lundi 4 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204565 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Marc |
| Avocat requérant | KERMARREC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juin 2022, et un mémoire complémentaire enregistré le 12 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Kermarrec, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 avril 2022 par laquelle la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNACRL) a refusé de réviser sa pension et la décision du 24 mars 2022 portant attribution de sa pension, en ce qu'elle s'est abstenue de tirer les conséquences des décisions des 12 et 13 décembre 2021 du Centre hospitalier Sud Essonne Dourdan Etampes ;
2°) d'enjoindre à la CNRACL dans un délai de 8 jours à compter du jugement à intervenir, de tirer les conséquences des décisions des 12 et 13 décembre 2021 du Centre Hospitalier Sud Essonne Dourdan Etampes en lui versant une pension calculée sur le 10ème échelon du corps des infirmiers de classe supérieure de la fonction publique hospitalière, outre le complément dû sur les pensions versées depuis le 1er avril 2022 au regard de la pension ainsi calculée ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de la CNRACL la somme de 1500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, d'une part, que le décret n° 2021-1407 du 29 octobre 2021 est entré en vigueur le 1er octobre 2021, conformément à sa notice explicative, de sorte que la CNRACL aurait dû tirer les conséquences des décisions des 12 et 13 décembre 2021 du Centre hospitalier portant reclassement de Mme B au 1er octobre 2021. Elle soutient, d'autre part, que les deux décisions portant avancement d'échelon et reclassement sont en tout état de cause créatrices de droit et ne sauraient être regardées comme des actes inexistants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2022, la CNRACL conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2021-1407 du 29 octobre 2021 ;
- la circulaire du 7 juillet 2011 relative à la qualité du droit ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marc ;
- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,
- les observations de Mme B.
Une note en délibéré, présentée pour Mme B par Me Kermarrec, a été enregistrée le 20 novembre 2023 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, infirmière de classe supérieure employée au sein du Centre hospitalier Sud Essonne Dourdan Etampes, a été radiée des cadres et admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er avril 2022. La CNRACL lui a concédé une pension à compter de la même date calculée sur la base du 8ème échelon du grade d'infirmier de classe supérieure, indice brut 707, qu'elle détenait depuis six mois au moins à la date de sa radiation des cadres. Un brevet de pension accompagné d'un décompte de pension détaillant les éléments retenus pour le calcul de sa pension lui a été notifié par courrier du 24 mars 2022. Le 31 mars 2022, Mme B a saisi la CNRACL d'une demande de révision de sa pension tendant à la prise en compte du 10ème échelon du grade d'infirmier de classe supérieure, indice brut 751 dans lequel elle a été reclassé à compter du 1er octobre 2021, par deux décisions de son employeur des 12 et 13 décembre 2021. Sa demande a été rejetée par une décision du 11 avril 2022. Mme B demande l'annulation de la décision du 11 avril 2022 portant refus de révision de sa pension et de la décision du 24 mars 2022 portant attribution de sa pension, en ce qu'elles se sont abstenues de tirer les conséquences des décisions des 12 et 13 décembre 2021 du Centre hospitalier Sud Essonne Dourdan Etampes.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'entrée en vigueur d'un acte réglementaire est subordonnée à l'accomplissement de formalités adéquates de publicité, notamment par la voie, selon les cas, d'une publication ou d'un affichage, sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables. Un acte réglementaire entre en vigueur le lendemain du jour de l'accomplissement des formalités prévues au premier alinéa, sauf à ce qu'il en soit disposé autrement par la loi, par l'acte réglementaire lui-même ou par un autre règlement. ". Aux termes de l'article L. 221-3 du même code : " Lorsque les actes mentionnés à l'article L. 221-2 sont publiés au Journal officiel de la République française, ils entrent en vigueur, dans les conditions prévues à l'article 1er du code civil, à la date qu'ils fixent ou, à défaut, le lendemain de leur publication. ".
3. D'autre part, la notice explicative accompagnant la publication d'un décret au Journal officiel, ainsi que le prévoit la circulaire du Premier ministre du 7 juillet 2011 relative à la qualité du droit, vise seulement à faciliter la compréhension du texte à l'occasion de sa publication. De plus, le principe de non rétroactivité des actes administratifs, de même que le principe de sécurité juridique, font obstacle à ce qu'une simple notice explicative d'un décret prévoit une entrée en vigueur de ce dernier antérieure à la mise en œuvre des formalités légales de publicité.
4. Il résulte de l'instruction que, par deux décisions des 12 et 13 décembre 2021 du Centre hospitalier Sud Essonne Dourdan Etampes, portant reclassement de Mme B, cette dernière a été reclassée au 10ème échelon du grade d'infirmier de classe supérieure, indice brut 751 à compter du 1er octobre 2021, par application, alors, de la mention portée dans la notice explicative du décret du 29 octobre 2021 revalorisant le déroulement de carrière de corps paramédicaux de la catégorie B de la fonction publique hospitalière placés en voie d'extinction, visé ci-dessus. La notice explicative de ce décret, publié au Journal officiel du 30 octobre 2021, mentionnait en effet : " Entrée en vigueur : le décret entre en vigueur le 1er octobre 2021 ". Toutefois, compte tenu de ce qui a été précédemment exposé au point 3 ci-dessus, la mention nécessairement inexacte portée dans la notice explicative du décret du 29 octobre 2021, ne saurait légalement avoir eu pour effet d'en entraîner une entrée en vigueur rétroactive à compter du 1er octobre 2021.
5. Dès lors, les décisions des 12 et 13 décembre 2021 sont, compte tenu de ce qui a été exposé au point précédent, entachées d'une grave illégalité, en ce qu'elles font application à Mme B de dispositions qui n'étaient pas encore entrées en vigueur. Par suite, ces décisions doivent être regardées comme dépourvues d'existence légale et n'ont par suite, pu faire naître aucun droit au bénéfice de la requérante.
6. A supposer même qu'une décision de l'administration relative à la situation d'un agent public serait irrégulière, il incombe à la Caisse des dépôts et consignations d'en tirer les conséquences légales sur les droits à pension de l'intéressé, tant que cette décision n'a pas été annulée ou retirée, à moins qu'elle ne revête le caractère d'un acte inexistant, d'une reconstitution de carrière fictive intervenue à titre purement gracieux ou qu'elle ait pour effet de maintenir un fonctionnaire en prolongation d'activité au-delà de la durée des services liquidables lui permettant d'obtenir une pension à taux plein.
7. Par suite, compte-tenu de l'ensemble des éléments exposés ci-dessus, c'est sans commettre d'erreur de droit que la CNRACL a pu s'abstenir de tirer les conséquences des décisions des 12 et 13 décembre 2021 précitées pour procéder au calcul de la pension de Mme B.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions qu'elle conteste. Par suite, sa requête doit être rejetée en l'ensemble de ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2023.
La magistrate désignée,
signé
E. Marc La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2204565
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026