jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2206786 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 6 septembre 2022 sous le n° 2206786, Mme C A, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 novembre 2021 par laquelle le directeur des ressources humaines du centre hospitalier de Versailles a rejeté sa demande de reconnaissance d'accident de service déposée le 8 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Versailles de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident subi le 6 juillet 2021 et d'en prendre en charge les séquelles ou, à défaut, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement la somme de 3 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière l'ayant privé d'une garantie, dès lors que la commission de réforme n'a pas été saisie pour avis en méconnaissance de l'article 16 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2023, le centre hospitalier de Versailles, représenté par Me Jaafar, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 30 novembre 2022 sous le n° 2209063, Mme C A, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 novembre 2022 par laquelle le directeur des ressources humaines du centre hospitalier de Versailles a rejeté sa demande de reconnaissance d'accident de service déposée le 8 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Versailles de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident subi le 6 juillet 2021 et d'en prendre en charge les séquelles ou, à défaut, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement la somme de 3 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière l'ayant privée d'une garantie, dès lors qu'il n'est pas établi que lors de la séance du conseil médical s'étant prononcé sur sa situation le 22 septembre 2022, le quorum prévu par les textes était atteint, seule la signature du président de la séance figurant sur l'avis ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, le centre hospitalier de Versailles, représenté par Me Jaafar, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- les conclusions de M. Chavet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, aide-soignante titulaire au sein du centre hospitalier de Versailles, a repris ses fonctions sur un poste aménagé à la suite d'arrêts de travail consécutifs à une hernie ombilicale survenue lors de sa dernière grossesse. Elle a été reçue le 6 juillet 2021 par la cadre paramédicale du pôle " personnes âgées " pour fixer son planning. A la suite de cet entretien, Mme A a été en arrêt de travail et a déposé le 8 juillet suivant une déclaration d'accident de service, au motif d'un choc psychologique. Par une décision du 30 novembre 2021, le centre hospitalier a rejeté sa demande de reconnaissance comme accident de service de l'incident du 6 juillet 2021 et l'a informée que ses arrêts de travail seront pris en compte en tant que congés de maladie ordinaire. Mme A a réitéré sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de ses arrêts de travail à compter du 6 juillet 2021 par un courrier du 14 février 2022. Par une décision du 2 novembre 2022, le centre hospitalier n'a pas reconnu imputable au service l'accident du 6 juillet 2021 et a placé Mme A en congé de maladie ordinaire du 6 juillet au 5 septembre 2021. Les conclusions dont Mme A a saisi le tribunal par les requêtes visées ci-dessus doivent être regardées comme étant exclusivement dirigées contre la décision du 2 novembre 2022, qui s'est substituée à celle du 30 novembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par la décision DG/SG/2022-73 du 30 mai 2022 régulièrement publiée, M. B D, directeur adjoint, directeur des ressources humaines du centre hospitalier de Versailles, a reçu délégation du directeur de cet établissement pour signer la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, applicable au litige : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. () II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service () ".
4. Constitue un accident de service, pour l'application de ces dispositions, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien entre un agent et son supérieur hiérarchique ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
5. Mme A soutient que lorsque la cadre paramédicale lui a demandé lors d'un entretien le 6 juillet 2021 de changer son planning pour effectuer un remplacement le week-end des 24 et 25 juillet 2021, elle n'a pas refusé catégoriquement mais a indiqué demander à son conjoint s'il pourrait garder leurs enfants. La cadre lui aurait alors crié dessus, lui disant qu'elle ne servait à rien, qu'elle n'arrivait pas à s'organiser, et qu'elle ne l'aiderait plus lorsqu'elle aurait des problèmes. Mme A déclare s'être alors trouvée en état de choc psychologique et a été en arrêt de travail du 8 juillet au 5 septembre 2021.
6. Toutefois, la teneur des propos que Mme A impute ainsi à la cadre paramédicale, et de manière plus générale la violence et le caractère humiliant de l'échange, ne sont pas établis par les pièces du dossier et ne ressortent d'ailleurs ni de la déclaration d'accident de service établie par l'intéressée le 8 juillet 2021, ni du compte-rendu de l'entretien du 6 juillet 2021 rédigé par la cadre paramédicale mise en cause. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le comportement ou les propos de la cadre auraient excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, alors que les comptes-rendus des précédents entretiens révèlent que la requérante était déjà très affectée par son état de santé qui ne lui permettait plus d'exercer normalement ses fonctions, ayant justifié une reprise sur un poste aménagé en novembre 2020 après trois mois d'arrêts de travail. A cet égard, les observations du service de psychiatrie et de psychologie médicale du centre hospitalier général de Dreux, qui se bornent à retranscrire les déclarations de Mme A, font état de la dimension multifactorielle de la dépression et un compte-rendu d'examen médical évoqué par l'intéressée retenant que son affection a une origine antérieure aux faits du 6 juillet 2021. Par ailleurs, le psychiatre désigné par le centre hospitalier pour procéder à l'expertise de Mme A conclut, le 30 mai 2022, à l'absence d'imputabilité au service de l'évènement du 6 juillet 2021 et à la non prise en charge des arrêts de travail au titre d'un accident de service, au motif que ces arrêts sont à relier à une pathologie indépendante, évoluant pour son propre compte. Le conseil médical, dans son avis du 22 septembre 2022, a estimé également que les lésions constatées ne sont pas en lien direct et certain avec l'incident du 6 juillet 2021. Dans ces conditions c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le centre hospitalier de Versailles a refusé de qualifier l'événement du 6 juillet 2021 d'accident de service. Le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, ainsi qu'il a été indiqué précédemment, la décision du 2 novembre 2022 s'est entièrement substituée à la décision du 30 novembre 2021. Par suite, les moyens dont serait entachée cette décision tirés de l'incompétence du signataire et du vice de procédure tenant au défaut de consultation de la commission de réforme sont inopérants. Par ailleurs, à supposer que ce dernier moyen puisse être regardé comme invoqué contre la décision du 2 novembre 2022, il est constant que celle-ci a été prise après avis du conseil médical conformément aux dispositions du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière . Le moyen doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 13 du décret du 14 mars 1986 visé ci-dessus, fixant les règles de quorum du conseil médical départemental institué auprès du préfet, compétent à l'égard des agents de la fonction publique hospitalière en application de l'article 5 du décret du 19 avril 1988 : " La formation plénière du conseil médical ne siège valablement que si quatre au moins de ses membres sont présents, dont au moins deux médecins et un représentant du personnel ".
9. Il ressort des pièces du dossier que lors de sa séance du 22 septembre 2022, le conseil médical s'étant prononcé sur la situation de Mme A était composé de sept membres, dont trois médecins et trois représentants du personnel, dans le respect des règles de quorum fixées par les dispositions précitées et il ne résulte d'aucune disposition que l'avis rendu par ce conseil doive être signé par l'ensemble des membres de ce conseil. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir que la décision du 2 novembre 2022 serait intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière. Le moyen doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que celles, par voie de conséquence, à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions de la requérante tendant à ce que le centre hospitalier de Versailles soit condamné aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mis à la charge du centre hospitalier de Versailles, qui n'est pas la partie perdante, les frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par le centre hospitalier sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er :Les requêtes de Mme A n° 2206786 et 2209063 sont rejetées.
Article 2 :Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Versailles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au centre hospitalier de Versailles.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
J. Lellouch
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2206786-2209063
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026