vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205520 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LANDOT ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 mai 2022 par lequel le maire de La Verrière a refusé sa titularisation en tant qu'adjoint territorial d'animation.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2024, la commune de La Verrière, représentée par Me Landot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés sont inopérants ou infondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le décret n°2006-1693 du 22 décembre 2006 ;
- le décret n°92-1194 du 4 novembre 1992 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté par la commune de La Verrière, en tant qu'agent contractuel, pour exercer les fonctions d'animateur dit " d'antenne " à compter du 1er juillet 2013, où il accueillait alors les enfants âgés de 6 à 11 ans à partir de 10h et jusqu'à 18h30 à l'exception de la pause méridienne. Par un arrêté du 2 novembre 2020, il a été nommé fonctionnaire stagiaire en tant qu'adjoint territorial d'animation, pour une durée d'un an, exerçant alors les fonctions d'animateur au sein d'un centre de loisir sans hébergement accueillant les enfants âgés de 6 à 11 ans entre 7h30 et 18h30. Par un arrêté du 20 octobre 2021, le stage de M. B a été prolongé pour une durée de six mois à compter du 1er décembre 2021. Puis, par un arrêté du 16 mai 2022 notifié le lendemain, dont M. B demande l'annulation, le maire de La Verrière a refusé sa titularisation et a mis fin à son stage à compter du 1er juin 2022.
2. Selon l'article 4 du décret du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale : " La durée normale du stage et les conditions dans lesquelles elle peut éventuellement être prorogée sont fixées par les statuts particuliers des cadres d'emplois. / Sous réserve de dispositions contraires prévues par ces statuts et de celles résultant des articles 7 et 9 du présent décret, la durée normale du stage est fixée à un an. Elle peut être prorogée d'une période au maximum équivalente, après avis de la commission administrative paritaire compétente, si les aptitudes professionnelles du stagiaire ne sont pas jugées suffisantes pour permettre sa titularisation à l'expiration de la durée normale du stage. Cette prorogation n'est pas prise en compte dans le calcul de l'ancienneté lors de la titularisation de l'intéressé dans son nouveau grade. ". Aux termes de l'article 7 du décret du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints territoriaux d'animation : " Les candidats recrutés en qualité d'adjoint territorial d'animation sur un emploi d'une collectivité territoriale ou d'un établissement public d'une collectivité territoriale, ainsi que les candidats inscrits sur une liste d'aptitude au grade d'adjoint territorial d'animation principal de 2e classe et recrutés sur un emploi d'une collectivité territoriale ou d'un établissement public d'une collectivité territoriale, sont nommés stagiaires par l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination pour une durée d'un an. / Les agents qui, antérieurement à leur nomination, avaient la qualité de fonctionnaire, sont dispensés de stage à condition qu'ils aient accompli deux ans au moins de services publics effectifs dans un emploi de même nature. / Dans l'année qui suit leur nomination, les agents sont astreints à suivre une formation d'intégration, dans les conditions prévues par le décret n° 2008-512 du 29 mai 2008 relatif à la formation statutaire obligatoire des fonctionnaires territoriaux et pour une durée totale de cinq jours ". Et l'article 9 de ce décret prévoit que : " A l'issue du stage, les stagiaires dont les services ont donné satisfaction sont titularisés par décision de l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination au vu, notamment, d'une attestation de suivi de la formation d'intégration établie par le Centre national de la fonction publique territoriale. / Les autres stagiaires peuvent, sur décision de l'autorité territoriale, être autorisés à effectuer un stage complémentaire d'une durée maximale d'un an. Si le stage complémentaire a été jugé satisfaisant, les intéressés sont titularisés. / Les adjoints territoriaux d'animation stagiaires et les adjoints territoriaux d'animation principal de 2e classe stagiaires qui n'ont pas été autorisés à effectuer un stage complémentaire, ou dont le stage complémentaire n'a pas été jugé satisfaisant, sont soit licenciés s'ils n'avaient pas auparavant la qualité de fonctionnaire, soit réintégrés dans leur grade d'origine. "
3. Il ressort des pièces du dossier que la manière de servir de M. B a, dans le cadre de sa première année de stage, fait l'objet d'observations contrastées. Ainsi, si le rapport rédigé le 28 septembre 2021 retient certaines aptitudes, notant notamment qu'il a " confirmé ses qualités en tant qu'animateur autonome et leader dans la gestion de groupes d'enfants ", il mentionne également l'existence de " manquements quant au respect des règles élémentaires ", des " attitudes inappropriées ", " un langage trop familier " ainsi qu'un " manque de réflexion pédagogique ". De même, le chef du service animation a regretté un " manque évident de motivation et d'organisation ". En outre, à l'issue de la prolongation de son stage, le chef du service scolaire a indiqué, le 11 avril 2022, que l'agent n'avait pas respecté les consignes sur les gestes barrières, notamment le port du masque, a regretté l'absence de prise en compte des remarques répétées de son coordonnateur ainsi que ses retards récurrents. Par ailleurs, la ville a relevé dix jours d'absence injustifiée à compter du lundi 21 mars 2022, lançant même une procédure d'abandon de poste, et a constaté que l'agent ne s'était pas présenté, à deux reprises, pour suivre la formation d'intégration à laquelle il était inscrit, sans prévenir ni justifier de cette absence. Enfin, la commission administrative paritaire a émis à l'unanimité, le 10 mai 2022, un avis favorable à la proposition de refus de titularisation envisagée à l'encontre de l'intéressé. Ainsi, M. B, qui se borne à soutenir avoir donné satisfaction, et bien qu'il produise trois attestations d'un supérieur et de deux parents d'élève vantant ses mérites, et qui n'apporte aucun élément plus précis de nature à contredire les observations étayées et circonstanciées émises par la ville, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 16 mai 2022 refusant, à l'issue de son stage, sa titularisation, serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 mai 2022 refusant sa titularisation.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que la commune de La Verrière réclame sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de La Verrière sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de La Verrière.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
M. Geismar La présidente,
signé
N. Ribeiro-Mengoli
La greffière,
signé
B. Dalla Garda
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2205520
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