jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SIDI-AISSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2022, Mme D B épouse C, représentée par Me Sidi-Aïssa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2022 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée en cas d'exécution d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un certificat de résidence temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous les mêmes conditions d'astreinte, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision refusant un titre de séjour a été prise sur le fondement d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) obsolète, car rendu près d'un an avant l'arrêté attaqué ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la situation médicale de sa fille n'a pas évolué depuis 2019 et qu'aucun traitement n'est disponible pour assurer son suivi médical en Algérie compte tenu de la complexité de sa maladie cardiaque et du coût des soins qui les rendent inaccessibles ;
- elle est également entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que sa fille est désormais scolarisée en France, qu'elle-même a trouvé un emploi d'agent de service pour une société de nettoyage et qu'elles bénéficient toutes deux d'une bonne intégration sur le territoire français ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision refusant un titre de séjour qui en constitue le fondement ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 août 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience sur ce litige en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 novembre 2022, en présence de Mme Laforge, greffière :
- le rapport de Mme A ;
- et les observations de Me Sidi-Aïssa pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Entrée sur le territoire français le 21 novembre 2017 sous couvert d'un visa de court séjour, Mme D C, ressortissante algérienne, née le 26 novembre 1964 à Teghalimet, a bénéficié d'autorisations provisoires de séjour valables du 28 décembre 2017 au 18 juillet 2022. Elle a sollicité, le 4 mars 2021, son admission au séjour sur le fondement des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien. Toutefois, par l'arrêté du 7 juin 2022 dont elle demande l'annulation, le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée en cas d'exécution d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
3. En premier lieu, pour refuser le titre de séjour sollicité par Mme C, le préfet des Yvelines s'est fondé sur l'avis émis le 17 juin 2021 par le collège des médecins de l'OFII. Si Mme C soutient que cet avis, datant de près d'un an avant la décision attaquée, serait trop ancien, elle n'établit pas toutefois, par les pièces qu'elle produit, que l'état de santé de sa fille aurait évolué depuis la date de l'avis du collège des médecins et que ce dernier serait, par suite, devenu obsolète. En tout état de cause, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que le préfet des Yvelines était tenu de solliciter un nouvel avis du collège de médecins de l'OFII. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort de l'avis du collège des médecins de l'OFII que si l'état de santé de la fille de Mme C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle pourra cependant bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et s'y rendre sans risque médical. La requérante soutient que sa fille, porteuse d'une cardiopathie congénitale complexe, n'a pu être soignée en Algérie et qu'elle a dû se rendre, d'abord en Lybie, puis en France, pour bénéficier d'une dérivation cavo-pulmonaire partielle, puis totale, et qu'aucune offre de soins n'est adaptée à l'état de santé de son enfant dans son pays d'origine. Toutefois, il ressort du certificat médical le plus récent, établi le 27 février 2021 par le cardiologue pédiatre en charge du suivi de son enfant, que l'état de santé de cette dernière est stable, qu'elle a seulement besoin d'être suivie régulièrement tous les six à douze mois, qu'elle est traitée par Aspirine 100 mg/jour et qu'aucune intervention chirurgicale n'est prévue à court terme. Enfin, si les dernières pièces médicales, produites le 9 septembre 2022, laissent apparaître que la fille de la requérante a été hospitalisée en août pour une hépatomégalie, son état de santé s'est cependant amélioré spontanément et ne fait plus l'objet que d'un suivi. Aucune de ces pièces ne permet de remettre utilement en cause le sens de l'avis du collège de médecins de l'OFII, qui a vérifié la disponibilité d'un traitement et d'un suivi médical adaptés à la pathologie de la fille de Mme C en Algérie. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Yvelines aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences du refus de séjour litigieux sur l'état de santé de son enfant.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C est entrée en France en novembre 2017 afin que sa fille puisse bénéficier d'une opération chirurgicale. Dès lors que cette intervention a eu lieu et que l'état de santé de cette dernière ne nécessite plus qu'un suivi régulier en Algérie tous les six à douze mois, la requérante, qui n'est d'ailleurs pas dépourvue de toute attache familiale dans son pays d'origine, où résident notamment son époux et ses deux fils et dans lequel elle a vécu jusqu'à l'âge de cinquante-trois ans, n'a plus vocation à demeurer sur le territoire français. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Yvelines aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences d'un refus de séjour sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. D'une part, il résulte de ce qui a été dit précédemment sur la légalité du refus de titre de séjour que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
7. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire, dès lors que celle-ci n'a pas pour objet d'éloigner Mme C vers l'Algérie. A supposer que cette dernière ait entendu invoquer ces stipulations au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi, il ne ressort pas des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit précédemment, que sa fille serait exposée à des conséquences irréversibles pour son état de santé en cas de retour en Algérie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 7 juin 2022 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée en cas d'exécution d'office.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Blanc, président,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
Ch. ALe président,
signé
Ph. Blanc
La greffière,
signé
Ch. Laforge
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026