jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2206365 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | LUCIANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 août 2022, M. B D, représenté par Me Luciano, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 11 juillet 2022 par lequel le préfet du Val d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné en ce qu'il refuse de lui délivrer un titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val d'Oise ou à tout préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en lui délivrant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, le tout dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation en fait ;
- il est entaché d'un défaut d'examen suffisamment approfondi de sa situation, notamment privée et familiale ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, faute pour le préfet d'avoir fait usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 octobre 2022, la clôture de l'instruction, initialement fixée au 23 septembre 2022, a été reportée au 3 novembre 2022.
Vu :
- le jugement n°2202150 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 11 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant marocain né le 5 septembre 2003, est entré en France le 26 août 2017 muni d'un visa Schengen de court séjour valable du 20 août au 19 septembre 2017. Par un arrêté du 11 juillet 2022, le préfet du Val d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné. M. D demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il rejette sa demande de titre de séjour et l'oblige à quitter le territoire français.
2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier.
3. Par un arrêté du 28 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val d'Oise du même jour, le préfet du Val d'Oise a donné délégation à Mme E, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val d'Oise et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment les décisions portant refus de délivrance de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination en cas d'absence ou d'empêchement de M. A, directeur des migrations et de l'intégration. Il n'est pas contesté que M. A aurait été absent ou empêché le 11 juillet 2022. Par suite, le moyen d'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué rappelle que M. D est entré en France en 2017, qu'un arrêté du 9 février 2022 du préfet des Hauts-de-Seine lui faisant obligation de quitter le territoire français a été annulé par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise et que sa situation a été réexaminée à la suite de cette annulation, conformément à l'injonction prononcée par ce tribunal. Il précise qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine et qu'il ne peut se prévaloir des dispositions des articles L. 422-1 à L. 422-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen d'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen suffisamment approfondi de la situation de M. D.
6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'entré en France en août 2017 avec un visa de court séjour, M. D s'y est maintenu. Il est scolarisé en France depuis 2017 et étudiait en deuxième année de CAP maintenance bâtiment au titre de l'année 2021-2022. Il ressort également des pièces du dossier que M. D a trois sœurs et deux frères qui résident régulièrement en France. S'il soutient que, par un jugement du 3 décembre 2020 du tribunal judiciaire d'Oujda, il a été confié à l'autorité parentale de l'une de ses sœurs, il est constant qu'il était majeur à la date de l'arrêté attaqué et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Maroc. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait pas poursuivre ses études au Maroc. Il ne fait ainsi état ni d'un motif exceptionnel, ni de considérations humanitaires au soutien de sa demande de régularisation. Par suite, en ne faisant pas usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, le préfet du Val d'Oise n'a pas entaché sa décision portant refus de titre de séjour d'erreur manifeste d'appréciation.
7. En dernier lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. D est majeur et célibataire. Il n'est pas contesté qu'alors même qu'il a trois sœurs et deux frères qui résident régulièrement en France et que l'une de ses sœurs l'héberge, il n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Maroc où vivent ses parents. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'il ne serait pas en mesure de poursuivre sa formation en maintenance bâtiment dans son pays d'origine. Par suite, la décision du préfet du Val d'Oise n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. D une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées. Ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles qu'il présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, en conséquence, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet du Val d'Oise.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Caron, première conseillère,
- M. Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 1er décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
signé
C. C L'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
V. Caron
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026