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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2204562

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2204562

jeudi 21 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2204562
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7éme chambre
Avocat requérantSELARL CLOIX ET MENDES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 juin 2022 et 20 novembre 2023, la SCI Belka, représentée par Me Thibaut Adeline-Delvolvé, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2022 par lequel le maire de Villiers-Saint-Frédéric a refusé de lui délivrer le permis de construire qu'elle sollicitait pour l'édification d'un bâtiment à usage de stockage sur la parcelle AK31 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Villiers-Saint-Frédéric de procéder à une nouvelle instruction de sa demande de permis de construire, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Villiers-Saint-Frédéric la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à M. et Mme A.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté a été rendu à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que trois autorités ont été consultées sur la base d'un dossier incomplet ;

- le classement de la parcelle AK31 en zone AUi est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) du secteur AUi est illégale.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 6 mars et 20 décembre 2023, le dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la commune de Villiers-Saint-Frédéric, représentée par son maire, et ayant pour avocat Me Karine Destarac, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de la société requérante de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute pour la commune de justifier de la qualité pour agir du représentant de la SCI Belka ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 21 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère,

- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,

- et les observations de Me Adeline-Delvolvé, représentant la SCI Belka, et de Me Gonnet, représentant la commune de Villiers-Saint-Frédéric.

Considérant ce qui suit :

1. Le 19 janvier 2022, la SCI Belka a déposé auprès de la mairie de Villiers-Saint-Frédéric une demande de permis de construire portant sur l'édification d'un bâtiment de stockage sur la parcelle AK31. Elle demande l'annulation de la décision du 13 avril 2022 par laquelle le maire de la commune a rejeté sa demande.

2. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le Syndicat intercommunal d'assainissement de la région de Neauphle-le-Château (SIARNC), ENEDIS et la commission locale de l'eau de la Mauldre, laquelle au demeurant ne s'est pas prononcée explicitement, ont rendu leurs avis respectifs sur le projet avant que le dossier de demande de permis de construire ne soit complété par les pièces supplémentaires enregistrées le 6 avril 2022. Si ces instances ne se sont donc pas prononcées au vu d'un dossier complet, la société requérante n'établit pas, ni même ne précise, en quoi les pièces complémentaires produites le 6 avril 2022 auraient pu avoir une influence sur l'avis émis par ces autorités, puis sur l'appréciation par le service instructeur du projet. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

3. En second lieu, la décision a été prise au motif que le projet méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme (PLU) relatives à la zone AUi, zone à urbaniser dans le cadre d'une opération d'ensemble, définie dans une OAP. La décision souligne que le projet ne s'insérant pas dans le cadre d'une opération d'ensemble, il méconnaît le caractère de la zone AUi et de l'orientation d'aménagement du secteur. La société requérante fait valoir, par exception, que le classement de la parcelle AK31 dans la zone AUi est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

4. Aux termes de l'article R.151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. () " La zone AUi est définie dans le règlement du PLU comme " une zone non équipée, destinée à accueillir le développement économique ". Il y est précisé que " son urbanisation devra être réalisée dans le cadre d'une opération d'ensemble, respectant un plan d'aménagement global conforme à l'orientation d'aménagement jointe au présent règlement ".

5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle AK31 se situe au cœur d'un espace défini par la rue de la gare à l'ouest, la rue de la vierge à l'ouest et la rue des deux Neauphle au sud. Si cet espace est urbanisé le long des voies publiques, notamment à l'ouest de la parcelle en bordure de la rue de la gare, les terrains situés au centre composent un vaste espace non bâti, en grande partie boisé, qui est intégralement classé dans le PLU en zone AU. La parcelle AK31, elle-même en partie boisée et ne comprenant que deux bâtiments de faible superficie et à usage d'entrepôts, est ainsi bordée au sud, à l'est et en partie au nord par des terrains non bâtis et couverts de végétation. Dans ces circonstances, le classement de la parcelle litigieuse en zone AUi, dans le cadre d'une opération d'aménagement comprenant également les parcelles situées à son nord-est, n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, ni la substitution de motif demandée par la commune en défense, que la SCI Belka n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 13 avril 2022 lui refusant la délivrance du permis de construire qu'elle sollicitait. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villiers Saint-Frédéric, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la SCI Belka au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société requérante la somme de 1 500 euros à verser à la commune au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Belka est rejetée.

Article 2 : La SCI Belka versera à la commune de Villiers Saint-Frédéric la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Belka et à la commune de Villiers-Saint Frédéric.

Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Ouardes, président,

- Mme Fejérdy, première conseillère,

- M. de Miguel, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.

La rapporteure,

Signé

B. Fejérdy

Le président,

Signé

P. Ouardes

La greffière,

Signé

C. Benoit-Lamaitrie

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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