mercredi 3 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205413 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP ZURFLUH LEBATTEUX SIZAIRE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2022, M. E C et Mme G F, représentés par Me Gauthier, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté en date du 16 février 2022 par lequel le maire de la commune de Crespières a délivré à M D A le permis de construire valant permis de démolir n° 078189 21G0016 autorisant l'extension d'une maison individuelle et l'aménagement avec surélévation de deux granges, ensemble celle de la décision du maire de la même commune du 1er avril 2022 rejetant leur recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Crespières une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir dès lors qu'ils sont propriétaires d'un terrain et d'une maison d'habitation situés 3, Hameau des Flambertins à Crespières sur les parcelles cadastrées section B n°s10 et 11, séparées des parcelles cadastrées section B n°s 337 et 384, sur lesquelles doivent être effectués les travaux litigieux par un chemin rural de moins de 4 m de largeur ; ce projet leur cause un triple préjudice d'ensoleillement, de vue par la création d'un bâtiment de 6,34m de haut sur plus de 15 m de long et d'intimité par la création de 3 fenêtres de toit à une hauteur de 1,3 m créant une vue directe sur leur terrasse et une partie de leur séjour ;
- la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; en toute hypothèse, les travaux ont débuté ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions dont la suspension de l'exécution est demandée ; le projet autorise non pas la reconstruction des deux granges se trouvant sur les parcelles concernées mais des constructions nouvelles compte tenu à la fois de la surface d'habitation projetée qui est supérieure à celle indiquée dans la notice explicative du projet, de l'importance de la surface de plancher créée et de l'importante surélévation des bâtiments projetée ; ce projet de construction méconnait ainsi les règles prévues par les article UV.2.1.3, UV.2.1.1 et UV.2.1.2 du plan local d'urbanisme de la commune en ce qu'un recul des constructions de cinq mètres minimum par rapport à l'alignement n'est pas respecté, en ce que l'emprise au sol des constructions excède 20% de la superficie totale du terrain et en ce que l'annexe constituée de la grange A excède la hauteur de 3,50 mètres au faîtage.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juillet 2022, la commune de Crespières, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. E C et Mme G F une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. E C et Mme G F ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2022, M. D A, représenté par Me Jobelot, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. E C et Mme G F une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir à l'encontre de la décision dont la suspension est demandée ;
- les moyens soulevés par M. C et Mme F ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 31 mai 2022 sous le n°2204226 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Gauthier et de M. C, qui concluent aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans la requête introductive d'instance et qui font, en outre, valoir que le permis de construire litigieux a été obtenu par fraude au regard, notamment, de la surface de plancher des constructions autorisées et de l'emprise au sol du projet ;
- les observations de Me Loiseau, substituant Me Bernard-Chatelot, pour la commune de Crespières qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans son mémoire en défense ;
- les observations de Me Drouet, substituant Me Jobelot, pour M D A qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans son mémoire en défense et qui soutient, en outre, que le permis litigieux n'est aucunement entaché de fraude.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience le 3 août 2022 à 14h40.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. M. E C et Mme G F demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté en date du 16 février 2022 par lequel le maire de la commune de Crespières a délivré à M D A le permis de construire valant permis de démolir n° 078189 21G0016 autorisant l'extension d'une maison individuelle et l'aménagement avec surélévation de deux granges, ensemble celle de la décision du maire de la même commune du 1er avril 2022 rejetant leur recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions.
3. En premier lieu, aux terme de l'article article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ".
4. Si la requête tendant à l'annulation du ou des actes administratifs dont la suspension est demandée est irrecevable, aucun des moyens présentés au soutien d'une requête formée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité du ou des actes administratifs contestés. Lorsqu'elle ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés, l'irrecevabilité de la requête à fin d'annulation doit être relevée, le cas échéant d'office par le juge des référés, pour constater que la requête à fin de suspension ne peut qu'être rejetée.
5. En l'espèce, si M. C et Mme F soutiennent que le projet litigieux leur cause un triple préjudice d'ensoleillement et de vue par la création d'un bâtiment de 6,34 m de haut sur plus de 15 m de long ainsi que d'intimité par la création de 3 fenêtres de toit créant une vue directe sur leur terrasse, il ressort des pièces du dossier que ces éléments ne concernent que la partie du projet consistant en l'aménagement en habitation de la grange B ainsi que du hangar contigu et leur mise en communication par un bâtiment de liaison avec l'actuelle maison d'habitation et non l'autre partie du même projet concernant la démolition partielle et la reconstruction de la grange A qui est divisible des autres éléments dudit projet et qui pouvait, à ce titre, faire l'objet d'une autorisation distincte. Il s'ensuit que les requérants n'ont pas d'intérêt à demander l'annulation de l'arrêt attaqué en tant que celui-ci autorise cette seconde partie du projet qui n'est pas nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur propriété. Les conclusions de la requête au fond des intéressés dirigées contre cette partie de l'arrêté du maire de la commune de Crespières du 16 février 2022 étant, de la sorte, irrecevables, leurs conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la même partie de cette décision doivent être rejetées comme dépourvues de moyen sérieux.
6. En second lieu, en l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. C et Mme F visés ci-dessus n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la partie de l'arrêté attaqué concernant l'aménagement en habitation de la grange B ainsi que du hangar contigu et leur mise en communication par un bâtiment de liaison avec l'actuelle maison d'habitation. Par suite, et sans même qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté du 1er avril 2022 du maire de la commune de Crespières doivent être rejetées.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Crespières, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C et Mme F, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de M. C et Mme F, ensemble, la somme de 1 500 euros à verser, chacun, à la commune de Crespières et à M D A au titre des frais exposés par ces derniers et non compris dans les dépens.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. E C et Mme G F est rejetée.
Article 2 : M. E C et Mme G F verseront, ensemble, à la commune de Crespières et à M D A une somme de 1 500 euros, chacun, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E C et Mme G F ainsi qu'à la commune de Crespiéres et à M D A.
Fait à Versailles, le 3 août 2022.
Le juge des référés,
Signé
L. B
La greffière,
signé
N. Gilbert
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026