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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2204417

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2204417

lundi 10 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2204417
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantROCHEFORT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 juin 2022, 7 décembre 2022 et 15 décembre 2022, M. et Mme E et D A, représentés par Me Rochefort, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2020 par lequel le maire de Montesson a délivré à la SCCV NP Montesson 1, sous le n° PC 078 418 19 G1027, un permis de construire valant permis de démolir en vue de la démolition des bâtiments existants et la construction de 68 logements sur des parcelles cadastrées section AV n°514 à 517 situées 48-50 avenue Paul Doumer et 8 rue Jean Jaurès, ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Montesson et de la SCCV NP Montesson 1 une somme de 4 200 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir ;

- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité incompétente ;

- la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine et le département des Yvelines auraient dû être de nouveau consultés, pour accord, sinon pour avis, sur les nouveaux plans déposés par la société pétitionnaire le 10 janvier 2020 ;

- le plan de masse ne fait pas apparaitre les modalités de raccordement du projet au réseau d'eaux pluviales, en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ; le maire ne pouvait accorder le permis de construire litigieux sans disposer de cette information et ne pouvait compenser cette omission par une prescription ;

- les prescriptions fixées par l'arrêté contesté sont insuffisantes au regard des dispositions de l'article U-ft 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme pour assurer la défense du projet contre le risque d'incendie et garantir la sécurité de son accès ; elles ne définissent pas avec suffisamment de précisions l'autorité responsable de l'implantation d'un nouvel hydrant ni l'échéance de réalisation de ces travaux ; les travaux de déplacement de l'arrêt de bus ne sont pas davantage réalisés ni même prévus à une date précise ; la commune, qui n'est pas compétente en la matière, ne pouvait s'engager à réaliser ces travaux ; l'accès au parc de stationnement du projet ne garantit pas des conditions de visibilité suffisante, d'autant que le poteau dont le département a préconisé la suppression est maintenu dans les dernières pièces modificatives déposées ;

- le projet ne prévoit pas, pour le hall A de point de ramassage des ordures ménagères sur le terrain et facilement accessible depuis la voie publique, en méconnaissance de l'article U-ft 4-3 du règlement du PLU et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnait ce dernier article ainsi que l'annexe 2 au règlement du PLU dès lors que toutes les places de stationnement ne présentent pas une largeur de 2,50 mètres, que 26 places sont commandées et que 2 places ne présentent que 4 mètres de long au premier sous-sol ;

- il méconnait les dispositions du 3 de l'article U-ft 3 du règlement du PLU et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, en l'absence de voie spécifique pour la circulation des vélos ;

- le projet génère des risques pour la sécurité des utilisateurs du parc de stationnement qui ne prévoit aucune possibilité de retournement dans le parking et dont la largeur des voies de circulation ne permet pas le croisement des véhicules ;

- l'implantation de la façade Ouest du projet méconnait l'article U-ft 7 du règlement du PLU et, en tout état de cause, l'article U-ft 6 du même règlement ;

- les façades Est et Sud sont également irrégulièrement implantées ;

- le projet méconnait l'article U-ft 8 du règlement du PLU ;

- il méconnait l'article U-ft 9 de ce règlement ;

- il méconnait son article U-ft 10 ;

- il méconnait les articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et U-ft 11 du règlement du PLU ainsi que l'annexe 4 de ce règlement ;

- le maire de Montesson a commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de surseoir à statuer sur la demande de permis de construire en litige dès lors qu'elle compromet l'exécution du PLU en cours de révision en ce qu'elle méconnait les règles d'emprise au sol, de coefficient de pleine terre et d'implantation fixées par le projet de PLU arrêté ;

- une étude géotechnique de faisabilité du projet prenant en compte les risques pour les constructions voisines aurait dû être réalisée au stade de la conception du projet et donner lieu à la production de l'attestation mentionnée au f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;

- le projet est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en ce qu'il engendre des risques pour la sécurité publique liés à la présence d'anciennes carrières souterraines dans le secteur dans lequel il s'implante ; l'étude produite par la société pétitionnaire ne permet pas d'exclure tout risque d'effondrement ;

- le projet méconnait enfin les articles R. 431-24 et R. 151-21 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, la SCCV NP Montesson 1, représentée par Me Raoul, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit fait, en tant que de besoin, application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute d'intérêt à agir des requérants ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

La requête a été communiquée à la commune de Montesson qui n'a pas produit de mémoire dans le cadre de la présente instance.

Par lettre du 7 novembre 2022, les parties ont été averties, en application de l'article R. 611-11­1 du code de justice administrative, que l'instruction était susceptible d'être close sans avertissement préalable à compter du 7 décembre 2022, dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 du même code.

Par ordonnance du 16 janvier 2023, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative.

Par une lettre en date du 15 juin 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de retenir comme fondés les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté et de l'implantation irrégulière de la façade Sud du projet au regard des dispositions de l'article U-ft 7 du règlement du PLU, du fait de la terrasse accessible au niveau de l'attique et les a invitées à produire leurs observations sur une éventuelle application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Des observations en réponse ont été présentées pour la SCCV NP Montesson 1 les 19 et 23 juin 2023 et pour M. et Mme A le 20 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- l'arrêté n°86-400 du préfet des Yvelines du 5 août 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Amar-Cid ;

- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public ;

- les observations de Me Rochefort, représentant M. et Mme A ;

- et les observations de Me Hy pour la SCCV NP Montesson 1.

Une note en délibéré a été produite pour la SCCV NP Montesson 1 le 26 juin 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 16 mars 2020, le maire de Montesson a délivré à la SCCV NP Montesson 1 un permis de construire valant permis de démolir, en vue de la démolition des bâtiments existants et la construction de 68 logements sur des parcelles cadastrées section AV n°514 à 517 situées 48-50 avenue Paul Doumer et 8 rue Jean Jaurès. M. et Mme A demandent l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision implicite rejetant leur recours gracieux.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une autorisation d'occupation du sol de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance et à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme A sont voisins immédiats du projet dont un pignon doit s'implanter en limite séparative de leur propriété, sur une largeur de près de 15 mètres et une hauteur totale proche de 12 mètres. Eu égard à l'importance de la construction projetée, comparativement aux bâtiments existants destinés à être démolis, et à sa localisation, au sud-ouest du terrain de M. et Mme A, ces derniers sont fondés à soutenir que le projet est susceptible d'engendrer pour eux un préjudice d'ensoleillement et de vue de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien. Il ressort également des pièces du dossier que des vues sur leur terrain vont être créées depuis la partie de la façade Est du projet implantée en retrait de la limite séparative et sont de nature à caractériser une atteinte directe aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien, même si cette partie de façade est située en recul d'une dizaine de mètres de la limite séparative. Par suite, M. et Mme A justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour demander l'annulation de l'arrêté litigieux. Il en résulte que la fin de non-recevoir tirée de leur défaut d'intérêt à agir doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la compétence du signataire :

5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté a été signé par Mme B C, première adjointe au maire déléguée à l'urbanisme, qui disposait, en vertu d'un arrêté n°14-56 en date du 1er avril 2014, d'une délégation du maire de Montesson, en vue de signer " les autorisations d'urbanisme (déclaration préalable, permis de construire, permis d'aménagement) initiales ou modificatives (de l'accusé de réception de la demande à la signature de l'arrêté) ". Les mentions portées sur cet arrêté, qui font foi jusqu'à preuve du contraire et ne sont en l'espèce contestées par aucun élément circonstancié, font état de sa publication et de sa transmission au contrôle de légalité le 2 avril 2014. La signataire de l'arrêté contesté était donc bien compétente pour délivrer le permis de construire sollicité par la SCCV NP Montesson 1. En revanche, il ne ressort ni de cet arrêté ni d'aucune autre pièce du dossier que Mme B C disposait d'une délégation du maire de Montesson aux fins de signer les décisions portant permis de démolir. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté litigieux a été signé par une autorité compétente en tant qu'il vaut permis de démolir.

En ce qui concerne la procédure d'instruction de la demande :

6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ".

7. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet contesté prévoit la moindre construction sur une dépendance du domaine public. Les requérants ne peuvent ainsi utilement invoquer, sur le fondement des dispositions de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme, l'absence de consultation ni d'accord de la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine ou du département des Yvelines.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le conseil départemental des Yvelines a été consulté sur le projet en litige et a rendu un premier avis défavorable le 16 septembre 2019, au motif que l'accès automobile envisagé sur la route départementale 311 au niveau des numéros 48 et 50 de l'avenue Paul Doumer ne présentait pas des garanties de sécurité suffisantes. Par un second avis en date du 29 novembre 2019, cette même autorité s'est prononcée favorablement, sous deux réserves, sur le projet modifié. Si les requérants font valoir que le département aurait dû être consulté de nouveau, à la suite des nouvelles modifications opérées le 10 janvier 2020, il ressort des pièces du dossier que les pièces substitutives déposées à cette date n'ont pas changé la localisation de l'accès et ont notamment eu pour objet d'élargir le tracé supérieur de la rampe de parking et de mettre en retrait les entrées du hall A, dans le but d'améliorer la visibilité des véhicules sortant du parc de stationnement. Compte tenu de leur teneur, ces modifications n'étaient pas de nature à exercer une influence sur le sens du dernier avis rendu par le département et ne nécessitaient, dès lors, pas une nouvelle saisine du conseil départemental des Yvelines. Par suite et alors par ailleurs que la création d'un bateau sur l'avenue Paul Doumer relève de l'exécution de l'arrêté contesté, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".

11. Les requérants font valoir que le maire de Montesson ne pouvait s'engager à déplacer l'arrêt de bus situé à proximité du projet, sans avoir saisi la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine de cette question. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'une telle consultation soit au nombre des " accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur " auxquels renvoie l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme. Les requérants ne sont ainsi pas fondés à se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions.

En ce qui concerne la composition du dossier de permis de construire :

12. La circonstance qu'un dossier de demande de permis de construire soit incomplet ou comporte des pièces insuffisantes, imprécises ou inexactes n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire accordé que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation, sans que l'autorité compétente ne soit en mesure, grâce aux autres pièces produites, d'apprécier l'ensemble des critères énumérés par ces dispositions.

13. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse () indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement ".

14. S'il est constant que le plan de masse ne fait pas apparaitre les modalités de raccordement du projet au réseau public d'eaux pluviales, la notice précise, quant à elle, qu'un bassin de rétention, qui est représenté sur le plan du 2ème niveau de sous-sol, sera réalisé sous la rampe d'accès au sous-sol afin de limiter le rejet des eaux pluviales au réseau. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que la SCCV NP Montesson 1 a produit, à l'appui de sa demande, une étude réalisée par le bureau d'étude EP-Collectif relative à " l'abattement des eaux pluviales " sur le terrain assiette du projet qui a permis de dimensionner le bassin de rétention, afin de respecter le débit de fuite maximal vers le réseau public autorisé par l'article 4 du règlement de la zone U-ft. Ainsi, le dossier pris dans son ensemble a permis à la commune d'apprécier les modalités de gestion des eaux pluviales et de leur rejet dans le réseau public. Il ne ressort, par ailleurs, pas des pièces du dossier que les prescriptions émises sur ce point à l'article 2 de l'arrêté contesté sur les modalités techniques de ce raccordement portent sur des éléments dont l'absence au dossier aurait empêché la commune de vérifier la conformité du projet aux règles applicables. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ne peut, dès lors, être accueilli.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés. " Aux termes des dispositions communes du règlement du PLU de Montesson : " Application des dispositions du présent règlement en cas de division de parcelle / En application de l'article R.123-10-1 [R151-21] du Code de l'urbanisme, il est institué que, dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction sur un même terrain de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles édictées par le présent règlement seront appliquées aux futures limites issues de la division."

16. En l'espèce, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le terrain d'assiette devrait faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement du projet, comme postérieurement. Par suite, les requérants ne sauraient utilement invoquer l'absence de production par la société pétitionnaire d'un plan de division à l'appui de sa demande ni se prévaloir de la méconnaissance des dispositions communes du règlement du PLU de Montesson citées au point précédent.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / () f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles () à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ".

18. Il est constant que le terrain d'assiette du projet est situé dans un périmètre de risques liés à la présence d'anciennes carrières souterraines abandonnées, délimité par le plan annexé à l'arrêté n°86-400 du préfet des Yvelines du 5 août 1986, pris en application de l'article R. 111-3 du code de l'urbanisme alors applicable et qui vaut plan de prévention des risques naturels prévisibles, en application de l'article L. 562-6 du code de l'environnement. Toutefois, ce plan n'est assorti d'aucune règle opposable aux autorisations d'urbanisme sollicitées pour des projets implantés dans les zones qu'il identifie. Or, les dispositions du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme n'imposent au pétitionnaire la fourniture d'une attestation d'un architecte ou d'un expert certifiant la réalisation d'une étude préalable permettant de déterminer les conditions de réalisation du projet que dans le cas où la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles à la réalisation d'une telle étude. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement invoquer l'absence de production par la SCCV NP Montesson 1 de cette attestation.

En ce qui concerne les risques pour la sécurité :

19. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "

S'agissant des modalités d'accès au projet :

20. Aux termes de l'article U-ft 3 du règlement du PLU : " 1 - Règles relatives aux accès sur les voies publiques / Le nombre des accès créés sur les voies publiques peut être limité dans l'intérêt de la sécurité ou des services publics. Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, le ou les accès doivent être établis sur la voie où la gêne pour la circulation des véhicules, des vélos ou des piétons sera la moindre. Le nombre d'accès (bateaux) est limité à ce qui est strictement nécessaire pour assurer une bonne desserte du terrain et des constructions, les accès inutiles ou superflus peuvent être interdits. Les accès doivent créer le minimum de perturbation pour le stationnement public existant ainsi que pour les plantations d'alignement existantes sur le domaine public. / 2 - Règles relatives à la desserte de la parcelle / Toute autorisation d'occupation du sol peut être refusée sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées permettant la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. Elle peut également être refusée si les accès sont insuffisamment dimensionnés compte-tenu du nombre de logements ou de m² de surface de plancher projetés, ou si les accès présentent un risque pour la sécurité des personnes. Cette sécurité sera appréciée compte-tenu, notamment, de la disposition des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / La desserte de la parcelle peut être assurée soit par une voie publique soit par une servitude légalement instituée sur une emprise privée () ".

21. Il ressort des pièces du dossier que l'accès automobile au projet est prévu sur l'avenue Paul Doumer, route départementale à double sens de circulation, via un porche d'une largeur de plus de 7 mètres en partie haute et une rampe fermée en partie basse, large de 5 mètres, qui permettent le croisement des véhicules entrant et sortant du parc de stationnement souterrain ainsi que le stockage de plusieurs véhicules en attente, en dehors de la voie publique. Il ressort également des pièces du dossier qu'un pan de la façade Nord de la construction a été reculée pour s'implanter en retrait de l'avenue Paul Doumer afin d'accroitre la visibilité pour les véhicules sortant du parking. Sur la base de ces éléments, le conseil départemental des Yvelines a rendu, le 27 novembre 2019, un second avis favorable au projet, sous deux réserves tenant à la suppression d'un poteau de structure et au déplacement d'un arrêt de bus existant sur le domaine public afin d'assurer une visibilité de 45 mètres dans chaque sens de circulation. S'agissant d'un simple avis, la circonstance que les deux réserves dont il est assorti n'aient pas été levées n'est pas en elle-même de nature à entacher le projet d'illégalité. En outre, il ressort des plans du projet que le poteau de structure en cause présente de faibles dimensions et se situe du côté de l'accès qui sera emprunté par les véhicules entrant dans le parking, de sorte qu'il ne représentera pas une gêne significative pour la visibilité des véhicules sortant. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que l'arrêt de bus est situé à plusieurs dizaines de mètres de l'accès au projet. Au vu de ces éléments et compte tenu de la largeur de la voie aux abords du projet, de son caractère rectiligne et de la vitesse maximale autorisée, la circonstance que la présence ponctuelle d'un bus à l'arrêt offrirait une visibilité à moins longue distance que celle préconisée par le conseil départemental n'apparait pas de nature à présenter un risque pour la sécurité des personnes. Ainsi, à supposer même que les travaux de déplacement de l'arrêt de bus ne présenteraient pas un caractère certain et que l'engagement de la commune de Montesson à les réaliser aurait été pris incompétemment par celle-ci, le projet est conforme aux dispositions de l'article U-ft 3 du règlement du PLU dans la mesure où par ailleurs il ne ressort pas des pièces que la création d'un accès sur l'avenue Paul Doumer créerait une gêne pour la circulation supérieure à celle d'un accès qui s'implanterait sur la rue Jean Jaurès qui dessert également le terrain d'assiette du projet. Pour les mêmes motifs, le projet n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par suite et alors que la création d'un nouveau bateau relève de l'exécution et non de la légalité du permis de construire contesté, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

S'agissant du risque incendie :

22. Il ressort des pièces du dossier que le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines a été consulté et a conclu le 18 octobre 2019 à la non-conformité du système de désenfumage du parc de stationnement, au regard de l'article 89 de l'arrêté interministériel du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation, qui n'est toutefois pas opposable aux autorisations d'urbanisme, en vertu du principe d'indépendance des législations. Le SDIS a par ailleurs assorti son avis de prescriptions visant notamment à remédier à la non-conformité précitée et à mettre en place des poteaux d'incendie. Après avoir visé cet avis, l'arrêté de permis de construire indique, à son article 2, que la commune s'engage à implanter un nouvel hydrant " rue Jean Jaurès dans le courant de l'année 2020 et avant la livraison de l'immeuble " pour assurer la défense contre l'incendie du hall B du projet et que les autres prescriptions émises par le SDIS s'imposent au pétitionnaire. D'une part, il résulte des termes de cette décision que l'engagement pris par la commune apparait suffisamment certain dans son principe comme dans son échéance de réalisation pour être pris en compte. D'autre part, en s'engageant à réaliser de tels travaux, le maire de Montesson n'a pas, contrairement à ce que soutiennent les requérants, outrepassé sa compétence telle que définie par les articles R. 2225-1 et suivants du code général des collectivités territoriales. Dans ces conditions, le maire de Montesson a pu, sans méconnaitre les dispositions de l'article U-ft 3 du règlement du PLU ni entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, considérer que le projet autorisé permettait d'assurer la défense extérieure contre l'incendie de la future construction.

S'agissant des modalités de ramassage des ordures ménagères :

23. Aux termes de l'article U-ft 4-3 du règlement du PLU : " Pour les opérations portant sur la construction de 3 logements ou plus, un local ou un emplacement spécifique pour le stockage des containers à déchets ménagers doit être prévu ainsi qu'un point de ramassage des ordures ménagères, situé sur la parcelle privée mais facilement accessible depuis la voie publique ".

24. Il ressort des pièces du dossier que le hall A de la future construction dispose d'un local de stockage des ordures ménagères qui doit également servir de point de ramassage de ces déchets. Cette configuration ne méconnait pas en soi les dispositions de l'article U-ft 4-3 du règlement du PLU relatives aux modalités de collecte des ordures ménagères dès lors que ce local est situé sur l'emprise du projet et directement accessible depuis la voie publique. Elle a d'ailleurs été explicitement admise par la communauté d'agglomération Saint Germain Boucles de Seine en charge de cette compétence, dans son avis du 27 août 2019, à condition de respecter certaines prescriptions techniques qu'elle définit et auxquelles l'article 2 de l'arrêté contesté impose à la société pétitionnaire de se conformer. Dans ces conditions, le projet tel qu'autorisé apparait conforme aux dispositions citées au point précédent. Il ne ressort, par ailleurs, pas des pièces du dossier que ces modalités de ramassage présenteraient un risque particulier pour la sécurité ou la salubrité publique au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

S'agissant des dessertes spécifiques aux vélos :

25. Aux termes de l'article U-ft 3 du règlement du PLU : " () 3 - Règles relatives aux voies créées sur les parcelles pour la desserte des constructions projetées / Les voies créées sur les parcelles pour desservir les constructions ou les parkings doivent être de dimension suffisante pour répondre, dans des conditions satisfaisantes de confort et sécurité, aux besoins générés par le programme de construction projeté. Les voies doivent être conçues et aménagées de manière à garantir la sécurité des piétons et des cyclistes. Les voies en impasse doivent être aménagées avec une aire de retournement de telle sorte que les véhicules puissent tourner, notamment les véhicules d'enlèvement des ordures ménagères (voies publiques) et de secours. Pour les opérations de construction ou d'aménagement dont l'emprise occupe une surface au sol d'au moins 1000 m², des aménagements de voies spécifiques doivent être créés pour la circulation des vélos ".

26. D'une part, ces dispositions définissent les caractéristiques des voies internes créées sur les parcelles pour la desserte des constructions et ne régissent dès lors pas les modalités de circulation à l'intérieur des constructions. Par suite, les requérants ne peuvent utilement faire valoir qu'aucune voie spécifique pour les vélos n'est prévue dans le parc de stationnement souterrain. D'autre part, la seule voie interne créée pour la desserte des constructions est un cheminement doux, réservé à la circulation des piétons et des vélos, qui peut donc être regardé comme un aménagement de voie spécifique au sens de l'article U-ft 3.3 du règlement du PLU. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, par suite, être écarté. Pour les mêmes motifs, le projet n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

S'agissant du parc de stationnement souterrain :

27. En premier lieu, aux termes de l'annexe 2 au règlement du PLU : " Normes applicables en matière de places de stationnement et modalités de réalisation / I - Dimensions des places et des voies d'accès : / Chaque emplacement doit présenter une accessibilité satisfaisante. / Dans les 5 premiers mètres mesurés à partir de l'alignement, la pente ne doit pas être supérieure à 4 % sauf impossibilité technique majeure. Une largeur de 2,50 m par place est recommandée (). / II - Nombre de places à réaliser par catégorie de construction () Un local à cycles doit être aménagé au rez-de-chaussée, à proximité de l'entrée principale. Il pourra néanmoins être réalisé en sous-sol en cas d'impossibilité technique de le réaliser au rez-de-chaussée. Il donnera dans la mesure du possible directement sur la voie publique. Tout local réservé à cet usage doit avoir une surface d'au moins 3 m² et être clos et couvert. / Pour les constructions comportant au moins deux logements, sa superficie est d'au minimum 0,75 m² par logement pour les T1 et T2 et d'au minimum 1,5 m² pour tous les autres logements ".

28. Ces dispositions, qui prévoient seulement que chaque emplacement doit présenter une accessibilité satisfaisante, n'ont pas pour effet d'interdire les places commandées. Elles n'imposent, par ailleurs, aucune taille minimale pour les places de stationnement et se bornent à recommander une largeur de 2,50 mètres par place. Dans ces conditions, les seules circonstances que certaines places ne présenteraient pas une largeur de 2,50 mètres et que deux places ne présenteraient que 4 mètres de long ne méconnaissent pas en elles-mêmes les dispositions citées au point précédent ni n'apparaissent de nature à présenter un risque pour la sécurité des usagers du parking.

29. En second lieu, les dimensions des voies de circulation dans le parc de stationnement, dont la largeur est comprise entre 5 et 5,75 mètres, sont suffisantes pour permettre aux véhicules de se croiser et de manœuvrer dans des conditions normales de sécurité. En autorisant le projet, le maire de Montesson n'a ainsi pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation, au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, des risques encourus pour leur sécurité par les futurs usagers du parc de stationnement souterrain.

S'agissant des risques liés à la présence d'anciennes carrières souterraines :

30. S'il est constant que le terrain d'assiette du projet est situé dans un périmètre de risques valant plan de prévention des risques naturels prévisibles, ni ce plan ni le plan local d'urbanisme de Montesson n'interdit les constructions situées au sein de ce périmètre, ni ne les soumet à des règles particulières. En outre, l'inspection générale des carrières (IGC) a indiqué, dans un document daté du 30 juillet 2020, que les parcelles cadastrées AV n°514 à 517 accueillant le projet sont situées, d'après un inventaire réalisé le 15 janvier 2020, " à proximité d'anciennes carrières souterraines, dont les limites ne sont pas exactement connues ". L'étude géotechnique de conception en phase avant-projet en date du 18 juin 2019 produite par la société pétitionnaire indique, par ailleurs, que ces anciennes carrières sont, d'après l'IGC, " principalement situées au niveau du sentier Champagnes et de la rue Albert Joly ", soit à l'ouest du terrain d'assiette et " pourraient être partiellement comblées et/ou injectées ". Cette étude conclut, par ailleurs, sur la base de nombreux essais et sondages effectués en divers endroits du terrain et jusqu'à 15 mètres de profondeur, à l'absence d'anomalie liée à la présence d'anciennes carrières au droit des parcelles. Cette étude relève, en outre, que les essais et sondages réalisés n'ont révélé dans le sous-sol que la seule présence de calcaire glauconieux, à l'exclusion du calcaire grossier qui est celui-ci qui était exploité dans le cadre des anciennes carrières abandonnées. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que d'anciennes carrières souterraines seraient présentes dans le tréfonds du terrain d'assiette du projet. De ce fait, les circonstances que le calage altimétrique du R-2 n'était pas connu lors de la réalisation de l'étude et que les plans du sous-sol aient été modifiés n'apparaissent pas de nature à avoir une incidence sur l'appréciation portée par la commune sur le projet. En outre, cette étude a préconisé des dispositions constructives particulières, notamment pour la réalisation des fondations, qui devront être contrôlées au cours de la phase de réalisation du projet. A cet égard, l'arrêté du 16 mars 2020 prévoit, à son article 2, que la société pétitionnaire devra " s'assurer de prendre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir tout risque d'effondrement à l'occasion des travaux ". Si le bureau d'études a également émis des préconisations en ce qui concerne le bâti avoisinant, celles-ci concernent la phase d'exécution des travaux et n'ont, au demeurant, pas de lien direct avec la présence d'anciennes carrières souterraines dans le périmètre en cause. Il ne ressort ainsi d'aucun des éléments produits que des investigations préalables du sous-sol des terrains voisins étaient nécessaires pour prévenir un risque de mouvement de terrain lié à la présence d'anciennes carrières souterraines. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en délivrant le permis de construire litigieux, assorti de la seule prescription précitée, le maire de Montesson aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne la hauteur de la construction :

31. Aux termes de l'article U-ft 10 du règlement du PLU : " La hauteur maximale des constructions est fixée à 9 mètres à l'égout du toit ou à l'attique, et à 12 mètres au point le plus haut (cheminées, antennes exclues) ce qui doit correspondre au maximum à un rez-de-chaussée, surmonté de deux étages, avec des combles ou un étage en attique dont la marge de retrait doit être d'un mètre minimum par rapport au nu de la façade. "

32. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la partie de la façade Est implantée en limite séparative n'excède pas, au bas de l'attique, la hauteur maximale de 9 mètres au-dessus du terrain naturel autorisée par l'article U-ft 10 du règlement du PLU, le " gabarit du 52 avenue Paul Doumer " représenté sur le plan de façade qu'invoquent les requérants n'appartenant pas à la construction projetée mais à la construction existante sur le terrain voisin. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet respecte la hauteur maximale de 12 mètres au point le plus haut, garde-corps exclus s'agissant d'éléments assimilables aux équipements techniques cités par le PLU non pris en compte dans le calcul de cette hauteur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U-ft 10 ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'implantation de la construction :

33. En premier lieu, aux termes de l'article U-ft 6 du règlement du PLU : " Les constructions peuvent être implantées à l'alignement des voies, en limite des emprises publiques, ou en retrait. / -En cas d'implantation en retrait, la marge minimum de retrait à respecter est de 3 m par rapport aux voies ou emprises publiques ". Aux termes du lexique du règlement du PLU (annexe 1) : " Alignement par rapport aux voies : L'alignement est la limite commune d'un fond privé et du domaine public ou d'un fond privé et d'une voie ouverte à la circulation publique () / Façade : Chacune des faces verticales d'un bâtiment. On distingue la façade principale (façade sur rue), la façade arrière et les façades latérales le plus souvent appelées pignon. () / Marge de recul ou de retrait : Distance de retrait imposée par les articles 6, 7 et 8 du présent règlement entre les façades d'une construction et la limite de la parcelle supportant cette construction avec le domaine public (article 6), les limites séparatives de la parcelle (article 7), et une autre construction (article 8) ".

34. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est bordé à l'Ouest par la sente des Champagnes, qui est une voie piétonnière ouverte à la circulation publique. Pour ce seul motif et quand bien même cette sente appartiendrait au domaine privé de la commune, l'implantation de la façade Ouest du projet relève des règles fixées par l'article U-ft 6 du règlement du PLU. D'autre part, il ressort des plans du dossier que cette façade est située en retrait d'au moins 3 mètres de la sente, y compris les seuls balcons en saillie qu'elle comporte sur sa partie Nord. Enfin, les terrasses de plain-pied qui apparaissent sur le plan de masse et le plan du rez-de-chaussée sont des éléments étrangers à la façade et ne sont donc pas soumises à la marge de retrait de 3 mètres telle que définie par les dispositions citées au point précédent. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la façade Ouest du projet méconnait les dispositions de l'article U-ft 6 du règlement du PLU.

35. En deuxième lieu, aux termes de l'article U-ft 7 du règlement du PLU : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives / () b) Marges minimum de retrait à respecter en cas d'implantation en retrait (Cf. croquis sur les modalités de calcul de la hauteur et définition sur la notion d'ouverture créant des vues situés en annexe 1 du présent règlement) : /- Les constructions doivent être implantées à une distance de la limite séparative au moins égale à la hauteur avec un minimum de 8 m. / - Pour les constructions ou parties de constructions ne comportant pas d'ouverture créant des vues, cette distance est ramenée au tiers de la hauteur à l'égout sans être inférieure à 2,50 m ". Aux termes du lexique du règlement du PLU (annexe 1) : " Notion d'ouvertures créant des vues : / Est considérée comme des éléments constituant des vues au sens du présent règlement : * Une ouverture située au-dessus du plancher : / - à moins de 2,60 mètres en rez-de-chaussée, / - à moins de 1,90 mètre pour les étages. / * les fenêtres, / * les porte-fenêtres, * les lucarnes, / * les balcons, / * les loggias, / * les terrasses situées à plus de 0.60 m du terrain naturel, / N'est pas considérée comme constituant des vues au sens du présent règlement : * les percements en sous-sol à condition que la hauteur de l'ouverture au point le plus haut soit inférieure à 0,80 m par rapport au terrain naturel ; / * les portes pleines ; / * les châssis de toit, / * les châssis fixes et verre translucide, / * les marches et palier des escaliers extérieurs ". Aux termes du lexique du règlement du PLU : " Attique : Partie supérieure d'un bâtiment, en retrait des façades des niveaux inférieurs. / () Modalités de calcul de la hauteur des façades : la hauteur d'une façade est calculée du terrain naturel à l'aplomb de la façade jusqu'à la hauteur à l'égout du toit (ou à l'acrotère en cas de toiture terrasse). ".

36. D'une part, il résulte de l'application combinée du règlement de la zone U-ft et du lexique du règlement du PLU, notamment des schémas qu'il comporte, que la hauteur à prendre en compte pour le calcul de la marge de recul, en cas d'implantation de constructions en retrait des limites séparatives, est la hauteur à l'égout du toit ou, dans le cas comme en l'espèce de bâtiments en attique, au point de jonction entre la façade et le bas de l'attique, et non la hauteur de la construction en son point le plus haut.

37. D'autre part, les balcons situés aux premier et deuxième étages à l'angle Sud-Est du hall B sont, contrairement à ce qui est soutenu, situés à plus de 8 mètres de la limite Est à laquelle ils font face. Les balcons situés aux premier et deuxième étages à l'angle Sud-Ouest du même hall ne font, quant à eux, pas face à une limite séparative mais à la sente des Champagnes et n'ont donc pas à respecter vis-à-vis de cette voie la marge de retrait fixée par les dispositions de l'article U-ft 7 du règlement du PLU. En outre, ces deux ensembles de balcons sont dotés de pare-vues à leur extrémité Sud et ne sont de ce fait pas non plus soumis, vis-à-vis de la limite Sud, au respect de la distance minimale de 8 mètres fixée par ces dispositions, en l'absence de vues créées vers cette limite. Il en va de même des balcons situés aux premier et deuxième étages des façades Nord et Sud, que pointent les requérants dans leurs écritures, dans la mesure où ceux-ci sont également munis de pare-vues faisant face à la limite Est et peuvent donc être implantés à moins de 8 mètres de cette limite, sans méconnaitre les dispositions de l'article U-ft 7, lesquelles n'impliquent par ailleurs pas de tenir compte des vues obliques créées.

38. Enfin, en ce qui concerne les terrasses situées au niveau de l'attique, celles implantées sur la limite séparative Est ne sont, par définition, soumises à aucune marge de retrait vis-à-vis de cette limite et sont d'ailleurs dotées de pare-vues au niveau de cette limite séparative. En revanche, bien que le projet ne comporte aucune ouverture sur la façade Sud ni sur la partie de la construction en attique au-dessus de cette façade, les terrasses situées au niveau de l'attique en vis-à-vis direct de la limite séparative Sud sont néanmoins accessibles via les appartements situés dans l'attique et créent des vues en direction de cette limite séparative. Or, elles sont implantées à 6,70 mètres de cette limite, soit à une distance de celle-ci inférieure aux 8 mètres exigés par les dispositions précitées de l'article U-ft 7. Dès lors, le projet méconnait ces dispositions en ce qui concerne ces terrasses.

39. En troisième lieu, aux termes de l'article U-ft 8 du règlement du PLU : " Les constructions non contigües implantées sur une même unité foncière devront respecter les marges de retrait minimum suivantes (Cf. croquis sur les modalités de calcul de la hauteur et définition sur la notion d'ouverture créant des vues situés en annexe 1 du présent règlement) : / - la marge de retrait doit être égale à la hauteur de la construction la plus haute avec un minimum de 6 m. / - toutefois si aucune des façades implantées en vis-à-vis ne comprend d'ouverture génératrice de vue, cette marge est ramenée à la moitié de la hauteur de la façade la plus haute avec un minimum de 3 m ".

40. Il ressort des pièces du dossier que la construction projetée est constituée de deux halls d'immeuble, l'un comprenant des logements sociaux, l'autre des logements en accession, qui sont contigus. Par suite, le projet n'est pas soumis aux règles définies par l'article U-ft 8 du règlement du PLU qui définit la distance minimale que doivent respecter les constructions non contigües implantées sur une même unité foncière. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne l'emprise de la construction :

41. Aux termes de l'article U-ft 9 du règlement du PLU : " L'emprise au sol maximum des constructions est fixée à 60 % de la surface de l'unité foncière ". Aux termes du lexique du règlement du PLU (annexe 1) : " Emprise au sol : Au sens du présent règlement, l'emprise au sol des constructions correspond à la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus ".

42. La SCCV NP Montesson 1 a déclaré dans sa demande que l'emprise au sol de la construction projetée s'élevait à 1 297 m2, représentant près de 60% de la surface du terrain d'assiette du projet. D'une part, il n'est pas sérieusement contesté que cette surface inclut les balcons en surplomb. D'autre part, compte tenu de la définition que le lexique du règlement du PLU de Montesson donne de l'emprise au sol et eu égard à l'objet de la règle, n'entrent pas dans le calcul de l'emprise au sol les parties enterrées des constructions, y compris les parties de celles-ci situées au-dessus du terrain naturel, du moment qu'elles se trouvent sous le niveau du terrain fini. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que " toute la partie au-dessus du parking dans le U " ni qu'une partie de la rampe de parking auraient dû être incluses dans le calcul de l'emprise au sol. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U-ft 9 du règlement du PLU ne peut, dès lors, être accueilli.

En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation à ne pas avoir sursis à statuer sur la demande de permis de construire :

43. Aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables. ". Il appartient à l'autorité saisie d'un permis d'aménager de prendre en compte notamment les orientations du projet d'aménagement et de développement durables, dès lors qu'elles traduisent un état suffisamment avancé du futur plan local d'urbanisme, pour apprécier si le projet d'aménagement envisagé serait de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution de ce plan et décider, le cas échéant, de surseoir à statuer sur la demande.

44. Il n'est pas contesté que les travaux d'élaboration du nouveau PLU communal étaient, à la date du permis contesté, suffisamment avancés dès lors que le projet d'aménagement et de développement durables avait été débattu et que le projet de règlement était arrêté depuis le 27 juin 2019.

45. En premier lieu, dès lors que le projet porte sur la construction de deux bâtiments contigus, les requérants ne peuvent utilement faire valoir que le règlement du futur PLU prévoyait de porter la distance minimale entre deux bâtiments non contigus de 12 à 18 mètres, pour soutenir que le maire de Montesson a commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de surseoir à statuer sur la demande de permis de construire de la SCCV NP Montesson 1.

46. En deuxième lieu, il ressort de la notice que le projet comporte 784 m2 d'espaces éco-aménageables au sens du règlement du PLU applicable à la date de délivrance du permis de construire en litige, représentant plus de 36% de la superficie du terrain d'assiette et comprenant des espaces de circulation traités en pavés posés sur lit de sable. S'il n'est pas contesté que ces cheminements ne constituent pas des espaces de pleine terre au sens du règlement du PLU arrêté le 27 juin 2019, il ne résulte pas de cette seule circonstance que le projet de la SCCV NP Montesson 1 présenterait un coefficient d'espaces de pleine terre, tel que défini par le PLU en cours de révision, inférieur au taux minimum de 30% fixé par celui-ci.

47. En troisième lieu, si l'emprise au sol du projet sera de près de 60% de la surface de l'unité foncière alors que le futur plan prévoyait de limiter à 50% l'emprise maximale autorisée en zone U-ft, cette différence n'est pas, en raison de son importance toute relative à l'échelle de la zone, de nature à compromettre l'objectif poursuivi par le projet d'aménagement et de développement durables visant, aux abords de l'avenue Paul Doumer, à " développer les éléments végétaux et viser une plus grande qualité architecturale des constructions et une insertion optimale dans leur environnement " ni, plus largement, l'exécution du futur plan ou à la rendre plus onéreuse.

48. Par suite, le maire de Montesson n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de surseoir à statuer sur la demande présentée par la SCCV NP Montesson 1.

En ce qui concerne l'insertion du projet dans son environnement :

49. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article U-ft 11 du règlement du PLU : " I - Dispositions applicables à toute construction ; constructions nouvelles et travaux sur des constructions existantes / L'intégration harmonieuse des constructions dans le paysage devra être assurée notamment par leur volume, leur architecture, le choix des matériaux et des couleurs employés. / a) Les toitures / En cas de toitures terrasse : / - celles-ci seront de préférence végétalisées et les édicules devront être dissimulés par un dispositif de qualité. () / b) Les façades / Les façades devront être animées en jouant sur des éléments de modénature et de marquage tels que les bandeaux, les corniches et les encadrements de fenêtres. () ". Aux termes de l'annexe 4 du règlement du PLU : " Cahier de recommandations pour les constructions à usage d'habitation () / a) L'implantation de la construction sur le terrain / L'implantation sur le terrain devra être déterminée en respectant les principes suivants () - faire en sorte que la construction bénéficie d'un bon ensoleillement et éviter au maximum de priver d'ensoleillement les constructions voisines (). "

50. Pour rechercher l'existence d'une atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité compétente d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

51. Le projet est situé en zone U-ft qui, selon le préambule du règlement de zone, " correspond aux quartiers assez hétérogènes de type faubourgs traditionnels qui se sont constitués autour du centre-ville ", " comprend des constructions anciennes à usage d'habitations individuelles ou collectives, de petites activités économiques et de petits immeubles récents d'habitat collectif " et a " vocation à pouvoir évoluer pour accueillir des constructions nouvelles à usage de logements ". Il ressort des pièces du dossier que l'environnement proche dans lequel s'insère le projet est de fait très varié du point de vue architectural et sans unité ou intérêt particulier, avec la présence de constructions individuelles et collectives dont certaines comportent 5 niveaux, l'ensemble bâti protégé par le PLU au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme dont font état les requérants n'étant quant à lui pas situé à proximité immédiate de la future construction. Cette dernière, qui s'élèvera à R+2+attique et non à R+4 comme le soutiennent les requérants, s'étirera à l'intérieur du terrain d'assiette et sera séquencée horizontalement et verticalement, à la fois par une alternance de saillies et de creux et par le choix des couleurs et des matériaux en façades, lesquels ont été choisis parmi ceux présents dans le bâti environnant. Il ressort également de la notice et des documents d'insertion graphique, d'une part, que le projet prévoit bien une animation des façades par des éléments de marquage, tels des parements d'enduit destinés à souligner certaines baies, dont l'article U-ft 11 ne donne pas une liste limitative et, d'autre part, que les garde-corps seront implantés sur un plan incliné afin de limiter leur impact visuel tandis que les édicules ne seront pas visibles, conformément à l'objectif de " dissimulation " prévu par ce même article. Enfin, le cahier de recommandations pour les constructions à usage d'habitation figurant en annexe 4 du règlement du PLU n'a pas de valeur réglementaire, de sorte que ses considérations tenant à l'impact de l'implantation sur l'ensoleillement des constructions voisines ne sont pas opposables au projet. Au vu de l'ensemble de ces éléments, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet porterait atteinte au caractère des lieux environnants ni qu'il méconnaitrait l'article U-ft 11 du règlement du PLU ou serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

52. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

53. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant précédé l'adoption de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation.

54. Les illégalités relevées aux points 5 et 38 sont susceptibles d'être régularisées par la délivrance d'une mesure de régularisation sans que cette mesure n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer sur la présente requête afin de permettre cette éventuelle régularisation par la délivrance d'une mesure de régularisation qui devra être communiquée au tribunal dans un délai de 4 mois à compter de la notification du présent jugement.

DÉCIDE :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la légalité du permis de construire du 16 mars 2020 jusqu'à l'expiration du délai fixé à l'article 2, pour permettre à la SCCV NP Montesson 1 et à la commune de Montesson de communiquer au tribunal une mesure régularisant les vices mentionnés aux points 5 et 38 ci-dessus.

Article 2 : Le délai dans lequel la mesure de régularisation doit être communiquée au tribunal est fixé à 4 mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme E et D A, à la SCCV NP Montesson 1 et à la commune de Montesson.

Délibéré après l'audience du 26 juin 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Milon, première conseillère,

- Mme Amar-Cid, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé

J. Amar-Cid

La présidente,

Signé

C. Rollet-Perraud

La greffière,

Signé

A. Lloria

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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