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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2203882

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2203882

mardi 11 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2203882
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantSARL GMR AVOCATS - GRANGE-MARTIN-RAMDENIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 mai 2022 et 3 mars 2023, M. E A et Mme B G, représentés par Me Ramdenie, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Neauphle-Le-Château a délivré un permis de construire à la SA HLM Pierres et Lumières en vue de la réalisation de 28 logements collectifs sociaux répartis sur deux bâtiments, sur les parcelles cadastrées section AC n° 30, 31 et 32 pour une surface de plancher totale de 1 943,56 mètres carrés, et la décision implicite par laquelle leur recours gracieux formé contre cet arrêté a été rejeté, ainsi que l'arrêté du 12 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Neauphle-Le-Château a délivré un permis de construire modificatif ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Neauphle-Le-Château la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le permis de construire initial a été signé par une autorité incompétente faute pour son signataire de justifier d'une délégation de signature régulière ;

- il méconnaît les dispositions du règlement du site patrimonial remarquable (SPR) dès lors que les percements de la construction projetée présentent un décalage avec l'organisation des ouvertures présentes sur la construction voisine ;

- il méconnaît les dispositions de l'article U2 6 du règlement du PLU dès lors que le bâtiment B sera en partie situé à 1,72 mètre au-delà de la bande de constructibilité de 20 mètres calculée à partir de l'alignement et que les locaux techniques du bâtiment B seront implantés intégralement au-delà de cette bande de constructibilité ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article U2 7 du règlement du PLU dès lors que les balcons prévus sur la façade Ouest du bâtiment B ne respectent pas la distance de retrait de 6,5 mètres imposée en cas de vue directe par rapport aux limites séparatives latérales Nord et Sud ;

- le permis de construire intial méconnaît les dispositions de l'article Ucvb 10 du règlement du PLU dès lors que le bâtiment A possède deux niveaux de comble et que le troisième niveau du bâtiment A doit être assimilé à un étage ;

- il méconnaît les dispositions de l'article U2 10 du règlement du PLU dès lors que, d'une part, le premier niveau de comble du bâtiment B doit être assimilé à un étage et que, d'autre part, ces dispositions interdissent la présence de deux niveaux de comble ;

- il méconnaît les dispositions de l'article U2 11 du règlement du PLU et l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que, compte tenu de son gabarit, le bâtiment B ne peut être regardé comme s'insérant de façon harmonieuse au sein de son environnement ;

- il méconnaît les dispositions des articles U2 12 et Ucvb 12 du règlement du PLU dès lors que la dimension des places de stationnements n'est pas conforme aux indications fournies par le lexique du PLU.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2023, et un mémoire complémentaire, enregistrée le 20 mars 2023, non communiqué, la SA HLM Pierres et Lumières, représentée par le cabinet Adden avocats, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en tout état de cause demande à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par les requérants n'est fondé.

La requête a été communiquée à la commune de Neauphle-Le-Château, qui n'a pas présenté d'observations.

Par une ordonnance du 3 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mars 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Maljevic, conseiller,

- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,

- les observations de Me Pasqualin, représentant les requérants,

- les observations de Me Beguerie, représentant la SA HLM Pierres et Lumières,

- et les observations de Mme D, maire de la commune de Neauphle-Le-Château.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 5 novembre 2021, le maire de la commune de Neauphle-le-Château a délivré à la SA HLM Pierres et Lumière un permis de construire en vue de la réalisation de 28 logements collectifs sociaux répartis en deux bâtiments, sur les parcelles cadastrées section AC n° 30, 31 et 32 pour une surface de plancher totale de 1 943,56 mètres carrés. Par un courrier du 18 janvier 2022, notifié le 19 janvier suivant, M. A et Mme G ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Le silence gardé par la commune sur cette demande a fait naitre, le 19 mars 2022, une décision implicite de rejet. Un permis de construire modificatif a été délivré par un arrêté du 12 janvier 2023 du maire de Neauphle-le-Château. Par la présente requête, M. A et Mme G, voisins immédiats de la parcelle d'assiette du projet, demandent au tribunal d'annuler ces trois décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif, dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

En ce qui concerne la compétence :

3. L'arrêté de permis de construire initial attaqué a été signé par Mme F C, adjointe au maire de la commune de Neauphle-le-Château. Si les requérants soutiennent que la signataire de cet arrêté ne justifie pas d'une délégation de signature régulière du maire, il ressort toutefois des pièces versées au dossier que, par arrêté du 26 mai 2020, transmis au contrôle de légalité le 19 juin suivant, le maire de la commune de Neauphle-le-Château a délégué à M. F C, sa compétence aux fins de signer tous les documents relatifs aux fonctions d'adjoint délégué à l'urbanisme et au cadre de vie. Les termes de cette délégation, qui permettent d'identifier les actes pour lesquels la compétence du maire a été déléguée, ne sont pas insuffisamment précis. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté de permis de construire initial, émanait d'une autorité incompétente. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les prescriptions du site patrimonial remarquable :

4. Le règlement du site patrimonial remarquable (SPR) de la commune de Neauphle-le-Château, qui a valeur réglementaire, dispose au titre de ses prescriptions générales que " Les constructions nouvelles devront s'inscrire sans brutalité dans l'épannelage défini par les constructions existantes ", que " Les constructions nouvelles et extensions devront être en harmonie avec ceux qui constituent la référence typologique du secteur dans l'expression des rythmes horizontaux ou verticaux caractéristiques de la rue " et que " Sur la rue Saint-Nicolas, les percements devront être alignés sur ceux des autres immeubles de la rue ".

5. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire initial que le bâtiment A du projet est implanté à l'alignement de la rue Saint-Nicolas, et situé dans le périmètre du site patrimonial remarquable (SPR) de la commune de Neauphle-le-Château. Si les requérants soutiennent que la construction projetée méconnaît les dispositions du SPR relatives aux percements, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'architecte des bâtiments de France a émis deux avis favorables les 22 juin 2021 et 19 décembre 2022, dont aucune des prescriptions ne porte sur ces éléments. A cet égard, il ressort des photographies d'insertion du projet, que les percements de la construction litigieuse, réparties sur trois niveaux, à l'instar de la construction voisine et de l'ensemble des constructions situées sur la rue Saint-Nicolas, reprennent l'expression des rythmes horizontaux des constructions avoisinantes. En l'occurrence, les frontons des fenêtres situées au niveau des combles s'inscrivent dans le prolongement des ouvertures des fenêtres voisines situées au même niveau. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions du SPR de la commune de Neauphle-le-Château, doit être écarté.

En ce qui concerne l'implantation des constructions par rapport aux voies :

6. Aux termes de l'article U2 6 du règlement du PLU relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies : " 6.1 Les constructions doivent s'implanter à partir de l'alignement ou de la limite d'emprise des voies privées à une distance égale à 5,00 m et dans une bande constructible de 20,00 m de profondeur. Au-delà de cette bande constructible, toute construction est interdite en dehors des piscines non couvertes et d'un abri de jardin d'une Surface de Plancher de moins de 8,00 m2 et d'une hauteur inférieure à 2,60 m au faîtage () ".

7. Si les requérants soutiennent que l'implantation du bâtiment B et de ses locaux techniques prévue par le permis de construire initial méconnaît les dispositions de l'article U2 6, mentionnées au point précédent, dès lors qu'ils sont situés au-delà de la bande de 20 mètres à compter de l'alignement de l'avenue de Chatron, il ressort toutefois des plans de masses du dossier de permis de construire modificatif que le bâtiment B a été déplacé afin d'être entièrement implanté dans la bande de constructibilité de 20 mètres et que ses locaux techniques ont été déplacés en sous-sol. Dès lors, compte tenu de ce qui est dit au point 2, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives du terrain :

8. Aux termes de l'article U2 7 du règlement du PLU relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives du terrain : " 7.1 Dans la bande constructible d'une profondeur de 20,00 m, définie à l'article U2/6, les constructions peuvent être édifiées : -en retrait des limites latérales ou sur l'une des deux limites latérales ; -sur les limites latérales pour les parcelles existantes à l'approbation du Plan Local d'Urbanisme de moins de 10,00 m de façade sur rue. / 7.2 Les constructions implantées en retrait des limites séparatives latérales, doivent respecter une distance de : -6,50 m minimum en cas de vue directe / -3,50 m en cas de mur aveugle ou d'éclairement sans vue () ". Aux termes du lexique du PLU, les murs aveugles sont définis de façon suivante : " Murs ne comportant aucune ouverture, ni baie, ni jour. / Sont assimilés aux murs aveugles : () - les balcons et terrains bordés d'un mur écran d'au moins 1,90 mètres () ".

9. D'une part, si les balcons situés à l'extrémité Sud de la façade Ouest du bâtiment B sont implantés à 3,50 mètres de la limite séparative, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'en vertu du permis de construire modificatif, des " pare-vues " d'une hauteur de 1,90 mètres ont été ajoutés au droit des balcons faisant face à la limite séparative Sud. Ainsi, et dès lors que les " pare-vues " sont assimilés aux murs aveugles au sens du lexique du PLU, l'implantation du bâtiment B par rapport à la limite séparative Sud ne méconnaît pas les dispositions de l'article U2 7 mentionnées au point 8. Dès lors, compte tenu de ce qui est dit au point 2, ce moyen dirigé contre le permis de construire initial est inopérant et doit, par suite, être écarté.

10. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment B, situé en retrait de l'alignement de l'avenue de Chatron, est implanté sur une partie de la limite séparative latérale Nord du terrain d'assiette, sachant que l'accès aux parcelles voisines, situé au Nord de cette limite parcellaire n'étant pas de nature à attribuer à cette limite une autre nature que celle de limite séparative. Cette limite présente une brisure, dont l'un des segments fait face à la façade Ouest du bâtiment B. Il est constant qu'en application du permis de construire initial, cette façade comporte plusieurs ouvertures créant des vues directes et qu'elle est en partie située, à tout le moins par l'effet du permis de construire modificatif, à moins de 6,50 mètres de ce segment de la limite séparative. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que cette partie de la façade Ouest du bâtiment B méconnaît les dispositions de l'article U2 7 du règlement du PLU. Par suite, ce moyen doit être accueilli.

En ce qui concerne la hauteur des constructions :

S'agissant du bâtiment A :

11. Aux termes de l'article Ucvb 10 du règlement du PLU relatif à la hauteur des constructions : " 10.1 La hauteur des constructions, mesurée à partir du sol naturel, ne peut excéder 7,00 m à l'égout du toit ou au sommet de l'acrotère. / 10.2 Dans le secteur UCVB1, une sur-hauteur d'un niveau peut être autorisée sur 30% de l'emprise au sol globale des projets : - 9,00 m à l'égout du toit ou au sommet de l'acrotère. / - 11,00 m au sommet du bâtiment pour les immeubles dont le dernier étage est en attique. Le retrait de l'étage-attique pourra être au minimum de 1,50 m et au maximum de 2,50 m par rapport à la façade. / 10.3 Pour les bâtiments qui possèdent des toitures en pente, un seul niveau de combles ou un seul niveau en retrait s'inscrivant dans le profil d'un comble est autorisé au-dessus de la hauteur à l'égout ".

12. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment A comporte un étage droit au-dessus du rez-de-chaussée et un comble, situé au-dessus de l'égout, qui se décompose en deux niveaux distincts. Les requérants soutiennent que le premier niveau des combles doit, eu égard à la hauteur de 1,50 mètre située au-dessus de l'égout du toit, être regardé comme un étage prohibé par les dispositions de l'article Ucvb 10 mentionnées au point précédent. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le premier niveau de ce comble, qui est situé dans l'espace de la charpente, présente un égout du toit positionné à la rupture de pente, à 1 mètre du plancher de cet espace. Dans ces conditions, l'ensemble de ce niveau ne peut être regardé comme un étage supplémentaire pour l'application des dispositions de l'articles Ucvb 10 du règlement du PLU. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

13. D'autre part, il résulte des termes même des dispositions de l'article Ucvb 10 mentionnées au point 11, que le règlement du PLU n'autorise, pour cette zone, qu'un seul niveau de comble au-dessus de la hauteur à l'égout. Or, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment A comporte un étage droit au-dessus du rez-de-chaussée et un comble situé au-dessus de l'égout du toit, qui se décompose en deux niveaux distincts. Dès lors, les requérants sont fondés à soutenir qu'en permettant la réalisation d'un comble composé de deux niveaux au-dessus de la hauteur à l'égout du toit, le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article Ucvb 10 du règlement du PLU de la commune. Par suite, ce moyen doit être accueilli.

S'agissant du bâtiment B :

14. Aux termes de l'article U2 10 du règlement du PLU relatif à la hauteur des constructions : " 10.1 La hauteur des constructions, mesurée à partir du sol naturel, ne peut excéder 5,50 m à l'égout du toit ou au sommet de l'acrotère et R+1+Comble ".

15. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment B est constitué d'un rez-de-chaussée, surmonté d'un étage et d'un comble composé de deux niveaux. Les requérants soutiennent que ces combles doivent, eu égard notamment à la surface de plancher prévue qui est similaire à celles des étages inférieurs, être regardés comme un étage supplémentaire prohibé par les dispositions de l'article U2 10 mentionnées au point précédent. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'ensemble de ces deux niveaux est situé dans l'espace de la charpente et que le premier niveau des combles présente un égout du toit positionné à la rupture de pente, au niveau de son plancher. Ainsi, et en dépit de ce que ce premier niveau de comble comporte des baies implantées perpendiculairement au plancher de ce niveau et dans le prolongement direct de la façade, il se situe cependant intégralement sous la toiture légèrement pentue en façade. Cette dernière englobe ainsi la totalité des volumes en retrait de la façade principale. Dans ces conditions, l'ensemble de ce niveau ne peut être regardé comme un étage supplémentaire pour l'application des dispositions de l'article U2 10 du règlement du PLU. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.

16. D'autre part, les dispositions de l'article U2 10 du règlement du PLU, qui ne régissent pas le nombre de niveaux de combles, ne sauraient être regardées comme faisant obstacle à la réalisation d'un comble composée de deux niveaux dans la zone concernée. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le bâtiment B serait contraire aux dispositions de l'article U2 10 du règlement du PLU. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'aspect extérieur des constructions :

17. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes des articles U2 11 du règlement du PLU relatif à l'aspect extérieur : " 11.1 Généralités. / Les constructions ou les installations à édifier ou à modifier doivent s'inscrire dans la continuité architecturale des séquences urbaines dans lesquelles elles s'inscrivent et être en harmonie avec le milieu environnant. / La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives. / Les projets situés dans les limites de la ZPPAUP devront en respecter le règlement () ".

18. D'une part, les dispositions de l'article U2 11 du règlement du PLU ont le même objet que celles, également invoquées, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, le moyen des requérants doit être écarté comme étant inopérant en tant qu'il est fondé sur la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

19. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé en zone U2 consiste en l'édification d'un bâtiment d'habitation collectif de type R+1+C situé en retrait de l'avenue de Chatron. Si le projet se distingue, par son volume, de la plupart des constructions environnantes, et notamment des maisons individuelles des requérants, les dispositions de l'article U2 11 du règlement du PLU ne s'opposent pas, par principe, à ce que l'aspect extérieur d'une construction nouvelle diffère de celui des constructions situées dans son environnent proche. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, et notamment des vues aériennes et photographies produites, que le secteur d'implantation du projet n'est pas exempt de bâtiments collectifs. La seule circonstance que la hauteur au faîtage de la construction voisine de ce bâtiment B serait inférieure ne saurait suffire à caractériser un manque d'harmonie. Par ailleurs, si les requérants font état de la présence de panneaux photovoltaïques, ces derniers ne seront pas visibles depuis l'espace public. Enfin, il ressort des termes de la notice architecturale annexée au dossier de demande de permis de construire initiale que le projet prévoit une reprise de l'ensemble des codes des constructions environnantes avec des façades en enduit et des tuiles plates en terre cuite vieillies. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles U2 11 du règlement du PLU de Neauphle-le-Château.

En ce qui concerne le stationnement des véhicules :

20. Aux termes des articles U2 12 et Ucvb 12 du règlement du PLU relatif au stationnement des véhicules : " 12.1 Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors des voies publiques. () 12.3 Normes de stationnement / 12.3a Logement collectif ou individuel / 1 place par logement pour les logements composés d'une seule pièce principale / 2 places par logement pour les logements composés de deux pièces principales ou plus ou 1 place par tranche entière de 40 m2 de Surface de Plancher en excluant du calcul les annexes non contigües à l'édifice principal de moins de 8 m2 de Surface de Plancher. / La norme à retenir sera celle créant le plus de places de stationnement () ". Aux termes du lexique du PLU : " Les dimensions d'une place de stationnement sont comptées de la façon suivante : - 2,50 mètres de large sur 5 mètres de long par place / - ou 25 m² par place accès compris ".

21. Si les requérants soutiennent que 15 des 29 places de stationnement réalisées au sein du sous-sol du bâtiment B ne répondent pas aux caractéristiques définies par les termes du lexique du PLU mentionnées au point précédent, il ressort toutefois des plans de sous-sol joints au permis de construire modificatif que l'intégralité des places de stationnement possèdent une largeur de 2,50 mètre, dont les mesures excluent les poteaux. Dès lors, compte tenu de ce qui est dit au point 2, ce moyen dirigé contre le permis de construire initial est inopérant et doit, par suite, être écarté.

Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

22. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis () d'aménager, () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations ".

23. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

24. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir qu'en ce qui concerne le bâtiment A, le permis de construire initial, qui n'est pas modifié sur ce point par le permis de construire modificatif, méconnait les dispositions de l'article Ucvb 10 du règlement du PLU dans la mesure où les combles comportent deux niveaux. En ce qui concerne le bâtiment B, les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire initial et le permis de construire modificatif méconnaissent les dispositions de l'article U2 7 du règlement du PLU en ce qui concerne la partie de la façade Ouest qui comporte des vues directes, et qui est implantée à moins de 6,50 mètres de la limite séparative. Ces vices, qui sont régularisables par l'obtention d'un permis de construire modificatif, affectent des parties identifiables du projet. Dans ces conditions, dès lors que les autres moyens de la requête ont été écartés, il y a lieu, en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, d'annuler les arrêté des 5 novembre 2021 et 12 janvier 2023 du maire de la commune de Neauphle-le-Château dans cette seule mesure et de fixer à six mois à compter de la notification du présent jugement le délai dans lequel la SA HLM Pierres et Lumières pourra en demander la régularisation par le dépôt, à la mairie de Neauphle-le-Château, d'une demande de permis de construire modificatif.

25. Dès lors que, pour les seuls vices identifiés, il est fait application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, il n'y pas lieu de faire application, pour le même vice, des dispositions concurrentes de l'article L. 600-5-1 du même code. Par suite, les conclusions subsidiaires de la SA HLM Pierres et Lumières, tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demande la SA HLM Pierres et Lumières au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Neauphle-le-Château la somme globale de 1 800 euros à verser au requérants sur le fondement des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Neauphle-le-Château du 5 novembre 2021 est annulé en tant que le projet autorisé méconnaît les dispositions de l'article Ucvb 10 du règlement du PLU.

Article 2 : Les arrêtés du maire de la commune de Neauphle-le-Château des 5 novembre 2021 et 12 janvier 2023 sont annulés en tant que le projet autorisé méconnaît les dispositions de l'article U2 7 du règlement du PLU.

Article 3 : La SA HLM Pierres et Lumières, pourra demander la régularisation du permis de construire dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : La commune de Neauphle-le-Château versera la somme globale de 1 800 euros à M. A et Mme G au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Les conclusions subsidiaires et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la SA HLM Pierres et Lumières sont rejetées.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et Mme B G, à la commune de Neauphle-le-Château et à la SA HLM Pierres et Lumières.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Boukheloua, présidente,

Mme Benoit, première conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.

Le rapporteur,

signé

S. Maljevic

La présidente,

signé

N. Boukheloua

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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