vendredi 24 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205190 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI DS AVOCATS - PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 juillet 2022, 2 janvier 2023 et 27 janvier 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. G H, M. M N, M. P J et Mme Q épouse J, M. A E et Mme F D épouse E, M. R O et Mme C B, représentés par Me Lalanne, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2022 par lequel le maire d'Orgeval a délivré à l'Entreprise sociale pour l'habitat Domnis un permis de construire n° PC 078466 21 G0056, en vue de l'édification d'un ensemble immobilier de 6 logements sur un terrain, cadastré section AC n° 133, ainsi que les décisions rejetant leurs recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Orgeval et de l'Entreprise sociale pour l'habitat Domnis une somme de 2 500 euros chacun, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté contesté ;
- les documents d'insertion graphique du projet ne reproduisent pas fidèlement l'environnement pavillonnaire qui l'entoure ni les caractéristiques de sa desserte et n'ont ainsi pas permis au service instructeur d'apprécier le respect des dispositions des chapitres 4 et 5 de la partie 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (PLUi) ni des articles 4.1 et 5.1 du règlement de la zone UDa de ce plan ;
- l'implantation de la construction projetée sur la limite nord du terrain méconnait soit les dispositions de la section 2.1 du règlement de la zone UDa du PLUi relative à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ou privées, soit les règles définies à la section 2.2 de ce même règlement relative à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- le projet méconnait le paragraphe 3.2.1 du règlement de la zone UDa du PLUi dès lors que le coefficient de pleine terre doit être calculé au regard de la surface totale de la parcelle AC n°133 et que la société pétitionnaire a inclus à tort dans les espaces de pleine terre des surfaces surplombant le parking en sous-sol ; au surplus, la surface de l'emplacement réservé non prise en compte pour le calcul de ce coefficient est erronée ;
- le projet méconnait les dispositions des paragraphes 4.1.1 de la partie 1 du règlement du PLUi et 4.2.1 du règlement de la zone UDa de ce plan dès lors que le projet dans son ensemble et en particulier la toiture présentent une volumétrie et une composition complexes et en décalage avec les constructions avoisinantes ;
- le projet méconnait les conditions de desserte des terrains fixées au point 5.1.2.1 de la partie 1 du règlement du PLUi dès lors que la rue de la vente Bertine desservant le projet, qui est à double sens et sans trottoirs, est d'une largeur insuffisante pour répondre aux besoins générés par le projet et qu'elle ne permet pas la circulation et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie, compte tenu de sa largeur ;
- le projet méconnait la section 6.2 des définitions et dispositions communes du règlement du PLUi en ce que le projet ne prévoit aucune aire extérieure de présentation des bacs d'ordures pour les besoins de la collecte des déchets.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 novembre 2022 et 11 janvier 2023, la commune d'Orgeval, représentée par Me Guillot, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à la mise à la charge des requérants d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, faute d'intérêt à agir des requérants ;
- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2023, l'Entreprise sociale pour l'habitat Domnis, représentée par Me Belet-Cessac, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants d'une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ; d'une part, les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ; d'autre part, M. O et Mme B ne lui ont pas notifié leur recours gracieux, en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ; la requête a été introduite à une date à laquelle le délai de recours contentieux était, en ce qui concerne ces derniers, expiré ;
- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.
Par une lettre du 22 novembre 2022, les parties ont été averties, en application de l'article R. 611-111 du code de justice administrative, que l'instruction était susceptible d'être close sans avertissement préalable à compter du 3 janvier 2023, dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 du même code.
Par une ordonnance du 27 janvier 2023, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée, en application des articles R. 613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Un mémoire a été produit le 30 janvier 2023 pour l'Entreprise sociale pour l'habitat Domnis, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Par une lettre en date du 7 février 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de retenir comme fondés les moyens tirés de la méconnaissance des règles d'implantation définies à la section 2.2 du règlement de la zone UDa du plan local d'urbanisme, des dispositions du paragraphe 3.2.1 du règlement de cette même zone et du point 5.1.2.1 de la partie 1 du règlement du PLUi et les a invitées à produire leurs observations sur une éventuelle application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Des observations en réponse ont été présentées le 14 février 2023 pour la commune d'Orgeval et l'Entreprise sociale pour l'habitat Domnis et le 20 février 2023 pour M. H et autres.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme K ;
- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public ;
- les observations de Me Toihiri, représentant M. H et autres ;
- les observations de Me Ricard pour la commune d'Orgeval ;
- et les observations de Me Baudinaud pour l'Entreprise sociale pour l'habitat Domnis.
Une note en délibéré a été produite pour les requérants le 14 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 janvier 2022, le maire d'Orgeval a délivré à l'Entreprise sociale pour l'habitat Domnis un permis de construire n° PC 078466 21 G0056, en vue de l'édification d'un ensemble immobilier de 6 logements. M. H et autres demandent l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision implicite rejetant leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme prévoit que : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, d'une décision de non opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux ". Aux termes de l'article R. 600-2 du même code : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire en litige a fait l'objet d'un affichage sur le terrain d'assiette du projet pendant une période d'au moins deux mois à compter du 24 janvier 2022, date à laquelle a commencé à courir le délai de recours contentieux contre cette autorisation. M. O et Mme B n'établissant pas avoir notifié à la société Domnis le recours gracieux qu'ils ont adressé au maire d'Orgeval en vue du retrait de ce permis de construire alors que le panneau d'affichage susmentionné faisait mention de cette obligation, leur recours administratif n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux qui était donc expiré en ce qui les concerne à la date d'introduction de la présente requête, le 5 juillet 2022. La société Domnis est, par suite, fondée à soutenir que la requête est tardive, en ce qu'elle émane de M. O et Mme B.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une autorisation d'occupation du sol de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance et à la localisation du projet de construction.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme J occupent une maison qui n'est séparée du terrain d'assiette du projet que par la voie privée qui le borde au sud et que la construction d'un immeuble de 6 logements s'élevant à R+2+C sur ce terrain en vis-à-vis jusqu'alors non bâti est de nature à créer des vues sur leur habitation et ainsi d'affecter directement les conditions de jouissance du bien qu'ils occupent. Par suite, M. et Mme J, justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour demander l'annulation du permis de construire litigieux. Il en va de même de M. N dès lors que le projet dont il n'est pas voisin immédiat est néanmoins susceptible, eu égard à sa consistance et à la configuration des lieux, de créer des vues sur le jardin de sa propriété. Il ne ressort, en revanche, pas des pièces du dossier que le projet, compte tenu de sa nature, son importance et sa localisation, soit de nature à causer pour M. et Mme E et M. H des préjudices d'intimité ou de vue dans des conditions susceptibles d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens. Par ailleurs, eu égard à la faible importance du projet ainsi qu'à ses conditions de desserte et d'accès, M. H ne saurait se prévaloir de l'augmentation du trafic qu'il va entrainer pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir. Il en résulte que la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants doit être écartée en ce qui concerne M. et Mme J et M. N. La requête est, par suite, recevable.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens n'étant pas susceptibles d'être retenus :
7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'aux termes d'un arrêté du 8 juin 2020, le maire d'Orgeval a donné à M. L I, en sa qualité de 3ème adjoint en charge de l'urbanisme, délégation de signature dans le domaine de l'urbanisme, l'habilitant à signer les arrêtés de permis de construire. Il résulte des mentions apposées sur cet arrêté, qui ne sont pas contestées, que cet arrêté a été affiché le 23 juin 2020 et transmis le même jour au contrôle de légalité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de M. L I pour signer l'arrêté contesté doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
9. La circonstance qu'un dossier de demande de permis de construire soit incomplet ou comporte des pièces insuffisantes, imprécises ou inexactes n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire accordé que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation, sans que l'autorité compétente ne soit en mesure, grâce aux autres pièces produites, d'apprécier l'ensemble des critères énumérés par ces dispositions.
10. En l'espèce, d'une part, si les documents d'insertion graphique accompagnant la demande de permis de construire ne représentent pas les caractéristiques actuelles de la rue de la vente Bertine, celles-ci apparaissent sur les photographies de l'environnement proche et lointain fournies à l'appui de cette demande. Il ressort, d'autre part, des pièces du dossier que la notice architecturale du projet présente celui-ci comme s'implantant dans un secteur à dominante pavillonnaire dont le bâti s'élève à R+1 et que les plans et photographies joints à la demande représentent les constructions avoisinantes, en faisant apparaitre la différence de gabarit entre celles-ci et le projet qui culmine à R+2+C. Ainsi, les pièces du dossier de permis de construire en litige, prises dans leur ensemble, ont permis à la commune d'apprécier la conformité du projet aux dispositions applicables en matière de desserte et d'insertion de celui-ci dans son environnement. Le moyen tiré du caractère incomplet ou insincère du dossier de permis de construire doit, par suite, être écarté.
11. En troisième lieu, d'une part, aux termes du chapitre 2 du règlement de la zone UDa du plan local d'urbanisme de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (PLUi) : " 2.1.1 - Règle générale / Les constructions sont implantées en recul de la limite de voie*. Le recul*, est au moins égal à 5 mètres (Rl = 5 m). () ". D'autre part, aux termes du paragraphe 2.1.3 des définitions et dispositions communes du règlement du PLUi : " Limite de voie / Constituent une limite de voie : / - la limite entre la propriété privée et le domaine public routier, au sens de l'article L.111-1 du code de la voirie routière, existant à la date d'approbation du plan local d'urbanisme (alignement, plan d'alignement) ; () / - la limite d'emprise d'une voie privée. / Toutefois, ne constituent pas une limite de voie : / - un chemin ou une sente à vocation principale piétonne d'une emprise inférieure à 4 mètres ; / - un espace de desserte interne à un terrain ; / - les emprises des voies ferrées ".
12. Il ressort des pièces du dossier que la sente qui borde le terrain d'assiette du projet au nord n'est pas carrossable et présente une largeur inférieure à 2 mètres. Elle ne saurait, dès lors, être qualifiée de voie au sens des dispositions du PLUi citées au point 11. La limite du terrain d'assiette au niveau de cette sente ne constitue ainsi pas une limite de voie au sens de ces mêmes dispositions. Par suite, le moyen tiré de ce que l'implantation de la construction projetée sur cette limite méconnait les dispositions du paragraphe 2.1.1 du règlement de la zone UDa du PLUi relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ou privées doit être écarté comme inopérant.
13. En quatrième lieu, aux termes de la section 4.1 des définitions et dispositions communes du règlement du PLUi : " 4.1.1 - Inscription du projet dans son contexte / L'objectif est de concevoir le projet afin qu'il s'inscrive dans la morphologie urbaine et les composantes du paysage, proche ou lointain, qui constituent son environnement. / A ce titre, il s'agit de prendre en compte l'insertion du projet à une échelle plus large que celle du seul terrain d'assiette de la construction, et plus particulièrement : / - veiller à minimiser son impact visuel dans le paysage, plus ou moins lointain, et notamment à éviter une implantation en rebord de plateau ; / - choisir une implantation qui permette de préserver les perspectives sur des éléments bâtis ou végétalisés de qualité, identifiés ou non au plan de zonage ; / - inscrire la construction en harmonie avec la composition urbaine et l'échelle du bâti qui l'environnent. () ". Aux termes de la section 4.2 du règlement de la zone UDa de ce plan : " 4.2.1 - La conception des projets / Les constructions sont conçues dans la recherche d'une qualité architecturale tout en présentant une simplicité dans leur volume et le traitement de leurs façades. A ce titre, le linéaire des façades des constructions est proportionné à la morphologie du tissu urbain environnant. / Leur architecture est adaptée au contexte urbain, sans faire obstacle à une architecture innovante. Le choix des matériaux utilisé en façade des constructions est guidé, quant à leur aspect et leur texture, au regard de leur pérennité et leur perméabilité à la lumière, tout en évitant une trop grande diversité de matières et de couleurs sur une même façade. / Les annexes sont traitées avec le même soin et avec la même recherche de qualité que la construction principale. / 4.2.2 - Le traitement des toitures* / La conception des toitures* est guidée par une simplicité des formes. / Différents types de toiture* tels que terrasse, à pans ou formes contemporaines sont admis dès lors qu'ils respectent une harmonie d'ensemble et des proportions cohérentes avec la hauteur de façade et la volumétrie de la construction. () ".
14. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé en zone UDa dans laquelle, d'après le préambule du règlement de zone, " L'implantation des constructions sur les terrains, leur densité et leur volumétrie qui sont très diversifiées, engendrent une organisation urbaine hétérogène ". En l'espèce, le projet s'implante dans un quartier résidentiel, composé de constructions sans caractère particulier et dont les dimensions, l'architecture, les matériaux, les couleurs et l'implantation sont effectivement variés. Si le secteur est essentiellement pavillonnaire, il comprend également des constructions collectives, comme l'immeuble voisin situé immédiatement au nord du projet dont le linéaire de façade est bien plus important. Par ailleurs, d'autres constructions accolées voisines présentent un front bâti d'une longueur analogue à celle du projet. En outre, ce dernier, qui a été conçu pour minimiser son impact visuel, par des décrochés de façade et une différenciation des volumes, des matériaux, des coloris, demeure d'un volume assez limité, avec une hauteur en dégradé culminant à R+2+C et n'est pas, de ce point de vue, en rupture avec les gabarits des constructions environnantes. Si la toiture de la construction est pour partie à pente et pour partie en terrasse, un tel parti architectural ne saurait être qualifié de complexe et s'intègre dans le bâti environnant dont les toitures présentent des formes variées. Enfin, les matériaux choisis sont présents sur les constructions avoisinantes. Au vu de l'ensemble de ces éléments, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnait les dispositions du règlement du PLUi citées au point précédent.
15. En cinquième lieu, aux termes de la section 6.2 des définitions et dispositions communes du règlement du PLUi : " 6.2.1 - Règles générales / • Pour les constructions nouvelles / Toute construction nouvelle à destination d'habitation ou d'hébergement hôtelier et touristique comporte un ou plusieurs locaux permettant le remisage, hors de la voie publique, des conteneurs de déchets ménagers et assimilés. / Les constructions d'habitation comportant au moins 4 logements disposent (à l'exception des secteurs de collecte rattachés à des colonnes enterrées ou semi-enterrées) : / - d'un ou plusieurs locaux spécifiques à la gestion des déchets (ordures ménagères, emballages ménagers, encombrants) et en cas de groupement de constructions d'aires externes en attente de la collecte facilement accessibles depuis la voie de desserte ; / - des locaux pour les déchets à créer dans chaque construction (locaux internes) () ".
16. Ces dispositions n'exigent la réalisation d'une aire de présentation des déchets accessible depuis la voie de desserte qu'en cas de " groupement de constructions ". Une telle obligation ne s'applique donc pas au projet en litige qui comprend une construction unique. Le moyen tiré de la méconnaissance de cette obligation est donc inopérant.
17. En sixième lieu, aux termes de la section 5.1 des définitions et dispositions communes du règlement du PLUi : " () 5.1.2.1 - Conditions de desserte des terrains par les voies / • Règles applicables à l'ensemble des voies de desserte / Les voies de desserte des terrains : / - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet situé sur le terrain à desservir, et notamment à la nature et à l'intensité du trafic qu'il est susceptible d'engendrer ; / - permettent la circulation et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie ; / - respectent les dispositions des règlements de voirie lorsqu'ils existent. () ".
18. La conformité d'un immeuble à de telles prescriptions d'un plan local d'urbanisme s'apprécie non par rapport à l'état initial de la voie mais en tenant compte des prévisions inscrites dans le plan local d'urbanisme à l'égard de celle-ci et des circonstances de droit et de fait déterminantes pour leur réalisation qui doit être certaine dans son principe comme dans son échéance de réalisation.
19. Il ressort des pièces du dossier que la rue de la Vente Bertine qui dessert le projet n'est pas suffisamment large pour permettre une circulation fluide dans les deux sens simultanément, est en partie dégradée et ne dispose pas de trottoirs aménagés mais de simples accotements laissés en pleine terre. Toutefois, le projet qui porte seulement sur la création de 6 logements et de 7 places de stationnement est d'une importance limitée et par suite de nature à induire un apport de trafic peu important au regard de l'existant. Il ressort ainsi des pièces du dossier que la rue de la Vente Bertine présente des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet. Par ailleurs, les caractéristiques de cette voie ne sont pas telles qu'elles feraient obstacle à une circulation des engins de lutte contre l'incendie. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que le PLUi a identifié un emplacement réservé tout le long de la rue de la Vente Bertine en vue de son élargissement et que la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise a entrepris les démarches nécessaires à la réalisation effective de cet aménagement en engageant une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique des terrains concernés par l'emplacement réservé. Si la collectivité a demandé à cette fin le 18 mai 2022 au préfet des Yvelines d'ouvrir une enquête publique, il résulte de la notice de présentation du projet, à laquelle les requérants renvoient dans leurs dernières écritures, que les études préalables au projet ont débuté antérieurement à la délivrance du permis de construire en litige et que le calendrier de réalisation des travaux d'élargissement, prévus à l'horizon 2024, est cohérent avec le calendrier de réalisation du projet. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les conditions de desserte du projet méconnaissent les dispositions citées au point 17.
En ce qui concerne les vices affectant la légalité de la décision attaquée :
20. En premier lieu, aux termes de la section 2.2 des définitions et dispositions communes du règlement du PLUi : " 2.2.2 () Les limites séparatives correspondent à toutes limites entre le terrain d'assiette de la construction et le ou les terrains contigus, hors la limite de voie*. / Deux types de limites séparatives peuvent être distingués : / - les limites séparatives latérales ; / - les autres limites sont les limites séparatives de fond de terrain. () / Dans l'acception courante, il faut assimiler toute morphologie parcellaire complexe à cette configuration simple en considérant comme limite latérale tout côté de terrain aboutissant à la voie y compris les éventuels décrochements, coudes ou brisures. / Un terrain d'angle est concerné principalement par des limites séparatives latérales aboutissant à une voie ". Aux termes du paragraphe 2.2.1 du règlement de la zone UDa du PLUi : " 2.2.1.1 Dans la bande de constructibilité principale (BCP) fixée à 20 mètres / L'implantation des constructions est différente selon la largeur de façade sur voie* du terrain* existant à la date d'approbation du PLUi : / - sur les terrains disposant d'une façade sur voie au plus égale à 12 mètres : les constructions sont implantées sur une limite séparative latérale* au moins ; / - sur les terrains disposant d'une façade sur voie supérieure à 12 mètres : les constructions sont implantées en retrait d'une limite séparative latérale* au moins. () / Dans la zone UDa, à l'exception du secteur UDa4, le retrait* des constructions par rapport aux limites séparatives* est au moins égal à 3 mètres. () / 2.2.1.2 Dans la bande de constructibilité secondaire (BCS) / Dans le secteur UDa2 / Les constructions sont implantées en retrait* des limites séparatives*. Le retrait* est au moins égal à 6 mètres (R = 6 m). / 2.2.2 - Règles qualitatives / Dans l'objectif d'une meilleure intégration du projet à son environnement, une implantation différente de celle prévue ci-dessus peut être admise ou imposée dans les cas suivants : () / 4. lorsque eu égard aux caractéristiques particulières du terrain*, telles qu'une configuration irrégulière, une topographie accidentée, une situation en décalage altimétrique par rapport au niveau de la voie, une localisation au contact de plusieurs limites de voie* (terrain d'angle notamment), l'implantation de la construction ne peut pas être conforme à la règle. Dans ce cas, le choix d'implantation de la construction est déterminé afin d'adapter la construction en vue de son insertion sur le terrain, en prenant en compte la morphologie urbaine environnante ; ".
21. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet présente la forme d'un triangle, bordé à l'ouest par la rue de la Vente Bertine, qui constitue une voie relevant du domaine public routier. Par suite et compte tenu de ce qui a été dit au point 12, la limite nord du terrain qui aboutit à cette voie constitue une limite séparative latérale au sens des dispositions du règlement du PLUi citées au point précédent. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que la limite sud du terrain est bordée par une voie privée carrossable qui dessert les habitations situées en cœur d'îlot et doit donc être regardée, non comme une limite séparative, mais comme une limite de voie au sens des dispositions du PLUi citées au point 11. Or, il résulte des dispositions du paragraphe 2.2.1 du règlement de la zone UDa du PLUi que dans le cas d'un terrain disposant d'une seule limite séparative et d'une façade sur voie supérieure à 12 mètres, les constructions s'implantent avec un retrait d'au moins 3 mètres de cette limite séparative dans la bande de constructibilité principale et un recul d'au moins 6 mètres de cette même limite dans la bande de constructibilité secondaire en secteur UDa2. Toutefois, le projet qui est implanté, dans la bande de constructibilité principale et en partie dans la bande de constructibilité secondaire, et sur la limite séparative nord ne respecte pas les règles de retrait fixées par les points 2.2.1.1 et 2.2.1.2 du règlement de zone.
22. D'autre part, si le terrain d'assiette du projet présente des caractéristiques particulières en ce qu'il est localisé au contact de plusieurs limites de voie, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard à la surface de cette unité foncière, que l'implantation de la construction ne pouvait être conforme, au sens des dispositions citées ci-dessus, aux dispositions applicables, condition qui doit être entendue comme une impossibilité de construire, compte tenu des caractéristiques du terrain, en se conformant à la règle d'implantation. Dans ces conditions et alors au surplus que la société Domnis ne justifie pas en quoi une implantation le long de la limite nord du terrain permettrait une meilleure intégration du projet à son environnement, cette dernière ne saurait invoquer le bénéfice des dispositions alternatives définies au 4 du paragraphe 2.2.2 du règlement de la zone UDa du PLUi.
23. Enfin, aux termes de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme : " Dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants figurant sur la liste prévue à l'article 232 du code général des impôts et dans les communes de plus de 15 000 habitants en forte croissance démographique figurant sur la liste prévue au dernier alinéa du II de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation, dans le périmètre d'une grande opération d'urbanisme au sens de l'article L. 312-3 du présent code et dans les secteurs d'intervention comprenant un centre-ville des opérations de revitalisation de territoire, créés au titre de l'article L. 303-2 du code de la construction et de l'habitation, des dérogations au règlement du plan local d'urbanisme ou du document en tenant lieu peuvent être autorisées, dans les conditions et selon les modalités définies au présent article. / En tenant compte de la nature du projet et de la zone d'implantation, l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire peut, par décision motivée : () / 5° Dans le respect d'un objectif de mixité sociale, déroger aux règles de retrait fixant une distance minimale par rapport aux limites séparatives, dans des conditions précisées par décret en Conseil d'Etat, pour autoriser une construction destinée principalement à l'habitation, sous réserve que le projet s'intègre harmonieusement dans le milieu urbain environnant ; () ". La société Domnis ne peut utilement invoquer, dans le cadre de la présence instance, la dérogation aux règles d'implantation prévue par ces dispositions pour les programmes de logements sociaux dès lors qu'elle n'en a pas sollicité le bénéfice à l'occasion de sa demande de permis de construire, comme il lui échoit aux termes de l'article R. 431-31-2 du code de l'urbanisme, une telle dérogation ne pouvant par ailleurs résulter, ainsi que le prévoit les dispositions de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme, que d'une décision motivée de l'autorité compétente.
24. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir que le projet méconnait les règles d'implantations fixées par le PLUi en tant qu'il est implanté sur la limite séparative nord du terrain, tant dans la bande de constructibilité principale que dans la bande de constructibilité secondaire.
25. En second lieu, aux termes de la section 3.1 des définitions et dispositions communes du règlement du PLUi : " 3.1.2 - Espaces de pleine terre / Les espaces de pleine terre correspondent aux surfaces des espaces libres* ne comportant aucune construction, installation, ni aucun ouvrage, en surélévation comme en sous-sol, permettant la libre et entière infiltration des eaux pluviales. / () L'intégralité de la surface des espaces de pleine terre*, issue de l'application du chapitre 3 du règlement de chaque zone, est obligatoirement végétalisée et plantée, à l'exclusion de tout autre traitement même perméable. () ". Aux termes du paragraphe 3.2.1 du règlement de la zone UDa du PLUi : " () Dans la zone UDa, à l'exception du secteur UDa4 / Le coefficient de pleine terre* minimal est de 40% de la superficie du terrain. () ". Aux termes du paragraphe 3.1.3 de ce même règlement : " () Le coefficient de pleine terre (CPT) est le rapport entre la superficie totale du terrain et la partie de sa superficie qui est constituée d'espaces de pleine terre () ".
26. Il ressort de la comparaison des plans du dossier de permis de construire, notamment des plans de niveaux, que contrairement à ce qui est soutenu, la société pétitionnaire n'a pas inclus dans les espaces de pleine terre déclarés des surfaces surplombant le parking en sous-sol. Il ressort, en revanche, de la notice architecturale que les espaces de pleine terre projetés représentent 208,21 m2, soit moins de 35% de la superficie totale déclarée du terrain qui est de 596 m2. Si la société Domnis fait valoir qu'il n'y a pas lieu de prendre en compte, pour le calcul de ce coefficient, la partie du terrain grevée de l'emplacement réservé destiné à l'élargissement de la rue de la Vente Bertine, aucune disposition réglementaire ni législative ne prévoit d'exclure cette surface de l'assiette foncière totale pour le calcul du coefficient de pleine terre. Par suite et alors même qu'aucun travaux dont l'objet ne serait pas conforme à la destination de cet emplacement réservé ne peut être autorisé à l'endroit de cette servitude, ce coefficient doit en l'espèce être calculé par rapport à la superficie totale de la parcelle AC n°133. Dès lors qu'il est ainsi inférieur aux 40% requis par le paragraphe 3.2.1 du règlement de la zone UDa du PLUi, les requérants sont fondés à soutenir que le projet méconnait ces dispositions.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
27. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
28. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant précédé l'adoption de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation.
29. Les illégalités relevées aux points 24 et 26 relatives aux règles d'implantation de la construction par rapport aux limites séparatives et au coefficient de pleine terre sont susceptibles d'être régularisées par la délivrance d'une mesure de régularisation sans que cette mesure n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer sur la présente requête afin de permettre cette éventuelle régularisation par la délivrance d'une mesure de régularisation qui devra être communiquée au tribunal dans un délai de 5 mois à compter de la notification du présent jugement.
DÉCIDE :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la légalité du permis de construire du 10 janvier 2022 jusqu'à l'expiration du délai fixé à l'article 2, pour permettre à l'Entreprise sociale pour l'habitat Domnis et à la commune d'Orgeval de notifier au tribunal une mesure régularisant les vices mentionnés aux points 24 et 26 ci-dessus.
Article 2 : Le délai dans lequel la mesure de régularisation doit être notifiée au tribunal est fixé à cinq mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. G H, représentant unique des requérants, à l'Entreprise sociale pour l'habitat Domnis et à la commune d'Orgeval.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Fejérdy, première conseillère,
- Mme Amar-Cid, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
J. K
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud
La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026