mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205810 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DANDALEIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juillet 2022 et un mémoire enregistré le 4 octobre 2022, non communiqué, M. A C, représenté par Me Dandaleix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 1er juillet 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter, sans délai, le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il devait être renvoyé ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un certificat de résidence algérien dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de titre de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre, en toute hypothèse, au préfet de l'Essonne, ou au préfet territorialement compétent, de communiquer au tribunal la copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de séjour est insuffisamment motivée et procède d'un examen incomplet de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien dès lors qu'il s'est acquitté du droit de visa de régularisation et que le préfet ne pouvait lui opposer son entrée irrégulière sans commettre une erreur de droit ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation et le préfet aurait dû l'admettre au séjour au titre de son pouvoir général de régularisation ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale dès lors qu'elle repose sur une décision de refus de séjour elle-même illégale ;
- elle procède d'un examen incomplet et non sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît le 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est illégale dès lors qu'elle repose sur une mesure d'éloignement elle-même illégale ;
- elle n'est pas motivée et procède d'un examen incomplet de sa situation ;
- elle méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il ne constitue pas une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né le 14 mars 1987, déclare être entré en France le 6 octobre 2017 et s'y maintenir depuis lors. Il a présenté, le 16 septembre 2020, une demande tendant au bénéfice d'un certificat de résidence algérien en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Par un arrêté du 1er juillet 2022, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter, sans délai, le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il devait être renvoyé. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. C, mentionnant en particulier la date alléguée et les conditions de son entrée sur le territoire français, ainsi que son mariage avec une ressortissante française, célébré à Massy le 11 janvier 2020. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement notamment de la décision portant refus de séjour et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, ainsi qu'il est précisé au point 9 ci-dessous, M. C n'établit pas, par les pièces qu'il produit, avoir acquitté l'intégralité des droits afférents à la délivrance d'un visa de régularisation. Il n'est, dès lors, pas fondé à reprocher au préfet de ne pas avoir tenu compte de ce qu'il aurait acquitté de tels droits et il n'établit pas que la décision de refus de séjour procèderait, de ce point de vue, d'un examen incomplet de sa situation.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français () ". Aux termes de l'article 9 de cet accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français (), les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises ".
5. Si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de validité des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, il n'a toutefois pas entendu écarter, sauf stipulations incompatibles expresses, l'application des dispositions de procédure qui s'appliquent à tous les étrangers en ce qui concerne la délivrance, le renouvellement ou le refus de titres de séjour dès lors que ces ressortissants algériens se trouvent dans une situation entrant à la fois dans les prévisions de l'accord et dans celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour dont la durée de validité ne peut être supérieure à un an. / Ce visa peut autoriser un séjour de plus de trois mois à caractère familial, en qualité de visiteur, d'étudiant, de stagiaire ou au titre d'une activité professionnelle, et plus généralement tout type de séjour d'une durée supérieure à trois mois conférant à son titulaire les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9 à L. 421-11 et L. 421-13 à L. 421-24. ". Et aux termes de l'article L. 436-4 du même code : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 412-1, préalablement à la délivrance d'un premier titre de séjour, l'étranger qui est entré en France sans être muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ou qui, âgé de plus de dix-huit ans, n'a pas, après l'expiration depuis son entrée en France d'un délai de trois mois ou d'un délai supérieur fixé par décret en Conseil d'Etat, été muni d'une carte de séjour, acquitte un droit de visa de régularisation d'un montant égal à 200 euros, dont 50 euros, non remboursables, sont perçus lors de la demande de titre. () Le visa mentionné au premier alinéa tient lieu du visa de long séjour prévu au dernier alinéa de l'article L. 312-2 si les conditions pour le demander sont réunies ".
7. Si l'accord franco-algérien prévoit que les certificats de résidence mentionnés aux articles 7 et 7 bis sont délivrés gratuitement, tel n'est pas le cas de ceux énumérés à l'article 6 de ce même accord. Dans ces conditions, les dispositions générales de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui doivent être regardées comme des dispositions de procédure au sens énoncé au point 5 du présent jugement, sont applicables aux ressortissants algériens sollicitant la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6 de l'accord franco-algérien.
8. Les dispositions de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant les conditions dans lesquelles l'étranger doit acquitter le droit de visa de régularisation lorsqu'il sollicite la délivrance d'un premier titre de séjour et qu'il n'est pas entré en France muni des documents et visas exigés par la réglementation en vigueur ou qu'il n'a pas été muni d'une carte de séjour après l'expiration de la validité de son visa, ont pour objet d'inciter les étrangers qui sollicitent un titre de séjour à respecter l'ensemble des conditions posées par les lois et conventions internationales, et à améliorer le traitement d'ensemble du flux des demandes de titres de séjour. Ces dispositions ont ainsi institué un droit de visa de régularisation qui s'est substitué au double droit de chancellerie régi par le décret n° 81-778 du 13 août 1981 qui était acquitté par les étrangers ayant omis de solliciter un visa et souhaitant régulariser cette omission sur le territoire français. Dans ces conditions, il résulte implicitement mais nécessairement des dispositions de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la délivrance d'un visa de régularisation fait obstacle à ce qu'après que l'étranger a acquitté l'intégralité du droit y afférent, le préfet puisse opposer l'irrégularité de l'entrée sur le territoire national pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé.
9. En l'espèce, M. C verse au dossier un courrier daté du 15 septembre 2020 émanant des services de la sous-préfecture de Palaiseau l'invitant à régler un droit de visa de régularisation, ainsi qu'un document justifiant du règlement, le 12 décembre 2020, d'une somme de 150 euros au titre d'un timbre fiscal électronique. Toutefois, d'une part, faute de comporter aucune indication sur son contenu, le courrier électronique adressé le 22 décembre 2020 par M. C aux services de la sous-préfecture de Palaiseau ne justifie pas de la transmission de la copie du timbre fiscal qu'il dit avoir réglé. D'autre part, le courrier émanant des services de la sous-préfecture de Palaiseau mentionne que le droit de visa de régularisation s'élève à 200 euros et il n'est pas établi que l'indication manuscrite de 150 euros portée sur ce courrier émanerait d'un agent habilité de la préfecture, ni qu'elle résulterait de la déduction de la somme de 50 euros devant être versée lors de la demande de titre en vertu des dispositions précitées de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce que le requérant n'allègue d'ailleurs pas. Ainsi, M. C ne peut, en tout état de cause, être regardé comme ayant réglé l'intégralité du droit de visa de régularisation. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier que M. C aurait obtenu un tel visa de régularisation. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne aurait commis une erreur de droit en lui opposant les conditions irrégulières de son entrée sur le territoire français, qu'il ne conteste pas, et le moyen tiré du non-respect des stipulations précitées du 2) de l'article 6 de l'accord franco-algérien doit être écarté.
10. En quatrième lieu, d'une part, il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet a considéré l'ensemble des éléments afférents à la situation personnelle et familiale de M. C et estimé qu'il ne remplissait pas les conditions pour bénéficier d'une admission au séjour au titre de la vie privée et familiale. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'après avoir constaté qu'il ne remplissait pas les conditions subordonnant l'admission au séjour en qualité de conjoint d'un ressortissant français, le préfet n'aurait pas fait usage de son pouvoir de régularisation.
11. D'autre part, s'il fait valoir qu'il réside en France, de manière continue, depuis son entrée irrégulière sur le territoire au cours de l'année 2017, M. C, par les pièces qu'il produit, ne justifie pas suffisamment de sa présence sur le territoire depuis cette date, ni même, d'ailleurs, depuis son mariage avec une ressortissante française, célébré le 11 janvier 2020. A cet égard, s'il se prévaut d'une vie commune avec sa compagne depuis le mois de mai 2019, les factures d'énergie ainsi que les avis d'imposition établis aux noms des deux époux datent, au plus tôt, du mois de mars 2020, ces documents n'étant par ailleurs assortis d'aucune pièce établie au même domicile et au seul nom du requérant. Ce dernier ne justifie en outre d'aucune activité professionnelle au cours de l'année 2020, l'avis d'imposition sur les revenus, établi en 2021, se bornant à mentionner les revenus de l'épouse de M. C. Ce dernier n'établit pas davantage avoir exercé en France une activité professionnelle au cours de l'année 2021, les trois bulletins de salaire produits concernant les mois d'avril, mai et juin 2022. Enfin, M. C ne conteste pas les indications de l'arrêté selon lesquelles ses parents et ses frères et sœurs résident en Algérie, où lui-même a vécu jusqu'à l'âge de 30 ans. Dans ces conditions, eu égard notamment au caractère récent de la communauté de vie établie avec son épouse, le requérant n'est fondé à soutenir ni que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre au séjour au titre de son pouvoir général de régularisation, ni que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
12. En cinquième lieu, il résulte des motifs énoncés au point précédent que la décision refusant d'admettre au séjour M. C ne peut davantage être regardée comme portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, et que les moyens tirés du non-respect des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
13. En dernier lieu, si M. C fait valoir qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet aurait entendu se fonder sur l'existence d'une telle menace pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que, pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité du refus de séjour qui lui a été opposé.
15. En deuxième lieu, il n'est pas établi que cette mesure d'éloignement procèderait d'un examen incomplet et non sérieux de la situation de M. C.
16. En troisième lieu, les moyens tirés du non-respect des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision doivent être écartés, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 11 ci-dessus. Par ailleurs, le moyen tiré du non-respect des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien est inopérant à l'encontre d'une mesure d'éloignement.
17. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 6° L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un conjoint de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage et que le conjoint ait conservé la nationalité française () ".
18. Ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort des pièces du dossier que le mariage de M. C avec une ressortissante française a été célébré le 11 janvier 2020, soit moins de trois ans avant l'édiction de l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen tiré du non-respect des dispositions précitées du 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
19. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".
20. En l'espèce, la décision refusant d'accorder un délai de départ à M. C ne fait apparaitre ni le fondement légal retenu par le préfet pour édicter un telle décision, ni les éléments de fait sur lesquels elle repose. Dans ces conditions, la décision refusant d'accorder un délai de départ à M. C est insuffisamment motivée et doit, pour ce motif, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. L'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions de M. C tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision portant refus de délai de départ volontaire contenue dans l'arrêté du préfet de l'Essonne pris à l'encontre de M. C le 1er juillet 2022 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Amar-Cid, première conseillère,
- Mme Milon, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. B
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026