lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204762 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juin 2022, M. C B, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le préfet de police a prononcé le retrait de sa carte professionnelle de conducteur de taxi ;
2°) d'enjoindre au préfet de Police de lui restituer sa carte professionnelle de conducteur de taxi dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de police du 9 mai 2022, dans l'attente de la décision relative à l'invalidation de son permis de conduire.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît le respect du principe de présomption d'innocence ; elle repose sur une situation incertaine car elle se fonde sur l'annulation supposée de son permis de conduire qui ne lui a pas été notifiée et contre laquelle il a présenté un recours ; elle se fonde également sur des condamnations figurant au bulletin n°2 de son casier judiciaire qui sont anciennes et au sujet desquelles il a entamé des démarches visant à déposer une requête en effacement de son casier judiciaire ;
- elle fragilise grandement sa situation professionnelle ainsi que par conséquence sa situation personnelle et familiale ;
- elle devra être retirée jusqu'à ce que l'autorité judiciaire ait pris une décision définitive relative aux faits reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier ;
- et les conclusions de M. Chavet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B est titulaire de la carte professionnelle de conducteur de taxi depuis le 2 août 2013. Par un arrêté du 9 mai 2022, le préfet de police a prononcé le retrait de sa carte. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 3120-6 du code des transports : " () La carte professionnelle, (), est délivrée à toute personne souhaitant exercer la profession de conducteur d'un véhicule de transport public particulier qui : 1° Est titulaire d'un permis de conduire autorisant la conduite du véhicule utilisé ( ) 3° Satisfait à une condition d'honorabilité professionnelle conformément à l'article R. 3120-8 (). / Il la restitue également lorsque l'une des conditions auxquelles sa délivrance est subordonnée par les dispositions du présent titre cesse d'être remplie. A défaut de restitution, elle lui est retirée après qu'il a été mis à même de présenter ses observations écrites sur la décision de retrait envisagée par l'autorité compétente. ". Aux termes de l'article R. 3120-8 du même code : " Nul ne peut exercer la profession de conducteur de véhicule de transport public particulier si figure au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, () l'une des condamnations suivantes : () 2° Une condamnation définitive pour conduite d'un véhicule sans être titulaire du permis de conduire correspondant à la catégorie du véhicule utilisé () ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier, en particulier des extraits produits en défense, que le bulletin n°2 du casier judiciaire de M. B porte trace de cinq condamnations définitives pour conduite d'un véhicule sans permis, dont trois en état de récidive légale, prononcées les 12 septembre 2006, 3 avril 2008, 23 septembre 2010, 25 octobre 2010 et 16 octobre 2012 par les tribunaux correctionnels d'Evry et de Créteil. Le bulletin n° 2 du casier judiciaire du conducteur comportant ainsi l'une des condamnations prévues par l'article R. 3120-8 du code des transports cité ci-dessus, le préfet de police était dès lors tenu, sans disposer d'aucun pouvoir d'appréciation, de procéder au retrait de sa carte professionnelle en application de l'article R. 3120-6 du même code précité, après avoir recueilli au préalable les observations écrites de M. A présentées par courriel du 20 avril 2022. Il suit de là que les moyens soulevés par M. B tirés de la méconnaissance du respect du principe de présomption d'innocence, de l'erreur de droit, de l'erreur d'appréciation et du caractère manifestement disproportionné de la mesure de retrait ne peuvent qu'être écartés comme inopérants. Les circonstances que ces condamnations sont anciennes, que M. B n'aurait pas eu connaissance de ces mentions portées sur le bulletin n°2 de son casier judiciaire, qu'il n'a pas reçu notification de la lettre 48SI portant annulation de son permis de conduire ou qu'il a entamé des démarches visant à déposer une requête en effacement de son casier judiciaire sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté du préfet de police du 9 mai 2022 dès lors qu'à la date de la décision attaquée, la mention de ces condamnations figuraient bien au bulletin n° 2 du casier judiciaire du requérant.
4. D'autre part, si le préfet de police ne justifie pas de la notification de la lettre 48SI constatant l'annulation du permis de conduire de M. B depuis le 26 octobre 2021, il résulte du point 3 que le préfet de police aurait pris la même décision en ne se fondant que sur les condamnations définitives pour conduite d'un véhicule sans être titulaire du permis de conduire correspondant à la catégorie du véhicule utilisé portées sur le bulletin n°2 du casier judiciaire du requérant en application des articles R. 3120-6 et R. 3120-8 du code des transports.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête aux fins d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête.
Sur les conclusions aux fins de suspension
7. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions de la requête aux fins de suspension de l'arrêté du préfet de police du 9 mai 2022, présentées à titre subsidiaire, lesquelles sont, au demeurant, irrecevables dès lors qu'il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de suspendre à titre provisoire l'exécution d'une décision.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de police.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
Z. Corthier
La présidente,
signé
J. Lellouch
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°220476
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026