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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2206058

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2206058

vendredi 9 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2206058
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantWAK-HANNA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 août 2022, M. C D A, représenté par Me Wak-Hana, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé le renouvellement de son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour, ou, à défaut, de réexaminer sa demande, dans le délai de trois mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté litigieux méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 août 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête, les moyens soulevés par le requérant n'étant pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 5 septembre, en présence de Mme Amegee, greffière:

- le rapport de Mme B ;

- les observations de Me Wak-Hana, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient en outre que l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen complet de la situation de l'intéressé.

- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C D A, ressortissant guinéen né le 20 septembre 1990 à Pita, a déposé le 14 août 2018 une demande d'asile auprès de la préfecture de l'Essonne. Cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par décision du 16 février 2021, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 4 octobre 2021. Par l'arrêté du 27 juin 2022 dont M. A demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office.

2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de la motivation de l'arrêté litigieux, que le préfet de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation du requérant, nonobstant la circonstance qu'il n'a pas évoqué sa situation professionnelle dans son arrêté.

3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

4. Si M. A fait valoir qu'il réside depuis août 2018 en France où est régulièrement établi son frère et qu'il justifie d'un emploi en qualité de terrassier depuis le 21 juillet 2020 au sein de la société CO RE BAT, il n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et où résident son épouse ainsi que ses deux enfants mineurs nés en 2016 et 2018. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. A a fait l'objet le 6 novembre 2018 d'une décision de transfert vers l'Italie dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Versailles le 9 novembre 2018 et à l'exécution de laquelle il s'est soustrait. Dans ces conditions, et en dépit de ses efforts d'insertion professionnelle, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Le préfet de l'Essonne n'a davantage commis à cet égard d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2022 par lequel le préfet de l'Essonne lui a refusé le renouvellement de son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte sont rejetées, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D A et au préfet de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

signé

C. BLa greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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