mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204754 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL SYMCHOWICZ WEISSBERG ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juin 2022, la SCI Azaf, représentée par Me Raoul, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Montgeron s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 14 avril 2022 en vue de réaliser le prolongement d'une clôture existante, la modification d'une porte et la création d'une place de stationnement en extérieur ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Montgeron de lui délivrer la décision de non opposition à déclaration préalable sollicitée dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa déclaration dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montgeron la somme de 2 000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors que son signataire ne justifie d'aucune délégation de signature régulière ;
- il est entaché d'insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors que le projet en litige a pour objet de rendre la construction plus conforme aux dispositions de l'article UF 12 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 18 novembre 2022 et 30 août 2024, la commune de Montgeron, représentée par Me Saint-Supéry, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le présent litige a perdu son objet dès lors que les travaux réalisés en dépit de l'arrêté portant opposition à la déclaration préalable ont été régularisés ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,
- les observations de Me Rebière, représentant la SCI Azaf,
- et les observations de Me Sautereau, représentant la commune de Montgeron.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Azaf, propriétaire d'une parcelle cadastrée section AW n° 323 sur le territoire de la commune de Montgeron a déposé, le 14 avril 2022, une déclaration préalable en vue de réaliser le prolongement d'une clôture existante, la modification d'une porte et la création d'une place de stationnement. Par la présente requête, elle demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Montgeron s'est opposé à cette déclaration préalable.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune de Montgeron :
2. La circonstance que les travaux exécutés malgré la décision d'opposition à déclaration préalable litigieuse ont été régularisés par la société requérante ne saurait avoir pour effet de faire disparaître l'arrêté du 3 mai 2022 de l'ordonnancement juridique. Il y a donc lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre cet arrêté. Par suite, l'exception de non-lieu opposée par la commune de Montgeron ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. B A, adjoint au maire de la commune de Montgeron en charge de l'aménagement et de la transition écologique. Si la société requérante soutient que le signataire de cet arrêté ne justifie pas d'une délégation de signature régulière du maire, il ressort toutefois des pièces versées au dossier que, par un arrêté du 28 mai 2020, transmis au contrôle de légalité le même jour, le maire de la commune de Montgeron a délégué sa compétence à M. B A, aux fins de signer tous les actes relatifs à l'urbanisme, dont relèvent les décisions portant non opposition à déclaration préalable. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté émanait d'une autorité incompétente. Dès lors, ce moyen, qui manque en fait, doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions () ". Aux termes de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme : " () Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée ".
5. Pour s'opposer à la déclaration préalable en litige, le maire de la commune de Montgeron s'est notamment fondé sur les dispositions du code de l'urbanisme et celles du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune approuvé le 3 novembre 2016 et modifié, en dernier lieu, le 8 juillet 2021. Si la décision attaquée mentionne que la suppression du garage projeté " viendrait compromettre l'autorisation du permis de construire initial ", elle indique également que ce projet consiste en la suppression du garage existant de sorte que les dispositions de l'article UF 12 du règlement du PLU seraient méconnues. Ainsi, cette décision comprend l'indication des éléments de droit et de fait sur lesquels le maire s'est fondé pour estimer qu'il y avait lieu de s'opposer à cette déclaration préalable. Cette motivation a permis à la société requérante d'identifier la règle du règlement du PLU relative au nombre et aux caractéristiques des places de stationnement posée à l'article UF 12. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué, qui manque en fait, doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
6. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un document d'urbanisme régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.
7. Aux termes de l'article UF 12 du règlement du PLU relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'aires de stationnement : " Les dispositions qui suivent viennent compléter l'article 12 du titre II " règles et définitions communes à l'ensemble des zones " : / I. Stationnement automobile / Normes minimales en zone UF et dans l'ensemble des secteurs : / Pour les constructions à destination d'habitation : / - 2 places par logement / Modalités de réalisation des places de stationnement / En zone UF et dans les secteurs UFc et UFd pour les constructions à usage d'habitation, les modalités indiquées complètent celle de la règle générale : / - A partir de la deuxième place obligatoire, les places de stationnement doivent être implantées en sous-sol ou dans le volume de la construction principale ou à défaut dans une annexe ou un appentis fermés () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que, le 21 octobre 2016, la SCI Azaf s'est vue délivrer un permis de construire pour la rénovation d'un pavillon et la transformation d'ateliers en quatre maisons individuelles d'habitation sur la parcelle cadastrée section AW n° 66, laquelle a fait l'objet d'une division en 7 parcelles numérotées section AW n° 321 à n° 327. L'ensemble de ces parcelles, qui compose l'unité foncière du projet litigieux, comporte 5 logements. Ainsi, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée, l'article UF 12 du règlement du PLU de la commune exigeait la réalisation de 10 places de stationnement dont au plus, une place extérieure et une autre dans une annexe ou un appentis fermés. Or, il ressort des pièces du dossier que 4 des 5 places de stationnement existantes sont situées en extérieur et ne sont pas couvertes de sorte que la construction existante n'est pas conforme aux dispositions de l'article UF 12 du règlement du PLU de la commune. Dès lors, le projet litigieux qui a notamment pour objet la suppression de la seule place de stationnement couverte existante et la création, en remplacement, d'une place de stationnement extérieur n'a ni pour objet ni pour effet de rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions de l'article UF12 du règlement du PLU qui exigent la réalisation d'au moins deux places de stationnement par logement. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige est entaché d'erreur de droit.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Azaf n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Montgeron s'est opposé à sa déclaration préalable.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la SCI Azaf, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par la société requérante ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montgeron, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la SCI Azaf au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Azaf une somme de 1 800 euros à verser à la commune de Montgeron au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Azaf est rejetée.
Article 2 : La SCI Azaf versera une somme de 1 800 euros à la commune de Montgeron en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Azaf et à la commune de Montgeron.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026