jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204836 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | MAIO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2022, Mme D A B, représentée par Me Maio, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 8 juin 2022 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer sous astreinte un titre de séjour portant la mention " salarié ", ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- la décision refusant le séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision lui refusant le séjour.
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 30 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er août 2022 à 17 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. de Miguel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A B, ressortissante de nationalité camerounaise, née le 22 avril 1990 à Yaoundé, est entrée en France le 24 octobre 2017 sous couvert d'un visa de long séjour puis a bénéficié de titre de séjour pour études, valables jusqu'au 19 janvier 2021. Elle a déposé une demande de titre de séjour temporaire portant la mention " salarié ", en application des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 8 juin 2022 dont Mme A B demande l'annulation, le préfet des Yvelines lui a refusé le séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise la convention européenne des de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise la date de naissance, la nationalité, la date d'entrée en France et les conditions de séjour de l'intéressée, ainsi que les titres de séjour dont elle a successivement bénéficié pour suivre ses études. Il est indiqué également que l'intéressée a sollicité un changement de statut et sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salariée, et l'arrêté précise le motif du refus de titre, à savoir l'absence de production d'autorisation de travail et l'absence de justification de la souscription d'une telle autorisation par l'employeur de Mme A B. Il ajoute qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale, qui est célibataire et sans enfant, et qu'elle n'établit pas être exposée à des peines ou traitements en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit dès lors être écarté ;
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / () ". Aux termes de l'article L. 433-6 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle sur un autre fondement que celui au titre duquel lui a été délivré la carte de séjour ou le visa de long séjour mentionné au 2° de l'article L. 411-1, se voit délivrer le titre demandé lorsque les conditions de délivrance, correspondant au motif de séjour invoqué, sont remplies, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". L'article L. 5221-2 du code du travail dispose : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ".
4. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir bénéficié de titres de séjour en qualité d'étudiante pour sa formation d'aide-soignante, dont le dernier titre était valable du 20 janvier 2020 au 19 janvier 2021, Mme A B a été recrutée dès le 2 janvier 2020 en contrat à durée indéterminée à temps complet par l'hôpital privé La Cité des Fleurs. Si Mme A B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salariée, elle ne justifie pas avoir produit à l'appui de sa demande de titre, l'autorisation de travail exigée par l'article L. 421-1 précité au point 3, ni le contrat de travail visé par l'autorité administrative. Si l'intéressée se prévaut du dépôt d'une nouvelle demande d'autorisation de travail le 14 juin 2022, cette circonstance est postérieure à l'arrêté attaqué et reste, dès lors, sans influence sur sa légalité. Par suite, Mme A B n'est pas fondée à soutenir que le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'il aurait entaché sa décision d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. Si Mme A B fait valoir la durée de son séjour en France depuis le mois d'octobre 2017 pour ses études, elle n'avait toutefois pas vocation, en sa qualité d'étudiante, à demeurer durablement sur le territoire. La requérante est célibataire et sans charge de famille à la date de l'arrêté attaqué et ne démontre cependant pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans et où réside sa mère. Sur le plan familial, si Mme A B se prévaut de la présence en France de son frère et d'une sœur, elle ne le justifie pas et n'établit pas, en tout état de cause, que sa présence auprès d'eux serait indispensable. Par suite, compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. L'illégalité de la décision portant refus de séjour n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écartée.
8. Il appartient toutefois à l'administration de ne pas mettre à exécution l'obligation de quitter le territoire si un changement dans les circonstances de droit ou de fait a pour conséquence de faire obstacle à la mesure d'éloignement. Dans ce cas, il est loisible au juge, le cas échéant, d'une part, de relever, dans sa décision, que l'intervention de nouvelles circonstances de fait ou de droit fait obstacle à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français et impose à l'autorité administrative de réexaminer la situation administrative de l'étranger.
9. En l'espèce, il est établi au dossier que Mme A B est enceinte de son premier enfant depuis le 9 février 2022. Par suite, l'intervention de cette nouvelle circonstance de fait, bien que sans effet sur la légalité de l'acte attaqué, impose à l'autorité de réexaminer la situation administrative de la requérante pour l'exécution de la mesure d'éloignement.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Yvelines du 8 juin 2022 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à la condamnation en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A B et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Ouardes, président,
M. de Miguel, premier conseiller,
Mme Mathé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
Le rapporteur,
signé
F-X de Miguel
Le président,
signé
P. Ouardes
La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026