vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2206871 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Président Gosselin |
| Avocat requérant | CABINET IVALDI DE GUEROULT D'AUBLAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 septembre 2022 et le 3 mai 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, et des pièces produites le 8 mars 2023, M. A B, représenté par Me Ivaldi, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 10 000 euros au titre de son préjudice financier et moral, subi en raison de l'illégalité fautive de la décision du préfet du Val d'Oise du 12 décembre 2016 lui ayant refusé l'échange de son permis de conduire algérien contre un permis de conduire français ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le préfet du Val d'Oise a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat dès lors qu'il lui a illégalement refusé l'échange de son permis de conduire algérien contre un permis de conduire français par la décision du 12 décembre 2016 ; cette décision été annulée par un jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 4 juillet 2019 au motif que le préfet n'a pas réalisé les démarches d'authentification requises dans le délai imparti par les dispositions de l'article 7 de l'arrêté du 12 janvier 2012.
- cette décision a porté atteinte à sa situation professionnelle ; en effet, en raison du refus d'échange illégalement opposé, il n'a pu suivre une formation de conducteur routier qu'en juillet 2019 et obtenir une carte de conducteur qu'en novembre 2019 ; le préjudice consistant en une perte de chance d'exercer sa profession de chauffeur routier s'élève à une somme du 10 000 euros pour la période du 8 juin 2016 au 4 juillet 2019.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 mars 2023 et le 24 avril 2023, le Préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- si le requérant est fondé à soutenir que la procédure requise par les dispositions de l'article R. 222-3 du code de la route n'a pas été respectée et est constitutive d'une faute, engageant la responsabilité de l'Etat, il n'en demeure pas moins que la responsabilité de l'Etat ne peut être engagée qu'à partir de la date de la décision qui a été annulée ;
- le requérant n'établit pas avoir subi un préjudice découlant de la privation de la possibilité de conduire, directement causé par le refus d'échange de permis de conduire ; il ne démontre pas non plus l'existence d'un préjudice subi sur le plan professionnel dès lors qu'il ne prouve pas qu'il n'était pas employé ou à la recherche d'un emploi à la date de la décision de refus ; en outre, il n'apporte aucun élément attestant de la réalité de son préjudice moral.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union Européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Gosselin, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gosselin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité algérienne, a présenté le 8 juin 2016 une demande d'échange d'un permis de conduire, délivré le 3 mars 2016 par les autorités algériennes. Par une décision du 12 décembre 2016 le préfet du Val d'Oise a rejeté sa demande. Par une requête enregistrée le 1er juin 2017 au tribunal de Cergy-Pontoise, l'intéressé a contesté cette décision, sous le n° 1705007. Par un jugement du 4 juillet 2019 devenu définitif, le magistrat désigné a annulé ce refus d'échange de permis de conduire. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 10 000 euros en réparation des préjudices consécutifs à l'illégalité fautive entachant la décision du 12 décembre 2016 par laquelle le préfet du Val d'Oise a refusé de procéder à l'échange de son permis algérien.
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de la Communauté européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article R. 221-3. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé des transports, après avis du ministre de la justice, du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des affaires étrangères () ". Aux termes de l'article 7 de l'arrêté du 12 janvier 2012 : " Lorsque l'authenticité et la validité du titre sont établies lors du dépôt du dossier complet et sous réserve de satisfaire aux autres conditions prévues par le présent arrêté, le titre de conduite est échangé. En cas de doute sur l'authenticité du titre dont l'échange est demandé, le préfet conserve le titre de conduite et fait procéder à son analyse, le cas échéant avec l'aide d'un service compétent, afin de s'assurer de son authenticité. () Le préfet peut compléter son analyse en consultant l'autorité étrangère ayant délivré le titre afin de s'assurer des droits de conduite de son titulaire. Le titre de conduite est dès lors conservé par le préfet. La demande auprès des autorités étrangères est transmise, sous couvert du ministre des affaires étrangères, service de la valise diplomatique, au consulat de France compétent. Le consulat transmet au préfet la réponse de l'autorité étrangère. En l'absence de réponse dans un délai de six mois à compter de la saisine des autorités étrangères par le consulat compétent, l'échange du permis de conduire est refusé (). ".
3. Il résulte de l'instruction que la décision du 12 décembre 2016 par laquelle le préfet du Val d'Oise a refusé de procéder à l'échange du permis de conduire algérien détenu par M. B contre un permis de conduire français a été annulée par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 4 juillet 2019 en raison de la méconnaissance des articles R. 222-3 et 7 précités de l'arrêté et du code de la route susvisés, dès lors que le préfet n'a pas procédé à l'échange alors que les autorités algériennes avaient attesté que le permis de conduire algérien de M. B présentait les garanties d'un document authentique. Ainsi, la décision de refus d'échange en date du 12 décembre 2016 n'aurait pu légalement être prise si le préfet du Val d'Oise s'était conformé à la procédure prévue par les dispositions précitées. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'Etat a commis une faute en refuser d'échanger son permis algérien contre un permis français.
4. En deuxième lieu, le requérant se prévaut de l'atteinte à sa situation professionnelle que lui a causé l'illégalité de la décision du 12 décembre 2016 et invoque qu'il n'a pas pu bénéficier d'une formation professionnelle de routier. M. B demande une indemnisation de 10 000 euros résultant de la privation du droit à conduire du 8 juin 2016 au 4 juillet 2019. D'une part l'intéressé produit ses avis d'impôts sur le revenu de 2017 à 2021 ainsi que des bulletins de salaire de l'entreprise Randstad à partir de 2020 indiquant qu'il exerçait une activité salariée ; toutefois par ces seuls éléments, il ne démontre pas la perte de revenus alléguée, ni le lien direct entre ce préjudice matériel et l'illégalité retenue par le jugement précité. D'autre part, la circonstance que l'intéressé ait fait l'objet d'un refus d'échange de permis n'est pas de nature à établir l'existence du préjudice moral qu'il allègue en relation avec l'illégalité du refus opposé. Par suite, à défaut pour M. B de démontrer l'existence d'un préjudice certain et indemnisable en relation avec l'illégalité fautive du refus d'échange de permis qui lui a été opposé, sa demande indemnitaire ne peut qu'être rejetée.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
C. Gosselin La greffière,
Signé
S. Burel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026