lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204350 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | LABARRIERE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n°2204350 et des mémoires enregistrés le 3 juin 2022, le 13 novembre 2023, et le 23 mai 2024, Mme D C, représentée par Me Labarrière, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 12 avril 2022 par laquelle la présidente de l'établissement public du château, musée et du domaine national de Versailles (EPV) a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre à la présidente de l'EPV de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle de manière rétroactive à compter de la date de sa demande le 21 janvier 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'EPV la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
Par des mémoires en défense enregistrés le 4 août 2023 et le 16 avril 2024, l'EPV, représenté par Me Dal Farra, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à limiter la condamnation de l'EPV à statuer à nouveau sur la demande d'octroi de la protection fonctionnelle de Mme C, et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 8 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Le 19 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que l'affaire était susceptible d'être audiencée au cours du quatrième trimestre 2024 et que l'instruction était susceptible d'être close à compter du 15 avril 2024.
Par une ordonnance du 9 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Un mémoire produit pour l'EPV a été enregistré le 22 juillet 2024 et non communiqué.
II. Par une requête n°2204351 et des mémoires enregistrés le 3 juin 2022, le 13 novembre 2023 et le 23 mai 2024, Mme D C, représentée par Me Labarrière, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 1er avril 2022 par laquelle la présidente de l'EPV l'a suspendue de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre à l'EPV de régulariser son dossier administratif par la suppression de tout document et acte relatif à la procédure de suspension initiée le 1er avril 2022, dans le délai de 7 jours suivant le prononcé du jugement à intervenir, et ce sous astreinte à définir par la juridiction ;
3°) de mettre à la charge de l'EPV la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle s'inscrit dans la situation de harcèlement moral qu'elle a subie et constitue une mesure discriminatoire ;
- elle constitue une sanction déguisée.
Par des mémoires en défense enregistrés le 4 août 2023 et le 16 avril 2024, l'EPV représenté par Me Dal Farra, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 9 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Le 19 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que l'affaire était susceptible d'être audiencée au cours du quatrième trimestre 2024 et que l'instruction était susceptible d'être close à compter du 15 avril 2024.
Par une ordonnance du 9 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Un mémoire produit pour l'EPV a été enregistré le 22 juillet 2024 et non communiqué.
III. Par une requête n°2208390 et des mémoires enregistrés le 9 novembre 2022, le 13 novembre 2023, le 9 avril 2024 et le 23 mai 2024, Mme C, représentée par Me Labarrière, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'EPV à lui verser la somme de 110 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des fautes commises par son employeur, somme assortie des intérêts à taux légal à compter de la date de sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de mettre à la charge de l'EPV la somme de 8 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- elle a subi des faits de harcèlement moral et une discrimination dans le cadre de son activité professionnelle ;
- le non-renouvellement de son contrat à durée déterminée est illégal ;
- l'EPV a méconnu son obligation de sécurité ;
- elle a subi un préjudice financier qu'elle évalue à 50 000 euros :
- elle a subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence qu'elle évalue à 15 000 euros ;
- elle a subi un dénigrement professionnel et une atteinte à l'honneur et à la réputation, préjudice qu'elle évalue à 10 000 euros ;
- elle a subi un préjudice de carrière évalué à 10 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 4 août 2023 et le 15 avril 2024, l'EPV, représenté par Me Dal Farra, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Le 19 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que l'affaire était susceptible d'être audiencée au cours du quatrième trimestre 2024 et que l'instruction était susceptible d'être close à compter du 15 avril 2024.
Par une ordonnance du 9 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Un mémoire produit pour l'EPV a été enregistré le 22 juillet 2024 et non communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Perez,
- les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Labarrière, représentant Mme C, et de Me Dal Farra, représentant l'EPV.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée au sein de la direction des ressources humaines de l'EPV le 16 septembre 2019 par un contrat à durée déterminée de trois ans au poste de responsable du secteur formation dans le service des " parcours professionnels et de la modernisation RH ". Après avoir été placée en autorisation spéciale d'absence à compter du 8 avril 2020, en congé maternité à compter du 7 juin 2020, puis en congés maladie et congés annuels, elle a repris ses fonctions à compter du 7 janvier 2021. Elle a été placée en congés maladie du 17 novembre 2021 au 29 mars 2022. Par une décision du 1er avril 2022, l'EPV a suspendu Mme C de ses fonctions avec maintien de son traitement indiciaire, pour une durée de quatre mois maximum. Par une décision du 12 avril 2022, l'EPV lui a refusé le bénéfice de la protection fonctionnelle. Par un courrier du 20 juillet 2022, reçu par l'EPV le 22 juillet 2022, Mme C a demandé à son employeur le versement d'une indemnité en réparation des préjudices qu'elle estimait avoir subis. Du silence de l'administration est née une décision implicite de rejet. Par les présentes requêtes, Mme C demande au tribunal d'annuler les décisions du 1er avril 2022 et du 12 avril 2022, et de condamner l'EPV à lui verser une somme de 110 000 euros en réparation des préjudices subis.
2. Les requêtes n°2204350, 2204351 et 2208390 concernent la situation d'une même agente. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
Sur la légalité de la décision de suspension du 1er avril 2022 :
3. Aux termes de l'article 43 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " En cas de faute grave commise par un agent contractuel, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité définie à l'article 44. La durée de la suspension ne peut toutefois excéder celle du contrat. / L'agent contractuel suspendu conserve sa rémunération et les prestations familiales obligatoires. Sauf en cas de poursuites pénales, l'agent ne peut être suspendu au-delà d'un délai de quatre mois. Si, à l'expiration de ce délai, aucune décision n'a été prise par l'autorité précitée, l'intéressé, sauf s'il fait l'objet de poursuites pénales, est rétabli dans ses fonctions. / L'agent contractuel qui, en raison de poursuites pénales, n'est pas rétabli dans ses fonctions peut subir une retenue qui ne peut être supérieure à la moitié de la rémunération mentionnée à l'alinéa précédent. Il continue, néanmoins, à percevoir la totalité des suppléments pour charge de famille. / Le magistrat ayant ordonné le contrôle judiciaire et le procureur de la République sont informés des mesures prises à l'égard de l'agent. La commission consultative paritaire du niveau compétent à l'égard de l'agent est également tenue informée de ces mesures. / En cas de non-lieu, relaxe, acquittement ou mise hors de cause, l'autorité hiérarchique procède au rétablissement dans ses fonctions de l'agent. "
4. La suspension d'un agent, lorsqu'elle est prononcée aux fins de préserver l'intérêt du service, est une mesure à caractère conservatoire qui peut être prise lorsque les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de statuer au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision.
5. Il ressort des termes de la décision contestée que pour justifier la suspension de Mme C, l'EPV s'est fondé sur le caractère vraisemblable de l'atteinte au fonctionnement normal du service et sur les risques engendrés par la dégradation de la situation de travail tant pour Mme C que pour les personnes placées sous son autorité. Il ressort des pièces du dossier que le 6 septembre 2021 Mme C a formé une alerte " violences au travail " et a indiqué être victime d'un harcèlement de la part de son supérieur M. B. Une enquête interne a été menée, dont les conclusions rendues le 7 octobre 2021 indiquent qu'elle n'a pas permis de démontrer qu'une situation de harcèlement de la part de M. B envers Mme C notamment serait susceptible d'être avérée mais recommandent de faire réaliser le plus rapidement possible un audit externe du service des " parcours professionnels et de la modernisation RH ", confié par l'EPV le 15 octobre 2021 au cabinet extérieur DFD Consulting. Après avoir interrogé le chef de service, son adjoint, les deux responsables de secteur dont Mme C et les agents qui travaillaient sous leur responsabilité, un bilan d'audit a été présenté en décembre 2021 et le rapport d'audit a été remis le 4 janvier 2022. Aux termes de ce rapport, les rédacteurs indiquent : " Nous avons pu constater que Mme C ne semblait pas aller bien. Mais elle est avant tout la source du mal-être de ses collaboratrices. ". Ce cabinet indique avoir fait une alerte officielle à la directrice des ressources humaines à l'issue de l'entretien avec Mme C en raison de " son mode de management déviant et nocif ". En conclusion, le rapport recommande d'éloigner Mme C. Si ce rapport constitue, eu égard aux termes employés, une alerte sérieuse quant à la manière de servir de Mme C, il ne mentionne toutefois aucun fait et n'isole pas de comportements qui pourraient permettre d'identifier et de faire présumer de manière probable l'existence d'une faute grave commise par l'intéressée. Ainsi, contrairement à ce soutient l'EPV en défense, ce rapport d'audit ne permet pas à lui seul d'établir que l'EPV avait connaissance de faits suffisamment vraisemblables et graves qui mettaient en danger l'intérêt du service. De plus, si l'EPV soutient que la manière d'agir de Mme C caractérisée par un management oppressant, autoritaire, agressif et stressant à l'égard de ses subordonnés ainsi qu'un esprit d'insubordination et une inaptitude professionnelle nuisant gravement au bon fonctionnement du service ont également motivé cette décision, il se prévaut en défense des témoignages de Mme E, directrice des ressources humaines, et de Mme A, gestionnaire de formation, recueillis postérieurement à la décision contestée pour les besoins de la cause et qui ne sont pas corroborés par les autres pièces du dossier. Par suite, il n'est pas établi que l'EPV avait connaissance, avant la date de la décision attaquée, de faits qui présentaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité, ni que l'urgence à éloigner l'intéressée du service aurait été caractérisée, alors que Mme C était en congé maladie depuis le 17 novembre 2021. Par suite, Mme C est fondée à soutenir qu'en décidant de la suspendre le 1er avril 2022 pour une durée de quatre mois maximum, la présidente de l'EPV a inexactement appliqué les dispositions de l'article 43 du décret du 17 janvier 1986.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 1er avril 2022 par laquelle la présidente de l'EPV l'a suspendue pour une durée maximale de quatre mois, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur la légalité de la décision de refus de protection fonctionnelle :
7. D'une part, aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () " et aux termes de l'article L. 131-1 du code général de la fonction publique : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les agents publics en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sous réserve des dispositions des articles L. 131-5, L. 131-6 et L. 131-7. ".. Aux termes de l'article L. 134-5 du même code : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre les atteintes volontaires à l'intégrité de sa personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. /Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ".
8. D'autre part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement, notamment lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'administration auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dès lors qu'elle n'excède pas ces limites, une simple diminution des attributions justifiée par l'intérêt du service, en raison d'une manière de servir inadéquate ou de difficultés relationnelles, n'est pas constitutive de harcèlement moral.
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a adressé le 21 janvier 2022 à l'EPV une demande de protection fonctionnelle en raison de traitements différenciés potentiellement en lien avec sa situation de famille et son état de grossesse et sa maternité en faisant état de plusieurs faits ayant dégradé ses conditions de travail et son état de santé, depuis la reprise de ses fonctions le 7 janvier 2021, jusqu'à son placement en congé maladie le 17 novembre 2021.
10. La requérante fait valoir, pour faire présumer l'existence d'agissements constitutifs de harcèlement moral et de discrimination en lien avec sa situation de famille et sa maternité ayant dégradé ses conditions de travail et son état de santé jusqu'à son placement en congé maladie le 17 novembre 2021, qu'elle n'a pas retrouvé l'intégralité de son poste à son retour de congé maternité le 7 janvier 2021 mais une équipe hostile à son retour, que sa supérieure hiérarchique ne lui a plus adressé la parole, qu'elle a été mise à l'écart, qu'après avoir informé sa hiérarchie le 15 janvier 2021 des difficultés rencontrées dans le cadre de sa reprise de poste, sa supérieure hiérarchique a organisé deux réunions les 19 janvier et 1er février 2021 avec tous les agents de son équipe que Mme C a vécu comme " un tribunal " au cours desquelles ils ont pu exprimer leurs griefs, lui reprochant de les " avoir lâché " lorsqu'elle était en autorisation spéciale d'absence à plus de cinq mois de grossesse durant la crise sanitaire de la COVID. Elle soutient également que l'agent l'ayant remplacée durant son absence et devenu son responsable hiérarchique direct en avril 2021 ne lui adresse plus la parole depuis la fin du mois de juillet 2021 et la met à l'écart en travaillant directement avec son équipe, qu'il l'a insultée en réunion collective de travail sans que le chef de service par intérim n'intervienne, que ce dernier ne répond pas à ses demandes d'indication de travail. Elle a joint à sa demande de protection fonctionnelle un relevé chronologique, étayé par de nombreuses pièces justificatives, de faits détaillés intervenus depuis son retour le 7 janvier 2021, faisant en outre état des conditions dans lesquelles son remplaçant a continué à exercer une partie des attributions du poste auprès de son équipe en lui imposant, dès son retour, une pression par la convocation à une réunion le dimanche pour le lendemain, de ses signalements auprès du médecin de prévention, de l'exercice de ses fonctions en télétravail permanent entre le 2 février 2021 et le 30 avril 2021 en raison de la dégradation des relations de travail. L'ensemble de ces éléments de fait est susceptible de faire présumer l'existence de faits de harcèlement moral et de discrimination en raison de la maternité de Mme C.
11. Pour établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination et à tout harcèlement moral, l'EPV fait valoir que Mme C est à l'origine de la situation de travail dégradée dans son service par un management défaillant et autoritaire de son équipe depuis son recrutement en contrat à durée déterminée le 15 septembre 2019. Toutefois, cela n'est établi ni par le rapport d'audit du cabinet DFD remis le 4 janvier 2022, ni par le fait que la période d'essai de Mme C ait été prolongée de trois mois en décembre 2019, ni par le fait que ses comptes rendus d'évaluation annuelle feraient état d'axes d'amélioration ou qu'elle n'aurait perçu qu'un faible montant de part variable dans le cadre de son régime indemnitaire. Il ressort des pièces du dossier que suite à la déclaration par Mme C de son état de grossesse à son employeur le 13 mars 2020, elle a été placée en autorisation spéciale d'absence en raison du COVID à compter du 8 avril 2020 avant d'être placée en congé maternité du 7 juin 2020 au 23 octobre 2020, puis en congés au titre de la récupération du temps de travail et en congés annuels jusqu'au 2 décembre 2020, et enfin en congé maladie ordinaire du 3 décembre 2020 au 6 janvier 2021. Pendant son absence, Mme C a été remplacée par M. B recruté à compter du mois de juillet 2020. Si l'EPV fait valoir que le 5 janvier 2021, M. B a changé d'emploi pour devenir chargé de mission en ressources humaines et s'est vu confier des attributions spécifiques et distinctes de celles de responsable du secteur formation jusqu'à son recrutement en contrat à durée indéterminée comme adjoint au chef du service des parcours professionnels et de la modernisation RH à compter du 1er avril 2021, les pièces produites par l'EPV dont la lettre de mission de M. B et un organigramme datant de février 2021 sur lequel Mme C est inscrite comme chef du secteur formation sont contredites par les éléments produits par Mme C et notamment l'organigramme de mars 2021 mentionnant comme chefs de ce secteur les deux noms de Mme C et de M. B. Il ressort en outre du compte-rendu de la réunion de service du 5 janvier 2021, qu'il était prévu une passation de deux mois entre M. B et Mme C. Par un courriel du dimanche 10 janvier 2021, soit trois jours après le retour de Mme C, M. B a planifié une réunion du secteur formation dès le lendemain dont l'ordre du jour était " collaboration Amine - D ". Il ressort également des pièces du dossier que M. B était en copie de plusieurs échanges entre Mme C et les agents du secteur formation ou sa hiérarchie en février et mars 2021 et qu'il figure dans les comptes rendus des réunions du secteur de la formation de février 2021. De telles indications sont de nature à démontrer que M. B n'était pas affecté sur une mission spécifique distincte du secteur formation au sein duquel il avait effectué le remplacement de Mme C mais qu'il continuait d'exercer les attributions correspondantes au poste de Mme C après la reprise par celle-ci de ses fonctions. Il ressort également des pièces du dossier que les conditions de travail de Mme C dès son retour le 7 janvier 2021 ont été fortement dégradées, comme en atteste sa convocation à une réunion par courriel du dimanche 10 janvier 2021 pour le lendemain et un mail du 12 janvier 2021 dans lequel la cheffe du service des parcours professionnels et de la modernisation RH écrit à la directrice des ressources humaines : " pour qui elle se prend ' Elle a fait une réunion d'équipe sans Amine en disant qu'elle reprenait les rennes elle a vu aussi chacune d'entre elles. Elle n'est pas très malinela moindre des choses aurait été qu'elle y aille en douceur après 10 mois d'absence et se permettre des leçons à Amine alors qu'elle n'a pas plus d'ancienneté que lui !!! C'est gonflé ". Si comme le soutient l'EPV, le retour de Mme C après plusieurs mois d'absence pendant lesquels elle a été remplacée dans des conditions satisfaisantes par M. B après plusieurs années de tension au sein du service y compris dans une période antérieure au recrutement de Mme C, a pu susciter une appréhension pour les agents de son équipe, celle-ci ne pouvait justifier que Mme C soit privée dès son retour et sans explication de tout ou partie de ses attributions managériales et que sa hiérarchie réunisse l'ensemble des agents de son service afin qu'ils expriment leur griefs à son égard dans le cadre de deux réunions collectives organisées quelques semaines seulement après son retour, alors même qu'elle avait informé sa hiérarchie et la médecin de prévention de ses difficultés dès les 12 et 15 janvier 2021. Il ressort également des pièces du dossier que la dégradation des conditions de travail qui s'est poursuivie à compter de la fin du mois de juillet 2021, avec une pression professionnelle excessive exercée par M. B, recruté à compter du 1er avril 2021 comme adjoint au chef de service, sans possibilité de dialogue, sans intervention du chef de service par intérim, ne peut être justifiée par les seules difficultés managériales de Mme C dans un contexte de sous-effectif au sein du secteur et d'une charge de travail très importante. Il ressort également de l'avis du 13 mars 2023 de la société AlloDiscrim saisie par la requérante, remis à l'EPV que Mme C n'a pas retrouvé pleinement ses fonctions à son retour de congé maternité au moins jusqu'au 1er avril 2021, date de la nomination de M. B sur le poste d'adjoint au chef de service et qu'après cette date, certaines missions confiées à M. B étaient très proches de celles inscrites dans la fiche de poste de Mme C engendrant pour elle des difficultés de positionnement. Il résulte de l'ensemble de ses éléments que Mme C est fondée à soutenir qu'elle a subi des agissements qui, compte tenu de leur répétition dans le temps et de leurs effets sur ses conditions de travail et son état de santé, sont constitutifs de harcèlement moral en lien avec une discrimination en raison de son état de grossesse et de son absence durant sa maternité.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 avril 2022 par laquelle l'EPV a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle.
Sur la responsabilité pour faute de l'EPV :
En ce qui concerne l'indemnisation du préjudice résultant du non-renouvellement du contrat à durée déterminée :
13. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses, si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.
14. Il résulte de l'instruction, et particulièrement des recommandations du rapport précité du cabinet extérieur DFD Consulting, qu'au-delà du cas individuel de Mme C, il convenait de revoir la chaîne hiérarchique du service et d'en modifier en conséquence l'organisation. Par une note du 1er juin 2022, la directrice des ressources humaines a présenté une nouvelle organisation du service à la présidente de l'EPV consistant notamment à supprimer l'échelon managérial des chefs de secteur au profit d'un encadrement autour du binôme d'un " chef de service et son adjoint ". Cette réorganisation générale a eu pour effet, au sein du service des parcours professionnels et de la modernisation de la RH, auquel appartenait Mme C, de supprimer les deux postes de chef de secteur " recrutement " et " formation ". Si la requérante soutient que cette mesure a eu pour effet de supprimer exclusivement son poste ainsi que celui du responsable du secteur recrutement qui était lui aussi en conflit avec l'EPV, ce dernier fait valoir en défense sans être contesté que les responsables des secteurs rémunération, temps de travail et gestion des carrières ont également vu leur poste supprimé sans être nommés adjoints au chef de service. Si la requérante fait également valoir que le cabinet extérieur désigné par la directrice des ressources humaines n'aurait pas fait preuve d'indépendance dès lors qu'il avait déjà fourni d'autres prestations à l'EPV, cette unique circonstance est insuffisante pour l'établir.
15. Il résulte de ce qui précède que la décision du 11 juillet 2022 par laquelle la présidente de l'EPV a décidé de ne pas renouveler le contrat à durée déterminée de la requérante est fondée par une mesure de réorganisation plus générale du service. Par suite, il n'est pas établi que cette décision serait illégale, et Mme C n'est pas fondée à demander une indemnisation du préjudice qu'elle aurait subi de ce fait.
En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices au titre du harcèlement moral et de la discrimination :
16. Comme il a été dit au point 11 du présent jugement, il est établi que Mme C a subi des agissements de harcèlement moral et de discrimination en lien avec son état de grossesse lors de la reprise de ses fonctions de responsable du secteur formation au sein de la direction des ressources humaines. Par suite, Mme C est fondée à demander l'indemnisation des préjudices qu'elle a subi à raison de ces faits.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'obligation de sécurité :
17. Aux termes de l'article 23 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, repris à l'article L. 136-1 du code général de la fonction publique, " des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail. ". De plus, les dispositions de l'article 2-1 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique prévoient que : " Les chefs de service sont chargés, dans la limite de leurs attributions et dans le cadre des délégations qui leur sont consenties, de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité ".
18. Suite à un entretien avec les référents harcèlement de l'EPV le 6 septembre 2021 au cours duquel Mme C a estimé avoir été victime de harcèlement moral, le déclenchement d'une alerte " risques psycho-sociaux " a conduit l'EPV a diligenté une enquête interne dont les conclusions ont été remises le 7 octobre 2021. Saisi par la directrice des ressources humaines le 15 octobre 2021, le médecin de prévention s'est entretenu avec chaque agent du service et a remis un rapport le 17 janvier 2022. Il résulte également de l'instruction que Mme C a été suivie très régulièrement depuis son retour le 7 janvier 2021 par le médecin de prévention de l'EPV. En outre, un audit général du service des parcours professionnels et de la modernisation RH été réalisé par un cabinet extérieur dont le rapport a été remis le 4 janvier 2022. Il s'ensuit que, dans le cadre de l'alerte liée aux risques psycho-sociaux, l'EPV n'a pas manqué à son obligation de sécurité.
19. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'EPV aurait méconnu son obligation de sécurité. En revanche, Mme C est fondée à soutenir que l'EPV a commis une faute résultant des faits de discrimination et de harcèlement moral.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant du préjudice financier :
20. Mme C soutient qu'elle a subi un préjudice financier évalué à 50 000 euros du fait de la suspension de son contrat, de son arrêt maladie, puis du non-renouvellement de son contrat et du refus de protection fonctionnelle en lien direct avec les fautes commises par l'EPV. Elle fait ainsi valoir qu'un parent proche a dû se déplacer pour venir l'assister durant son arrêt maladie, qu'elle a perdu l'avantage des tickets restaurant durant les quatre mois de suspension et les quatre mois et demi d'arrêt maladie, qu'elle a engagé des frais de procédure faute d'avoir obtenu la protection fonctionnelle, et qu'en raison du non-renouvellement de son contrat de travail, elle a dû déménager, subir une période de chômage, et engager des frais de reconversion professionnelle et qu'elle a perdu les différents avantages liés à son poste au sein de l'EPV. Toutefois, d'une part, aucun des préjudices invoqués n'ont un lien direct et certain avec la situation de harcèlement moral et la discrimination dont elle a fait l'objet. Il résulte d'autre part de ce qui a été dit au point 15 que Mme C n'est pas fondée à demander la réparation des préjudices résultant du non-renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée. En outre, elle n'est pas fondée à demander la réparation des préjudices résultant de son placement en arrêt maladie, dont ni le lien direct avec les fautes invoquées, ni la reconnaissance de son imputabilité au service ne sont établis. De plus, Mme C ne peut utilement se prévaloir de la perte des tickets restaurant durant la période de suspension dès lors que cet avantage est la contrepartie de l'exercice effectif des fonctions qui n'ont pas été exercées par l'intéressée. Enfin, si Mme C fait valoir un préjudice financier correspondant aux honoraires d'avocats s'élevant à la somme de 7 870 euros correspondant aux frais des procédures qu'elle a engagés pour l'exercice de trois recours administratifs et contentieux, de plaintes et de saisine diverses, ces sommes sont prises en charge soit au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, soit dans le cadre de la protection fonctionnelle qui devra lui être accordée en exécution du présent jugement. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander le versement d'une indemnité de 50 000 euros en réparation du préjudice financier qu'elle aurait subi.
S'agissant des autres préjudices :
21. En ce qui concerne le préjudice moral et les troubles dans les conditions de l'existence, Mme C produit des témoignages de sa mère, d'une collègue et d'une amie qui attestent qu'elle a enduré des souffrances psychologiques en lien avec la discrimination et le harcèlement moral subis dans le cadre professionnel. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant à ce titre une somme de 5 000 euros tous intérêts compris au jour du présent jugement.
22. Mme C soutient qu'elle a subi un dénigrement professionnel et une atteinte à l'honneur et à la réputation. Dès lors que les faits de harcèlement moral et la mesure discriminatoire dont est responsable l'EPV ont eu pour effet de diminuer les responsabilités de Mme C par rapport à celles qu'elle détenait antérieurement et de l'isoler du collectif de travail, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant une somme de 2 000 euros tous intérêts compris au jour du présent jugement.
23. En ce qui concerne le préjudice de carrière, si Mme C soutient qu'elle a subi une perte de chance d'être titularisée dans la fonction publique, elle était en tout état de cause liée à l'EPV par un contrat à durée déterminée, dont le non-renouvellement n'est pas fautif. Elle n'est donc pas fondée à demander l'indemnisation de ce préjudice.
24. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est fondée à demander le versement d'une indemnité de 7 000 euros, tous intérêts compris au jour du présent jugement, en réparation des préjudices subis.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
25. L'annulation des décisions de suspension et de refus de protection fonctionnelle implique nécessairement qu'il soit enjoint à l'EPV d'une part, d'effacer du dossier administratif de Mme C toute référence à la procédure et à la décision de suspension illégale dont elle a fait l'objet, et d'autre part, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, et de lui accorder le bénéfice des dispositions des articles L. 134-1 et L. 134-5 du code général de la fonction publique, pour les faits de harcèlement et de discrimination dont elle a été victime à compter de la reprise de ses fonctions le 7 janvier 2021 au sein de l'EPV. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
Sur les frais liés aux litiges :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, la somme que l'EPV demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'EPV une somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
Sur les dépens :
27. Le présent litige n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er avril 2022 par laquelle la présidente de l'EPV a suspendu Mme C pour une durée maximale de 4 mois est annulée.
Article 2 : La décision du 12 avril 2022 par laquelle la présidente de l'EPV a refusé à Mme C l'octroi de la protection fonctionnelle est annulée.
Article 3 : L'EPV est condamné à verser à Mme C une somme de 7 000 euros en réparation des préjudices subis, tous intérêts compris au jour du présent jugement.
Article 4 : Il est enjoint à l'EPV de régulariser le dossier administratif de Mme C par la suppression de tout document et acte relatif à la procédure de suspension initiée le 1er avril 2022, dans le délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir
Article 5 : Il est enjoint à l'EPV d'accorder à Mme C le bénéfice de la protection fonctionnelle dans les conditions mentionnées au point 25 du présent jugement.
Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2204350, 2204351 et 2208390 est rejeté.
Article 7 : L'EPV versera à Mme C une somme globale de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Les conclusions présentées par l'EPV au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 9 : Le présent jugement sera communiqué à Mme D C et à l'établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.
Copie en sera adressée à la ministre de la culture.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cayla, présidente,
M. Perez, premier conseiller,
M. Bélot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024,
Le rapporteur,
signé
J-L. Perez
La présidente,
signé
F. CaylaLa greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne la ministre de la culture concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2204351, 2208390
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026