vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NGUIYAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juin 2022, Mme B C, représentée par Me Nguiyan, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°)d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 30 mai 2022 du préfet de l'Essonne en tant que celui-ci a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°)d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°)de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour ; en outre, la décision est de nature à entraîner, de façon immédiate, des conséquences graves sur sa situation personnelle, professionnelle et financière, son contrat d'apprentissage risquant d'être suspendu, la privant ainsi de l'essentiel de ses ressources ; en outre, ce contrat est nécessaire à la validation de son diplôme ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qui est entachée d'une erreur d'appréciation ; en effet, sa formation peut certes se dérouler à distance ou en alternance, mais les examens se font en présentiel et non en distanciel, ainsi que l'a rectifié l'établissement lors de la dernière attestation d'inscription ; en outre, elle dispose d'un contrat d'alternance courant jusqu'au 31 mars 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le préfet de l'Essonne, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête en faisant valoir, d'une part, que l'urgence invoquée par l'intéressée résulte de sa propre négligence à transmettre les pièces nécessaires à l'octroi du titre sollicité et, d'autre part, que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Milon, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience qui s'est tenue le 12 juillet 2022 en présence de Mme Bridet, greffière, Mme A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Nguiyan, représentant Mme C, qui maintient les conclusions et moyens de la requête en précisant que l'inscription de la requérante dans sa formation initiale à la rentrée 2021 a été annulée faute pour elle d'avoir trouvé, à cette période, un contrat d'apprentissage, qu'elle a été conduite à s'inscrire dans une nouvelle formation en janvier 2022 et que le contrat d'apprentissage en cours depuis avril 2022 a nécessairement été transmis à la préfecture ;
- et les observations de Me Capueno, représentant le préfet de l'Essonne, qui maintient ses écritures en faisant valoir en particulier que le contrat d'apprentissage produit dans la présente instance n'a pas été communiqué aux services de la préfecture et que l'attestation qui a été adressée dans le cadre de l'instruction de la demande de titre de séjour mentionne une formation " 100% e-learning " avec examens en distanciel, de sorte qu'au vu des pièces dont disposait le préfet, la décision est justifiée.
La clôture d'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D C, ressortissant camerounaise née le 26 avril 1995 à Douala (Cameroun), est entrée sur le territoire français le 14 septembre 2020, munie d'un visa de long séjour l'autorisant à engager des études. Elle a présenté, le 15 septembre 2021, une demande de renouvellement du titre de séjour étudiant dont elle bénéficiait ainsi. Par un arrêté du 30 mai 2022, le préfet de l'Essonne a rejeté la demande de Mme C au motif que la formation dont elle se prévaut dispense un enseignement " totalement à distance " qui ne permet pas la délivrance d'un titre de séjour étudiant. Mme C a introduit devant le tribunal une requête tendant à l'annulation de cet arrêté, laquelle a été enregistrée sous le n° 2205041. Par la présente requête, enregistrée sous le n°2205042,
Mme C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du
30 mai 2022, en tant qu'il lui refuse le renouvellement de son titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour.
4. Aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour dont la durée de validité ne peut être supérieure à un an. Ce visa peut autoriser un séjour de plus de trois mois à caractère familial, en qualité de visiteur, d'étudiant, de stagiaire ou au titre d'une activité professionnelle, et plus généralement tout type de séjour d'une durée supérieure à trois mois conférant à son titulaire les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9 à L. 421-11 et L. 421-13 à L. 421-24 ". Aux termes de l'article R. 431-16 de ce code : " Sont dispensés de souscrire une demande de carte de séjour : () 13° Les étrangers mentionnés aux articles L. 422-1, L. 422-2 et L. 422-5 séjournant en France sous couvert d'un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois et au plus égale à un an et portant la mention "étudiant" ou "étudiant-programme de mobilité", pendant la durée de validité de ce visa () ". Aux termes de l'article R. 431-18 : " Les étrangers mentionnés aux 6° à 11° et 13° à 18° de l'article R. 431-16 qui souhaitent se maintenir en France au-delà des limites de durée mentionnées au même article sollicitent une carte de séjour temporaire ou une carte de séjour pluriannuelle dans les conditions fixées au 1° de l'article R. 431-5. () La demande est instruite conformément à l'article R. 433-1 et, selon les cas, suivant les conditions spécifiques définies au titre II () ".
5. L'article R. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est relatif aux demandes de renouvellement d'une carte de séjour temporaire présentées par un étranger déjà admis à résider en France. Il résulte de la combinaison des dispositions citées au point précédent que lorsqu'un étranger, admis à résider en France sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour, sollicite, dans les délais requis, la délivrance d'un titre de séjour, il appartient à l'autorité administrative d'instruire cette demande comme une demande de renouvellement d'un premier titre de séjour.
6. Il ressort, en l'espèce, des motifs de l'arrêté du 30 mai 2022 que Mme C a présenté, le 15 septembre 2021, une demande de titre de séjour " étudiant " et que celle-ci a été analysée par le préfet de l'Essonne comme une demande de renouvellement de titre de séjour. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait procédé à une inexacte application des principes énoncés aux points 4 et 5 ci-dessus en analysant la demande de Mme C comme une demande de renouvellement de titre de séjour, et non comme une première demande. Dès lors, la requérante peut se prévaloir de la présomption d'urgence qui s'attache, en principe, aux décisions de refus de renouvellement de titre de séjour.
7. Toutefois, il ressort, d'une part, des pièces du dossier que, dans un premier temps, Mme C a adressé au préfet, le 19 novembre 2021, une attestation d'inscription au sein de l'établissement " EBM Business School " pour une formation en alternance par apprentissage sous réserve d'une entreprise d'accueil et qu'en dépit de l'invitation qui lui a été faite par les services de la préfecture, elle n'a pas transmis de contrat d'apprentissage en lien avec cette formation, la requérante précisant à l'audience que son inscription au sein de cet établissement avait été annulée faute pour elle d'avoir obtenu un tel contrat d'apprentissage. Il ressort, d'autre part, des écritures en défense, et des précisions concordantes apportées par la requérante au cours de l'audience, que celle-ci a transmis aux services de la préfecture, dans un deuxième temps, une attestation d'entrée en formation pour l'obtention d'un titre professionnel d'assistant " ressources humaines " au sein de l'établissement " Icadémie ", et que les services de la préfecture l'ont alors invitée à fournir les documents justifiant des modalités d'organisation des cours et examens, l'école présentant des cours en distanciel. Il ressort encore des écritures concordantes des parties que l'intéressée a alors adressé aux services de la préfecture une attestation d'inscription au sein de cet établissement, datée du 25 février 2022, indiquant que sa formation pour l'acquisition du titre professionnel d'assistant ressources humaines est proposée à 100% en " e-learning " avec des examens en distanciel. Si Mme C fait valoir que cette attestation est entachée d'une erreur matérielle dès lors qu'elle bénéficie d'une formation en alternance, qui implique sa présence sur le territoire français, et si elle produit une attestation d'inscription de l'établissement datée du 9 juin 2022, expurgée des mentions relatives à la formation en distanciel, ce document, établi postérieurement à l'arrêté du 30 mai 2022, n'a pu être pris en compte par le préfet dans le cadre de l'instruction de sa demande. Enfin, si elle verse au dossier le contrat d'apprentissage qu'elle a conclu le 30 mars 2022 avec l'entreprise " Easybackline ", Mme C n'apporte aucun élément tendant à établir qu'elle aurait transmis ce contrat au préfet, qui conteste en avoir eu communication. A cet égard, Mme C ne pouvait ignorer la nécessité de transmettre ce document, le préfet l'ayant invitée à produire son contrat d'apprentissage dans le cadre de la formation dans laquelle elle était initialement inscrite, l'orientant ainsi sur l'utilité de ce document pour l'instruction de sa demande. Dès lors, le préfet de l'Essonne est fondé à soutenir que la négligence de Mme C à transmettre les documents nécessaires à l'instruction de sa demande de titre de séjour est à l'origine de la situation d'urgence dont elle se prévaut et il doit, ainsi, être regardé comme faisant état d'une circonstance particulière de nature à faire échec à la présomption d'urgence qui s'attache, en principe, aux décisions de refus de renouvellement de titre de séjour.
8. Enfin, si elle fait valoir que son contrat d'apprentissage risque d'être suspendu du fait du refus opposé à sa demande de titre de séjour, et qu'elle risque ainsi d'être privée de l'essentiel de ses ressources, ainsi que de la possibilité de valider son diplôme, Mme C n'a, en dépit de l'invitation qui lui a été faite à l'audience, fourni aucun élément tendant à établir la volonté de son employeur de procéder à la suspension de son contrat de travail, de sorte que le risque dont se prévaut l'intéressée ne peut être regardé comme présentant un caractère imminent.
9. Par suite, et alors qu'il résulte de l'instruction que le recours en annulation formé par Mme C contre l'arrêté du 30 mai 2022 est inscrit à une audience prévue le 20 septembre 2022, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme remplie. Dès lors, les conclusions aux fins de suspension présentées par Mme C doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. Ses conclusions aux fins d'injonction, de même que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également, par conséquent, être rejetées.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 15 juillet 2022.
La juge des référés,
Signé
A.A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026