jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2205891 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CLOIX ET MENDES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 juillet et 29 décembre 2022, Mme E D, M. B D et M. A D, représentés par Me Marques, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2022 PREF/DCPPAT/BUPPE/033 du 18 février 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a déclaré d'utilité publique le projet d'aménagement du quartier F " sur le territoire de la commune du Plessis-Pâté a adopté la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune y afférente ;
2°) de mettre respectivement à la charge de l'Etat et de la société d'économie mixte du Val d'Orge la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'estimation sommaire des dépenses du dossier soumis à l'enquête publique est insuffisante ; elle ne distingue pas, au titre des acquisitions foncières, le coût des acquisitions déjà réalisées et le coût des acquisitions restant à réaliser, alors que la parcelle cadastrée section A n°199 était déjà sous maîtrise d'ouvrage publique ; elle est manifestement sous-évaluée dès lors que le prix au mètre carré ne correspond pas à la valeur du marché des terrains classés en zone d'urbanisation future dans le secteur ; elle n'intègre pas la participation financière de l'expropriant au titre de l'article L. 122-3 du code de l'expropriation, alors même qu'il est établi que l'opération compromettra la structure d'une exploitation agricole ; elle ne comporte aucun poste de dépense relatif aux mesures dites " éviter, réduire, compenser " (ERC) en général et au titre des impacts sur l'économie agricole en particulier ;
- l'étude d'impact du dossier soumis à l'enquête publique est insuffisante ; elle ne contient aucune véritable analyse des effets cumulés du projet du quartier F avec les autres projets existants ou approuvés dans le même secteur géographique en ce qui concerne les effets sur le compartiment aquatique, les effets sur les milieux naturels et agricoles et les effets en matière de circulation et de trafic ; elle ne comporte pas de mesures ERC relatives à l'activité agricole, l'indemnisation des exploitants ne pouvant être regardée comme relevant de telles mesures ; les mesures mentionnées par l'étude d'impact n'ont aucune consistance et constituent uniquement des annonces de soutien à l'activité agricole ; le maintien de parcelles en zone agricole et la mise en valeur des terres excavées ne constituent pas des mesures compensatoires ; elle ne comporte aucune analyse des impacts du projet au regard des enjeux du patrimoine paysager présents dans le secteur en cause ;
- l'arrêté attaqué ne présente pas un caractère d'utilité publique ; il n'est justifié dans le dossier ni des besoins de logements en accession libre, en équipements publics et offres urbaines diversifiées, ni du besoin d'un programme d'habitat intergénérationnel, de sorte que le projet ne répond pas à un besoin d'intérêt général ; le bilan " coûts - avantages " est défavorable en raison du coût financier de l'opération, de l'atteinte aux exploitations et à la préservation des espaces agricoles, des risques en matière de sécurité publique et de nuisances liés à l'augmentation du trafic et des besoins de stationnement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 122-3 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique dès lors qu'il ne comporte pas l'obligation faite au maître d'ouvrage de remédier aux dommages causés à l'exploitation agricole ;
- la déclaration d'utilité publique est incompatible avec le document d'orientations réglementaire du schéma directeur de la région d'Ile-de-France (SDRIF) et avec les objectifs de limitation de la consommation des espaces agricoles prévues par le schéma de cohérence territoriale (SCoT) de Cœur d'Essonne agglomération ;
- la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme (PLU) opérée par l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme dès lors que l'espace concerné par le projet aurait dû être classé en zone " 1AU " et non " 2AU " puisqu'il devient immédiatement constructible ;
- cette mise en compatibilité du PLU est incompatible avec le SDRIF et avec le SCoT de Cœur d'Essonne Agglomération.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre 2022 et 27 juin 2023, la société d'économie mixte du Val d'Orge (SORGEM), représentée par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal sursoit à statuer sur la requête pendant un délai de douze mois afin de permettre la mise en œuvre d'une mesure de régularisation et, en toute hypothèse, à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 novembre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de Mme C, rapporteure-publique,
- les observations de Me de Lagarde, représentant les requérants,
- et les observations de Me Destarac, représentant la société d'économie mixte du Val d'Orge.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 février 2022, le préfet de l'Essonne a déclaré d'utilité publique le projet d'aménagement du quartier F " et a adopté la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune du Plessis-Pâté y afférente. Les consorts D, propriétaires d'une partie des terrains compris dans le périmètre de cet arrêté, demandent au tribunal d'en prononcer l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la composition du dossier soumis à enquête publique :
S'agissant de l'estimation sommaire des dépenses :
2. Aux termes de l'article R. 112-4 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : " Lorsque la déclaration d'utilité publique est demandée en vue de la réalisation de travaux ou d'ouvrages, l'expropriant adresse au préfet du département où l'opération doit être réalisée, pour qu'il soit soumis à l'enquête, un dossier comprenant au moins : () / 5° L'appréciation sommaire des dépenses ".
3. L'appréciation sommaire des dépenses a pour objet de permettre à tous les intéressés de s'assurer que ces travaux ou ouvrages, compte tenu de leur coût total réel, tel qu'il peut être raisonnablement apprécié à l'époque de l'enquête, ont un caractère d'utilité publique. Si certaines dépenses ne figurent pas dans cette appréciation sommaire, mais que le dossier soumis à enquête publique les fait apparaître par ailleurs de manière précise et détaillée, cette circonstance n'est pas de nature à vicier la procédure suivie. Par ailleurs, la seule circonstance que certaines dépenses auraient été omises n'est pas par elle-même de nature à entacher d'irrégularité la procédure si, compte tenu de leur nature, leur montant apparaît limité au regard du coût global de l'opération et ne peut être effectivement apprécié qu'au vu d'études complémentaires postérieures, rendant ainsi incertaine leur estimation au moment de l'enquête.
4. Le dossier d'enquête publique relatif au projet d'aménagement du quartier F " comporte une pièce n°5 intitulée " appréciation sommaire des dépenses du périmètre de DUP " qui mentionne un coût total des travaux et aménagements de 25 959 154 euros hors taxe et un coût total des acquisitions foncières de 3 313 734 euros hors taxes, soit un montant total des dépenses estimé à 29 272 888 euros hors taxe.
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à la date d'ouverture de l'enquête publique, la parcelle cadastrée section A n° 199 appartenait à l'Etat et n'a été acquise par la commune du Plessis-Pâté que le 2 juin 2022, soit postérieurement à l'enquête publique, qui l'a cédée le jour même à la société d'économie mixte du Val d'Orge (SORGEM), bénéficiaire de la DUP. Dès lors, contrairement à ce que soutiennent les requérants, aucune acquisition foncière n'a été réalisée avant l'ouverture de l'enquête publique de sorte que le maître d'ouvrage n'était pas tenu d'opérer, au sein de l'estimation sommaire, une distinction entre le coût des acquisitions foncières déjà réalisées et celui des acquisitions restant à réaliser. En tout état de cause, le coût de l'acquisition de cette parcelle a bien été intégré au montant total des acquisitions foncières à réaliser au sein de l'estimation sommaire des dépenses, ainsi que le précise la note de bas de page de la pièce n°5. Par suite, ce moyen manque en fait et doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le coût total des acquisitions foncières mentionné au point 4 a été fixé par référence à l'avis du service des domaines du 16 décembre 2019. Si les requérants soutiennent que le prix au mètre carré retenu, inférieur à 23 euros, ne correspond pas à la valeur du marché dans le secteur de terrains classés en zone d'urbanisation future, ces derniers se bornent à faire état de décisions du juge de l'expropriation du tribunal judiciaire d'Evry ayant fixé, en 2019, le prix au mètre carré à 50 euros. De telles allégations, qui ne reposent sur aucun commencement de preuve et qui sont dépourvues d'élément précis de comparaison entre les terrains concernés par ces supposées estimations et les parcelles litigieuses, ne sauraient remettre sérieusement en cause l'estimation mentionnée dans le dossier litigieux. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier est entaché d'une sous-évaluation manifeste de la valeur de leur terrain ne permettant pas de connaître le coût total et réel de l'opération projetée.
7. En troisième lieu, si le document relatif à l'appréciation sommaire des dépenses ne mentionne pas explicitement le coût des mesures " éviter, réduire, compenser " (ERC) et ne comporte pas d'estimation des dépenses correspondantes, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'étude d'impact du projet, qui consacre dix-huit pages à la description de ces mesures, détaille les différents postes de dépenses de ces mesures au point 6.4. En outre, l'étude agricole, qui fait partie du dossier soumis à enquête publique, comprend également une estimation sommaire des mesures ERC relatives aux effets du projet sur l'activité agricole en page 104. L'ensemble de ces estimations concourent au montant des travaux d'aménagement dont l'estimation sommaire comprend une évaluation globale. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'absence de mention du coût de ces mesures dans l'appréciation sommaire des dépenses serait de nature à vicier la procédure suivie.
8. En quatrième lieu, les dépenses qui peuvent éventuellement être mises à la charge du maître de l'ouvrage en application de l'article L. 122-3 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique et dont le montant demeure incertain à la date où est pris l'acte déclaratif d'utilité publique, ne sont pas incluses dans les dépenses nécessaires à la réalisation de l'opération objet de la déclaration d'utilité publique et leur montant n'a donc pas à figurer dans l'appréciation sommaire des dépenses de cette opération. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le montant de la participation financière de l'expropriant aurait dû être inclus dans l'appréciation sommaire des dépenses.
S'agissant de l'étude d'impact :
9. Aux termes de l'article R. 122-5 du code l'environnement, dans sa rédaction applicable au présent litige : " I. - Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine () / II. - En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : 1° Un résumé non technique des informations prévues ci-dessous. Ce résumé peut faire l'objet d'un document indépendant ; / 2° Une description du projet () / 5° Une description des incidences notables que le projet est susceptible d'avoir sur l'environnement résultant, entre autres : () e) Du cumul des incidences avec d'autres projets existants ou approuvés, en tenant compte le cas échéant des problèmes environnementaux relatifs à l'utilisation des ressources naturelles et des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement susceptibles d'être touchées. / Les projets existants sont ceux qui, lors du dépôt du dossier de demande comprenant l'étude d'impact, ont été réalisés. / Les projets approuvés sont ceux qui, lors du dépôt du dossier de demande comprenant l'étude d'impact, ont fait l'objet d'une décision leur permettant d'être réalisés. / Sont compris, en outre, les projets qui, lors du dépôt du dossier de demande comprenant l'étude d'impact : - ont fait l'objet d'une étude d'incidence environnementale au titre de l'article R. 181-14 et d'une consultation du public ; / - ont fait l'objet d'une évaluation environnementale au titre du présent code et pour lesquels un avis de l'autorité environnementale a été rendu public () / 8° Les mesures prévues par le maître de l'ouvrage pour : - éviter les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine et réduire les effets n'ayant pu être évités ; / - compenser, lorsque cela est possible, les effets négatifs notables du projet sur l'environnement ou la santé humaine qui n'ont pu être ni évités ni suffisamment réduits. S'il n'est pas possible de compenser ces effets, le maître d'ouvrage justifie cette impossibilité. / La description de ces mesures doit être accompagnée de l'estimation des dépenses correspondantes, de l'exposé des effets attendus de ces mesures à l'égard des impacts du projet sur les éléments mentionnés au 5° () ".
Quant aux effets cumulés avec d'autres projets existants ou approuvés :
10. Si les requérants soutiennent que l'étude d'impact n'a pas procédé à une véritable analyse des effets cumulés du projet avec ceux d'autres projets existants ou approuvés, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'étude d'impact identifie, dans sa partie 4.5, huit projets situés à proximité du terrain concerné par la déclaration d'utilité publique. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, cette étude d'impact ne se borne pas à lister les projets en cause mais procède à une description permettant de connaître leur localisation précise, leur surface et le contenu des programmes. Pour chacun de ces huit projets, un résumé de l'avis de l'autorité environnementale est présenté et la nature des effets susceptibles d'entrer en interaction avec l'opération du quartier F est précisée. Enfin, l'étude d'impact procède à une analyse de l'importance des effets cumulés pour chacun de ces huit projets et mentionne les mesures prises pour les limiter ou les compenser.
11. En ce qui concerne plus particulièrement l'analyse du cumul des incidences avec le projet de centre commercial " Central parc - Val vert ", l'étude d'impact étudie cinq rubriques correspondants aux cinq principaux enjeux pour lesquels des interactions avec le projet en litige pourraient être observées, à savoir les effets sur le compartiment aquatique, les effets sur les milieux naturels et les espaces agricoles, les effets sur les transports, le bruit et la qualité de l'air, les effets sur le paysage et les effets sur le cadre de vie et le contexte socio-économique local.
12. En premier lieu, en ce qui concerne les effets sur les milieux naturels et les espaces agricoles, l'étude d'impact fait état d'effets cumulés négatifs en raison de la consommation de terres agricoles et positifs en termes de biodiversité puisque les deux projets prévoient la transformation d'une partie de ces terres en espaces naturels. L'étude agricole comporte également une analyse des impacts du projet sur ce secteur, y compris de ses effets cumulés avec ceux de quatre autres projets, dont le projet de centre commercial " Central parc - Val vert ". Enfin, il résulte du tableau de synthèse des effets cumulés figurant dans l'étude agricole que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la surface d'espaces naturels et agricoles totale consommée par le projet, de 14,2 hectares, est précisée comme celle de chacun des autres projets dont les effets cumulés sont analysés.
13. En deuxième lieu, en ce qui concerne l'analyse des effets cumulés des différents projets sur la circulation, les requérants se bornent à reprendre les observations émises dans le cadre de l'avis du 15 octobre 2020 de la mission régionale d'autorité environnementale d'Ile-de-France sur ce point alors que des compléments utiles figurent dans le mémoire de la SORGEM du 15 février 2021 en réponse à cet avis. En l'occurrence, ce mémoire joint une étude de circulation réalisée le 23 juillet 2018 qui n'avait pas été communiquée à l'autorité environnementale mais qui a été jointe au dossier d'enquête publique, comme le mémoire en réponse de la SORGEM. Cette étude procède à une analyse de la circulation projetée aux heures de pointe sur les axes et carrefours environnants selon différents scénarios qui tiennent compte, selon les cas, des effets propres ou cumulés des différents projets, dont celui du centre commercial " Central parc - Val vert ".
14. En troisième lieu, en ce qui concerne les effets sur le compartiment aquatique, l'étude précise que les impacts respectifs des deux projets, et partant leurs effets cumulés, seront faibles, compte tenu des mesures respectives prises pour assurer la gestion des eaux pluviales, lesquelles font l'objet d'une courte description pour le projet " Central parc - Val vert " et de développements détaillés tout au long de l'étude d'impact pour le projet F. Si les développements consacrés à ces effets sont présentés de façon synthétique, ces derniers doivent être lus à la lumière de l'ensemble des informations fournies par l'étude d'impact quant aux effets cumulés, qui sont rappelés aux points 10 à 13 du présent jugement.
15. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'examen des effets cumulés figurant dans l'étude d'impact est insuffisant.
Quant aux mesures ERC relatives à l'activité agricole :
16. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'étude d'impact identifie, au titre des mesures dites ERC relatives à l'activité agricole, le développement d'une agriculture raisonnée et de proximité destiné à compenser la réduction des terres agricoles par la création et l'aménagement d'activité agricole en ville tels que la plantation de vergers et la création de jardins partagés. Cette étude d'impact est complétée sur ce point par une étude de compensation agricole annexée, qui consacre dix-huit pages à de telles mesures, parmi lesquelles figurent notamment le renforcement du lien agri-urbain, le maintien du fonctionnement du réseau de drainage et la mise en valeur des terres agricoles excavées. Compte tenu de tous ces éléments, la circonstance que cette l'étude d'impact y rattache l'indemnisation des exploitants, qui ne devrait pas relever des mesures ERC, n'est pas de nature à entacher d'insuffisance la présentation de ces mesures relatives à l'activité agricole.
17. D'autre part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, en indiquant que le projet entend ne pas consommer les terres agricoles situées au nord du site F et les maintenir en zone agricole alors qu'elles ont, un temps, été classées en zone à urbaniser et qu'elles devaient être consommées, l'étude agricole décrit une mesure d'évitement. Par ailleurs, la mention de la réutilisation des terres prévues constitue une mesure de réduction dès lors qu'elle a pour objet d'éviter la perte de terres fertiles. En outre, si la mise en valeur des terres agricoles excavées ne peut, quant à elle, être regardée comme une mesure d'évitement, elle est également qualifiée, à bon droit, de mesure de réduction, de sorte que l'erreur commise sur ce point demeure sans incidence sur la régularité de l'étude d'impact.
18. Enfin, les requérants ne peuvent utilement faire valoir, au soutient de leur moyen de légalité externe, l'insuffisance des mesures compensatoires relatives à l'agriculture en ce qu'elles constitueraient de simples annonces.
19. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de l'étude d'impact en ce qui concerne les mesures ERC relatives à l'activité agricole doit être écarté.
Quant aux enjeux paysagers du site :
20. Pour se prévaloir de l'insuffisance de l'étude d'impact concernant les enjeux paysagers du site, les requérants s'appuient sur l'avis émis le 15 octobre 2020 par la mission régionale d'autorité environnementale d'Ile-de-France, qui a relevé un manque de précision dans l'analyse des incidences du projet sur le paysage. Néanmoins, il ressort des pièces du dossier que les terres agricoles en cause ne présentent pas d'intérêt paysager notable et que la SORGEM a apporté sur ce point des compléments détaillés dans son mémoire en réponse qui a été joint au dossier d'enquête publique et que les requérants ne critiquent pas. Enfin, malgré cette observation, la mission régionale d'autorité environnementale a retenu, à la page 13 de son avis, que l'étude d'impact comporte l'ensemble des éléments requis par le code de l'environnement et le code de l'urbanisme et que sa rédaction est claire et largement illustrée. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la participation financière à la réparation des dommages :
21. Aux termes de l'article L. 122-3 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique " Lorsqu'une opération déclarée d'utilité publique est susceptible de compromettre la structure d'une exploitation agricole, le maître de l'ouvrage, dans l'acte déclarant l'utilité publique, participe financièrement à la réparation des dommages dans les conditions prévues aux articles L. 123-24 à L. 123-26 et L. 352-1 du code rural et de la pêche maritime ".
22. Aux termes de l'article L. 352-1 du code rural et de la pêche maritime : " Lorsque les expropriations en vue de la réalisation des aménagements ou ouvrages mentionnés aux articles L. 122-1 à L. 122-3 du code de l'environnement sont susceptibles de compromettre la structure des exploitations dans une zone déterminée, l'obligation est faite au maître de l'ouvrage, dans l'acte déclaratif d'utilité publique, de remédier aux dommages causés en participant financièrement à l'installation, sur des exploitations nouvelles comparables, des agriculteurs dont l'exploitation aurait disparu ou serait gravement déséquilibrée, ou, s'ils l'acceptent, à la reconversion de leur activité () ". Aux termes de l'article R. 352-1 du même code : " Lorsque l'acte déclaratif d'utilité publique prévoit l'application des dispositions de l'article L. 352-1, le maître de l'ouvrage est tenu, dans les conditions précisées à la présente section, de participer financièrement soit à la réinstallation sur des exploitations nouvelles, soit à la reconversion de l'activité des exploitants agricoles dont les exploitations sont supprimées ou déséquilibrées du fait des expropriations auxquelles il est procédé en vue de la réalisation des aménagement ou ouvrages soumis à évaluation environnementale en application de l'article R. 122-2 du code de l'environnement () ". Aux termes de l'article R. 352-2 du même code : " Pour l'application des dispositions de l'article R. 352-1, est considérée comme gravement déséquilibrée toute exploitation agricole qui, du fait des expropriations, répond à l'une au moins des conditions ci-après : / 1° Un bâtiment essentiel à la vie de l'exploitation est exproprié et ne peut être reconstruit ; / 2° Le pourcentage des terres expropriées représente une valeur de productivité supérieure à 35 p. 100 au sens de l'article L. 123-4 ; / 3° Le pourcentage des terres expropriées représente une valeur de productivité supérieure à 10 p. 100 et la surface restante est inférieure au seuil de surface mentionné au II de l'article L. 312-1 ; / 4° Il est impossible, en poursuivant l'exploitation, de couvrir normalement les charges non réductibles subsistant après l'expropriation ".
23. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative est tenue de faire figurer dans le dispositif de l'acte déclaratif d'utilité publique l'obligation faite au maître de l'ouvrage de remédier aux dommages causés aux exploitations.
24. Il est constant que le dispositif de l'arrêté attaqué ne contient aucune disposition faisant obligation au maître d'ouvrage de participer financièrement à l'installation de l'exploitation agricole des époux D. Néanmoins, il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'étude agricole, que les 14,23 hectares impactés par le projet, qui sont exploités par un unique exploitant, représentent 11,5 % de la surface agricole utilisée par cette exploitation. En se bornant à se prévaloir de ce pourcentage, qu'ils réévaluent à 13,5%, et à indiquer que l'exploitation avait déjà été impactée par la consommation de 30 hectares dans le cadre du projet " Val Vert-Croix blanche ", les requérants ne justifient pas de considérations de productivité ou de viabilité financière de nature à démontrer un grave déséquilibre, au sens des dispositions précitées, lequel ne ressort d'aucune des pièces du dossier. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-3 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique et ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'utilité publique du projet :
25. Il appartient au juge, lorsqu'il doit se prononcer sur le caractère d'utilité publique d'une opération nécessitant l'expropriation d'immeubles ou de droits réels immobiliers, de contrôler successivement qu'elle répond à une finalité d'intérêt général, que l'expropriant n'était pas en mesure de réaliser l'opération dans des conditions équivalentes sans recourir à l'expropriation, et, enfin, que les atteintes à la propriété privée, le coût financier et, le cas échéant, les inconvénients d'ordre social ou économique, la mise en cause de la protection et de la valorisation de l'environnement, et l'atteinte éventuelle à d'autres intérêts publics que comporte l'opération ne sont pas excessifs eu égard à l'intérêt qu'elle présente.
26. En premier lieu, le projet litigieux a pour objet d'aménager 14,23 hectares de terrains agricoles situés sur le site dit F ", en vue de réaliser un programme de construction prévisionnel de 480 logements sur 9,5 hectares, les 5 hectares restant devant être consacrés aux espaces publics, dont un parc naturel et écologique de 2 hectares et des équipements publics. Ce projet poursuit l'objectif de créer 500 logements, dont 50% de logements sociaux et 50% en accession à la propriété. Il prévoit également la réalisation de 100 appartements d'habitat intergénérationnel ainsi que différents équipements publics, dont une crèche, un groupe scolaire et des équipements sportifs. Cet aménagement, qui poursuit l'objectif de créer des logements individuels et collectifs, tant sociaux que privés, dans un souci de mixité sociale et intergénérationnelle, alorsque la commune ne disposait, en 2017, que de 11,44 % de logements sociaux, ce qui la plaçait en fort recul par rapport aux objectifs fixés par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), répond donc à une finalité d'intérêt général pour laquelle l'expropriation pour cause d'utilité publique peut être légalement autorisée. A cet égard, la création d'un nouveau quartier implique par ailleurs nécessairement la réalisation de nouveaux équipements publics. Enfin, la réalisation d'un habitat intergénérationnel de 100 appartements vise à répondre à des besoins identifiés dans le schéma de cohérence territoriale (SCoT) de Cœur d'Essonne agglomération liés au vieillissement de la population et au souci de proposer une offre résidentielle diversifiée tout en favorisant la mixité sociale et intergénérationnelle.
27. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas même soutenu que l'opération aurait été susceptible d'être réalisée dans des conditions équivalentes sans recourir à l'expropriation.
28. En dernier lieu, pour contester l'utilité publique du projet, les requérants font valoir que l'aménagement du quartier de Charcoix sera réalisé à un coût excessif dès lors que les estimations financières ont été sous évaluées. Néanmoins, il résulte de ce qui est dit aux points 4 à 8 du présent jugement que les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'il a été procédé à une sous-estimation financière manifeste du projet. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que le projet entraînera une saturation des réseaux routiers et des difficultés de stationnement, il ressort des pièces du dossier que le projet créera 196 places de stationnement publiques auxquelles s'ajouteront des emplacements privés sur les différents lots, en application du règlement du PLU. Bien que le projet entraînera une augmentation sensible de la circulation sur les voies environnantes, l'étude de circulation, dont les projections ne sont pas sérieusement critiquées, exclue toute saturation du trafic. A cet égard, le projet prévoit des mesures de réduction afin de limiter les nuisances sonores engendrées par l'augmentation du trafic notamment par l'installation de merlons paysagers le long de la route départementale 19 et l'agencement des constructions situées dans le futur quartier F. Si l'augmentation du trafic aura également des conséquences en matière de pollution atmosphérique il résulte des projections opérées par l'étude sur la qualité de l'air jointe à l'étude d'impact que les émissions polluantes les plus importantes seront localisées sur la route départementale 19 mais que l'augmentation du trafic entraînera une augmentation inférieure à 10%, dont non significative, des émissions sur cet axe. En outre, des mesures d'évitement et de réduction liées à l'aménagement du quartier F et à la réduction de la vitesse autorisée au sein des voies internes du projet sont prévues. Enfin, s'agissant de la réduction des espaces agricoles, il ressort des pièces du dossier que le site présente une surface de 14,2 hectares, composée de terres de bonne valeur agronomique, régulièrement déclarées à la politique agricole commune et cultivées par un exploitant. Néanmoins, il ne ressort d'aucun des éléments versés au dossier que l'opération déclarée d'utilité publique entraînerait la disparition de l'activité agricole des requérants ou qu'elle aurait des conséquences excessives sur leur exploitation en termes de coût ou d'atteintes à la propriété privée. A cet égard, différentes mesures sont prévues afin de réduire et compenser les atteintes à l'activité agricole en vue notamment de soutenir le développement de circuits courts sur le territoire et d'améliorer la qualité environnementale et agricole des exploitations locales. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les atteintes à la propriété privée et les inconvénients d'ordre social ou économique que comporte l'opération d'aménagement du nouveau quartier F sont excessifs eu égard aux intérêts qu'elle présente, qui sont mentionnés au point 26 du présent jugement.
29. Par suite, le moyen tiré du défaut d'utilité publique du projet doit être écarté.
En ce qui concerne la compatibilité de la DUP avec le SCoT de Cœur d'Essonne agglomération :
30. Aux termes de l'article L. 143-44 du code de l'urbanisme : " Une opération faisant l'objet d'une déclaration d'utilité publique, () et qui n'est pas compatible avec les dispositions d'un schéma de cohérence territorial ne peut intervenir que si : / 1° L'enquête publique concernant cette opération a porté à la fois sur l'utilité publique ou l'intérêt général de l'opération et sur la mise en compatibilité du schéma qui en est la conséquence () ".
31. Il ressort des pièces du dossier que la révision, approuvée en 2019, du SCoT de Cœur d'Essonne agglomération poursuit à l'échelle du territoire qu'il couvre, l'objectif de freiner la consommation des espaces agricoles. Cet objectif se traduit précisément dans le SCoT par une limitation de la consommation d'espaces en extension à 405 hectares à l'horizon 2030. Au titre des espaces d'extension offerts, le SCoT attribue à la commune du Plessis-Pâté une enveloppe d'extension urbaine de 14,2 hectares pour la réalisation du projet d'aménagement en litige, sur une enveloppe maximale de 960 hectares offerte par le schéma directeur de la région d'Ile-de-France (SDRIF). Dans ces conditions, et compte des extensions urbaines permises, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet en cause ne serait pas compatible avec le SCoT de Cœur d'Essonne.
En ce qui concerne la compatibilité de la DUP avec le SDRIF :
32. Aux termes de l'article L. 123-22 du code de l'urbanisme : " La déclaration d'utilité publique () qui n'est pas compatible avec les dispositions du schéma directeur de la région d'Ile-de-France ne peut intervenir que si : / 1° L'enquête publique, réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement, concernant cette opération a porté à la fois sur l'utilité publique de l'opération et sur la mise en compatibilité du schéma qui en est la conséquence () ".
33. La carte de destination générale des différentes parties du territoire du SDRIF identifie des espaces, tels que les espaces agricoles, les espaces boisés ou les espaces naturels, à préserver et à valoriser conformément aux options et objectifs retenus par les orientations réglementaires du schéma directeur. Celles-ci précisent que : " Dans les espaces agricoles, hormis lorsque des capacités d'urbanisation cartographiées et non cartographiées sont prévues, sont exclus tous les installations, ouvrages et travaux autres que les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole. Peuvent toutefois être autorisés sous condition de ne pas nuire à l'activité agricole ou de ne pas remettre en cause sa pérennité : () Il importe également de maintenir les continuités entre les espaces et d'assurer les accès entre les sièges d'exploitation, les parcelles agricoles et les équipements d'amont et d'aval des filières. Ainsi qu'il est prescrit dans le chapitre 3.5 (" Les continuités : espaces de respiration, liaisons agricoles et forestières, continuités écologiques, liaisons vertes "), la fragmentation des espaces agricoles doit être évitée et lorsqu'elle ne peut l'être, les continuités doivent être rétablies ".
34. Bien que le site du projet soit cartographié comme un espace agricole par le SDRIF, ce document n'y interdit pas les constructions et travaux autres que ceux nécessaires à l'exploitation agricole lorsque des capacités d'urbanisation cartographiées et non cartographiées sont par ailleurs prévues. Or, le SDRIF fixe pour la commune du Plessis-Pâté un objectif de densification de la zone agglomérée au titre des espaces urbanisés à optimiser, tout en identifiant, à l'horizon 2030, un potentiel d'extension urbaine de 225 hectares au titre des secteurs d'urbanisation préférentielle et de 11 hectares, à raison du potentiel d'urbanisation offert au titre des secteurs de développement à proximité des gares. En outre, le SDRIF offre la possibilité aux SCoT de mutualiser les extensions aux communes englobées dans les agglomérations des pôles de centralité. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que le SCoT de Cœur Essonne agglomération a mis en œuvre cette faculté au profit de la commune du Plessis-Pâté en mobilisant 4 des 10 hectares d'extension dont bénéficie à ce titre la commune de Marolles-en-Hurepoix. Dans ces conditions, le projet litigieux, prévoyant l'urbanisation de 14,2 hectares sur le territoire de la commune du Plessis-Pâté, qui est englobée dans une agglomération d'un pôle de centralité, ne peut être regardé comme étant incompatible avec le SDRIF. Par suite, le moyen tiré de l'incompatibilité du projet avec le SDRIF doit être écarté.
En ce qui concerne la mise en compatibilité du PLU du Plessis-Pâté :
35. En premier lieu, aux termes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone ".
36. Il appartient aux auteurs d'un PLU de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme. Leur appréciation ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
37. Il ressort de l'ensemble des pièces du dossier que la mise en compatibilité litigieuse du PLU du Plessis-Pâté se borne, en application du seul troisième alinéa de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme, à ouvrir à l'urbanisation la zone AU préexistante par la création d'une orientation d'aménagement et de programmation du quartier F. Ainsi, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, une telle ouverture à l'urbanisation, qui ne nécessitait aucunement de faire passer cette zone en une nouvelle zone AU relevant du second alinéa de l'article R. 151-20, ne méconnait pas les dispositions de cet article. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité d'une telle évolution de zonage ne peut qu'être écarté comme étant inopérant.
38. En second lieu, aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 131-6 du même code : " En l'absence de schéma de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme, les documents en tenant lieu et les cartes communales sont compatibles avec les dispositions mentionnées au 1° et avec les documents énumérés aux 2° à 16° de l'article L. 131-1 () ". Aux termes de l'article L. 131-1 du même code " Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 sont compatibles avec : / () 3° Le schéma directeur de la région d'Ile-de-France () ".
39. Il résulte de ces dispositions qu'au sein de la région d'Ile-de-France les SCoT et, en leur absence, les PLU, les documents en tenant lieu et les cartes communales sont soumis à une obligation de compatibilité avec le schéma directeur de cette région. Pour apprécier cette compatibilité, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire pertinent pour prendre en compte les prescriptions du schéma directeur de la région, si le SCoT ou, en son absence, le PLU, le document en tenant lieu ou la carte communale ne contrarie pas les objectifs et les orientations d'aménagement et de développement fixés par le schéma, compte tenu du degré de précision des orientations adoptées, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque orientation ou objectif particulier.
40. D'une part, il est constant que le territoire de la commune du Plessis-Pâté est couvert par le SCoT de Cœur d'Essonne agglomération. Par suite, en application des dispositions citées au point 38 et du principe cité au point 39 du présent jugement, les requérants ne sauraient utilement faire valoir, au soutient de leurs conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il vaut mise en compatibilité du PLU de cette commune, son incompatibilité avec le SDRIF.
41. D'autre part, si les requérants soutiennent que la mise en compatibilité du PLU opérée par l'arrêté en cause est incompatible avec le SCoT de Cœur d'Essonne agglomération, ils n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
42. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 18 février 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a déclaré d'utilité publique le projet d'aménagement du quartier F " sur le territoire de la commune du Plessis-Pâté et a adopté la mise en compatibilité du PLU de la commune y afférente.
Sur les frais d'instance :
43. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat et de la SORGEM, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme de 1 800 euros à verser à la SORGEM sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D et autres est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront la somme de 1 800 euros à la société d'économie mixte du Val d'Orge (SORGEM) au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à M. B D, à M. A D, à la société d'économie mixte du Val d'Orge (SORGEM) et au préfet de l'Essonne.
Copie en sera adressée, pour information, à la commune du Plessis-Pâté.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026