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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2206225

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2206225

mardi 23 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2206225
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantSCP LAUNOIS FLACELIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 août 2022, M. A E, représenté par Me Launois, demande au tribunal :

1°) d'annuler les articles 1er et 2 de l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le préfet des Yvelines a retiré sa carte de séjour pluriannuel et lui a fait obligation de restituer ce titre ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui restituer son titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence faute pour son signataire de justifier d'une délégation de signature régulière ;

- il est entaché d'insuffisance de motivation et n'a pas été précédé d'un examen complet et approfondi de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la décision retirée n'est pas illégale et que ce retrait intervient trois années après l'édiction de cette décision ;

- il est entaché d'erreur de fait dès lors que la composition pénale évoquée par le préfet n'a donné lieu à aucune condamnation pénale et que les deux interpellations évoquées sont anciennes et ont été classées sans suite ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'un défaut de base légale ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 142-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les stipulations des articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 20 novembre 1989 ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2023, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 11 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 décembre 2023 à 12 heures.

Un mémoire présenté pour M. E a été enregistrée le 29 décembre 2023 à 13 heures 30, soit postérieurement à la clôture de l'instruction.

M. A E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision sur recours rendue le 14 juin 2022 par le président de la cour administrative d'appel de Versailles.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Maljevic, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E, ressortissant roumain, né le 22 septembre 1978, entré en France en mai 2007, s'est vu délivrer deux titres de séjour pluriannuel sur le fondement des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile valable du 28 août 2013 au 27 août 2018 et du 28 août 2018 au 27 août 2023. Par un arrêté du 30 juillet 2021, le préfet des Yvelines a retiré ce dernier titre de séjour et a fait obligation à l'intéressé de le restituer. Par la présente requête, M. E demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la légalité externe de l'arrêté attaqué :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 1er mars 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Yvelines, le préfet de ce département a donné délégation à Mme B C, directrice des migrations et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer en toutes matières ressortissant à ses attributions tous arrêtés, décisions, documents et correspondances relevant des attributions du ministère de l'intérieur dans le département à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figure pas la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente manque en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. L'arrêté attaqué vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il expose des éléments suffisants sur la situation personnelle de M. E en relevant notamment que l'intéressé est entré sur le territoire français en 2007, qu'il s'est vu délivrer deux titres de séjour pluriannuel valables du 28 août 2013 au 27 août 2018 et du 28 août 2018 au 27 août 2023 et que sa présence en France constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'ordre public de nature à justifier le retrait de son titre de séjour. Ainsi, et alors même que ces motifs ne reprennent pas l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de M. E, une telle motivation satisfait, en tout état de cause, aux exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de cet arrêté, ni des autres pièces du dossier, quand bien même il aurait été fait usage de formules stéréotypées, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. E. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de l'arrêté et du défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressé doivent être écartés.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 432-5 du même code : " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire (), la carte de séjour peut lui être retirée par une décision motivée. La décision de retrait ne peut intervenir qu'après que l'intéressé a été mis à même de présenter ses observations dans les conditions prévues aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ". Enfin, aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 3 mai 2021, M. E a été informé de l'intention du préfet de prendre une décision de retrait de son titre de séjour et l'a informé de la possibilité de présenter ses observations dans un délai de quinze jours. Il ressort des mentions du bordereau d'accusé de réception que ce courrier a été distribué le 5 mai 2021. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise à la suite d'une procédure irrégulière et le moyen ne peut qu'être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 100-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le présent code régit les relations entre le public et l'administration en l'absence de dispositions spéciales applicables ". Aux termes de l'article L. 242-1 de ce même code : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

8. Il résulte des dispositions combinées de l'article L. 100-1 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. E ne peut utilement se prévaloir, au soutien des conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée, de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration. En outre, contrairement à ce que fait valoir le requérant, aucune disposition n'imposait au préfet de prendre la décision de retrait en litige dans un délai de quatre mois suivant le prononcé de la condamnation pénale sur laquelle le préfet s'est fondé. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du délai de quatre mois prévu par les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration précité est inopérant et doit être écarté.

9. En dernier lieu, si le requérant soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que les agents ayant consulté le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) disposaient d'une habilitation, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que pour caractériser la menace à l'ordre public que représentent les agissements de M. E, le préfet des Yvelines se serait fondé sur des éléments tirés de ce fichier automatisé. A cet égard, il résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a uniquement procédé à la consultation du ficher de traitement des antécédents judiciaire (TAJ) et qu'il a été informé de la mise en liberté de l'intéressé par la direction départementale de la sécurité publique. Par suite, ce moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.

Sur la légalité interne de l'arrêté attaqué :

10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

11. Pour retirer le titre de séjour de l'intéressé, le préfet des Yvelines s'est fondé sur les dispositions citées au point précédent et la circonstance que la présence en France de l'intéressé constitue une menace à l'ordre public. L'intéressé ne conteste pas la matérialité des faits l'ayant conduit à faire l'objet de trois interpellations, dont une pour vol par effraction, entre 2008 et 2021 et que la dernière, en date du 11 janvier 2021, a donné lieu à une composition pénale le 9 février 2021 pour des faits de violence par une personne étant concubin ou partenaire liée à la victime par un PACS. Dès lors, en retenant que la présence en France de l'intéressé constitue une menace à l'ordre public, le préfet des Yvelines n'a pas entaché son arrêté d'erreur de fait ni d'un défaut de base légale.

12. En deuxième lieux, aux termes de l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français () ". Enfin, aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; / 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3° ".

13. D'une part, les avis d'imposition sur le revenu de 2015 à 2021 ainsi que les actes de naissance et certificat de scolarité de ses enfants que M. E produit ne sont pas suffisants pour établir que l'intéressé aurait résidé de façon légale et continue en France pendant 2007, ni à tout le moins, depuis au moins cinq ans. Par ailleurs, il est constant que M. E n'exerce plus d'activité professionnelle en France depuis le 16 mai 2019 et ne dispose donc plus de ressources suffisantes pour les membres de sa famille, conformément aux 1° et 2° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, il n'entre dans aucune des autres catégories prévues par cet article. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des article L. 234-1 et L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

15. M. E soutient qu'il vit en France auprès de sa compagne, Mme D, ressortissante roumaine, avec laquelle ils ont quatre enfants. Toutefois, il n'est pas contesté que, comme le relève l'arrêté attaqué, son épouse se maintient elle-même irrégulièrement sur le territoire français. A cet égard, le requérant ne fait état d'aucun élément de fait ou de droit qui s'opposerait à ce que la cellule familiale se reconstitue en Roumanie, alors qu'au demeurant la décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de procéder à son éloignement du territoire français. Dans ces conditions, le préfet n'a pas, en retirant le titre de séjour de l'intéressé, porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquelles la décision attaquée a été prise et n'a pas, dès lors, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, le préfet des Yvelines n'a pas, par les mêmes motifs, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

16. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

17. Il résulte de ce qui a été dit au point 15 qu'aucun élément ne fait obstacle à la possibilité de reconstituer la cellule familiale en Roumanie. Par ailleurs, si le requérant se prévaut de ce que l'un de ses enfants présente un handicap important, il n'apporte aucun d'élément suffisamment circonstancié permettant d'attester que l'accompagnement actuellement proposé à son fils en France ne pourrait pas se poursuivre dans son pays d'origine dans des conditions satisfaisantes. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la scolarisation de ses enfants ne pourrait être poursuivie dans ce pays. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations citées au point précédent doit être écarté.

18. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 142-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les données à caractère personnel sont classées, au sein du traitement mentionné à l'article R. 142-16, dans des dossiers électroniques. Il ne peut y avoir qu'un seul dossier pour un même étranger ". Aux termes de l'article R. 142-21 du même code : " Tout dossier qui n'a fait l'objet d'aucune mise à jour dans un délai de cinq ans à compter de l'enregistrement des premières données qu'il contient est effacé, sauf dans les cas suivants : ()

Les données relatives à l'éloignement sont, en cas de délivrance d'une carte de séjour, effacées sans délai dès la délivrance de la carte de séjour () Les données résultant de l'interrogation du volet B2 du casier judiciaire mentionnées au 7° du B du I de l'annexe 3 sont conservées pendant une période de trois ans à compter de la date de leur enregistrement dans le traitement mentionné à l'article R. 142-16 ".

19. Si M. E soutient que la décision en litige ne pouvait se fonder sur les mesures d'éloignement prises à son encontre en 2007 dès lors que ces données auraient dû faire l'objet d'un effacement faute de mise à jour, en application des dispositions de l'article R. 142-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte toutefois de l'instruction que l'autorité administrative aurait pris la même décision si elle ne s'était pas fondée sur cette mesure d'éloignement, qui en tout état de cause, demeurent sans incidence sur l'appréciation portée sur le droit de M. E à mener une vie privée et familiale normale en France et sur l'existence d'un risque de trouble à l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 142-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède, que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le préfet des Yvelines a retiré sa carte de séjour pluriannuel et lui a fait obligation de restituer ce titre. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Boukheloua, présidente,

Mme Caron, première conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.

Le rapporteur,

signé

S. Maljevic

La présidente,

signé

N. Boukheloua

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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