mercredi 15 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Maljevic |
| Avocat requérant | SELARL FRANCK COHEN AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin et 31 août 2022, M. C B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI ", notifiée le 23 avril 2013, par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la nullité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur lui a retiré des points de son permis de conduire à la suite d'infractions commises les 7 mars 2011, 3 et 4 avril 2011, 16 juillet 2011, 28 et 29 juillet 2012 et 2 août 2012 ;
3°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux formé le 19 mai 2022 ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer le bénéfice de ses points sur son permis de conduire ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la production de l'avis de réception du 23 avril 2013 par le ministre n'est pas de nature à établir la notification de la décision attaquée ; il ne résidait pas à l'adresse mentionnée sur cet avis et la signature apposée n'est pas la sienne ;
- la décision " 48 SI " et les décisions de retrait de points sont intervenues aux termes d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été destinataire des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable car présentée tardivement ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Maljevic, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B a commis les 7 mars 2011, 3 et 4 avril 2011, 16 juillet 2011, 28 et 29 juillet 2012 et 2 août 2012, diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de plusieurs points affectés à son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI " le ministre de l'intérieur a notifié l'ensemble des décisions de retrait de points afférents à ces infractions et a constaté la nullité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par deux courriers du 19 mai 2022, notifiés le 20 mai suivant, M. B a, d'une part, sollicité une copie de la décision référencée " 48 SI " et, d'autre part, formé un recours gracieux contre cette décision. Le silence gardé par l'administration pendant un délai de deux mois a fait naître, le 20 juillet 2022, des décisions implicites de rejet. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision " 48 SI ", de toutes les décisions portant retrait de points de son permis de conduire qui figurent sur cette décision et de la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Pour l'application de ces dispositions, les décisions référencées " 48 SI ", constatant la perte de validité du permis de conduire pour solde de points nul, dont l'administration n'est pas en mesure d'éditer des copies, doivent être regardées, sauf preuve contraire, comme conformes au modèle qui sert de base à leur édition automatisée par l'Imprimerie nationale, lequel comporte la mention des voies et délais de recours.
3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration du pli contenant la décision, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposé par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur et des outre-mer a produit, dans le cadre de la présente instance, une copie de l'avis de réception du courrier émanant du Fichier national des permis de conduire (FNPC), mentionnant le n° 2C 062 040 5354 5, correspondant à la numérotation apparaissant sur le relevé d'information intégral de l'intéressé, indiquant que le pli a été distribué au requérant le 23 avril 2013. Ces mentions impliquent que le pli contenait la décision référencée " 48 SI " par laquelle le ministre de l'intérieur récapitule les retraits de points intervenus et prononce la perte de validité du permis de conduire de l'intéressé pour solde de points nul. Cette décision, établie selon un modèle-type, comportait nécessairement, au verso, la mention des voies et délais de recours, ce que le requérant ne conteste d'ailleurs pas. Or, ce pli, versé dans le cadre de la présente instance, est revêtu de la mention " Distribué le 23 avril 2013 " et comporte une signature manuscrite. Si le requérant soutient qu'au 23 avril 2013 il ne résidait plus sur le territoire français mais en Mauritanie, il n'établit pas son allégation par la seule production d'une facture d'eau établie par la société nationale d'eau de Mauritanie le 14 mars 2022 et une copie de son titre de séjour délivré par les autorités mauritaniennes le 31 janvier 2020, lesquelles sont postérieures à la date de notification mentionnée sur l'avis de réception. Enfin, si le requérant soutient que la signature figurant sur cet avis ne correspond pas à celle apposée sur ses documents officiels, cette circonstance n'est toutefois pas de nature à établir l'absence de notification régulière dès lors qu'il ressort clairement de la signature manuscrite que le nom du requérant a été apposé. Par suite, compte tenu de l'ensemble de ces éléments concordants, l'avis de réception produit par l'administration établit de manière suffisamment certaine la notification à M. B, le 23 avril 2013 du pli contenant la lettre du ministère de l'intérieur référencée " 48 SI " récapitulant les retraits de points successifs et informant l'intéressé de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.
5. D'autre part, la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision référencée " 48 SI " attaquée et des décisions portant retraits de points dont elle procède n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 8 juin 2022, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois ayant couru à compter du 23 avril 2013. Si l'exercice d'un recours gracieux proroge en règle générale le délai de recours contentieux, celui exercé par M. B contre les décisions attaquées n'a été reçu par le ministre de l'intérieur que le 20 mai 2022. Il n'a ainsi pas eu pour conséquence de proroger le délai de recours contentieux, qui était expiré depuis le 24 juin 2013. Dans ces conditions, le ministre est fondé à soutenir que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B tendant à l'annulation des décisions de retrait de points et de la décision " 48 SI ", enregistrées au greffe du tribunal le 8 juin 2022, ont été présentées après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois et sont, par suite, tardives. La fin de non-recevoir ainsi opposée par le ministre de l'intérieur doit, par suite, être accueillie.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions y compris celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2023.
Le magistrat désigné,
signé
S. A
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 22004429
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026