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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2205260

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2205260

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2205260
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantDEBUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juillet 2022 et 26 juin 2023, M. D E, représenté par Me Azoulay, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 février 2022 par laquelle le maire de Ballainvilliers a délivré à M. et Mme F un permis de construire pour la réalisation d'un garage ainsi que la décision du 12 mai 2022 rejetant le recours gracieux qu'il a formé contre cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Ballainvilliers et de M. et Mme F la somme de 4 000 euros, chacun, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'il a intérêt à agir ;

- la décision du 12 mai 2022 rejetant son recours gracieux n'est pas motivée et révèle un défaut d'examen de celui-ci ;

- le dossier de permis de construire est entaché d'inexactitudes s'agissant de l'état initial du terrain, de la végétation et les éléments paysagers existants ainsi que de la hauteur du terrain naturel ; il ne précise pas que la création de la rampe d'accès a nécessité la suppression d'espaces verts et de plantations ; ces modifications ne semblent pas avoir été prises en compte dans le calcul de l'emprise au sol et des espaces de pleine terre ;

- la rampe d'accès a été réalisée sans autorisation d'urbanisme, alors qu'elle n'entrait pas dans le champ d'application des dispositions du a) de l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme dispensant certaines constructions de toute formalité au titre de ce code, de sorte que le maire devait rejeter la demande de permis de construire et exiger des pétitionnaires qu'ils déposent une nouvelle demande portant également sur cet élément de la construction irrégulièrement édifié ;

- la rampe d'accès et le garage présentent un lien physique et fonctionnel, de sorte qu'ils constituent un ensemble immobilier unique qui devait faire l'objet d'un seul permis de construire ;

- la non-conformité de la rampe d'accès aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme s'opposait à la délivrance du permis de construire dès lors les travaux autorisés n'ont pas pour effet de rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, sans être étrangers à celles-ci ;

- la décision en litige méconnaît l'article 1 du chapitre 1 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- elle méconnaît l'article 1 du chapitre 2 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- elle méconnaît l'article 5 du chapitre 2-1 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- elle méconnaît les dispositions du chapitre 2-2 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- elle méconnaît les dispositions du chapitre 2-3 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme se rapportant aux toitures ;

- elle méconnaît les dispositions du chapitre 2-3 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme se rapportant aux clôtures et aux rampes de parking.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 janvier 2023, la commune de Ballainvilliers, représentée par Me Marceau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire de M. et Mme E la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, M. C F et Mme B F, représentés par Me Debut, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- la requête doit être regardée comme consistant en une action en réparation des troubles de voisinage qui relève de la compétence du juge judiciaire ;

- la requête est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas intérêt à agir ;

- les moyens invoqués par le requérant sont inopérants et, en toute hypothèse, non fondés.

Par un mémoire distinct et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 et 19 juillet 2023, M. C F, Mme B F, M. A F et Mme G F représentés par Me Debut, demandent au tribunal de condamner le requérant à verser à M. A F et Mme G F une somme de 4 522,03 euros en réparation du préjudice matériel qu'ils indiquent avoir subi ainsi qu'une somme de 5 000 euros en réparation de leur préjudice moral sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 4 000 euros à verser à M. C F, Mme B F, M. A F et Mme G F au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête présente un caractère abusif dès lors qu'elle consiste en une action en réparation des troubles de voisinage qui ne relève pas de la compétence du juge administratif, qu'elle n'est pas recevable en l'absence d'intérêt à agir du requérant et qu'elle est fondée sur des moyens inopérants ;

- elle est à l'origine d'un préjudice matériel s'élevant à 4 000 euros, correspondant à l'augmentation du coût des travaux, la contestation abusive du requérant les ayant dissuadés de commencer les travaux avant l'issue du contentieux, ainsi qu'un préjudice moral qui peut être évalué à la somme de 5 000 euros.

Par un mémoire, enregistré le 11 août 2023, M. E conclut au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.

Il soutient que le présent recours n'excède pas la défense de ses intérêts légitimes et que le préjudice allégué n'est pas établi.

Par un courrier en date du 4 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des moyens suivants, présentés pour la première fois postérieurement à la date de cristallisation des moyens, intervenue en application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme :

- le moyen tiré de l'illégalité de la décision en litige dès lors qu'eu égard aux liens physiques et fonctionnels qui les lient, le garage et la dalle d'accès bétonnée constituaient un ensemble immobilier unique qui devait faire l'objet d'un seul permis de construire ;

- le moyen tiré de l'illégalité de la décision en litige dès lors qu'eu égard à la non-conformité de la dalle en béton aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme, les travaux du garage ne pouvaient être autorisés aux motifs qu'ils ne rendaient pas l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ni n'étaient étrangers à ces dispositions.

Des observations en réponse à ce moyen d'ordre public ont été successivement présentées pour M. et Mme F le 5 novembre 2024, et pour M. E le 7 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Silvani,

- les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique,

- et les observations de Me Alphonse, substituant Me Azoulay, avocat de M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme F ont déposé, le 21 décembre 2021, une demande de permis de construire portant sur la création d'un garage sur un terrain, cadastré AB 172 à Ballainvilliers. Par un arrêté du 16 février 2022, le maire de Ballainvilliers a délivré à M. et Mme F le permis de construire sollicité. Par sa requête, laquelle ne constitue pas une action en réparation de troubles de voisinage, M. E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 février 2022 ainsi que la décision du 12 mai 2022 par laquelle le maire de Ballainvilliers a rejeté le recours gracieux qu'il a formé contre cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens tirés de l'insuffisante motivation de la décision rejetant le recours gracieux et du défaut d'examen de ce recours :

2. Le requérant ne peut utilement se prévaloir à l'appui du recours contentieux dirigé contre le permis de construire en litige des vices propres dont serait entachée la décision par laquelle le maire de Ballainvilliers a rejeté le recours gracieux qu'il a formé en vue d'obtenir le retrait de ce permis. Les moyens tirés de l'insuffisante motivation de cette décision et du défaut d'examen du recours gracieux doivent, par suite, être écartés comme inopérants.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de permis de construire :

3. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; () ". Aux termes de l'article R. 431-8 de ce code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; () ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ".

4. En l'espèce, les pièces du dossier de demande de permis de construire, notamment le plan de masse PCMI2 et la notice PCMI4, comprennent une description de l'état initial du terrain, indiquent la superficie des espaces de pleine terre ainsi que l'état de la végétation existante, en précisant que celle-ci ne subira aucune modification. Ils comprennent, en outre, des photographies de la maison et de la dalle en béton réalisée en vue d'en permettre l'accès. Contrairement à ce que soutient le requérant, ce dossier n'avait pas à mentionner l'état du terrain préexistant à la création de cette dalle bétonnée, notamment les espaces verts et les plantations qui ont été supprimées pour permettre la réalisation de celle-ci, dès lors que la demande de permis de construire porte uniquement sur la création d'un garage. Le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur de droit entachant l'arrêté en litige en ce que la demande de permis ne portait pas sur la dalle en béton irrégulièrement aménagée :

5. D'une part, lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. Le maire est tenu de s'opposer à une déclaration préalable ou de rejeter une demande de permis de construire qui ne porterait pas sur l'ensemble de ces éléments de la construction.

6. D'autre part, les dispositions de l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme prévoient que : " Sont dispensées de toute formalité au titre du présent code, en raison de leur nature ou de leur très faible importance, sauf lorsqu'ils sont implantés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, dans les abords des monuments historiques ou dans un site classé ou en instance de classement : a) Les constructions nouvelles répondant aux critères cumulatifs suivants : / - une hauteur au-dessus du sol inférieure ou égale à douze mètres ; / -une emprise au sol inférieure ou égale à cinq mètres carrés ; / - une surface de plancher inférieure ou égale à cinq mètres carrés ; () ". L'article R. 420-1 du même code dispose que l'emprise au sol est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la rampe d'accès évoquée par le requérant consiste en une dalle de béton reliant la voie publique à la maison existante. Cette dalle de béton, réalisée sur un terrain en pente, ne présente aucune hauteur. Elle ne crée donc pas d'emprise au sol et pas davantage de surface de plancher. Il en résulte que sa réalisation était dispensée de toute formalité au titre des dispositions précitées l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le maire de Boullainvilliers devait rejeter la demande de permis de construire au motif qu'elle ne portait pas sur cet élément de la construction. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1 du chapitre 1 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme :

8. Aux termes de l'article 1 relatif aux destinations et sous-destinations interdites : " () sont également interdits : () Les affouillements, exhaussements des sols, exploitation de carrières, qui ne sont pas nécessaires à la réalisation de travaux de constructions admises dans la zone ".

9. Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, à l'appui du recours contre l'arrêté autorisant la réalisation d'un garage, de la circonstance que la dalle bétonnée existante, sur laquelle ne porte pas l'autorisation en litige, n'était pas autorisée par les dispositions citées au point 8. Le moyen doit, par suite, être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du chapitre 2-1 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme :

10. Aux termes de l'article 5 du chapitre 2-1 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur des extensions des constructions existantes ne doit pas excéder la hauteur des constructions existantes à la date d'approbation du présent règlement (27/06 /2019). / Les constructions annexes ne doivent pas avoir une hauteur supérieure à 3 mètres ". En outre, selon le lexique du règlement du plan local d'urbanisme : " Est considérée comme construction annexe, une construction qui répond aux deux conditions ci-après : / - une construction non affectée à l'habitation ou à l'activité mais à usage de garage, abri de jardin, locaux techniques des piscines, remise à bois, chaufferie ; - une construction non contiguë à une construction principale ".

11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le garage projeté sera contigu à la construction principale, de sorte qu'il ne constitue pas une annexe pour l'application de l'article 5 du chapitre 2-1 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit par suite être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1 du chapitre 2 de la zone UR3 relatif à l'implantation des constructions par rapport à la voie :

12. Aux termes de l'article 1 du chapitre 2 relatif à l'implantation des constructions par rapport à la voie : " Les extensions des constructions existantes doivent être implantées en retrait de la voie, avec une distance minimum de 6 mètres. () Les constructions annexes ne sont pas assujetties à cette règle. () En cas d'extension d'une construction existante à la date d'approbation du présent règlement (27/06/2019) édifiée dans la marge de reculement par rapport à la rue, l'extension pourra être réalisée à l'intérieur de la marge de reculement, en prolongement de la construction existante en hauteur et/ou en longueur. Cette disposition ne s'applique pas pour les constructions annexes existantes à la date d'approbation du présent règlement (27/06/2019) ". Selon le lexique du règlement du plan local d'urbanisme, " L'extension consiste en un agrandissement de la construction existante présentant des dimensions inférieures à celle-ci. L'extension peut être horizontale ou verticale (par surélévation, excavation ou agrandissement), et doit présenter un lien physique et fonctionnel avec la construction existante ".

13. En l'espèce, d'une part, il ressort des pièces du dossier que le garage projeté sera édifié dans le prolongement de la construction existante à laquelle il sera accolé et avec laquelle il est, eu égard à sa finalité, fonctionnellement lié. Dans ces conditions, le garage autorisé et la maison d'habitation existante doivent être regardés comme présentant un lien physique et fonctionnel. Il en résulte que la construction autorisée, qui conduit à agrandir la construction existante tout en ayant des dimensions inférieures à celle-ci, doit être regardée comme une extension pour l'application des dispositions précitées.

14. D'autre part, il résulte des dispositions citées au point 12 que l'extension d'une construction peut être réalisée à l'intérieur de la marge de reculement, en prolongement de la construction existante en hauteur et/ou en longueur, lorsque celle-ci est elle-même édifiée, à la date d'approbation du règlement du plan local d'urbanisme, dans la marge de reculement par rapport à la rue. En application de ces dispositions, le projet pouvait ainsi prévoir l'implantation du garage pour partie dans la marge de reculement dès lors que celui-ci sera édifié dans le prolongement de la construction existante, dont la partie à laquelle sera adossé le garage projeté était implantée, à la date d'approbation du règlement du plan local d'urbanisme, à moins de six mètres de la voie publique. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision en litige méconnaît l'article 1 du chapitre 2 relatif à l'implantation des constructions par rapport à la voie.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du chapitre 2-2 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme :

15. Selon les dispositions du chapitre 2-2 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme : " les projets de construction devront être étudiés dans le sens d'une conservation maximale des arbres existants ".

16. Le requérant ne peut utilement se prévaloir du caractère irrégulier de la suppression de la végétation à laquelle il a été procédé pour permettre la réalisation des travaux de la dalle bétonnée sur lesquels ne porte pas l'autorisation en litige. En outre, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la notice PCMI4, que le projet ne prévoit la suppression d'aucun arbre ni d'aucune autre végétation. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du chapitre 2-2 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du chapitre 2-3 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme :

17. En premier lieu, aux termes des dispositions du chapitre 2-3 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux toitures, " Les toitures à pente des constructions doivent présenter des pentes comprises entre 30° et 45°. Pour les parties de construction en rez-de-chaussée (vérandas, pergolas, carport) et les extensions à rez-de-chaussée, il n'est pas fixé de pente minimale. () Les toitures terrasses sont autorisées à condition qu'elles fassent l'objet d'un traitement qui, par leur volume, les matériaux, les couleurs et le traitement de l'acrotère, garantisse une bonne insertion dans le site, y compris depuis des points de vue plus éloignés. Ces toitures peuvent également être végétalisées. () ".

18. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice PCMI 4 et du plan des façades PCMI 5, que le garage projeté comprend, non pas une toiture terrasse, mais une toiture à une pente de 10%. Dans ces conditions, d'une part, M. E ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions citées au point 17 imposant aux seules toitures terrasses un traitement garantissant une bonne insertion dans le site. D'autre part, dès lors que ces dispositions ne fixent pas de pente minimale pour les " extensions à rez-de-chaussée ", le requérant n'est pas fondé à soutenir que la toiture projetée méconnaît les règles encadrant les pentes des toitures en zone UR3. Le moyen doit par suite être écarté.

19. En deuxième lieu, aux termes des dispositions du chapitre 2-3 de la zone UR3 du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux clôtures et aux rampes d'accès : " • Les clôtures / Les clôtures participent fortement à la qualité des espaces urbains. À ce titre, leur traitement, le choix des matériaux, les couleurs, doivent faire l'objet d'une attention particulière. () • Les rampes de parking / Les rampes de parking destinées à desservir les parcs de stationnement doivent être intégrées dans la construction. Dans le cas où la configuration du terrain ou des contraintes techniques ne le permettrait pas, elles devront être traitées de manière à s'harmoniser avec la construction et les espaces extérieurs ".

20. En l'espèce, le projet autorisé par la décision en litige ne prévoit ni la création d'une clôture, ni celle d'une rampe d'accès. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne les moyens tirés, d'une part, de l'exigence d'un permis de construire unique pour le garage et la rampe d'accès, d'autre part, de l'impossibilité d'autoriser les travaux projetés sur une construction irrégulière :

21. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. () ".

22. Il résulte de ces dispositions qu'un moyen nouveau présenté après l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense est, en principe, irrecevable. Il est toujours loisible au président de la formation de jugement de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens s'il estime que les circonstances de l'affaire le justifient. Il doit y procéder dans le cas particulier où le moyen est fondé sur une circonstance de fait ou un élément de droit dont la partie concernée n'était pas en mesure de faire état avant l'expiration du délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense et est susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire.

23. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa requête, M. E a soulevé les moyens examinés aux points précédents et notamment le moyen tiré de l'erreur de droit examiné aux points 5 à 7. A l'appui de son mémoire en réplique, M. E y a ajouté les moyens tirés de ce que, d'une part, eu égard aux liens physiques et fonctionnels qui les lient, le garage et la dalle d'accès bétonnée constituaient un ensemble immobilier unique qui devait faire l'objet d'un seul permis de construire, d'autre part, la non-conformité de cette dalle bétonnée aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme s'opposait à la délivrance du permis de construire portant sur le garage dès lors que les travaux objet du permis de construire contesté n'avaient pas pour effet de rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues et n'étaient pas étrangers à ces dispositions. Ces deux moyens concernent, pour le premier, les conditions de délivrance d'un permis de construire unique eu égard aux caractéristiques de la construction projetée et, pour le second, les conditions de délivrance d'une autorisation d'urbanisme portant sur des travaux réalisés sur une construction irrégulière. Or, ces deux moyens distincts de ceux soulevés à l'appui de la requête introductive d'instance et notamment de celui tiré de l'erreur de droit, ont été soulevés pour la première fois par un mémoire enregistré le 26 juin 2023, soit après l'expiration du délai de deux mois qui a commencé à courir à compter de la communication au requérant du premier mémoire en défense, le 10 janvier 2023. De tels moyens ne sont fondés sur aucune circonstance de fait ou de droit dont il n'aurait pu être fait état avant l'expiration de ce délai. Dès lors, ces moyens doivent, en application des dispositions précitées de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, être écartés comme irrecevables.

24. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par M. et Mme F, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 février 2022 par laquelle le maire de Ballainvilliers a délivré à M. et Mme F un permis de construire pour la réalisation d'un garage ainsi que la décision du 12 mai 2022 rejetant le recours gracieux qu'il a formé contre cette décision doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

25. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. () ".

26. Aucune circonstance du dossier ne caractérise la mise en œuvre par M. E de son droit de recours contentieux dans des conditions qui excèdent la défense de ses intérêts légitimes. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. C F, Mme B F, M. A F et Mme G F sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ne peuvent être que rejetées.

Sur les frais liés au litige :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Ballainvilliers et de M. et Mme F, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du requérant une somme globale de 1 800 euros au titre des frais exposés par la commune de Ballainvilliers, d'une part, et par M. C F et Mme B F, d'autre part, et non compris dans les dépens, somme à répartir à parts égales.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de M. C F, Mme B F, et M. A F et Mme G F présentées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.

Article 3 : M. E versera une somme globale de 1 800 euros à répartir à parts égales entre, d'une part, la commune de Ballainvilliers, d'autre part, M. C F et Mme B F, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par M. A F et Mme G F au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, M. C F, Mme B F, M. A F, Mme G F et à la commune de Ballainvilliers.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Milon, première conseillère,

- Mme Silvani, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

C. Silvani

La présidente,

Signé

C. Rollet-Perraud

La greffière,

Signé

S. Traoré

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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