mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2203605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | HADDAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mai 2022, M. A B, représenté par Me Haddad, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 7 avril 2022 par lesquelles le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé de le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné en cas d'exécution d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour étudiant dans le délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) à défaut d'enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de sa demande, sous les mêmes conditions de délai de d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie poursuivre ses études avec sérieux ; son choix d'orientation est justifié et cohérent ;
- la formation à laquelle il est inscrit en 2021-2022 nécessite qu'il séjourne en France.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 septembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Haddad, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de nationalité libanaise né le 8 novembre 1998, est entré en France le 28 août 2019. Il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention étudiant, dont la validité a été prolongée jusqu'au 8 mars 2022. Il demande au tribunal d'annuler la décision du 7 avril 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, ensemble les décisions du même jour par lesquelles il l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fins d'annulation
2. Aux termes de l'article L.422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies et, en cas de changement d'orientation, d'apprécier la cohérence de ce changement, en s'appuyant sur les éléments fournis par l'intéressé.
3. En l'espèce, pour refuser à M. B le renouvellement de son titre de séjour, le préfet a estimé d'une part que la formation suivie par l'intéressé s'effectuant essentiellement à distance ne nécessitait pas son séjour sur le territoire français, et d'autre part qu'il ne démontrait pas la cohérence de son choix d'orientation, qui ne s'inscrit pas dans le prolongement de ses études antérieures.
4. Il ressort, en effet, des pièces du dossier que M. B a suivi, au cours des années universitaires 2019-2020 et 2020-2021, un cursus " Biodiversité, Ecologie, Evolution " au sein du Muséum d'histoire naturelle (Paris), sanctionné par l'obtention en 2020 et 2021 d'un diplôme de Master, avec une moyenne globale de 11,68, ayant pour effet de le " qualifier pour une poursuite [de son cursus] en doctorat ", selon les termes de l'attestation de réussite délivrée par la direction de l'enseignement, de la pédagogie et des formations du muséum d'histoire naturelle de Paris le 21 octobre 2021. Il a effectué au cours de l'année 2021-2022 un changement d'orientation en s'inscrivant au centre européen de formation par un contrat de formation professionnel, pour la préparation du certificat d'aptitude professionnelle (CAP) " Pâtissier ", les éléments produits à l'appui de sa requête établissent qu'il suit cette formation de manière assidue et y a obtenu, jusqu'à la date de la décision contestée, de très bons résultats.
5. Pour expliquer sa réorientation, M. B a exposé, par un courrier daté du 8 avril 2022 et adressé à la Direction générale des étrangers en France, les motifs qui l'ont conduit à un tel changement, en invoquant une passion ancienne pour la pâtisserie ainsi que les contraintes qui pesaient, lors de son départ du Liban, sur ses choix d'orientation. Il fait valoir, en invoquant des circonstances précises, circonstanciées et cohérentes, qu'un tel choix n'était pas envisageable dans son pays d'origine, et que sa décision a mûri au cours des confinements successifs en 2020 et 2021. Dans ces circonstances, eu égard au sérieux avec lequel M. B a poursuivi, depuis plus de deux années, les études qu'il a entreprises en France, ainsi qu'il a été rappelé au point précédent, et compte tenu des circonstances invoquées par ce-dernier pour justifier sa réorientation professionnelle au cours de l'année 2021-2022, qui sont précises et cohérentes, M. B doit être regardé comme ayant fait preuve de suffisamment de sérieux dans ses études pour justifier, malgré son changement d'orientation, un premier renouvellement de sa carte de séjour temporaire " étudiant ".
6. Par ailleurs, il ressort clairement des mentions du contrat de formation professionnel conclu par M. B avec le centre européen de formation, que l'inscription à la préparation du CAP " Pâtissier " est subordonnée à la double condition de disposer d'une adresse sur le territoire français et d'y effectuer au total, au cours de la formation, quatorze semaines de stage. C'est, dès lors, à tort que le préfet a estimé que cette formation, bien qu'elle s'effectue essentiellement à distance, ne nécessitait pas le séjour de l'intéressé sur le territoire.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 7 avril 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler la carte de séjour temporaire de M. B doit être annulée. Par voie de conséquence, les décisions par lesquelles il a fait obligation à ce dernier de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et la décision par laquelle il a fixé le pays de renvoi, sont dépourvues de base légale et doivent également être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction
8. Eu égard à son motif, la présente décision implique nécessairement que le préfet de l'Essonne, ou tout autre préfet territorialement compétent, délivre à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention étudiant, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de la présente décision, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement, à M. B, d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 7 avril 2022 par lesquelles le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler le titre de séjour de M. B, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au le préfet de l'Essonne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention étudiant, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de la présente décision.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Florent, première conseillère,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
G. C
Le président,
Signé
Ph. Delage La greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies d'exécution contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2203605
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026