vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204473 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MANCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juin 2022, Mme B C, représentée par Me Mancel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2022 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle devait être renvoyée ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de Me Mancel, son conseil, la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, celui-ci renonçant alors au bénéfice de l'indemnité d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé et procède d'un examen incomplet de sa situation personnelle, en particulier de son contrat de travail ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que si l'établissement dans lequel elle est inscrite prévoit une formation théorique dispensée à distance, celle-ci s'accompagne d'une formation en alternance, par apprentissage et qu'elle a conclu à ce titre une convention de formation avec une entreprise dont le siège social est situé à Paris, où est également fixé le lieu d'exécution du contrat d'apprentissage ; elle remplit, en outre, les conditions fixées par l'article R. 5221-7 du code du travail ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Le préfet des Yvelines, destinataire des écritures de la requérante et des pièces de la procédure, n'a pas présenté d'observations en défense dans la présente instance.
Par une ordonnance du 13 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 13 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Mancel, représentant Mme B C, ainsi que les observations de celle-ci, également présente.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, ressortissante camerounaise née le 23 avril 1998, est entrée en France sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention étudiant, délivré le 22 août 2019. Elle a, au cours de l'année universitaire 2019/2020, suivi et validé une formation en management digital. Mme C est ensuite rentrée dans son pays d'origine pour y occuper un emploi sous contrat à durée déterminée à compter du 18 février 2021. Elle est entrée, de nouveau, sur le territoire français le 21 octobre 2021, sous couvert d'un visa de retour délivré le 13 octobre 2021. Ayant intégré une nouvelle formation diplômante, Mme C a présenté, le 25 novembre 2021, une demande tendant au bénéfice d'un titre de séjour étudiant. Par un arrêté du 15 mars 2022, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle devait être renvoyée. Mme C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
3. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. (). ".
4. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que, pour estimer que Mme C ne remplissait pas les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Yvelines a relevé que celle-ci justifiait d'un certificat d'inscription dans un établissement d'enseignement supérieur pour l'année universitaire 2021-2022, mais que cet établissement dispense sa formation à distance et non en présentiel et en a déduit que le suivi de cet enseignement par correspondance ne nécessitait pas le séjour en France de l'intéressée, de sorte que celle-ci ne pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme C a conclu le 26 novembre 2021, dans le cadre de la formation diplômante engagée auprès de cet établissement supérieur, une convention de formation, ainsi qu'un contrat d'apprentissage avec une entreprise d'accueil, et que l'exécution de ce contrat doit intervenir entre le 14 décembre 2021 et le 10 février 2023. S'il n'est pas soutenu que le contrat d'apprentissage aurait été transmis aux services de la préfecture, la requérante fait valoir, sans être contredite en défense, qu'elle a communiqué la convention de formation, laquelle mentionne les coordonnées de l'établissement employeur, dont le siège social est situé à Paris. Le préfet des Yvelines, qui n'a pas présenté d'observations en défense dans la présente instance, ne conteste ni que ce contrat d'apprentissage doit être exécuté sur le territoire français, ni que l'exécution de ce contrat constitue une condition nécessaire à l'obtention du diplôme auquel prétend la requérante. Il doit donc être regardé comme établi, au vu des pièces du dossier, que la présence de Mme C sur le territoire français est rendue nécessaire pour la préparation de son diplôme. Dans ces conditions, Mme C est fondée à soutenir que le refus de séjour qui lui a été opposé procède d'une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour, ainsi, par voie de conséquence, que celle des décisions par lesquelles le préfet des Yvelines l'a concomitamment obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'un titre de séjour portant la mention " étudiant " soit délivré à Mme C. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet des Yvelines d'y procéder, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette mesure d'injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. Mme C ayant été admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle, son avocat peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Mancel, avocat de Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Mancel de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à cette dernière en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 15 mars 2022 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté la demande de titre de séjour de Mme C, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle devait être renvoyée est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de délivrer à Mme C un titre de séjour portant la mention " étudiant ", dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Mancel, avocat de Mme C, la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Mancel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme C, cette somme de 800 euros lui sera versée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Amar-Cid, première conseillère,
- Mme Milon, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. A
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026