LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2203900

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2203900

lundi 8 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2203900
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantSFEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 avril 2022 au tribunal administratif de Montreuil puis transmise par une ordonnance du 18 mai 2022 et enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 19 mai 2022, la société AFI Assurances, représentée par Me Sfez, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 février 2022 par laquelle la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France lui a infligé une amende administrative d'un montant de 46 000 euros pour manquement aux dispositions des articles L. 3171-2 et D. 3171-8 du code du travail relatifs au document de décompte individuel du temps de travail ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article D. 3171-8 du code du travail ;

- à titre subsidiaire, elle est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits qui a conduit l'administration a prononcé une amende d'un montant disproportionné.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2024, la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 15 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Degorce ;

- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Hecketsweiler pour la société AFI Assurances.

Considérant ce qui suit :

1. La société AFI Assurances, société de courtage en assurance spécialisée dans la vente à distance de contrats d'assurance de mutuelle santé auprès des particuliers, a fait l'objet de contrôles de l'inspection du travail les 8 août 2016 et 7 octobre 2020 au cours desquels ont été constatés des manquements aux règles relatives à la tenue de décomptes de la durée du travail de quarante-six salariés en méconnaissance des dispositions des articles L. 3171-2 et

D. 3171-8 du code du travail. Par un courrier du 11 août 2021, le directeur régional et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France a informé la société AFI Assurances qu'il était envisagé de prononcer une sanction administrative à son encontre et l'a invitée à présenter ses observations, ce qu'elle a fait par un courrier du 11 octobre 2021. Par la décision du 16 février 2022 dont la société AFI Assurances demande l'annulation, le directeur régional et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France a prononcé à son encontre, en application de l'article L. 8115-1 du code du travail, une amende administrative d'un montant global de 46 000 euros pour manquement à la tenue des documents de décompte de la durée du temps de travail.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 8115-1 du code du travail : " L'autorité administrative compétente peut, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail () soit adresser à l'employeur un avertissement, soit prononcer à l'encontre de l'employeur une amende en cas de manquement : () 3° A l'article L. 3171-2 relatif à l'établissement d'un décompte de la durée de travail et aux dispositions réglementaires prises pour son application () ".

3. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8115-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision.

En ce qui concerne les vices propres de la décision attaquée :

4. Par une décision n° 2021-01 du 1er avril 2021, régulièrement publiée le même jour au recueil des actes administratifs de la région Ile-de-France n°IDF-003-2021-04, M. A B, directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France a donné délégation à Mme D C, responsable du pôle politique du travail de cette direction, à l'effet de signer les sanctions administratives notamment celles relatives aux manquements en matière de décomptes de la durée du travail au titre de l'article L. 8115-1 du code du travail. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de la décision attaquée :

5. Aux termes de l'article L. 3171-2 du code du travail : " Lorsque tous les salariés occupés dans un service ou un atelier ne travaillent pas selon le même horaire collectif, l'employeur établit les documents nécessaires au décompte de la durée de travail, () pour chacun des salariés concernés. () ". Aux termes de l'article D. 3171-8 du même code : " Lorsque les salariés () ne travaillent pas selon le même horaire collectif de travail affiché, la durée du travail de chaque salarié concerné est décomptée selon les modalités suivantes : 1° Quotidiennement, par enregistrement, selon tous moyens, des heures de début et de fin de chaque période de travail ou par le relevé du nombre d'heures de travail accomplies ; 2° Chaque semaine, par récapitulation selon tous moyens du nombre d'heures de travail accomplies par chaque salarié ".

6. En l'espèce, il est constant que les salariés de la société AFI Assurances ne travaillant pas selon le même horaire collectif, cette dernière était tenue, selon les dispositions de l'article D. 3171-8 du code du travail, d'enregistrer quotidiennement les heures de travail accomplies et de récapituler chaque semaine le nombre d'heures de travail effectuées par chaque salarié.

7. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la société AFI Assurances aurait communiqué à l'inspection du travail les relevés horaires de ses salariés pour la période contrôlée, les tableaux retraçant les présences et absences quotidiennes sans mention des horaires accomplis qu'elle a communiqués à l'inspection du travail ne pouvant être regardés comme satisfaisant aux exigences de l'article D. 3171-8 du code du travail.

8. En deuxième lieu, la société AFI Assurances soutient qu'elle est libre de choisir le système lui permettant de décompter le temps de travail de ses salariés et que le logiciel " Viacontact ", qu'elle a mis en place après le premier contrôle de l'inspection du travail au mois d'août 2016, permet de relever les heures de connexion et de déconnexion de trente-six de ses quarante-deux salariés ainsi que leurs temps de pause. Toutefois, alors que la durée de travail effective de chaque salarié ne saurait se confondre avec leurs temps de connexion à ce logiciel, il ne résulte pas de l'instruction que ce dernier, qui n'est, au surplus, pas utilisé par la totalité des salariés, puisse être regardé comme un outil permettant de respecter les prescriptions des articles L. 3171-2 et D. 3171-8 du code du travail.

9. En troisième et dernier lieu, si la société AFI Assurances soutient qu'elle tient, parallèlement aux informations relevées par son logiciel " Viacontact ", des tableaux de présence sur la base des plannings de travail, mentionnant les absences, heures de retard et heures supplémentaires, ces tableaux permettent seulement d'établir, pour chaque jour ouvré, si le salarié était présent, en congé, en arrêt maladie, en absence injustifiée, en garde d'enfant malade, en formation ou en congé sans solde sans décompter aucune durée de travail. Quant aux tableaux déclaratifs intitulés " heures sup à rattaper ", ils ne présentent aucune valeur probante ni aucune fiabilité faute de précision sur la façon dont ces heures supplémentaires ont été décomptées.

10. Par suite, la société AFI Assurances n'est pas fondée à soutenir que la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article D. 3171-8 du code du travail.

En ce qui concerne la proportionnalité de la sanction :

11. Aux termes de l'article L. 8115-3 du code du travail : " Le montant maximal de l'amende est de 4 000 euros et peut être appliqué autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés par le manquement. () ". Aux termes de l'article L. 8115-4 du même code : " Pour déterminer si elle prononce un avertissement ou une amende et, le cas échéant, pour fixer le montant de cette dernière, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, notamment sa bonne foi, ainsi que ses ressources et ses charges ".

12. La société AFI Assurances fait valoir sa bonne foi et rappelle qu'elle a installé son logiciel " Viacontact " après les premiers griefs formulés par l'inspection du travail en août 2016. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que la mise en place de cet outil ne pouvait être regardé comme un dispositif répondant aux obligations de décompte de la durée du travail et que le manquement mis en exergue par l'inspection du travail en 2016 a perduré plus de quatre années. En tout état de cause, en retenant une sanction de 1 000 euros par salarié, alors qu'il résulte des dispositions précitées que la sanction maximale encourue par salarié est d'un montant de 4 000 euros, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation ni d'erreur de qualification juridique des faits.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la société AFI Assurances ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'instance :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que la société AFI Assurances réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société AFI Assurances est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société AFI Assurances et à la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 25 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Mégret, présidente,

- Mme Lutz, première conseillère,

- Mme Degorce, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.

La rapporteure,

signé

Ch. DegorceLa présidente,

signé

S. Mégret

La greffière,

signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions