LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2205194

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2205194

jeudi 11 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2205194
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantKOENEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 29 juin 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête présentée par M. E A.

Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 20 juin 2022, M. E A demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions contenues dans l'arrêté du 18 juin 2022 par lesquelles le préfet de Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

En ce qui concerne la décision de ne pas accorder un délai de départ volontaire :

- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Des pièces, enregistrées les 11 et 29 juillet 2022, ont été produites par le préfet de Seine-Saint-Denis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Connin, conseiller, en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B ;

- les observations de Me Koenen, avocate désignée d'office représentant M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens, et ajoute que le requérant souffre de crises d'épilepsie ;

- le préfet de Seine-Saint-Denis n'étant ni présent, ni représenté.

L'instruction a été close après que les parties ont formulé leurs observations orales, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. E A, ressortissant algérien né le 20 décembre 1998, déclare être entré en France en 2013. Par un arrêté du 18 juin 2022, dont M. A demande l'annulation, le préfet de Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 18 juin 2022 :

2. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier.

3. L'arrêté litigieux a été signé par M. C D, chef de la brigade ordre public, qui a reçu délégation de signature à cet effet du préfet de Seine-Saint-Denis par un arrêté du 7 février 2022, régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, si M. A soutient que la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté litigieux comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté en litige que le préfet de Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. A au regard des éléments dont il avait connaissance.

6. En troisième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

7. M. A soutient qu'il est le père d'un enfant né de sa relation avec une ressortissante française. S'il fait valoir qu'il verse à la mère de l'enfant une pension alimentaire d'un montant de 200 euros par mois, il n'apporte aucune preuve à l'appui de ses allégations et, ainsi, ne démontre pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de cet enfant. Par ailleurs, il n'établit pas avoir noué des liens personnels intenses en France et ne justifie ni de son insertion professionnelle, ni de son intégration à la société française. Il n'apporte aucune preuve de l'existence et de la gravité des crises d'épilepsie dont il dit souffrir. En outre, il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prononcé à son encontre le 8 mars 2021. Enfin, il ressort de l'extrait du fichier automatisé des empreintes digitales et des procès-verbaux produits en défense que M. A a été signalisé notamment le 17 juin 2022 pour des faits de vol aggravé par trois circonstances sans violence et de rébellion, le 6 novembre 2021 pour des faits de menace de mort et d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, le 30 mars 2021 pour des faits de vol aggravé par deux circonstances sans violence, le 21 mars 2021 pour des faits de vol aggravé par deux circonstances avec violences, le 8 mars 2021 pour des faits de vol en réunion sans violence, le 25 octobre 2020 pour des faits de vol aggravé par deux circonstances sans violence, le 2 juillet 2020 pour des faits de recel de bien provenant d'un vol et port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, le 15 octobre 2019 pour des faits de vol en réunion sans violence, le 8 octobre 2019 pour des faits de vol à la roulotte et le 22 août 2019 pour des faits de recel de bien provenant d'un vol. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision attaquée ne porte pas au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, elle ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () ".

9. Il ressort des termes de l'arrêté litigieux que, pour faire obligation à M. A de quitter le territoire français, le préfet de Seine-Saint-Denis s'est fondé exclusivement sur les dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en retenant que l'intéressé n'a pas été en mesure de justifier être entré régulièrement sur le territoire français et qu'il s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Par suite, le requérant ne peut utilement faire valoir, pour demander l'annulation de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français, que son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant a` l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision de ne pas accorder un délai de départ volontaire :

11. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. " L'article L. 612-2 du même code prévoit toutefois que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " L'article L. 612-3 du même code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

12. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise, notamment, les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique que M. A, dont le comportement constitue une menace pour l'ordre public, ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, a déclaré vouloir rester en France, s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 8 mars 2021, n'a pu présenter aucun document de voyage en cours de validité et n'a pas déclaré le lieu de sa résidence effective et permanente. L'arrêté en litige comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision de ne pas accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision ne peut qu'être écarté.

13. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement.

14. En troisième lieu, comme il a été dit ci-dessus, il ressort de l'extrait du fichier automatisé des empreintes digitales et des procès-verbaux produits en défense que M. A a été signalisé notamment le 17 juin 2022 pour des faits de vol aggravé par trois circonstances sans violence et de rébellion, le 6 novembre 2021 pour des faits de menace de mort et d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, le 30 mars 2021 pour des faits de vol aggravé par deux circonstances sans violence, le 21 mars 2021 pour des faits de vol aggravé par deux circonstances avec violences, le 8 mars 2021 pour des faits de vol en réunion sans violence, le 25 octobre 2020 pour des faits de vol aggravé par deux circonstances sans violence, le 2 juillet 2020 pour des faits de recel de bien provenant d'un vol et port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, le 15 octobre 2019 pour des faits de vol en réunion sans violence, le 8 octobre 2019 pour des faits de vol à la roulotte et le 22 août 2019 pour des faits de recel de bien provenant d'un vol. Dans ces conditions, le préfet de Seine-Saint-Denis, qui a pu légalement estimer que le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public, a fait une exacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire. Au surplus, il n'est pas contesté que le requérant, qui a déclaré vouloir rester en France, s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 8 mars 2021, ne dispose d'aucun document de voyage en cours de validité et n'a pas déclaré le lieu de sa résidence effective ou permanente, et qu'ainsi, il existe un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre

15. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 7 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Seine-Saint-Denis ait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation de M. A.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant a` l'annulation de la décision de ne pas lui accorder un délai de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :

17. En premier lieu, si M. A soutient que la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté litigieux comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision ne peut qu'être écarté.

18. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

19. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant a` l'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " L'article L. 612-10 du même code ajoute que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

22. Il résulte de ces dispositions que lorsque le préfet fait obligation à un ressortissant étranger de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. En l'absence de telles circonstances, seule la durée de l'interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés au premier alinéa de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

23. En premier lieu, pour justifier la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de Seine-Saint-Denis, qui s'est expressément référé à l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait état dans l'arrêté litigieux des conditions d'entrée et de séjour de M. A en France ainsi que de sa situation personnelle et familiale, précise qu'il n'a pas exécuté l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été faite le 8 mars 2021 et indique que sa présence sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public. Cette motivation atteste de la prise en compte par le préfet des critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et permet à l'intéressé, à la seule lecture de la décision attaquée, de connaître les motifs pour lesquels une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans a été prononcée à son encontre. Dès lors, le moyen tiré de ce que cette décision serait entachée d'une insuffisance de motivation doit être écarté.

24. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement.

25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant a` l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.

26. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il attaque.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

27. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de M. A aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

28. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 août 2022.

Le magistrat désigné,

signé

N. B

Le greffier,

signé

T. RION

La République mande et ordonne au préfet de Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

4

N° 1901371

8

8

11

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions