mercredi 27 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204958 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | WEINBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrés le 27 juin 2022 et le 25 juillet 2022, M. A E, représenté par Me Weinberg, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", au titre de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou une carte mention " vie privée et familiale " ou mention " salarié " sur le fondement L. 435-1 du même code, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision l'obligeant de quitter le territoire français
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et n'est pas motivée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et est insuffisamment motivée ;
- elle présente un caractère disproportionné au regard des garanties de représentation dont il fait état ;
La décision fixant le pays de renvoi :
- est illégale par voie d'exception ;
- présente un caractère injustifié et disproportionné.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juillet 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juillet 2022 :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Weinberg, représentant M. C, qui soutient que l'arrêté est entaché d'erreurs de fait révélant un défaut d'examen sérieux de la situation du requérant, et fait valoir, en outre, que la décision litigieuse a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malgache né le 1er mars 2000, qui déclare être entré sur le territoire français le 31 août 2020, a été interpelé par les services de police de Chatenay-Malabry le 22 juin 2022, pour des faits de conduite sans permis. Par un arrêté du 25 juin 2022, dont M. C demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour obliger M. C à quitter le territoire français sans délai, le préfet a estimé, selon les termes de l'arrêté contesté, que ce-dernier avait déclaré au cours de son audition être entré en France sans être en possession d'un visa et avoir l'intention de ne se conformer à une éventuelle mesure d'éloignement. Il a estimé en outre que sa décision ne portait pas atteinte à son droit à la protection de la vie privée et familiale dès lors que l'intéressé était célibataire et sans charge de famille et qu'il n'était pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Il ressort toutefois des pièces du dossier, d'une part, que M. C est entré en France le 31 août 2020 sous couvert d'un visa étudiant pour poursuivre des études d'horticulture, circonstance qui a été évoquée par l'intéressé au cours de son audition, comme en atteste le procès-verbal datée du 25 juin 2022, produit par le préfet à l'appui de son mémoire en défense. Il ressort, d'autre part, des pièces du dossier que M. C a également déclaré, au cours de son audition, résider en concubinage avec Mme D, ressortissante malgache titulaire d'un titre de séjour étudiant, au 22 rue Pasteur à Juvisy-sur-Orge (Essonne), circonstance qui est établie par les pièces produites à l'occasion de la présente instance, en particulier l'avenant au bail locatif daté du 1er novembre 2021. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que M. C, titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée, justifie avoir exercé depuis le 1er janvier 2021, une activité salariée en qualité de chauffeur-livreur au sein de la société Twins SAS. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que la décision litigieuse est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.
3. Il s'ensuit que la décision du 25 juin 2022 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a obligé M. C à quitter le territoire, doit être annulée, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête. Par voie de conséquence, les décisions par lesquelles il a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, fixé le pays à destination duquel, prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, qui sont dépourvues de base légale, doivent également être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction
4. Eu égard aux motifs du présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts- de-Seine, ou à tout autre préfet compétent, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 25 juin 2022 par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et ordonné son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder à un nouvel examen de la situation de M. C dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 76161 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A F C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
G. B Le greffier,
Signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/11
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026