vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205233 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Par la requête enregistrée le 7 juillet 2022, M. A D, représenté par Me David, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à la cessation de la pratique du port des menottes à l'occasion de chaque repas et de chaque douche, à la cessation de la pratique d'écoute des échanges téléphoniques avec son avocat ainsi qu'avec ses proches ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 € à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou, dans le cas où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, une somme de 3 000 € à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- A la suite d'un compte rendu d'incident du 25 juin 2022, il a été sanctionné de vingt jours de cellule disciplinaire par la commission de discipline du 27 juin 2022 et cette sanction a débuté le 25 juin 2022 pour prendre fin le 12 juillet 2022 ;
- Depuis le début de l'exécution de la sanction, il est menotté pour la distribution des repas et pour prendre sa douche ; ses repas lui sont servis par des agents pénitentiaires sans gants et il ne peut plus s'alimenter correctement ni faire sa toilette dans des conditions sanitaires décentes ;
- Il est systématiquement accompagné par des agents pénitentiaires agissant sous les ordres de la directrice de la maison centrale lorsqu'il effectue des échanges téléphoniques, y compris avec son avocat, ces agents écoutant le contenu de toutes ses conversations ;
- Dans ces conditions, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie ;
- Il est impératif de faire cesser immédiatement les atteintes aux articles 3 et 8 de la CEDH .
- L'administration a méconnu l'article 803 du code de procédure pénale ainsi que les articles 3 et 6 de la CEDH
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête ;
Il soutient que :
- Aucune urgence à 48 heures n'est de nature à justifier l'intervention du juge du référé-liberté ;
- Il n'a été porté aucune atteinte manifestement grave et illégale à une liberté fondamentale du requérant ;
- Aucune décision de la directrice de la maison centrale de Poissy n'ordonne que M. D soit menotté lors de sa douche et de la prise de ses repas ; il ressort du compte rendu professionnel en date du 4 juillet 2022 que M. D est menotté seulement lors de ses mouvements, et, arrivé à la douche, il est procédé au dé-menottage, porte fermée, par la trappe passe menottes ; contrairement à ce que soutient l'intéressé, il n'est aucunement menotté lors de la prise de ses repas ; contrairement à ce qu'il soutient, la distribution des repas s'effectue par le personnel pénitentiaire qui porte des gants ;
- M. D conserve la faculté d'effectuer des appels téléphoniques au cours de l'exécution de la sanction, faculté limitée à un appel téléphonique par période de sept jours, et aucune limitation pour les appels pour contacter son avocat ; il ressort de l'historique des appels téléphoniques du quartier disciplinaire qu'il n'a effectué qu'un seul appel le 28 juin 2022, qu'il n'a pas contacté son avocat par téléphone lors de sa détention au quartier disciplinaire ; il a correspondu par écrit avec son avocat les 27 juin et 8 juillet 2022 ; lors d'un appel téléphonique, les agents restent sur la coursive mais n'entrent pas dans le local téléphonique du quartier disciplinaire et n'écoutent pas la conversation de M. D ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné Mme Descours-Gatin, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Descours-Gatin, juge des référés ;
- et les observations du conseil du requérant, du cabinet de Maître David qui reprend ses écritures et qui précise en outre qu'il est resté sur le mur uniquement pour protester contre ses conditions de détention et non dans l'intention de s'évader, que ses droits fondamentaux ont été gravement méconnus, notamment en ce que le port de menottes n'est pas raisonnablement considéré comme nécessaire, et qu'il est accompagné systématiquement lorsqu'il se rend à la cabine téléphonique.
L'instruction a été close le 8 juillet 2022 à 16 heures 40.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Il n'y a pas lieu d'admettre, à titre provisoire M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
3. Il résulte de l'instruction que M. D, incarcéré à la maison centrale de Poissy depuis le 18 octobre 2021, a, le 25 juin 2022, à 17H12, escaladé le mur entre la cour de promenade 2 et la cour de promenade 5 puis s'est installé sur le faîte du mur, entraînant la réintégration de l'ensemble des détenus. Compte tenu de ces faits, la directrice du centre pénitentiaire a ordonné, par note de service du 25 juin 2022, que la gestion de M. D, lors de la sortie de sa cellule disciplinaire, se ferait menotté avec des agents équipés. Par ailleurs, par décision du 27 juin 2022, le président de la commission de discipline a sanctionné M. D à vingt jours de quartier disciplinaire.
4. Il résulte également de l'instruction que M. D n'est menotté que le temps de trajet entre sa cellule disciplinaire et la douche et qu'il n'est nullement menotté pendant sa douche ni pendant ses repas, qui lui sont servis, contrairement à ses allégations, par des agents munis de gants. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que les conversations téléphoniques de M. D tant avec ses proches, qu'avec son avocat, qu'il n'a d'ailleurs pas contacté depuis sa détention au quartier disciplinaire, seraient écoutées par les agents pénitentiaires, lesquels restent sur la coursive et n'entrent pas dans le local téléphonique du quartier disciplinaire.
5. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que l'autorité administrative aurait porté dans l'exercice d'un de ses pouvoirs une atteinte manifestement illégale à l'une des libertés fondamentales de l'intéressé. La requête de M. D doit donc être rejetée, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
.
O R D O N N E
Article 1er : La requête présentée par M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Versailles, le 8 juillet 2022.
Le juge des référés,
signé
Mme C
Le greffier,
signé
Mme B
La République mande et ordonne au Garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026