jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARVIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juillet 2022 et 27 février 2023, Mme A B, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel le président de la communauté de communes du Val d'Essonne a fixé à 1 213,55 euros brut le montant annuel de la part fixe de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves sans maintien pendant les congés de maladie ;
2°) d'annuler la décision du 22 octobre 2021 mettant fin à compter du mois d'octobre 2021 au versement des parts fixe et modulable de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Val d'Essonne la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 1er octobre 2021 est entaché d'un vice de procédure, en l'absence de consultation préalable du comité technique ;
- la décision du 22 octobre 2021, qui constitue une décision retirant ou abrogeant une décision individuelle créatrice de droit, est insuffisamment motivée ;
- l'arrêté et la décision attaqués ont été signés par une autorité incompétence ;
- ils sont entachés d'erreur de droit, dès lors que les dispositions réglementaires régissant l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves ne prévoient pas la possibilité d'en priver les agents placés en congé de maladie ;
- ils violent directement la règle de droit figurant à l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 et caractérisent une discrimination en ce qu'ils consistent à traiter défavorablement les agents en raison de leur état de santé ;
- ils méconnaissent le principe d'égalité et sont constitutifs d'un détournement de pouvoir, dès lors qu'elle est le seul agent à être victime de cette mesure de suppression de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves et que ces décisions procèdent de la situation de harcèlement moral dont elle est victime ;
- ils ont été pris sur le fondement de la délibération n° 87-2021 du 28 septembre 2021 du conseil de la communauté de communes du Val d'Essonne qui est illégale pour les mêmes motifs et en ce qu'elle méconnaît l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, le principe de parité entre les agents des différentes fonctions publiques, les exigences liées à l'égalité devant la loi et les charges publiques et les principes et objectifs de valeur constitutionnelle qui garantissent l'accès des travailleurs à la protection sociale.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 janvier 2023 et 10 novembre 2023, la communauté de communes du Val d'Essonne, représentée par Me Leriche-Milliet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 8 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 93-55 du 15 janvier 1993 ;
- le décret n° 2010-997 du 26 août 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bélot,
- les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Leriche-Milliet, représentant la communauté de communes du Val d'Essonne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, professeure d'enseignement artistique titulaire à la communauté de communes du Val d'Essonne, a été placée à compter du 17 octobre 2016 en arrêt de travail pour une pathologie, qui a été reconnue imputable au service par un arrêté du 20 janvier 2021 du président de la communauté de communes. Mme B bénéficiait de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves, régie par le décret n° 93-55 du 15 janvier 1993, dans les conditions fixées par une délibération du 17 novembre 2015 du conseil de la communauté de communes du Val d'Essonne, modifiée par la délibération n° 87-2021 du 28 septembre 2021 relative à la refonte du régime indemnitaire de la filière culturelle. Par un arrêté du 1er octobre 2021, le président de la communauté de communes du Val d'Essonne a fixé à 1 213,55 euros brut le montant annuel de la part fixe de l'indemnité attribuée à Mme B, sans maintien pendant les congés de maladie. Par une décision du 22 octobre 2021, il a mis fin à compter du mois d'octobre 2021 au versement à la requérante des parts fixe et modulable de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves. Mme B demande l'annulation de ces arrêté et décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2020 A 13 du 30 juillet 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la communauté de communes du Val d'Essonne et transmis au préfet de l'Essonne, le président de cette communauté de communes a donné délégation à M. Jean-Claude Quintard, vice-président en charge des finances, de l'administration générale et des ressources humaines, à l'effet de signer les actes et pièces se rapportant à ces domaines. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêté et décision attaqués doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision du 22 octobre 2021 cite le décret n° 93-55 du 15 janvier 1993 instituant l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves et les délibérations des 17 novembre 2015 et 28 septembre 2021 du conseil communautaire de la communauté de communes du Val d'Essonne dont il est fait application et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme B et les motifs de la fin du versement de cette indemnité, à savoir l'absence de disposition réglementaire prévoyant son maintien pendant les périodes de congés à l'exception des congés annuels. Dès lors, cette décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet ainsi à la requérante d'en contester utilement le bienfondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 33 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Les comités techniques sont consultés pour avis sur les questions relatives : / 1° A l'organisation et au fonctionnement des services ; / 2° Aux évolutions des administrations ayant un impact sur les personnels ; / 3° Aux grandes orientations relatives aux effectifs, emplois et compétences ; / 4° Aux grandes orientations en matière de politique indemnitaire et de critères de répartition y afférents ; / 5° A la formation, à l'insertion et à la promotion de l'égalité professionnelle ; / 6° Aux sujets d'ordre général intéressant l'hygiène, la sécurité et les conditions de travail. / Les comités techniques sont également consultés sur les aides à la protection sociale complémentaire, lorsque la collectivité territoriale ou l'établissement public en a décidé l'attribution à ses agents, ainsi que sur l'action sociale ".
5. Il ne résulte ni de ces dispositions, ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire, que l'intervention de l'arrêté du 1er octobre 2021 fixant le montant annuel de la part fixe de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves aurait dû être précédée de la consultation du comité technique. Le moyen tiré du vice de procédure doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat ". Aux termes de l'article 2 du décret du 15 janvier 1993 instituant une indemnité de suivi et d'orientation des élèves en faveur des personnels enseignants du second degré : " La part fixe est allouée aux personnels enseignants désignés à l'article 1er ci-dessus, ainsi qu'aux enseignants des classes post-baccalauréat. / L'attribution de cette part est liée à l'exercice effectif des fonctions enseignantes y ouvrant droit, en particulier au suivi individuel et à l'évaluation des élèves, comprenant notamment la notation et l'appréciation de leur travail et la participation aux conseils de classe ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " La part modulable est allouée aux personnels enseignants désignés à l'article 1er qui assurent les fonctions de professeur principal ou de professeur référent définies à l'article D. 421-49-1 du code de l'éducation. L'attribution de cette part est liée à l'exercice effectif de ces fonctions ". Aux termes de la délibération n° 87-2021 du 28 septembre 2021 du conseil communautaire de la communauté de commune du Val d'Essonne relative au régime indemnitaire de la filière culturelle - indemnité de suivi et d'orientation des élèves, la part fixe de cette indemnité est maintenue intégralement pendant les seuls congés annuels.
7. Il résulte des dispositions, cités au point 6, des articles 2 et 3 du décret du 15 janvier 1993 que le versement de la part fixe de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves est lié à l'exercice effectif des fonctions. Par suite, contrairement à ce que fait valoir Mme B, les dispositions réglementaires régissant cette indemnité, reprises dans la délibération du 28 septembre 2021 sauf en ce qui concerne les congés annuels, prévoient l'absence de son versement aux agents placés en congé de maladie, y compris lorsque ce congé résulte d'une pathologie reconnue imputable au service, période au cours de laquelle ils n'exercent pas leurs fonctions de manière effective. Par conséquent, en mettant fin au versement à Mme B, alors en congé de maladie, de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves au motif que les dispositions réglementaires ne prévoyaient pas son maintien pendant une telle période, le président de la communauté de communes du Val d'Essonne n'a pas commis d'erreur de droit.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison () de leur état de santé () ".
9. Contrairement à ce que fait valoir Mme B, les décisions en litige n'ont pas été prises en raison de son état de santé mais de la circonstance qu'elle n'exerçait pas de manière effective les fonctions ouvrant droit au versement de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves, sans considération du motif pour lequel ces fonctions n'étaient pas exercées. Par ailleurs, le critère de l'exercice effectif des fonctions s'appliquant à tous les agents, sa mise en œuvre n'entraîne pas de rupture d'égalité entre agents appartenant au même grade. Enfin, la circonstance, à la supposée établie, que la requérante serait la seule concernée par la suppression du versement de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves n'est pas de nature, à elle-seule, à caractériser une discrimination illégale. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions en litige méconnaîtraient les dispositions de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 ou le principe d'égalité de traitement des agents appartenant au même grade.
10. En sixième lieu, en l'absence notamment de tout élément susceptible de faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral à l'encontre de Mme B, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
11. Enfin, d'une part, les moyens, soulevés par voie d'exception à l'encontre de la délibération du 28 septembre 2021, tirés de ce que la suppression du versement de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves aux agents placés en congé de maladie serait constitutive d'une erreur de droit et d'une discrimination illégale doivent être écartés pour les mêmes motifs que précédemment. D'autre part, dès lors que les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur, prévoient que l'agent bénéficiant d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service a droit à l'intégralité de son traitement, à l'exclusion des indemnités instituées par un texte législatif et réglementaire dont le versement est subordonné à l'exercice effectif des fonctions, la délibération en litige n'a pas méconnu ces dispositions. Par ailleurs, le principe de parité entre les agents des différentes fonctions publiques n'a pas été méconnu dès lors que les dispositions de la délibération du 28 septembre 2021 concernant les agents en congé de maladie fixent le régime de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves dans la limite de celui prévu par le décret du 15 janvier 1993. Enfin, les allégations de Mme B relatives aux exigences liées à l'égalité devant la loi et les charges publiques et aux principes et objectifs de valeur constitutionnelle qui garantissent l'accès des travailleurs à la protection sociale sont dépourvues des précisions permettant d'en apprécier le bienfondé. Le moyen, soulevé par la voie de l'exception, tiré de l'illégalité de la délibération du 28 septembre 2021 du conseil communautaire de la communauté de communes du Val d'Essonne doit, dès lors, être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes du Val d'Essonne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée au même titre par la communauté de communes du Val d'Essonne.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes du Val d'Essonne tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la communauté de communes du Val d'Essonne.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cayla, présidente,
M. Bélot, premier conseiller,
M. Perez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Bélot
La présidente,
signé
F. Cayla
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026