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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2206273

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2206273

vendredi 19 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2206273
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLE FOYER DE COSTIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 août 2022, M. A B, représenté par Me le Foyer de Costil, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision révélée par le relevé de notes par laquelle le jury de Master 1 de l'université Paris-Saclay l'a ajourné, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au jury de Master 1 de délibérer de nouveau sur la décision d'ajournement en tenant compte de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'université Paris-Saclay une somme de 4 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 17 août 2022 sous le numéro 2206272 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Après avoir obtenu une licence d'économie-gestion au sein de l'université Paris-Saclay, M. A B y a poursuivi ses études en septembre 2021 en Master 1 Finance. Il n'a cependant pas validé son Master, en raison d'une note inférieure à 10 obtenue dans la matière " analyse financière ". Par la présente requête, il demande au juge des référés, d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision révélée par le relevé de notes par laquelle le jury de Master 1 de l'université Paris-Saclay l'a ajourné.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Pour l'application des dispositions citées au point 2, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Dans ce cadre, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence, le requérant invoque la proximité de la rentrée universitaire ainsi que son vœu de poursuivre en Master 2 ou de redoubler son Master 1. Toutefois, d'une part, il ne peut utilement invoquer son souhait de redoublement dès lors qu'il ressort de ses propres écritures qu'il a omis de déposer dans les délais requis sa demande de redoublement et s'est ainsi placé lui-même dans la situation qu'il invoque. Au demeurant, il ne justifie pas qu'il ne pourrait poursuivre ses études dans d'autres établissements où il aurait présenté des demandes. D'autre part, s'il fait valoir la proximité de la rentrée universitaire pour le Master 2, il résulte de l'instruction que M. B suit parallèlement des études de médecine en Italie, et que l'université Paris-Saclay lui avait d'ailleurs accordé un contrôle terminal d'évaluation afin de lui permettre ce cumul d'études. Dans ces conditions, et en l'absence de toute précision quant à sa situation actuelle au regard de ses études de médecine et à l'intérêt pour lui de suivre cumulativement des études en finance au sein de l'université Paris-Saclay au regard de son projet professionnel, le requérant ne démontre pas suffisamment en quoi la décision attaquée porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. Il ne peut dès lors être regardé comme justifiant suffisamment d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur le sérieux des moyens invoqués, que les conclusions à fin de suspension présentées par le requérant doivent être rejetées selon la procédure définie à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Versailles, le 19 août 2022.

Le juge des référés,

Signé

Ph. Delage

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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