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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2206295

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2206295

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2206295
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP SEBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 août 2022, M. A B, représenté par Me Blard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire d'Elancourt sur sa demande du 27 avril 2022 tendant à obtenir la régularisation de sa situation en application du jugement rendu par le conseil de prud'hommes le 22 janvier 2021 et le paiement de ses heures supplémentaires ;

2°) d'enjoindre au maire d'Elancourt, d'une part, de procéder à la régularisation de sa situation en lui accordant le bénéfice de la prime de reconstitution de carrière et de la prime d'ancienneté auxquelles il a légalement droit, d'autre part, de lui verser les sommes de 1 850,15 euros correspondant au rappel de la prime de reconstitution de carrière et de 185,03 euros correspondant au rappel de la prime d'ancienneté qu'il aurait dû percevoir depuis la prise d'effet de son nouveau contrat avec la commune d'Elancourt, soit depuis le 1er janvier 2019, avec prise en compte de l'augmentation du point d'indice, somme à parfaire à la date du jugement, avec intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable et capitalisation des intérêts, enfin, de lui payer les vingt-cinq heures de travail supplémentaire qu'il a effectuées depuis le 1er janvier 2019 sans percevoir aucune rémunération pour celles-ci ;

3°) de condamner la commune d'Elancourt à l'indemniser du préjudice résultant de la privation de ces primes depuis le 1er janvier 2019 pour un montant de 2 035,18 euros, équivalent à ce qu'il aurait dû percevoir, ainsi que de son préjudice moral pour un montant de 1 000 euros, avec application des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable et capitalisation des intérêts ;

4°) d'enjoindre au maire d'Elancourt de procéder à l'édition de nouveaux bulletins de salaire intégrant le versement de ces deux primes depuis la prise d'effet de son nouveau contrat avec la commune le 1er janvier 2019 et de procéder aux régularisations utiles auprès des organismes sociaux, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de la commune d'Elancourt la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision refusant le versement des primes d'ancienneté et de reconstitution de carrière est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 1224-3 du code du travail ;

- la décision refusant le paiement des heures de travail supplémentaires effectuées à la demande de l'employeur est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation, dès lors qu'il a effectué de nombreuses heures de travail au-delà de la durée de service hebdomadaire de quatre heures prévue par son contrat ;

- l'illégalité de ces décisions est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de la commune d'Elancourt ;

- cette faute lui a causé un préjudice financier correspondant aux sommes dont il a été privé depuis le 1er janvier 2019 au titre du paiement des primes de reconstitution de carrière et d'ancienneté, s'établissant à 2 035,18 euros, et des troubles dans les conditions d'existence résultant du refus injustifié opposé par son employeur, s'établissant à 1 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2024, la commune d'Elancourt, représentée par Me Carrère, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont inopérants ou ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bélot,

- les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gérard, substituant Me Blard, représentant M. B, et de Me Ouillé, substituant Me Carrère, représentant la commune d'Elancourt.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B était employé en qualité de professeur au sein de l'école de musique d'Elancourt, gérée jusqu'au 1er janvier 2019 par l'association Ecole de musique d'Elancourt (EME), en contrat à durée déterminée à compter du 18 novembre 2016 puis en contrat à durée indéterminée à compter du 1er septembre 2017. Dans le cadre de la reprise d'activité de l'école de musique par la commune d'Elancourt, il a été recruté par cette collectivité à compter du 1er janvier 2019 en contrat à durée indéterminée. En application des dispositions de l'article L. 1224-3 du code du travail, le contrat dont a bénéficié M. B reprenait les clauses substantielles de celui conclu avec l'EME, en particulier celles qui concernent la rémunération. Il a ainsi été recruté avec une rémunération fixée sur la base de l'indice brut 683, indice majoré 568. Par un jugement du 22 janvier 2021, le conseil de prud'hommes de Rambouillet a jugé que l'EME aurait dû verser à M. B une rémunération comprenant une prime de reconstitution de carrière et une prime d'ancienneté et a condamné l'association à lui verser les sommes de 1 083,44 euros au titre de la prime de reconstitution de carrière pour la période du 18 novembre 2016 au 31 décembre 2018 et 8,19 euros au titre de la prime d'ancienneté pour la période de novembre et décembre 2018. M. B a alors demandé au maire d'Elancourt, par un courrier du 27 avril 2022, de régulariser sa situation afin de tirer les conséquences de ce jugement ainsi que le paiement d'heures supplémentaires effectuées et non rémunérées et la réparation des préjudices subis. M. B demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire d'Elancourt sur ses demandes et la condamnation de la commune d'Elancourt à lui payer la somme de 3 035,18 euros en réparation des préjudices subis.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la motivation de la décision en litige :

2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. () ".

3. Il n'est pas établi, ni même allégué, que M. B a demandé au maire d'Elancourt la communication des motifs de la décision implicite de rejet en litige. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, dès lors et en tout état de cause, être écarté.

En ce qui concerne la prise en compte des primes d'ancienneté et de reconstitution de carrière :

4. D'une part, le niveau de rémunération des agents contractuels peut être fixé, au choix de l'autorité administrative, soit de manière globale et forfaitaire, soit par référence à la rémunération indiciaire des fonctionnaires, complétée de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement. La modalité de rémunération choisie est précisée dans le contrat conclu entre l'employeur et l'agent et ne peut être modifiée que par un avenant conclu entre les deux parties.

5. Aux termes de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " () Les agents contractuels qui ne demandent pas leur intégration ou dont la titularisation n'a pas été prononcée, () sont régis notamment par les mêmes dispositions que celles auxquelles sont soumis les fonctionnaires en application des articles 6,7,8,10,11,17,18,20, premier et deuxième alinéas, 23,25,26,27,28,29 du titre Ier du statut général des fonctionnaires de l'Etat et des collectivités territoriales () ". Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ".

6. Le décret du 24 octobre 1985 relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation précise les modalités de calcul du traitement indiciaire des fonctionnaires et agents contractuels rémunérés par référence à la rémunération indiciaire. Aux termes de son article 2 : " Les traitements et soldes soumis aux retenues pour pension des personnels mentionnés à l'article 1er du présent décret sont calculés en multipliant le centième de la valeur du traitement fixée à l'article 3 ci-dessous par l'indice majoré correspondant à leur grade ou emploi, et échelon ". Aux termes de son article 3 dans sa rédaction applicable au litige : " La valeur annuelle du traitement et de la solde définis respectivement à l' article 20 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, à l'article 42 de l'ordonnance du 22 décembre 1958 susvisée et à l' article L. 4123-1 du code de la défense, afférents à l'indice 100 majoré et soumis aux retenues pour pension est fixée à 5 623,23 € à compter du 1er février 2017 ".

7. D'autre part, aux termes de l'article L. 1224-3 du code du travail : " Lorsque l'activité d'une entité économique employant des salariés de droit privé est, par transfert de cette entité, reprise par une personne publique dans le cadre d'un service public administratif, il appartient à cette personne publique de proposer à ces salariés un contrat de droit public, à durée déterminée ou indéterminée selon la nature du contrat dont ils sont titulaires. / Sauf disposition légale ou conditions générales de rémunération et d'emploi des agents non titulaires de la personne publique contraires, le contrat qu'elle propose reprend les clauses substantielles du contrat dont les salariés sont titulaires, en particulier celles qui concernent la rémunération () ".

8. En l'espèce, il résulte du contrat à durée indéterminée de M. B que l'autorité territoriale a fait le choix de fixer la rémunération du requérant par référence à la rémunération indiciaire des fonctionnaires. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un avenant au contrat conclu entre les parties serait intervenu depuis cette date, de sorte que M. B peut se prévaloir d'un droit à être rémunéré par référence à la rémunération indiciaire des fonctionnaires.

9. En application des dispositions de l'article L. 1224-3 du code du travail susmentionné, cette rémunération a été fixée dans le contrat sur la base de l'indice brut 683, indice majoré 568, afin de correspondre au montant de la rémunération brute perçue par M. B auprès de son ancien employeur, l'EME.

10. Le conseil de prud'hommes de Rambouillet a jugé, par une décision du 22 janvier 2021 devenue définitive, que la rémunération de M. B pour la période du 18 novembre 2016 au 31 décembre 2018 devait inclure la somme de 1 083,44 euros au titre de la prime de reconstitution et pour la période de novembre et décembre 2018 la somme de 8,19 euros au titre de la prime d'ancienneté. Ce jugement s'impose à la commune d'Elancourt qui est ainsi tenue de faire droit à la demande de M. B visant à régulariser sa situation.

11. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que M. B détient de son contrat un droit à être rémunéré par référence à la rémunération indiciaire des fonctionnaires. Dès lors, le maire d'Elancourt devait définir à quel indice se rattachait la rémunération brute M. B rectifiée au regard des termes de la décision du conseil de prud'hommes de Rambouillet du 22 janvier 2021 et tenant compte, par conséquent, du droit de l'intéressé au versement d'une prime de reconstitution de carrière et d'une prime d'ancienneté mensuels selon les modalités définies par cette décision.

12. Par ailleurs, il découle de la combinaison des dispositions susmentionnées de l'article 136 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984, de l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et de l'article 2 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 que le traitement brut des agents contractuels rémunérés par référence à la grille indiciaire est calculé en fonction de la valeur annuelle du traitement fixée à l'article 3 du même décret. Il suit de là que la revalorisation de la valeur annuelle du traitement entraîne une revalorisation de la rémunération des agents contractuels rémunérés par référence à cette grille. L'article 3 du décret du 24 octobre 1985 susmentionné fixe cette valeur annuelle du traitement à 5 623,23 euros à compter du 1er juillet 2017.

13. Enfin, et en revanche, en application des dispositions combinées de l'article 136 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et de l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, les agents non titulaires des collectivités territoriales occupant un emploi permanent ont droit à un traitement fixé en fonction de cet emploi, à une indemnité de résidence, le cas échéant au supplément familial de traitement ainsi qu'aux indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Aucun texte ne prévoyant le versement aux agents non titulaires d'une prime de reconstitution de carrière ou d'une prime d'ancienneté, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le maire d'Elancourt a refusé le versement de ces primes.

En ce qui concerne le paiement des heures supplémentaires :

14. A l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision en litige en tant qu'elle a rejeté sa demande de paiement d'heures supplémentaires non rémunérées depuis l'entrée en vigueur de son contrat à durée indéterminée avec la commune d'Elancourt, M. B fait valoir qu'il a effectué sept heures par an au titre de réunions obligatoires, une heure par an au titre de l'entretien annuel avec le directeur et quatre heures au titre d'un concert s'étant tenu le 19 juin 2021. Toutefois, outre que la commune d'Elancourt soutient, sans être contesté, que les travaux invoqués par le requérant constituent l'accessoire de ses obligations réglementaires de service d'enseignement et sont incluses dans son temps de travail normal, M. B ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que le maire d'Elancourt a rejeté sa demande de paiement d'heures supplémentaires.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à soutenir que le maire d'Elancourt a entaché sa décision d'une erreur de droit seulement en tant qu'il a refusé, d'une part, de fixer sa rémunération, de manière rétroactive à compter du 1er janvier 2019, sur la base d'un indice tenant compte de la prime de reconstitution de carrière et de la prime d'ancienneté et, d'autre part, d'appliquer à cette part de rémunération supplémentaire la valeur annuelle du traitement tel qu'elle est fixée par les dispositions de l'article 3 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la faute

16. L'illégalité entachant la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire d'Elancourt sur la demande de M. B est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de la commune.

En ce qui concerne les préjudices :

17. D'une part, il résulte de l'instruction que le préjudice financier dont M. B demande réparation correspond à la somme qu'il estime être due au titre de la prime de reconstitution de carrière et de la prime d'ancienneté non versées depuis le 1er janvier 2019, date de début de son contrat avec la commune d'Elancourt. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 13, M. B ne justifie d'aucun droit au bénéfice de ces primes en sa qualité d'agent non titulaire. Par suite, M. B n'a subi aucun préjudice financier.

18. D'autre part, en se bornant à faire valoir le refus obstiné opposé par son employeur à sa demande, M. B n'établit pas de manière suffisamment probante, en l'absence d'éléments précis et circonstanciés, avoir subi des troubles dans ses conditions d'existence.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

20. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, la présente décision implique seulement la régularisation de la situation de M. B à compter du 1er janvier 2019 en fixant sa rémunération sur la base d'un indice tenant compte de la prime de reconstitution de carrière et de la prime d'ancienneté dont il bénéficiait en tant que salarié de l'EME, et en appliquant à cette part de rémunération supplémentaire la valeur annuelle du traitement tel qu'elle est fixée par les dispositions de l'article 3 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au maire d'Elancourt de procéder à cette régularisation, au versement du rappel des rémunérations dues et à la reconstitution des droits sociaux, avec intérêts au taux légal à compter du 30 avril 2022, date de réception de la demande préalable alléguée par M. B, et capitalisation des intérêts à compter du 30 avril 2023 et à chaque échéance annuelle, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Elancourt une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

22. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée au même titre par la commune d'Elancourt.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire d'Elancourt, en tant qu'il a refusé, d'une part, de fixer la rémunération de M. B, de manière rétroactive à compter du 1er janvier 2019, sur la base d'un indice tenant compte de la prime de reconstitution de carrière et de la prime d'ancienneté dont il bénéficiait antérieurement et, d'autre part, d'appliquer à cette part de rémunération supplémentaire la valeur annuelle du traitement tel qu'elle est fixée par les dispositions de l'article 3 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au maire d'Elancourt de procéder à la régularisation de la situation de M. B à compter du 1er janvier 2019 en fixant sa rémunération sur la base d'un indice tenant compte de la prime de reconstitution de carrière et de la prime d'ancienneté dont il bénéficiait antérieurement, et en appliquant à cette part de rémunération supplémentaire la valeur annuelle du traitement telle qu'elle est fixée par les dispositions de l'article 3 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985, au versement du rappel des rémunérations dues et à la reconstitution des droits sociaux, avec intérêts au taux légal à compter du 30 avril 2022 et capitalisation des intérêts à compter du 30 avril 2023 et à chaque échéance annuelle.

Article 3 : La comme d'Elancourt versera à M. B la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune d'Elancourt tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Elancourt.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Cayla, présidente,

M. Bélot, premier conseiller,

M. Perez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

S. Bélot La présidente,

signé

F. Cayla

La greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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