jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | DELMAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juillet 2022, M. A E, représenté par Me Delmas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juin 2022 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour dès lors qu'il n'habitait pas à cette date au domicile, situé dans les Yvelines, qu'il avait indiqué dans sa demande, et l'a invité à se rapprocher de la préfecture de son domicile actuel ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines à titre principal d'instruire sa demande dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire au séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est signée par un auteur incompétent ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juin 2023, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 juin 2024.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Perez,
- et les observations de Me Bouget, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant mauritanien né le 31 décembre 1966, est entré en France le 1er mars 2010 selon ses déclarations, sans visa, et s'est maintenu depuis en situation irrégulière sur le territoire national. Le 25 janvier 2022, il a demandé un titre de séjour auprès de la préfecture des Yvelines. Par une décision du 23 juin 2022, dont il demande l'annulation, le préfet des Yvelines lui a indiqué qu'il n'instruirait pas sa demande dès lors qu'il n'était pas territorialement compétent.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. La décision attaquée mentionne l'article du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lequel elle se fonde. De plus, elle mentionne que l'intéressé n'habite plus à l'adresse indiquée dans son dossier, à Chanteloup-les-Vignes, et invite l'intéressé à se rapprocher de la préfecture de son domicile actuel. Par suite, la décision attaquée satisfait à l'exigence de motivation en droit et en fait prescrite par les dispositions précitées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En deuxième lieu, par un arrêté du 12 mai 2022, publié le jour même au recueil des actes administratifs de la préfecture des Yvelines, le préfet des Yvelines a donné délégation de signature à Mme D C, référent " fraude " et signataire de la décision attaquée, à fin de signer, dans la limite de ses attributions, toutes décisions, documents, pièces ou correspondances administratives à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figure pas la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'exception prévue à l'article R. 426-3, le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police (). ".
6. Le préfet des Yvelines a demandé le 14 avril 2022 la réalisation d'une enquête de domicile afin de vérifier que M. E résidait bien à l'adresse indiquée dans sa demande de titre de séjour, à Chanteloup-les-Vignes. Le rapport de police, daté du 12 mai 2022, conclut qu'il n'a pas été établi que l'intéressé résidait à l'adresse indiquée à Chanteloup-les-Vignes. Si le requérant soutient qu'il a pu être absent du domicile lors de la visite des enquêteurs du fait de ses horaires de travail décalés au sein de la société Clean Service, il produit pour attester ce point une attestation de concordance signée par son employeur le 10 mai 2021 et certifiant que M. A E a été employé sous l'identité de M. F E B, et qu'il réside à Saint-Denis. De plus, si M. E produit des relevés bancaires de janvier 2020 et de février et mars 2022 sur lesquels est mentionnée son adresse à Chanteloup-les-Vignes, ces pièces ne sont pas suffisantes pour établir sa domiciliation. Par suite, au regard des pièces effectivement produites pendant l'instance, le préfet des Yvelines n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que M. E ne résidait pas à l'adresse qu'il avait indiquée dans sa demande, à Chanteloup-les-Vignes.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 juin 2022 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé d'instruire la demande de M. E doivent être rejetées, ainsi que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera communiqué à M. A E, et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Perez, premier conseiller,
M. Bélot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024,
Le rapporteur,
signé
J-L. PEREZ
Le président,
signé
O. MAUNYLa greffière,
signé
A. ESTEVES
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205730
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026