de l'acrotère et R+1+Comble ".
32. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment B comporte un étage droit au-dessus du rez-de-chaussée et un comble composé de deux niveaux. Si les requérants soutiennent que la hauteur du bâtiment A serait de 8,41 mètres à l'égout du toit, il ressort toutefois des pièces du dossier, en particulier du plan de façade Ouest de ce bâtiment joint au dossier de permis de construire initial, que l'égout du toit se situe au point " 177,00 nvp " soit à une hauteur de 5,50 mètres. D'autre part, les dispositions de l'article U2 10 du règlement du PLU, qui ne régissent pas le nombre de niveaux de combles, ne sauraient être regardées comme faisant obstacle à la réalisation d'un comble composé de deux niveaux dans la zone concernée. Dès lors, les deux branches du moyen des requérants tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U2 10 du règlement du PLU, doivent être écartées.
En ce qui concerne l'insertion des constructions :
33. Aux termes des articles U2 11 et Ucvb 11 du règlement du PLU relatif à l'aspect extérieur : " 11.1 Généralités / Les constructions ou les installations à édifier ou à modifier doivent s'inscrire dans la continuité architecturale des séquences urbaines dans lesquelles elles s'inscrivent et être en harmonie avec le milieu environnant. / La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives. / Les projets situés dans les limites de la ZPPAUP devront en respecter le règlement () ". Aux termes de l'articles Ucvb 11 du règlement du PLU relatif à l'aspect extérieur : " 11.2d Traitement des toitures / Les combles et les toitures doivent présenter une simplicité de volume et une unité de conception. Les combles à la " Mansart " sont interdits ".
34. Il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé consiste en l'édification de deux bâtiments d'habitation collectif de type R+1+C dont la parcelle d'assiette est située entre la rue Saint-Nicolas et l'avenue de Chatron. Le bâtiment A implanté à l'alignement de la rue Saint-Nicolas est situé dans la zone Ucvb du PLU de la commune de Neauphle-le-Château, laquelle correspond à la partie située en extension directe du centre bourg historique et qui se caractérise, ainsi que le précise le rapport de présentation, par la mixité de maisons alignées sur rue, d'immeubles d'habitation et de maisons sur des parcelles de tailles diverses, lesquelles sont d'architectures et d'époques diverses et de qualité inégale. Le bâtiment B implanté en recul de l'avenue de Chatron est situé dans la zone U2 du PLU de la commune de Neauphle-le-Château, laquelle correspond aux secteurs d'habitat individuel sur des parcelles de tailles diverses, réalisés en extension des secteurs traditionnels. L'architecture y est diverse et de qualité inégale, quelquefois modeste. Si les requérants soutiennent que les bâtiments projetés dénotent significativement du bâti environnant en raison de l'importance du volume des toitures, il ressort toutefois des pièces du dossier, que l'environnement immédiat du projet est notamment composé de bâtiments collectifs d'habitation. La seule circonstance que la hauteur, au faîtage, de la construction voisine de ce bâtiment B serait inférieure, ne saurait suffire à caractériser un manque d'harmonie. Enfin, il ressort des termes de la notice architecturale annexée au dossier de permis de construire que le projet prévoit une reprise de l'ensemble des codes des constructions environnantes avec des façades en enduit et des tuiles plates en terre cuite vieillies. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles U2 11 et Ucvb 11 du règlement du PLU de Neauphle-le-Château.
En ce qui concerne le stationnement des véhicules :
35. Aux termes des articles U2 12 et Ucvb 12 du règlement du PLU relatif au stationnement des véhicules : " 12.1 Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques. / 12.2 Pour les aires de stationnement de plus de 10 emplacements, l'installation d'un séparateur d'hydrocarbures pour l'évacuation des eaux pluviales avant rejet au réseau est exigée. / Les eaux pluviales des aires de stationnement supérieures à 1000 m2 doivent être gérées dans le respect de la limitation du ruissellement à 1 l/s/ha. / 12.3 Normes de stationnement / 12.3a Logement collectif ou individuel / 1 place par logement pour les logements composés d'une seule pièce principale / 2 places par logement pour les logements composés de deux pièces principales ou plus ou 1 place par tranche entière de 40 m2 de Surface de Plancher en excluant du calcul les annexes non contigües à l'édifice principal de moins de 8 m2 de Surface de Plancher. / La norme à retenir sera celle créant le plus de places de stationnement. / Toutefois pour toute réhabilitation ou transformation qui entraînent une création de Surface de Plancher inférieure à 40 m2 et qui n'entraînent pas la création de nouveaux logements, la création de place de stationnement n'est pas obligatoire. / Pour les opérations à caractère social, la norme sera de 1 place par logement. / Les opérations de logement collectif devront prévoir en complément 10% de places visiteurs plus une place de deux roues par logement. / Pour les opérations de logement collectif, il doit être réalisé au minimum une place par logement sous forme de parc de stationnement couvert ".
36. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé prévoit la réalisation de 28 logements collectifs sociaux et qu'il est soumis, en application des dispositions mentionnées au point précédent, à la réalisation de 28 places de stationnement couvertes, auxquelles doivent être ajoutées 3 places de stationnement pour les visiteurs. Il ressort de la notice jointe au dossier de permis de construire initial que le projet prévoit la création de 55 places de stationnement dont 29 places en sous-sol, soit 29 places couvertes au sens des dispositions du règlement du PLU.
37. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire modificatif comprend une nouvelle note de gestion des eaux pluviales qui prévoit l'installation d'un séparateur d'hydrocarbures pour l'évacuation des eaux pluviales avant rejet au réseau public.
38. Enfin, si les requérants soutiennent qu'il n'est pas établi que les eaux pluviales des aires de stationnement seront gérées dans le respect de la limitation du ruissellement à 1 l/s/ha, il résulte toutefois des termes mêmes des dispositions du règlement du PLU que cette exigence concerne les aires de stationnement supérieures à 1 000 mètres carrés, alors que les aires de stationnement du projet litigieux sont d'une surface de 205 mètres carrés.
39. Dans ces conditions, compte tenu notamment de ce qui est dit au point 2, le moyen des requérants tiré de la méconnaissance des dipositions des articles U2 12 et Ucvb 12 du règlement du PLU, dirigé contre le permis de construire initial, doit être écarté en toutes ses branches.
En ce qui concerne le traitement des espaces libres et des plantations :
40. En premier lieu, aux termes de l'article Ucvb 13 du règlement du PLU relatif aux espaces libres, plantations : " 13.1 Les arbres existants sur l'unité foncière doivent être maintenus / Les constructions doivent être implantées dans le respect de ces arbres. Toutefois, dans le cas où ces arbres empêcheraient la réalisation d'une construction, par ailleurs conforme aux autres dispositions d'urbanisme applicables, leur abattage est possible à condition qu'ils soient remplacés par la plantation d'arbres dans le cadre d'une bonne gestion du patrimoine naturel. / 13.2 40 % au moins des espaces libres de toute construction doivent faire l'objet d'un traitement végétal et paysager distinct des aires de stationnement ou des terrasses. / Ces espaces doivent être plantés d'arbres de haute tige minimum pour 100 m2 de terrain. Les arbres existants étant pris en compte dans ce calcul ".
41. Il ressort des pièces du dossier que la surface du terrain située en zone Ucvb est de 851 mètres carrés dont 468,55 mètres carrés d'espaces libres. La notice paysagère jointe au permis de construire initial prévoit l'implantation dans cette zone de 17 arbres fruitiers sur tige et le maintient d'un arbre existant, de sorte que le terrain comportera au total 18 arbres. Dans ces conditions, à supposer même que les dispositions de l'article Ucvb 13 du règlement du PLU imposerait la plantation d'au moins deux arbres de haute tige pour 100 mètres carrés d'espaces libres de toute construction, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet ne serait pas conforme à ces dispositions.
42. En second lieu, aux termes de l'article U2 13 du règlement du PLU relatif aux espaces libres, plantations : " 13.1 Les arbres existants sur l'unité foncière doivent être maintenus / Les constructions doivent être implantées dans le respect de ces arbres. Toutefois, dans le cas où ces arbres empêcheraient la réalisation d'une construction, par ailleurs conforme aux autres dispositions d'urbanisme applicables, leur abattage est possible à condition qu'ils soient remplacés par la plantation d'arbres dans 1e cadre d'une bonne gestion du patrimoine naturel. / 13.2 60 % au moins des espaces libres de toute construction doivent faire l'objet d'un traitement végétal et paysager distinct des aires de stationnement ou des terrasses. Ces espaces doivent être plantés d'arbres de haute tige. / 13.3 10 % minimum du terrain doit être préservé en espace vert de pleine terre sans aucune construction en infrastructure ".
43. Il ressort des pièces du dossier que la surface du terrain d'assiette du projet située en zone UB est de 3 146 mètres carrés dont 2 760,10 mètres carrés d'espaces libres de toutes construction. Il résulte des termes de la notice architecturale que 1 705 mètres carrés de cette surface libres de toutes construction feront l'objet d'un traitement végétal et paysager, soit une surface supérieure à la surface minimale de 1 656,06 mètres carrés imposée par les dispositions mentionnées au point précédent. Si les requérants soutiennent qu'il ne serait pas établi que la surface totale du terrain dans cette zone serait bien égale de 3 146 mètres carrés, ils n'apportent aucun élément au soutient de leur allégation alors qu'un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la réalisation de projets conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire.
44. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis de construire délivré le 5 novembre 2021 et du permis de construire modificatif délivré le 12 janvier 2023, par le maire de la commune de Neauphle-Le-Château à la SA HLM Pierres et Lumières, ni de la décision implicite née le 5 mars 2022 par laquelle leur recours gracieux a été rejeté.
Sur les frais liés au litige :
45. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SA HLM Pierres et Lumières et de la commune de Neauphle-Le-Château, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme globale de 1 800 euros à verser à la SA HLM Pierres et Lumières sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. F et Mme A verseront la somme globale de 1 800 euros à la SA HLM Pierres et Lumières au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M B F et Mme D A, à la SA HLM Pierres et Lumières et à la commune de Neauphle-Le-Château.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026