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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2204187

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2204187

vendredi 9 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2204187
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantMANDICAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 mai 2022 et 6 avril 2023, Mme D C, représentée par Me Adeline-Delvolvé, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 septembre 2020 par lequel le maire de Bourdonné a accordé à la commune un permis de construire pour le réaménagement d'un bâtiment existant en vue d'y créer un conservatoire des vieux outils et l'extension de ce bâtiment en vue de créer un musée agricole ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bourdonné une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et la somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie, en application des dispositions des articles L. 723-3 et R. 723-26-1 du code de la sécurité sociale

Elle soutient que :

- la requête est recevable dès lors qu'en tant que voisine immédiate du terrain d'assiette du projet et eu égard aux nuisances engendrées par ce projet, elle justifie d'un intérêt à agir ; la requête a, par ailleurs, été présentée dans le délai de deux mois qui a suivi l'affichage sur le terrain du permis de construire ; enfin, les exigences fixées par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été respectées ;

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est intervenu sans que l'ensemble des consultations imposées par le code de l'urbanisme ait été mené, en particulier celle de l'architecte des Bâtiments de France, l'avis du 21 mars 2020, visé dans l'arrêté, n'ayant pas été joint au dossier de permis de construire ;

- le dossier de demande de permis de construire ne répond pas aux exigences des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code l'urbanisme ;

- il ne comporte aucun document permettant de s'assurer du respect des prescriptions du plan de prévention des risques naturels, alors que le terrain d'assiette est concerné par le risque lié à la présence de carrières souterraines abandonnées ;

- le projet n'est pas conforme aux dispositions des articles 2.2.2.2.2, 2.2.3.2.1, 2.2.4.1.1.2 et 2.2.4.1.2.2 du règlement de la zone UA du plan local d'urbanisme (PLU).

Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2023, la commune de Bourdonné, représentée par Me Mandicas, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer sur la légalité de l'arrêté attaqué dans l'attente d'une mesure de régularisation, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en l'absence de justification de l'intérêt à agir de la requérante ;

- à titre subsidiaire, les moyens ne sont pas fondés.

L'instruction, close au 10 avril 2023, n'a été rouverte qu'en ce qui concerne les éléments communiqués le 15 janvier 2024.

Une note en délibéré a été présentée pour Mme C, le 26 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Milon,

- les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique,

- les observations de Me Bouleau, représentant Mme C, et celles de Me Mandicas, représentant la commune de Bourdonné.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Bourdonné a déposé le 13 février 2020 une demande de permis de construire pour le réaménagement d'un bâtiment existant en vue d'y créer un conservatoire des vieux outils et l'extension de ce bâtiment en vue de la création d'un musée agricole. Par un arrêté du 2 septembre 2020, le maire de Bourdonné a accordé ce permis de construire. Mme C demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient, dans tous les cas, au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est propriétaire de parcelles situées en face du terrain d'assiette du projet et qu'une simple ruelle sépare les parcelles. Mme C doit ainsi être regardée comme ayant la qualité de voisine immédiate du projet. La requérante fait notamment valoir que le projet d'extension du bâtiment existant, implanté face à sa propriété, engendre des vues directes sur sa propriété et que, ce bâtiment étant destiné à accueillir un musée, il entrainera un afflux de visiteurs et d'automobiles, ainsi, par conséquent, que des nuisances sonores. Au regard des éléments relatifs à la nature, à l'importance et à la localisation du projet de construction dont elle fait ainsi état, la requérante justifie d'un intérêt à agir contre l'arrêté attaqué. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté attaqué :

S'agissant des moyens devant être écartés :

5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 25 mai 2020, dont l'affichage n'est pas contesté, le maire de Bourdonné a donné à M. A B, signataire de l'arrêté attaqué, en sa qualité de premier adjoint, délégation à l'effet de signer, notamment, tout document d'urbanisme délivré aux tiers. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis, ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ". Et aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine ".

7. La requérante soutient, sans être contredite par la commune, que l'architecte des Bâtiments de France devait être saisi, le terrain d'assiette du projet étant situé dans les abords du château de Bourdonné, qui est classé au titre des monuments historiques. Contrairement à ce que soutient la requérante, l'avis émis par l'architecte des Bâtiments de France le 21 mars 2020, visé par l'arrêté attaqué, figure parmi les pièces jointes au permis de construire, telles que celles-ci sont annexées à la requête. La requérante ne conteste pas l'appréciation portée par l'architecte des Bâtiments de France sur le projet. Par suite, le moyen tiré de l'absence de consultation de ce dernier doit être écarté. Par ailleurs, si elle soutient que les consultations requises par l'article R. 423-50 précité du code de l'urbanisme n'auraient pas été réalisées, la requérante n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier l'éventuel bien-fondé.

8. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme que la notice du projet architectural doit notamment préciser " 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants () ".

9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

10. Si elle fait référence aux " hangars agricoles des grandes fermes des environs ", la notice ne comporte aucune description des constructions avoisinantes. Toutefois, les photographies figurant au dossier renseignent l'environnement, faisant notamment apparaître certaines des maisons situées au nord et au sud du bâtiment actuel. Si le dossier ne comporte aucune description littéraire ou photographique des constructions situées du côté opposé de la ruelle, en particulier celle de la requérante, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, il n'est ni établi, ni même soutenu que cette insuffisance du dossier a été de nature à fausser l'appréciation portée par le service instructeur sur la conformité du projet à la règlementation, en particulier aux règles imposant l'insertion du projet dans son environnement, dont le respect n'est par ailleurs pas contesté.

11. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme que le projet architectural comprend notamment " c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain. / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse () ".

12. D'une part, ainsi que le fait valoir à juste titre la requérante, le document graphique figurant au dossier, élaboré sous forme d'une perspective cavalière, dépourvu de couleur, ne permet pas d'apprécier entièrement l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages. Toutefois la notice décrit les matériaux utilisés pour l'extension, permettant ainsi d'apprécier l'impact visuel du projet, ainsi que son insertion par rapport aux constructions avoisinantes. D'autre part, si elles représentent suffisamment l'environnement lointain, les photographies figurant au dossier ne rendent pas compte de l'environnement proche, en ce qui concerne le côté opposé de la ruelle. Toutefois, il n'est ni établi, ni même soutenu que l'insuffisance du dossier à cet égard a été de nature à fausser l'appréciation portée par le service sur la conformité du projet à la règlementation, notamment aux règles imposant l'insertion du projet dans l'environnement.

13. En cinquième lieu, il ressort du plan des servitudes annexé au plan local d'urbanisme de la commune de Bourdonné que le terrain d'assiette du projet est concerné par le risque naturel lié à la présence de carrières souterraines abandonnées. Toutefois, si elle reproche au dossier de ne contenir aucun document permettant de s'assurer du respect de l'ensemble des prescriptions du plan de prévention des risques naturels (PPRN), la requérante, qui ne soutient pas par ailleurs que le projet ne serait pas conforme à ces prescriptions, ne justifie pas qu'une telle pièce était exigible, en application des dispositions de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme fixant la liste limitative des pièces comprises dans une demande de permis de construire. Ce moyen doit donc être écarté.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article 2.2.2.2.2 du règlement de la zone UA du PLU de la commune de Bourdonné : " L'aménagement des abords et des espaces résiduels situés entre les façades et les clôtures ou alignements de voirie, doit faire l'objet de réflexion au même titre que les constructions, et leur traitement doit être soigné. / Les clôtures doivent avoir une hauteur maximale de 2 mètres. / Les clôtures autorisées seront choisies parmi les modèles présentés dans l'annexe au règlement ".

15. Si, ainsi que le fait valoir la requérante, la notice de présentation du projet ne comporte pas de description des abords et des espaces résiduels situés entre les façades et les clôtures, les plans du rez-de-chaussée et de l'étage du bâtiment existant et de l'extension, de même que le plan de masse, représentent des plantations dans les espaces résiduels, ainsi qu'au niveau de l'aire de stationnement. Il ressort également de la notice architecturale que le projet prévoit la conservation du porche d'entrée couvert de tuiles et du portail en bois, ainsi que du mur qui relie ce portail au bâtiment. Il n'est donc pas établi que l'aménagement des abords, des espaces résiduels et des clôtures n'auraient pas fait l'objet d'une réflexion, ni que leur traitement ne serait pas soigné. Par ailleurs, si les plans du projet mentionnent, en pointillés, une " clôture à créer ", le dossier de demande de permis de construire, en particulier la notice, ainsi que l'indique la requérante, ne comporte aucune précision sur cette clôture. Dès lors, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme autorisant l'édification de cette clôture, non prévue par le projet, et dont l'édification devra donner lieu au dépôt d'une déclaration préalable. La requérante ne peut donc utilement reprocher au dossier de ne pas préciser la hauteur et le modèle de cette " clôture à créer ". Le moyen tiré du non-respect des dispositions précitées de l'article 2.2.2.2.2 du règlement de la zone UA du PLU doit donc être écarté.

16. En septième lieu, aux termes de l'article 2.2.3.2.1 du règlement de la zone UA du PLU : " Un Coefficient de Biotope par Surface (CBS) minimal est imposé et comprend une part obligatoire de surface aménagée en pleine terre (PLT). Le Coefficient de Biotope par Surface et la surface de pleine terre sont calculés à la parcelle ou à l'unité foncière. / En zone Ua, le CBS est fixé à 0,25 et le PLT à 0,2 () ". Aux termes de l'article 2.2.3.2.2 du même règlement : " Le Coefficient de Biotope par Surface est calculé selon la formule suivante : / CBS = Surface éco-aménagée / Surface constructible de la parcelle ou de l'ilot foncier () ". Et aux termes de l'article 2.2.3.2.4 de ce règlement : " Les travaux de réhabilitation et les changements de destination ne sont pas soumis au CBS et aux surfaces de pleine terre imposés. / Les extensions devront respecter le CBS applicable sur la parcelle mais ne sont pas soumises aux surfaces de pleine terre imposées () ".

17. D'une part, la requérante ne peut utilement reprocher au dossier de ne pas comporter d'élément permettant de vérifier le respect du coefficient de biotope par surface exigé en application des dispositions citées au point précédent, faute notamment de préciser la surface éco-aménagée, une telle précision ne figurant pas parmi les pièces et informations devant, en application des dispositions de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme, composer le dossier de demande de permis de construire. D'autre part, et pour les mêmes raisons, elle ne peut reprocher à la commune de ne pas produire les éléments de calcul de ce coefficient, lequel, contrairement à ce qu'elle soutient, peut par ailleurs être déterminé à l'aide des éléments figurant au dossier de demande de permis. Enfin, la requérante n'apporte aucun élément et ne développe aucun commencement d'argumentation de nature à établir que le coefficient de biotope par surface, qui doit être calculé en tenant compte de l'unité foncière, ne serait pas conforme aux exigences fixées par les dispositions précitées de l'article 2.2.3.2.2 du règlement de la zone UA du PLU. Le moyen tiré de leur méconnaissance, non assorti des précisions suffisantes, doit donc être écarté.

18. En huitième lieu, aux termes de l'article 2.2.4.1.1.1 du règlement de la zone UA du PLU : " La création de places de stationnement des véhicules, résultant de l'application des normes définies ci-après doit se faire en-dehors des voies publiques. / Les emplacements seront suffisamment dimensionnés et facilement accessibles. / Dans le cas d'une extension, d'une réhabilitation, restructuration, changement de destination, les normes définies ci-après ne s'appliquent qu'à l'augmentation de surface de plancher, de capacité ou du nombre de logements, en maintenant les places existantes nécessaires aux parties du bâtiment dont la destination initiale est conservée ". Aux termes de l'article 2.2.4.1.1.2 du même règlement : " Les nombres de places de stationnement minimum imposés sont reportés dans le tableau ci-après, en fonction des destinations et de leur localisation. / () Autres équipements recevant du public / 1 place par tranche de 25 m² de surface de plancher. () / Le nombre de places imposé est calculé par rapport au total des surfaces de plancher, des capacités ou du nombre de logements de l'opération. Si le nombre exigé de places est fractionné, il doit être arrondi au nombre entier supérieur ".

19. Il ressort du formulaire de demande de permis de construire que la surface de plancher créée par l'extension s'élève à 598 mètres carrés. Au regard des dispositions citées au point précédent, la surface de plancher créée par le seul projet d'extension, destiné à recevoir du public, requiert 24 places de stationnement. Il ressort du même formulaire que le projet comptera 42 places de stationnement, pour une surface de plancher totale de 1 091,35 mètres carrés, comportant, outre celle de l'extension projetée, la surface du bâtiment existant, également destiné à accueillir du public. Il n'est ni établi, ni même soutenu que les 18 places de stationnement, non requises au titre du projet d'extension, ne répondraient pas aux besoins de la construction existante, qui accueillera le conservatoire des vieux outils. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles 2.2.4.1.1.1 et 2.2.4.1.1.2 du règlement de la zone UA du PLU doit donc être écarté.

S'agissant du moyen devant être retenu :

20. Aux termes de l'article 2.2.4.1.2.1 du règlement de la zone UA du PLU : " Un ou plusieurs espaces sécurisés doivent être aménagés pour le stationnement des vélos et des poussettes. / Chaque emplacement doit représenter une surface supérieure ou égale à 0,75m². / Les nombres de places de stationnement minimum imposés sont reportés dans le tableau ci-après, en fonction des destinations et de leur localisation. / () Autres équipements recevant du public / 1 place par tranche de 25m² de surface de plancher ". Aux termes de l'article 2.2.4.1.2.2 du même règlement : " Les espaces aménagés pour le stationnement des vélos et poussettes seront facilement accessibles depuis l'espace public et préférentiellement de plain-pied et intégrés au volume de la construction. / Sous réserve de justifications particulières liées à la configuration et à la taille des parcelles ou de toutes autres dispositions relatives à la mixité des fonctions et à l'animation des rez-de-chaussée, il pourra être admis de réaliser, pour tout ou partie, les emplacements pour cycles : / * au sein des espaces extérieurs des constructions, à condition d'être couverts et de disposer des équipements adaptés, / * au sein des aires de stationnement des véhicules motorisés, lorsque les emplacements sont clos et couverts (boxes) et disposent d'une surface suffisante pour le stationnement commun des véhicules motorisés et des cycles (7,5 mètres de profondeur) ".

21. Contrairement à ce que fait valoir la commune, les dispositions du PLU citées au point précédent prévoient la nécessité de créer un ou plusieurs espaces sécurisés aménagés pour le stationnement des vélos et des poussettes. Si elle fait valoir qu'un local sera créé derrière l'extension, du côté du parc, cet espace n'est représenté ni sur le plan du rez-de-chaussée, ni sur les autres plans figurant au dossier de demande de permis de construire. La requérante est donc fondée à soutenir que le projet n'est pas conforme aux dispositions précitées de l'article 2.2.4.1.2.1 du règlement de la zone UA du PLU.

22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que seul le moyen tiré de la non-conformité aux dispositions de l'article 2.2.4.1.2.1 du règlement de la zone UA du PLU doit être retenu.

Sur l'application des dispositions des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

23. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

24. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, si les conditions posées par cet article sont réunies, ou que le bénéficiaire de l'autorisation lui ait indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

25. Ainsi qu'il a été dit au point 22 ci-dessus, la requérante est seulement fondée à soutenir que le permis de construire accordé à la commune de Bourdonné méconnaît les dispositions de l'article 2.2.4.1.2.1 du règlement de la zone UA du PLU. Les règles d'urbanisme en vigueur permettent une mesure de régularisation de ce vice qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. En outre, en ne portant que sur l'aménagement d'un espace sécurisé destiné au stationnement des vélos et des poussettes, ce vice n'affecte qu'une partie du projet. Il y a donc lieu, en application des dispositions précitées de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de ne prononcer l'annulation de l'arrêté attaqué qu'en tant qu'il ne prévoit pas l'aménagement d'un tel espace, en méconnaissance de l'article 2.2.4.1.2.1 du règlement de la zone UA du PLU, et de fixer à cinq mois à compter de la notification du présent jugement le délai dans lequel la commune de Bourdonné pourra en demander la régularisation, la demande de cette dernière tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme devant, par conséquent, être rejetée.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la commune de Bourdonné, sur ce fondement. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bourdonné, une somme de 1 800 euros, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Sur le droit de plaidoirie :

27. Aux termes de l'article R. 723-26-1 du code de la sécurité sociale : " Le droit de plaidoirie prévu au premier alinéa de l'article L. 723-3 est exigible devant les juridictions administratives de droit commun et les juridictions de l'ordre judiciaire () Le droit de plaidoirie ne peut faire l'objet d'aucune dispense ". Et aux termes de l'article R. 723-26-2 du même code : " Le droit de plaidoirie est dû à l'avocat pour chaque plaidoirie faite aux audiences dont la liste est fixée par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice. À défaut de plaidoirie, est considéré comme ayant plaidé l'avocat représentant la partie à l'audience () ". Enfin, en application des dispositions de l'article R. 723-26-3 de ce code : " Le montant du droit de plaidoirie est fixé à 13 euros ". Le conseil de la requérante ayant plaidé à l'audience, il résulte des dispositions précitées qu'il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bourdonné la somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 2 septembre 2020 accordant à la commune de Bourdonné un permis de construire est annulé en tant qu'il méconnaît les dispositions de l'article 2.2.4.1.2.1 du règlement de la zone UA du PLU communal.

Article 2 : La commune de Bourdonné pourra demander la régularisation du permis de construire dans un délai de cinq mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Bourdonné versera à Mme C une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La commune de Bourdonné versera à Mme C la somme de 13 euros au titre de l'article R. 723-26-1 du code de la sécurité sociale.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la commune de Bourdonné.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Dely, présidente,

- Mme Milon, première conseillère,

- M. Connin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2024.

La rapporteure,

signé

A. Milon

La présidente,

signé

I. Dely La greffière,

signé

K. Dupré

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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