vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Président Mégret |
| Avocat requérant | SCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2022, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision d'invalidation de son permis de conduire 48 SI du 13 juin 2022 du ministre de l'intérieur et des outre-mer ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points suite aux infractions commises les 22 novembre 2010, 27 décembre 2011, 9 mars 2012, 20 mai 2012, 11 avril 2013, 17 juin 2013, 26 septembre 2013, 7 avril 2014, 17 juillet 2014, 9 octobre 2015, 12 novembre 2015, 22 avril 2016, 11 juillet 2018, 17 octobre 2019, 31 mai 2021 et 17 septembre 2021 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer le permis de conduire invalider en reconstituant les points illégalement retirés dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- une infraction a été contesté devant le ministère public.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer pour les décisions de retraits de points relatives aux infractions commises les 27 décembre 2011, 9 mars 2012, 20 mai 2012, 11 avril 2013, 17 juin 2013, 26 septembre 2013 et 22 avril 2016 et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
- s'agissant des infractions commises les 27 décembre 2011, 9 mars 2012, 20 mai 2012, 11 avril 2013, 17 juin 2013, 26 septembre 2013, 22 avril 2016, 11 juillet 2018 et 17 octobre 2019 les conclusions sont devenues sans objet ;
- s'agissant des autres infractions, les moyens ne sont pas fondés.
Par un courrier du 17 janvier 2024, les parties ont été informées que par le magistrat désigné, sur le fondement de l'article R. 611- 7 du code de justice administrative, qu'il est susceptible de fonder son jugement sur le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées à l'encontre des décisions de retraits de points relatives aux infractions commises les 27 décembre 2021, 11 juillet 2018, 22 avril 2016, 17 juillet 2014, 26 septembre 2013,17 juin 2013, 11 avril 2013, 20 mai 2012, 9 mars 2012 et 22 novembre 2010 la restitution des points ayant eu lieu antérieurement à l'introduction de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a commis une série d'infractions au code de la route les 22 novembre 2010, 27 décembre 2011, 9 mars 2012, 20 mai 2012, 11 avril 2013, 17 juin 2013, 26 septembre 2013, 7 avril 2014, 17 juillet 2014, 9 octobre 2015, 12 novembre 2015, 22 avril 2016, 11 juillet 2018, 17 octobre 2019, 31 mai 2021 et 17 septembre 2021 qui ont donné lieu à des décisions de retrait de points d'un point à chaque fois. Par une décision " 48 SI " du 13 juin 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié le dernier retrait de points sur son permis de conduire, lui a rappelé les précédentes décisions de retraits de points et a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul. M. C demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur la recevabilité de certaines conclusions :
2. S'agissant des infractions commises les 27 décembre 2011, 17 octobre 2019, 11 juillet 2018, 22 avril 2016, 17 juillet 2014, 26 septembre 2013,17 juin 2013, 11 avril 2013, 20 mai 2012, 9 mars 2012 et 22 novembre 2010, il ressort des mentions du relevé d'information intégral, édité le 23 septembre 2023 non contestées, que ces infractions ont fait l'objet d'une restitution de points à une date antérieure à l'introduction de la requête. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions, de la décision implicite de rejet du recours gracieux de M. C pour ces infractions et des conclusions tendant à la restitution des points afférents à ces infractions sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation restant en litige :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, lesquelles constituent une garantie essentielle en ce qu'elles mettent l'intéressé en mesure de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.
En ce qui concerne l'infraction commise le 12 novembre 2015 :
4. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. Par ailleurs, la mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.
5. Il ressort des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur produit le procès-verbal électronique pour l'infraction susvisée daté du jour de l'infraction et signé par le contrevenant en dessous des mentions comportant l'ensemble des informations prévues par les articles
L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ces productions suffisent donc à établir la délivrance de ces informations. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être écarté.
En ce qui concerne les infractions commises les 7 avril 2014 et 13 octobre 2021 constatée par radar automatique :
6. Il ressort des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur produit pour les infractions susvisées les formulaires de réclamation de l'avis de contravention ainsi que pour l'infraction commise le 7 avril 2014 copie de la réclamation de l'amende forfaitaire majorée. Or, les avis de contravention sont réputés comporter au verso les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et l'intéressé ne soutient pas que ces avis dont il avait été destinataire auraient été incomplets ou inexacts. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être écarté.
En ce qui concerne les infractions commises les 17 septembre 2021, 31 mai 2021 et 9 octobre 2015 :
7. S'il ressort du relevé d'information intégral relatif à la situation de M. C, dont les informations sont issues du système national des permis de conduire, qu'en application des dispositions de l'article 529-2 du code de procédure pénale et à défaut du paiement de l'amende forfaitaire ou du dépôt régulier d'une requête tendant à son exonération, des amendes forfaitaires majorées ont été émises et sont devenues définitives, cette circonstance, qui établit la réalité de l'infraction en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article
L. 223-1 du code la route. En revanche, cela n'est pas de nature à établir que le requérant aurait reçu l'information prévue l'article L. 223-3 du code la route, les infractions ayant été constatées par radar automatique si le requérant ne s'est pas acquitté du paiement ou si l'administration n'apporte pas la preuve de la notification de l'avis de contravention ou de l'amende forfaitaire majorée. Il en résulte que M. C est fondé à soutenir que les décisions des 17 septembre 2021, 31 mai 2021 et 9 octobre 2015 pour lesquelles le ministre a retiré un point du capital de son permis de conduire pour chacune de ces infractions sont intervenues à l'issue d'une procédure irrégulière et doivent être annulées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les décisions de retrait de points pour les infractions commises les 17 septembre 2021, 31 mai 2021 et 9 octobre 2015 sont annulées. Par ailleurs, suite à ces annulations et à ce qui a été dit au point 2 le capital de points du permis de conduire du requérant n'était pas nul. Il s'ensuit que la décision 48 SI du 13 juin 2022 doit également être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Si l'annulation contentieuse d'invalidation du permis de conduire, à la suite de l'annulation d'une ou plusieurs décisions de retrait de points prises antérieurement, implique nécessairement que le ministre de l'intérieur reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des six points illégalement retirés, le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre et le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire.
10. Il y a, dès lors, seulement lieu d'enjoindre à l'administration de reconnaître à M. C le bénéfice des trois points irrégulièrement retirés dans la limite de 12 points et de réexaminer sa situation en tenant compte des retraits de points légalement intervenus à son encontre et non capitalisés. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision 48 SI du 16 juin 2022 et les décisions de retrait de points des 17 septembre 2021, 31 mai 2021 et 9 octobre 2015 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de créditer le permis de conduire de M. C de trois points et de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
S. B La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de l'Eure en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205429
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026