lundi 4 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205317 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 juillet 2022, le 15 avril 2024, le 24 avril 2024 et le 24 juillet 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération n° 1/133 du 23 juin 2022 du conseil municipal de Savigny-sur-Orge portant remplacement des membres démissionnaires représentés dans les différentes commissions municipales ;
2°) à titre subsidiaire, de rectifier ladite délibération en supprimant le 21ème paragraphe.
Il soutient que :
- l'élection des membres des commissions municipales aurait dû faire l'objet de sept délibérations distinctes et non pas d'une unique délibération en application du principe de parallélisme de forme ;
- chaque élection en commission devant faire l'objet de son propre vote, le maire de Savigny-sur-Orge ne pouvait valablement pas proposer un seul vote pour pourvoir aux remplacements dans sept commissions relevant de trois articles différents, les articles L. 2121-22, L. 1413-1 et R. 2222-1 et suivants du code général des collectivités territoriales ;
- la délibération contestée est entachée d'une erreur de fait dès lors, d'une part, qu'il a rejeté la proposition de procéder à l'élection à main levée et, d'autre part, que les 21ème et 29ème paragraphes comportent des indications contradictoires puisqu'il y a eu un vote au scrutin secret à la suite de son refus d'un vote à main levée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, le maire ne pouvant pas procéder à ce vote groupé dès lors qu'il s'y était opposé.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 avril 2024 et le 23 mai 2024, la commune de Savigny-sur-Orge, représentée par Me Aderno, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sauvageot,
- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique,
- et les observations de M. B et de Me Chevandier, pour la commune de Savigny-sur-Orge.
M. B a produit une note en délibéré, enregistrée le 16 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B sollicite l'annulation de la délibération n° 1/133 du 23 juin 2022 par laquelle le conseil municipal de Savigny-sur-Orge a procédé au remplacement de membres démissionnaires représentés dans les différentes commissions municipales.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2121-22 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal peut former, au cours de chaque séance, des commissions chargées d'étudier les questions soumises au conseil soit par l'administration, soit à l'initiative d'un de ses membres. ". Aux termes de l'article L. 2121-21 du même code : " Le vote a lieu au scrutin public à la demande du quart des membres présents. Il est voté au scrutin secret : 1° Soit lorsqu'un tiers des membres présents le réclame ; 2° Soit lorsqu'il y a lieu de procéder à une nomination ou à une présentation. Dans ces derniers cas, si aucun des candidats n'a obtenu la majorité absolue après deux tours de scrutin secret, il est procédé à un troisième tour de scrutin et l'élection a lieu à la majorité relative ; à égalité de voix, l'élection est acquise au plus âgé. Le conseil municipal peut décider, à l'unanimité, de ne pas procéder au scrutin secret aux nominations ou aux présentations, sauf disposition législative ou réglementaire prévoyant expressément ce mode de scrutin. Si une seule candidature a été déposée pour chaque poste à pourvoir au sein des commissions municipales ou dans les organismes extérieurs, ou si une seule liste a été présentée après appel de candidatures, les nominations prennent effet immédiatement, dans l'ordre de la liste le cas échéant, et il en est donné lecture par le maire. Tout conseiller municipal atteint d'infirmité certaine et le mettant dans l'impossibilité d'introduire son bulletin dans l'enveloppe est autorisé à se faire assister par une personne de son choix. Les délibérations sont prises à la majorité absolue des suffrages exprimés. Lorsqu'il y a partage égal des voix et sauf cas de scrutin secret, la voix du président est prépondérante ".
3. En premier lieu, aucune disposition législative ou règlementaire et aucun principe tenant notamment au parallélisme des formes ne fait obstacle à ce que les désignations des membres du conseil municipal au sein des commissions municipales fassent l'objet d'une délibération unique alors même que la désignation des membres démissionnaires avaient fait l'objet de délibérations distinctes.
4. En deuxième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obstacle à ce que les désignations puissent faire l'objet d'un vote commun alors même que les commissions en cause relèvent d'articles distincts du code général des collectivités territoriales.
5. En troisième lieu, s'il ressort des mentions de la délibération qu'elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que M. B s'est opposé à la tenue d'un vote à main levée et que le conseil municipal a procédé à un vote à scrutin secret, cette erreur purement matérielle est sans incidence sur la légalité de la délibération contestée.
6. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur de droit tiré de ce que le conseil municipal ne pouvait procéder à un vote groupé concernant plusieurs commissions alors que le requérant s'y était opposé ne peut pas davantage être accueilli.
Sur les conclusions aux fins de rectification de la délibération du 23 juin 2022 :
7. Il n'entre pas dans l'office du juge de l'excès de pouvoir de rectifier lui-même une délibération prise par un conseil municipal. Par suite, les conclusions de M. B tendant à ce que le tribunal rectifie la délibération n° 1/133 du 23 juin 2022 sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B la somme de 1 800 euros à verser à la commune de Savigny-sur-Orge au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
Sur la condamnation de M. B au paiement d'une amende pour recours abusif :
10. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
11. En l'espèce, outre que M. B est l'auteur de plus de 200 requêtes pendantes devant le tribunal, la présente requête présente un caractère abusif. Il y a lieu de condamner le requérant à payer une amende de 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Savigny-sur-Orge une somme de 1 800 (mille huit cent) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. B est condamné au paiement d'une amende pour recours abusif de 500 (cinq cents) euros en application des dispositions l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune de Savigny-sur-Orge et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sauvageot, présidente rapporteure,
Mme Lutz, première conseillère,
Mme Degorce, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024.
La présidente rapporteure,
signé
J. Sauvageot
L'assesseure la plus ancienne,
signé
F. Lutz
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026