lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2206036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | AARPI METIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires enregistrés le 5 août 2022, le 27 novembre 2023, le 6 février 2024 et le 28 mai 2024, M. C B, représenté par Me Metin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juin 2022 par laquelle le ministre du travail a refusé d'abroger sa décision du 12 décembre 2018 autorisant son licenciement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée méconnaît l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la décision du 12 décembre 2018 a été obtenue par fraude ;
- la décision du 12 décembre 2018 autorisant son licenciement lui a été notifiée le 15 décembre suivant, mais son licenciement intervenu le 14 décembre a eu pour conséquence de la priver d'objet.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 20 octobre 2023 et le 24 janvier 2024, la société SKF France, représentée par Me Sutra, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens présentés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 février 2024, le ministre du travail conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens présentés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lutz,
- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique,
- les observations de Me Abbas, représentant la société SKF France.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B exerçait, au sein de la SAS SKF France, l'emploi de technicien " analyse de la concurrence ", et était titulaire des mandats de délégué du personnel suppléant, de membre du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et de conseiller du salarié. Par une décision du 31 mai 2018, la responsable d'unité de contrôle de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) d'Ile-de-France a rejeté la demande d'autorisation de licenciement présentée par la SAS SKF France. Le recours hiérarchique formé par l'employeur contre cette décision a été implicitement rejeté par la ministre du travail le 29 octobre 2018. Par une décision du 12 décembre 2018, la ministre du travail a retiré la décision implicite du 29 octobre 2018, a annulé ce refus et a autorisé ce licenciement. Le recours contentieux formé par M. B contre cette décision a été rejeté par le tribunal administratif de Versailles, puis par la cour administrative d'appel de Versailles par un arrêt n°20VE03047 du 22 avril 2021. Parallèlement, M. B a contesté devant le conseil de prud'hommes la sanction de mise à pied de quatre jours dont il a fait l'objet le 22 novembre 2017. Par jugement du 25 février 2020, le conseil de prud'hommes a rejeté cette demande mais la cour d'appel de Versailles a, par un arrêt du 30 mars 2022, annulé cette sanction. Le pourvoi formé par la société SKF France contre ce jugement a été rejeté le 2 mai 2024 par la Cour de cassation.
2. Par courrier du 21 mai 2022, M. B a sollicité auprès du ministre du travail le retrait de la décision du 12 décembre 2018. Par la décision contestée du 7 juin 2022, le ministre du travail a rejeté cette demande.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 241-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré ".
4. M. B fait valoir que la sanction de mise à pied dont il a fait l'objet le 22 novembre 2017 pour avoir, le 3 octobre 2017, manqué à son obligation de discrétion et entravé le bon déroulement d'une enquête, a finalement été annulée par la cour d'appel de Versailles en raison de l'illégalité du règlement intérieur qui en constituait le fondement, et qu'en conséquence la société SKF France, qui s'est prévalue de cette sanction devant l'inspecteur du travail puis devant le ministre du travail, a frauduleusement obtenu l'autorisation de la licencier accordée par la décision ministérielle du 12 décembre 2018, dont le retrait est sollicité. Toutefois, il ressort des termes mêmes de cette décision, confirmée par le tribunal administratif puis par la cour administrative d'appel de Versailles, que la demande d'autorisation de licenciement présentée le 6 avril 2018 par la société SKF France était exclusivement fondée des faits du 17 octobre 2017, M. B ayant alors déposé plainte au nom de la société pour abus de confiance à l'encontre de M. D A sans disposer d'une délégation de pouvoir à cette fin, ni en avoir préalablement informé les dirigeants de la société, ni reçu l'autorisation de ces derniers, et que c'est ce seul motif, caractérisant un manquement fautif à l'obligation de loyauté découlant de son contrat de travail, qui a été retenu par le ministre pour accorder l'autorisation de licenciement. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision du 12 décembre 2018 aurait été obtenue par fraude et devrait en conséquence être retirée doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables, une décision individuelle expresse est opposable à la personne qui en fait l'objet au moment où elle est notifiée ". Aux termes de l'article R.2421-5 du code du travail : " La décision de l'inspecteur du travail () est notifiée par lettre recommandée avec avis de réception : / 1° A l'employeur ; / 2° Au salarié () ".
6. Il résulte de ces dispositions combinées qu'en cas de recours hiérarchique exercé par l'employeur, le licenciement du salarié ne peut intervenir qu'à compter de la notification de l'autorisation administrative à l'employeur. En revanche, la circonstance que l'employeur ait procédé au licenciement avant que le salarié protégé ait reçu notification de l'autorisation administrative est sans incidence sur la légalité de celle-ci. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision autorisant le licenciement, notifiée le 15 décembre 2018, aurait été privée d'objet en raison de son licenciement prononcé le 14 décembre doit être écarté comme inopérant, cette circonstance faisant simplement obstacle à ce que le licenciement ait pu prendre effet avant le 15 décembre 2018.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la société SKF France au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société SKF France au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la société SKF France et au ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Sauvageot, présidente,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
F. Lutz La présidente,
Signé
J. Sauvageot
La greffière,
Signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2206036
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026